Rencontre internationale de la Marche mondiale des femmes 2016 – Mot de la présidente

Eh bien! J’avoue que je suis nerveuse et vraiment fébrile.

Nerveuse, car je pars dans des conditions qui ne sont pas optimales. Fébrile, car je sais que des femmes militantes et créatrices d’un monde meilleur seront au grand rendez-vous…

Certaines peuvent se demander : « Mais coudon, elle part où, elle??? »

À la rencontre internationale de la Marche mondiale des femmes au Mozambique!

Après les actions de la Marche de 2015, une rencontre a eu lieu au Pérou pour rassembler les coordinations nationales des Amériques ; j’y ai pris part avec une représentante de Femmes autochtones au Québec, Viviane Michel, ainsi qu’une jeune militante en situation de handicap, Isabelle Boisvert. Cette réunion nous a permis de connaître les luttes de beaucoup de femmes : des jeunes, des lesbiennes, des femmes autochtones, des femmes en milieu urbain ou rural, au Nord comme au Sud. Ces luttes, nous les menons contre le patriarcat, le capitalisme, le colonialisme et l’impérialisme. Encore plus important, ce rendez-vous nous a permis de constater que notre force collective et nos stratégies de transformation sont puissantes.

Cette année, la rencontre internationale réunissant toutes les coordinations nationales de la Marche aura lieu au Secrétariat international de la MMF, qui est maintenant basé au Mozambique. Sous la thématique Femmes en résistance, construisant des alternatives pour un monde meilleur, cette rencontre sera importante puisqu’elle vise à mettre en commun les stratégies de résistance et de transformation sociale de chaque pays dans le cadre de la Marche mondiale de 2015 et à définir les orientations qui guideront nos actions pour les deux prochaines années. Nous discuterons de nos résistances au monde tel qu’il est, et de nos alternatives pour le monde que nous voulons. Résistances contre le capitalisme et le patriarcat, l’accaparement de la nature, l’appropriation des revenus et des droits des travailleuses et des travailleurs; contre le contrôle sur le corps et la vie des femmes, la militarisation, la criminalisation et la violence.  Alternatives que nous construisons dans une perspective anticolonialiste et antiraciste.

Avec mes sœurs déléguées Denyse Thériault et Viviane Doré-Nadeau, nous apprendrons beaucoup des échanges avec les femmes de partout, ce qui nous permettra de mieux témoigner des changements revendiqués et de mieux articuler la manière dont nous devons interpeller nos gouvernements sur leurs politiques internationales.

Mais si c’est avec nervosité et fébrilité que je pars pour le Mozambique, c’est aussi avec beaucoup de reconnaissance et de gratitude : en effet, si la délégation du Québec participe à cette rencontre, c’est que vous l’avez bien voulu. Dans un temps difficile économiquement et politiquement, vous avez encore une fois retroussé les manches et vous vous être mobilisées.

Très chères militantes et donatrices, votre générosité et votre soutien me rappellent pourquoi je suis si attachée à ce mouvement. Soyez assurées que la délégation du Québec vous représentera d’une manière aussi importante que vous l’êtes toutes.

Tant que toutes les femmes ne seront pas libres, nous serons en marche!

Mélanie Sarazin
Présidente de la Fédération des femmes du Québec