Être féministes en temps de pandémie

Fédération des femmes du Québec - Égalité pour toutes, égalité entre toutes

Le Québec comme le monde qui nous entoure traverse à l’heure actuelle une période bien particulière. Et comme en toute période de crise, ce sont les personnes plus vulnérables qui sont les plus affectées. Plus particulièrement, cela veut dire les femmes.

D’une part, les femmes sont de loin les plus nombreuses dans les emplois de première ligne pour contrer la pandémie, où les conditions de travail imposées sont de plus en plus difficiles. D’autre part, les mesures de distanciation physique augmentent les risques de violence et d’iniquités envers les femmes et les enfants et exacerbent la précarité financière.

Devant la crise, l’importance des luttes féministes est particulièrement évidente. La Fédération des femmes du Québec est solidaire de toutes les femmes et nous tâcherons, dans les prochaines semaines, d’être particulièrement vigilantes face aux différents enjeux affectant les femmes en temps de pandémie.

Nous vous invitons à nous écrire pour nous faire part des situations sur lesquelles l’attention de notre mouvement féministe devrait se porter.

Nous partageons régulièrement les initiatives pertinentes sur nos réseaux sociaux. Lorsque cela concerne les femmes et la crise sanitaire, nous utilisons le mot-clic #FemmesCOVID19 :

  • Pour accéder aux publications publiques sur Facebook qui contiennent ce mot-clic, faites une recherche avec #FemmesCOVID19 ou consultez la page Facebook de la FFQ.

N’hésitez pas à nous suggérer des nouvelles féministes à partager, soit par Facebook, par Twitter ou par courriel!

Le Collectif 8 mars exige des engagements concrets de la part du premier ministre

Alors qu’elles représentent plus de 700 000 femmes au Québec, le premier ministre a encore refusé de rencontrer les membres du Collectif 8 mars à l’occasion de la Journée internationale des femmes. Ce matin, elles sont allées porter elles-mêmes leurs revendications devant le bureau de M. Philippe Couillard à Montréal.

« Année après année, les rencontres du Collectif 8 mars avec la ministre responsable de la Condition féminine n’ont donné aucun résultat concret », a d’entrée de jeu déclaré la porte-parole du Collectif 8 mars et présidente de la Fédération des femmes du Québec (FFQ), Mélanie Sarazin, lors du point de presse. « C’est le gouvernement dans son ensemble qui doit agir pour l’égalité entre les femmes et les hommes et à cet effet, nous voulons cette année que le premier ministre se joigne à la ministre, ce qu’il refuse. Alors que le premier ministre affirme haut et fort que l’égalité entre femmes et hommes est un principe, les politiques d’austérité sexistes et les coupes dans les services publics ont des impacts dramatiques sur les conditions de vie et de travail de toutes les femmes du Québec. Nous le répétons chaque année, il est temps que le gouvernement nous entende », a-t-elle rappelé.

Réinvestir massivement dans le mouvement des femmes

Les représentantes du Collectif 8 mars ont une nouvelle fois sonné l’alarme : les organismes qui composent le mouvement des femmes sont à bout de souffle. Alors qu’ils sont asphyxiés financièrement, les groupes de femmes sont de plus en plus sollicités et font face à une demande de services accrue en raison même de l’augmentation des inégalités. Les femmes en subissent directement les contrecoups : listes d’attente de plus en plus longues, programmes suspendus, services abandonnés, postes abolis, etc.

« La Fédération des femmes du Québec, par exemple, ne le sait que trop bien : la situation actuelle est insoutenable et ce sont les femmes qui en écopent. Le mouvement des femmes a toujours été à l’avant-garde dans la défense collective des droits, la mise sur pied de services, l’éducation populaire, la formation continue ou encore la sensibilisation à grande échelle. Nous observons sur le terrain à quel point les politiques du gouvernement contribuent à l’appauvrissement et à la précarisation des conditions de vie des femmes. Cela frappe particulièrement celles qui sont déjà marginalisées par plusieurs systèmes d’oppressions, comme le racisme systémique ou le colonialisme ! », a déploré Mélanie Sarazin.

Prioriser l’autonomie économique des femmes

Cette année encore, le Collectif insiste : l’autonomie économique des femmes doit constituer une priorité gouvernementale transversale. C’est d’ailleurs le thème prioritaire de la 61e session d’ONU Femmes cette année, avec une préoccupation particulière pour l’autonomisation des femmes autochtones. Or, le Collectif constate sur le terrain que les politiques du gouvernement vont exactement dans le sens inverse : démantèlement des services publics, notamment des services de garde à la petite enfance, déstructuration des emplois des femmes, recul quant à la conciliation famille-travail-études, etc.

« Ce sont les travailleuses majoritaires dans ces services qui subissent les impacts de cette austérité sexiste ! Le tiers des femmes qui ont un emploi au Québec travaillent dans le secteur public », a expliqué Mélanie Sarazin. « Les compressions subies depuis 2014 mettent aussi en péril nos services de garde éducatifs qui ont pourtant permis à un nombre important de femmes de retourner et de rester sur le marché du travail, et ce, à des postes à temps complet, au lieu de postes à temps partiel ou atypiques », a-t-elle ajouté. Le gouvernement se désintéresse complètement de la création d’emplois dans les secteurs féminins : « Les mesures de relance ont davantage favorisé les hommes que les femmes : 6,2 milliards de dollars contre 2,7 milliards » a-t-elle fait valoir.

Appliquer les outils existants

Les membres du Collectif ont réitéré l’urgence d’appliquer, comme le gouvernement s’était engagé à le faire, l’analyse différenciée selon les sexes (ADS). Celle-ci doit être appliquée rigoureusement à toutes les mesures et politiques gouvernementales, en évaluant également les impacts des mesures budgétaires et fiscales afin de pouvoir tenir compte des réalités différentes entre les femmes et les hommes et entre les femmes elles-mêmes.

« Il faut tenir compte des discriminations systémiques dans toutes les politiques du gouvernement. Par exemple, le taux d’emploi des femmes non diplômées est de seulement 38,3 %, comparativement à 52,3 % pour les hommes dans la même situation. Le taux d’emploi des femmes immigrantes titulaires d’un diplôme universitaire est de 69,1 %, par rapport à 78,5 % chez les hommes dans la même situationIl y a longtemps qu’on dénonce cette iniquité, il est temps que sa correction devienne une priorité gouvernementale », a rappelé Mélanie Sarazin.

À propos du Collectif 8 mars

Le Collectif 8 mars représente plus de 700 000 femmes au Québec. Il est formé de l’Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS), de la Centrale des syndicats démocratiques (CSD), de la Confédération des syndicats nationaux (CSN), de la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), de la Fédération autonome de l’enseignement (FAE), de la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ), de la Fédération des femmes du Québec (FFQ), de la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ), du Syndicat de la fonction publique et parapublique du Québec (SFPQ) et du Syndicat de professionnelles et professionnels du gouvernement du Québec (SPGQ).

SOURCES : COLLECTIF 8 MARS
Chantal Mantha (APTS), cmantha@aptsq.com, 514 236-9287
Marilou Gagnon (CSD) gagnonm@csd.qc.ca, 514 248-6277
Ariane Gagné (CSN), ariane.gagne@csn.qc.ca, 514 349-1300
Christine Marceau (CSQ), marceau.christine@lacsq.org, 514 235-5082
Marie-Josée Nantel (FAE), mj.nantel@lafae.qc.ca, 514 603-2290
Myrna Karamanoukian (FIQ), mkaramanoukian@fiqsante.qc.ca, 514 572-5454
Caroline Jacquet (FFQ), organisatrice@ffq.qc.ca, 514 806-0452
Isabelle Gareau (FTQ), igareau@ftq.qc.ca, 514 953-0142
Éric Lévesque (SFPQ) eric.levesque@sfpq.qc.ca, 418 564-4150
Marc-Antoine Ruest (SPGQ), marc-antoine.ruest@spgq.qc.ca, 581 308-7309

Renseignements : Caroline Jacquet, cellulaire : 514 806-0452

La FFQ s’oppose au projet de loi 70 et exige son retrait

Montréal, le 2 juin 2016 – Alors que le gouvernement de Philippe Couillard compte adopter le projet de loi 70 dans les prochains jours et que le ministre Blais accuse les opposant.es d’être ignorant.es, la Fédération des femmes du Québec réitère son opposition à ce projet de loi et demande au premier ministre de le retirer. « Nous exigeons que le gouvernement prenne ses responsabilités envers les personnes les moins bien nanties dans notre société et cesse de mettre en place des mesures de désengagement de l’État, notamment à travers ces différentes politiques d’austérité », affirme la présidente de la FFQ, Mélanie Sarazin.

 

La FFQ demande le retrait du projet de loi 70, puisque l’obligation d’accepter du travail, même quand celui-ci exige une relocalisation territoriale, va à l’encontre de l’autonomie économique des femmes, tout en mettant en place une forme déguisée de travail forcé. Cette mesure semble davantage conçue pour répondre aux besoins des employeurs et montre bien que ce projet de loi conçoit les personnes comme des ressources et des instruments à la disposition des employeurs. Le gouvernement doit plutôt rehausser les prestations d’aide sociale et mettre en place des mesures volontaires d’aide à l’emploi, afin que les personnes prestataires d’aide sociale puissent vivre dignement.

 

Le projet de loi 70 fait partie d’un ensemble de mesures mises en place par le gouvernement depuis son élection qui augmente les inégalités entre les femmes et les hommes et entre les femmes elles-mêmes. « Comme c’est trop souvent le cas, le gouvernement met en place de nouvelles lois sans prendre en compte l’impact sur les femmes qui sont, faut-il le rappeler, plus nombreuses à vivre dans la pauvreté », souligne Mme Sarazin. Ce projet, en plus d’appauvrir les personnes les plus pauvres, accentue la marginalisation et les préjugés envers les personnes qui reçoivent des prestations d’aide sociale.

 

La FFQ est signataire de la déclaration Couper dans l’aide sociale, c’est inadmissible! et elle est membre de la Coalition Objectif dignité. Mélanie Sarazin prendra la parole lors de la conférence de presse organisée par la Coalition, aujourd’hui à 9 h 30 à l’Assemblée nationale.

 

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Source :

Cybel Richer-Boivin
514-717-4847

 


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Un revenu social universel garanti – un revenu pour tout le monde

Les membres de la FFQ seront appelées à adopter une position sur le revenu social universel garanti (RSUG) lors de l’Assemblée générale annuelle 2016. Cette volonté vient des membres qui ont proposé en AGA 2014 et 2015 que la FFQ prenne position sur cet enjeu.

par Marie-Hélène Fortier,
Rose du Nord

Comme moyen de lutte à la pauvreté et inévitablement plusieurs autres problèmes sociaux en découlant, le Front commun des personnes assistées sociales (FCPASQ), a comme projet le Revenu Social Universel Garanti (RSUG). Cette mesure se veut une alternative à plusieurs programmes sociaux incluant la Loi sur l’aide aux personnes et aux familles, plus communément appelé aide sociale. La mise en application de cette dernière a des conséquences discriminatoires sur les femmes. Ce que revendiquent les personnes assistées sociales se démarque des mesures proposées jusqu’à présent, car on vise à remédier aux injustices que vivent les prestataires (discrimination, insuffisance des prestations, étiquetage, contrôle, piège à la pauvreté, etc.). Les préjugés envers les personnes assistées sociales véhiculent un portrait peu glorieux et renforcent une image où elles sont inactives plutôt que présenter les services rendus dans l’invisible, on peut penser au travail de soins accomplis par les femmes (bénévolat, service domestique, proche aidante).

 

Un revenu pour avoir davantage que le minimum

Le RSUG accorderait davantage que le « minimum ». Un revenu suffisant pour couvrir les besoins de bases. Une réflexion faite au sein du FCPASQ a permis d’estimer le montant à 23 000 $ par année (calculé en 2014) qui serait indexable et versé mensuellement. En ce sens, le RSUG se veut davantage un modèle de revenu de citoyenneté parce qu’il réfère à l’intention de redonner une dignité aux personnes, de ne plus faire de distinction entre les méritant-es et non méritant-es. C’est un revenu qui serait garanti donc non-saisissable, non-imposable, seulement les revenus supplémentaires le seraient, entre autres, ceux découlant d’un revenu de travail. Et surtout, il serait versé à l’individu et non à la famille. Ce dernier aspect est important si l’on veut s’assurer que les femmes ne se retrouvent pas pénalisées financièrement et qu’elles aient un revenu indépendamment de leur situation maritale.

Cette allocation ne viendrait pas seule, le RSUG est conditionnel à l’accessibilité et la gratuité des services publics. On pense entre autres aux domaines d’éducation, de services sociaux et de santé, dont les femmes sont les principales travailleuses, mais surtout les principales utilisatrices. L’objectif étant l’atteinte d’un projet de société plus égalitaire, le RSUG ne doit pas servir au désengagement de l’État, mais à son renforcement. C’est en ce sens que le FCPASQ exige que l’État adopte des mesures progressives et abandonne le recours à la tarification et la privatisation.

 

Réfléchir le RSUG dans une perspective féministe

Nous sommes convaincues que le RSUG permettrait des retombées sociales significatives et importantes. Certains questionnements restent toujours à définir et c’est pourquoi le comité femmes du FCPASQ souhaite faire une réflexion auprès de la FFQ afin de s’assurer que le RSUG soit réfléchi et mis en place dans une perspective féministe. En grande majorité, les membres nomment des avantages liés à la sortie des femmes de la pauvreté en permettant les conditions de base vers une meilleure autonomie financière et une plus grande liberté de choix. On pense entre autres que cela pourrait rendre plus facile le refus d’emplois dont les conditions de travail sont mauvaises et ainsi avoir un impact positif sur la qualité des emplois offerts. Enfin, ce revenu permettrait une reconnaissance financière des implications et du travail accompli dans l’ombre, mais plus encore, l’exercice de sa citoyenneté.

« La pauvreté a  un sexe, il est féminin »

 

Quelques ressources supplémentaires

L’équipe de la FFQ a rencontré Sylvia Bisonnette du Groupe de recherche et de formation sur la pauvreté au Québec en janvier dernier pour discuter avec elle du RSUG et des enjeux l’entourant. Nous vous partageons une liste de ressources, suggérées par Sylvia, à consulter pour approfondir vos réflexions.

  • L’argumentaire sur le RSUG
  • Le résumé de l’argumentaire
  •  Conférence avec Ève-Lyne Couturier chercheure à l’Institut de recherche et d’informations socio-économique (IRIS) nous résume le contenu de sa brochure « revenu minimum garanti : trois études de cas ». Plusieurs modèles de revenu minimum garanti existent déjà̀. Des projets pilotes ont été mis en place à différentes époques et dans divers pays, afin d’analyser l’impact d’une telle application. Trois d’entre eux nous sont présentés : le BIG (Basic Income Grant) en Namibie, l’Alaska Permanent Fund Dividend aux États-Unis et le Mincome au Manitoba.
  •  La brochure produite par l’IRIS en lien avec la conférence

 

 

Collectif 8 mars – Une rencontre positive, mais on jugera l’arbre à ses fruits

Collectif 8 mars, 2016 - crédits Jacques Nadeau

Rencontre du Collectif 8 mars avec la ministre responsable de la Condition féminine, Lise Thériault.

 

Montréal, le 7 mars 2016 – Représentant plus de 700 000 femmes au Québec, les membres du Collectif 8 mars ont profité de leur rencontre avec la ministre responsable de la Condition féminine, Lise Thériault, pour lui faire part de leurs revendications et demander des engagements clairs de son gouvernement pour favoriser l’avancement des femmes et pour atteindre l’égalité pour toutes les femmes.

« Le rôle de la ministre responsable de la condition féminine est essentiel et primordial pour faire avancer la cause des femmes et elle doit exercer son leadership auprès du caucus des ministres pour défendre des mesures et des lois qui améliorent les conditions sociales et de vie des femmes. Nous avons senti une ouverture de la part de la ministre, mais nous restons inquiètes, notamment en ce qui concerne le dossier de l’avenir des services de garde sur lequel elle ne s’est pas engagée malgré l’urgence d’agir », a d’entrée de jeu déclaré la porte-parole du Collectif 8 mars et présidente de la Fédération des femmes du Québec (FFQ), Mélanie Sarazin, au sortir de la rencontre qui se tenait ce matin à Montréal.

Contrer les inégalités

Parmi les sujets abordés avec la ministre, les représentantes du Collectif 8 mars ont réitéré l’urgence que le gouvernement applique, comme il s’était engagé à le faire, l’analyse différenciée selon les sexes (ADS). Celle-ci doit être appliquée rigoureusement à toutes les mesures et les politiques gouvernementales, évaluant également les impacts des mesures budgétaires et fiscales afin de pouvoir tenir compte des réalités différentes des hommes et des femmes.

« Les femmes accusent davantage les contrecoups des politiques d’austérité. Le gouvernement doit reconnaitre le caractère systémique des discriminations à leur endroit. L’augmentation de la tarification dans les soins de santé et les services sociaux, l’abolition du tarif unique dans les centres de la petite enfance (CPE), l’attaque contre les régimes de retraite, les coupes dans les groupes de défense des droits des femmes, les compressions dans les services de l’État, les réductions de personnel dans les services de santé et d’éducation touchent d’abord et de manière plus large les femmes », a rappelé Mélanie Sarazin.

Retrait préventif ─ Travailleuse enceinte

Dans le contexte de modernisation du régime de santé et de sécurité du travail (SST), le collectif craint la remise en question de cette mesure de prévention contestée depuis toujours par les employeurs, qui a aussi été dans la mire du gouvernement en 2011. Le collectif a donc profité de cette rencontre pour demander au gouvernement de s’engager sans équivoque à maintenir intégralement la mesure de prévention Pour une maternité sans danger (PMSD) ou le retrait préventif pour la travailleuse enceinte, avec pleine protection. Rappelons que cette mesure, inscrite dans Loi sur la santé et la sécurité du travail (LSST), prévoit la réaffectation des travailleuses enceintes ou qui allaitent et qui sont exposées à ces risques et, si cela s’avère impossible, leur retrait du travail.

« Il ne s’agit pas d’une « politique sociale » qui devrait être à la charge des fonds publics, mais bien d’une responsabilité liée au milieu de travail et qui incombe aux employeurs. Les femmes doivent pouvoir travailler dans un environnement sans risques et le gouvernement ne doit pas mettre les travailleuses dans une situation où elles doivent choisir entre leur santé et celle de leur enfant à naître, ou conserver leur emploi. Les femmes du Québec se sont battues pour obtenir des conditions de travail décentes et le PMSD en fait partie », a expliqué Mélanie Sarazin.

Les services de garde éducatifs au Québec

La remise en question du financement du réseau a été la première cible du gouvernement Charest à son arrivée au pouvoir. Depuis 2003, les attaques se sont multipliées et le réseau a subi plus de 300 millions en compressions. Le gouvernement Couillard imposera une nouvelle coupe récurrente de l’ordre de 120 millions de dollars d’ici 2017.

« Le gouvernement doit reconnaitre la valeur éducative des services de garde de même que la qualité des services offerts, car ils améliorent le développement global de l’enfant et son bien-être ; participant au continuum de l’éducation qui favorise l’égalité des chances pour tous les enfants et l’autonomie économique des femmes », a affirmé Mélanie Sarazin.

Pour ce faire, le collectif demande au gouvernement de réinvestir dans les services de garde éducatifs publics, de mettre fin à la modulation des tarifs de services de garde éducatifs afin de rétablir l’universalité et de cesser de privilégier le développement des garderies commerciales.

Les représentantes du collectif ont également profité de cette rencontre pour interpeller la ministre afin qu’elle joue un rôle de leadership auprès des femmes parlementaires et qu’elle organise une rencontre avec le Cercle des femmes parlementaires et les groupes de femmes sur la Politique d’égalité entre les femmes et les hommes. Selon le collectif, cela permettrait de créer un espace de dialogue non partisan entre le mouvement des femmes et les élues, et d’aborder leurs rôles et responsabilités en matière de défense de l’égalité pour toutes les femmes.

À propos du Collectif 8 mars

Le Collectif 8 mars représente plus de 700 000 femmes au Québec. Il est formé de l’Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS), de la Centrale des syndicats démocratiques (CSD), de la Confédération des syndicats nationaux (CSN), de la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), de la Fédération autonome de l’enseignement (FAE), de la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ), de la Fédération des femmes du Québec (FFQ), de la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ), du Syndicat de la fonction publique et parapublique du Québec (SFPQ) et du Syndicat de professionnelles et professionnels du gouvernement du Québec (SPGQ).

 

crédits photo : Jacques Nadeau

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SOURCES : COLLECTIF 8 MARS

Chantal Mantha (APTS), cmantha@aptsq.com, 514 236-9287

Marilou Gagnon (CSD) gagnonm@csd.qc.ca,  514 248-6277

Ariane Gagné (CSN), ariane.gagne@csn.qc.ca, 514 349-1300

Marie-Ève Imonti (CSQ), imonti.marie-eve@lacsq.org, 514 917-9641

Marie-Josée Nantel (FAE), mj.nantel@lafae.qc.ca, 514 603-2290

Caroline Valiquette (FIQ), cvaliquette@fiqsante.qc.ca, 514 796-5012

Cybel Richer-Boivin (FFQ), crboivin@ffq.qc.ca , 514 717-4847

Isabelle Gareau (FTQ), igareau@ftq.qc.ca, 514 953-0142

Éric Lévesque (SFPQ) eric.levesque@sfpq.qc.ca, 418 564-4150

Philippe Desjardins (SPGQ), pdesjardins@spgq.qc.ca, 581 995-0762

 

Renseignements : Isabelle Gareau; cellulaire : 514 953-0142

 

Les Femmes en lutte pour un monde meilleur : panel, 5 mars et marche, 8 mars

Pour une seconde année, la FFQ se joint au Comité des femmes de diverses origines (FDO) pour souligner la Journée internationale des femmes à Montréal. Nous sommes heureuses de nous joindre au comité Femmes de diverses origines en reconnaissance du rôle majeur joué par les femmes immigrantes et racisées dans la lutte pour un monde plus juste et pour souligner le leadership de FDO qui organise cette marche depuis 2002.

 

Lors de ces actions

Nous exigeons justice, paix, égalité statut, prospérité et dignité pour toutes et tous !

Nous dénonçons le patriarcat, le colonialisme, le racisme, l’islamophobie, l’austérité, le capitalisme et  l’impérialisme

Lire l’appel à l’action

 

Samedi 5 mars
Panel avec la participation de plusieurs féministes, dont la présidente de la FFQ, Mélanie Sarazin
14 h à 17 h
1515 Ste-Catherine O, local 1.615 (MacKay) Université Concordia
Garderie disponible

Mardi 8 mars
Marche Les femmes en lutte pour un monde meilleur
Départ à 18 h
Square Cabot (coin Atwater et Ste-Catherine O.)
Téléchargez le tract
Événement Facebook

Nous répondrons à l’invitation du Comité femmes de diverses origines pour célébrer la tradition militante des femmes qui nous ont précédées, et démontrer notre engagement à continuer à lutter pour la paix et pour l’égalité. Nous agissons en solidarité avec nos sœurs d’ici et d’ailleurs pour un monde meilleur pour nos familles, nos communautés et pour nous-mêmes !

 

Pour en savoir plus, consultez le site du Comité des femmes de diverses origines ou suivez-les sur Facebook ! 

 

L’économie féministe: un outil à privilégier pour lutter contre la pauvreté et l’exclusion sociale des femmes

La FFQ a déposé un mémoire dans le cadre de la consultation en vue d’un troisième plan d’action gouvernemental en matière de lutte à la pauvreté et à l’exclusion sociale. Nous vous proposons ici l’introduction de notre mémoire, ainsi que la liste des 10 recommandations que nous avons formulé.

Introduction

Le patriarcat ainsi que le capitalisme et ses mesures néolibérales sont les deux principaux systèmes d’oppression qui maintiennent les femmes dans la précarité et la pauvreté : « le patriarcat, […] maintient une division sexuelle du travail défavorable aux femmes, et le néolibéralisme, […] fait passer les profits des entreprises privées avant le droit de la population à une vie décente »[1]. Combinés à ces idéologies, d’autres systèmes d’oppression tels que le racisme, le colonialisme, le capacitisme, l’hétérosexisme, etc., accentuent la reproduction des inégalités de façon systémique et viennent aggraver la situation de précarité et de pauvreté chez les femmes autochtones, en situation de handicap, immigrantes, racisées et marginalisées.[2]

Au Québec les femmes composent plus de la moitié de la population québécoise et sont celles qui vivent le plus la pauvreté et l’exclusion sociale.

Cette consultation en vue du troisième plan d’action gouvernemental se fait dans un contexte québécois difficile où le gouvernement désinvestit massivement dans les programmes de santé et de services sociaux et met en place des mesures austères qui enfoncent de plus en plus les femmes et la société québécoise.

Ce mémoire ne prétend nullement faire le tour des enjeux liés à la pauvreté et de ses conséquences sur les femmes, ni faire une analyse ou un bilan approfondi. Nous nous sommes par contre inspirées des travaux du Collectif pour un Québec sans pauvreté qui, nous désirons le souligner, joue un rôle majeur dans notre société pour lutter contre la pauvreté et l’exclusion sociale et qui travaille AVEC les femmes et les personnes les plus vulnérables de notre société.
Ce mémoire vise certains éléments, du plan de lutte à la pauvreté et à l’exclusion sociale, entre autres l’analyse différenciée selon les sexes et une analyse intersectionnelle, qui sont essentielles dans la perspective de « se doter d’un projet féministe de société qui vise une refonte radicale du système économique et politique avec un État au service de la démocratie et du bien commun »[3]et qui vise l’atteinte d’une réelle égalité pour toutes les femmes.

Afin de faire de cette lutte à la pauvreté et à l’exclusion sociale une lutte pour que toutes les femmes puissent vivent dans une société égalitaire, il va de soi que la richesse doit se distribuer autrement. « […] si la réduction des inégalités fait partie des buts de la stratégie nationale, ainsi que l’amélioration de la situation économique des personnes et des familles, aucune orientation ne parle de la fiscalité. Pourtant, la fiscalité est justement au cœur de la redistribution de la richesse ».[4] Des solutions fiscales existent, elles seront présentées au cours du présent texte.

Liste des recommandations

  • Que le gouvernement s’inspire davantage de la vision du féminisme et du projet féministe de société et considère les résolutions adoptées lors des États généraux de l’action et de l’analyse féministes.
  • Que le gouvernement écoute et entende les femmes et le mouvement féministe dans leurs revendications et qu’il agisse en conséquence des revendications apportées par ces dernières pour favoriser l’autonomie économique de toutes les femmes.
  • Que le gouvernement actuel cesse de mettre en place des mesures austères qui vont à l’encontre de la lutte à la pauvreté et à l’exclusion sociale.
  • Que le gouvernement procède à une analyse différenciée selon les sexes et intersectionnelle, de ses politiques fiscales de son plan d’action, de ses programmes et dans ses mesures, afin de rendre effectifs les principes de justice et d’égalité.
  • Que le gouvernement adopte, d’entrée de jeu, et fasse la promotion d’une vision féministe de l’économie et des finances publiques.
  • Que le gouvernement adopte un programme d’infrastructures sociales au même titre qu’il adopte des programmes d’infrastructures « traditionnelles » pour stimuler l’économie et la création d’emploi.
  • Que le gouvernement adopte les cinq revendications portées par le Collectif pour un Québec sans pauvreté, appuyer par l’ensemble du mouvement communautaire dans son prochain plan gouvernemental de lutte contre la pauvreté.
  • Que le gouvernement retire le projet de loi 70 et mette en place des mesures viables qui favorisent la réinsertion socioprofessionnelle.
  • Que le gouvernement adopte les solutions fiscales et les mesures de contrôles de dépenses proposées par la Coalition Main Rouge et appuyé largement par le mouvement féministe et communautaire.
  • Puisque les groupes en défense collective des droits jouent un rôle crucial dans la lutte à la pauvreté, nous recommandons que le gouvernement augmente le financement des organismes en défense collective des droits et de l’ensemble des groupes de femmes et communautaires.

Lire le mémoire complet



[1] La pauvreté : une décision politique (2007). Analyse féministe des causes de la pauvreté, L’R des centres de femmes.

[2] L’institut canadien de recherches sur les femmes (2006). Les cadres d’analyse féministe intersectionnelle : une vision émergente.

[3] http://www.etatsgenerauxdufeminisme.ca/index.php/bien-commun

[4] Collectif pour un Québec sans pauvreté, (2015), Pour construire un Québec sans pauvreté : Quelques éléments d’analyse politique et extraits choisis.

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Journée internationale des femmes – 8 mars 2016 : Thème et visuel

Cette année encore le Collectif 8 mars, composé de la FFQ, du comité condition féminine de la CSN, de la FTQ et de l’Intersyndicale des femmes (représentant les comités condition féminine de l’APTS, CSD, CSQ, FAE, FIQ, SFPQ, SPGQ) propose un thème Appel à toutes pour se faire entendre! pour inspirer les actions qui se dérouleront partout au Québec dans le cadre de la Journée internationale des femmes. Le Collectif 8 mars saisira l’occasion de la Journée internationale des femmes pour rencontrer le gouvernement. La FFQ participera à cette rencontre et sa présidente agira à titre de porte-parole pour le Collectif.

Outils visuels pour promouvoir le 8 mars

Vous pouvez télécharger le visuel afin de faire connaître le thème de cette année dans vos réseaux féministes. Nous vous invitons à utiliser les différentes images sur les réseaux sociaux et ainsi afficher votre engagement féministe pour l’égalité et la justice pour toutes les femmes !

Affiche [PDF haute résolution]
Bannière Twitter
Bannière Facebook
Vignette pour les réseaux sociaux

Lorsque vous utilisez le visuel, merci d’indiquer les droits d’auteure de la manière suivante : Le Collectif 8 mars, UPPERKUT. Illustration : Sophie Casson.

Nous vous invitons également à porter l’épinglette du 8 mars pour démontrer  l’importance de poursuivre les luttes pour une société égalitaire, juste, solidaire et en paix.

Pour vous procurez une épinglette, nous vous invitons à contacter la Table régionale des groupes de femmes de votre région ou si vous êtes une personne syndiquée à contacter votre comité condition féminine.

Pourquoi ce thème ?

Pour la FFQ, le thème de cette année évoque les récentes mobilisations, pensons aux actions et manifestations populaires, communautaires et syndicales contre les mesures d’austérité, aux actions de la Marche mondiale des femmes qui ont mobilisé des milliers de femmes au Québec et dans le monde (50 pays et territoires participent à ces actions), aux mobilisations contre les violences envers les femmes, comme #AgressionNonDénoncée ou aux actions du mouvement féministe en solidarité avec les femmes autochtones pour réclamer une commission d’enquête sur les femmes autochtones disparues et assassinées, pensons également aux travailleuses.eurs du secteur public (75% sont des femmes) mobilisé.es pour défendre les services publics et des conditions de travail et de vie décentes.

Toutes ces mobilisations témoignent de la force des mobilisations et des actions des femmes pour défendre et revendiquer l’égalité et la justice pour toutes!

Le thème témoigne aussi de la nécessité de l’action collective féministe pour défendre les droits des femmes. Dans une période où le gouvernement adopte des mesures d’austérité qui maintiennent, reproduisent et renforcent les inégalités vécues par les femmes et les inégalités entre les femmes elles-mêmes et entre les peuples, il est nécessaire de continuer à faire entendre nos voix pour dénoncer les politiques sexistes du gouvernement au Québec.

Le Collectif 8 mars fait  appel à vous pour défendre nos droits !

Pour la Journée internationale des femmes, faites-vous entendre pour l’égalité et la justice pour toutes  les femmes !

 

21-27 fév.: Semaine d’actions pour un meilleure partage de la richesse

La Coalition opposée à la tarification et la privatisation des services publics ( Coalition Main Rouge), dont la FFQ est membre, vous invite à participer à une semaine d’actions dérangeantes dans toutes les régions du Québec, la semaine du 21 février.

Cette semaine d’action vise à revendiquer que le gouvernement Couillard adopte dès son prochain budget des mesures permettant de freiner le transfert de richesse vers les plus riches et de réinvestir massivement dans les programmes sociaux et les services publics:

  • Réinstaurer la taxe sur le capital pour les banques
  • Augmenter les impôts des grandes entreprises au lieu de les diminuer encore
  • Revoir la fiscalité des particuliers : augmenter le nombre de paliers d’imposition pour assurer une réelle progressivité de l’impôt et une plus grande contribution des plus riches et imposer davantage les dividendes et les gains en capital, au même titre que les revenus de travail
  • Lutter plus activement contre l’évasion fiscale

Pour plus d’informations sur les actions prévues dans votre région, rejoignez un groupe répondant membre de la Coalition Main Rouge ou votre organisation nationale membre de la Coalition.

Informez la Coalition de vos actions : info@nonauxhausses.org

Rejoindre l’événement Facebook

 

Message de la Coalition Main Rouge

Depuis son élection en 2014, le gouvernement de Philippe Couillard multiplie les coupures dans tous les domaines. Éducation, santé, programmes sociaux, personnes âgées, personnes malades, familles, personnes en difficultés, femmes, travailleurs et travailleuses… la majorité de la population écope et nos droits à la santé, à l’éducation et à la dignité sont bafoués.

Ces attaques à nos droits s’accompagnent de multiples hausses de tarifs et de frais en tous genre, qu’on nous demande d’assumer individuellement, qui font gonfler la facture et qui limitent l’accès aux services dont nous avons besoin.

Pendant ce temps, des banquiers, PDG de grandes entreprises, politiciens et médecins, amis du gouvernement Couillard, profitent du démantèlement de nos outils collectifs pour s’enrichir pendant que tous les autres s’appauvrissent. Maille par maille et sans scrupules, le Parti libéral est en train de détruire notre filet social.

Alors que l’équilibre budgétaire est à peine atteint, le gouvernement s’apprête à nous priver de revenus importants en baissant encore les impôts des entreprises et de certains particuliers. Pourtant, l’impôt est la façon la plus juste et la moins chère de financer les services dont nous avons tous besoin. Baisser les impôts, ça veut dire pour chacun.e de nous de payer beaucoup plus cher.

D’autres choix sont possibles

Pour mettre un terme à ce cercle vicieux d’appauvrissement de la population au profit de quelques-uns, il nous faut faire d’autres choix de société. C’est pourquoi il faut poursuivre et intensifier la mobilisation débutée à l’automne 2015 pour forcer le gouvernement à aller chercher l’argent nécessaire au financement adéquat des services publics et des programmes sociaux là où il se trouve.

 

28 nov. : Manifestation unitaire – Saccage austére, réplique populaire

Manifestation organisée par la Coalition opposée à la tarification et la privatisation des services publics dont la FFQ est membre active.

Samedi, 28 novembre
13 h
Parc Jarry, coin Jarry et St-Laurent.
Événement FacebookTract

L’heure est à l’urgence

Alors que partout on se bat contre la démolition des acquis sociaux et des services publics, le gouvernement Couillard se prépare non seulement à des compressions supplémentaires de 1,2 milliards $, mais à priver l’État de revenus et à nous imposer encore des taxes et tarifs.

Ce qui nous attend : de l’austérité permanente.

Depuis 15 ans, le Québec s’est privé de milliards de dollars en diminuant la contribution fiscale des plus riches, des banques et des multinationales. En allant chercher cet argent, nous pouvons financer adéquatement nos services publics et nos programmes sociaux ! Le Québec pourrait ainsi réaliser les droits qu’il s’est engagé à respecter.

Le 28 novembre, MARCHONS ENSEMBLE contre le saccage
et pour une réelle redistribution de la richesse!

Ne laissons pas le gouvernement nous diviser, forçons-le à aller chercher l’argent là où il est :

  • En réinstaurant la taxe sur le capital pour les banques ;
  • En augmentant le nombre de paliers d’impositions pour assurer une réelle progressivité de l’impôt et une plus grande contribution des plus riches;
  • En augmentant les impôts des grandes entreprises au lieu de les diminuer encore ;
  • En luttant réellement contre l’évasion fiscale.