Covid-19 : Le droit à la santé est-il un privilège?

En ces temps de pandémie, la Coalition pour l’éducation à la sexualité, qui rassemble une centaine d’organisations pancanadiennes, nationales, régionales et locales (la Fédération des femmes du Québec en est membre), s’inquiète pour ses groupes membres ainsi que les populations qu’ils desservent. Certaines de ces dernières, parmi les plus vulnérables et marginalisées de notre société, paient plus fort que les autres le prix de la crise sanitaire actuelle. Respecter les mesures de confinement et de distanciation sociale est un luxe et un privilège que tous·tes ne peuvent pas se permettre.

Les  travailleur·euse·s de première ligne qui œuvrent notamment en éducation et santé sexuelles dans le milieu communautaire, le font dans des conditions de plus en plus difficiles et dangereuses et le matériel de distribution (condoms, matériel d’injection stérile, produits désinfectants, etc.) ainsi que les ressources manquent. Ces employé·e·s font face à une augmentation de l’agressivité et de la détresse de la part des personnes usagères qui, elles, (sur)vivent dans des conditions d’autant plus précaires, n’ayant plus accès, ou de manière limitée, à des services et du matériel de base.

D’ailleurs, la tangente vers la répression policière prise par le gouvernement afin de faire observer les mesures de distanciation sociale et de confinement ainsi que l’esprit de délation que cela amène dans la population en général, ne fait qu’exacerber la problématique, car elle affecte démesurément ces personnes – dont plusieurs en situation d’itinérance – qui, dans bien des cas, ne peuvent tout simplement pas toutes les respecter. En leur donnant des amendes, règlera-t-on vraiment la situation?

La Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse (CDPDJ) s’est même récemment prononcée sur cette pratique qu’elle a qualifiée de discriminatoire. En ce sens, la Coalition pour l’éducation à la sexualité appuie la Coalition des organismes communautaires québécois de lutte contre le sida (COCQ-SIDA) dans son appel au gouvernement «pour une réponse solidaire et communautaire à la Covid-19». Ces personnes issues de diverses communautés marginalisées ont plutôt besoin de services (hébergement, nourriture, soins de santé, etc.) et cet enjeu, tout comme les conditions de vie et de travail des personnes en CHSLD et dans les résidences pour aîné·e·s, est loin d’être nouveau.

Dans la même veine, bien qu’il soit tout à fait légitime de limiter la circulation d’argent comptant, qui peut être un important vecteur de transmission du virus, le fait que des services ou commerces listés comme essentiels l’interdisent complètement impacte les personnes vivant de l’économie informelle ou se trouvant déjà dans une situation financière précaire, qui ne possèdent pas de cartes de crédit ou de débit et qui se retrouvent soudainement dans l’incapacité d’acheter le minimum essentiel pour vivre.

Ces enjeux, de même que la fermeture et la réduction de nombreux services communautaires et publics ainsi que la redirection de certains effectifs du système de santé afin de combattre la COVID-19 entraînent plus d’isolement, de détresse et de précarité chez diverses communautés, dont les droits, incluant celui à la santé (physique, mentale, sexuelle, etc.), ne sont pas toujours respectés. Par exemple, beaucoup de jeunes LGBTQ+ isolé·e·s de leur réseau d’attache vivent de la répression et de l’incompréhension de la part de leur famille, plusieurs personnes aînées ou en situation de handicap qui recevaient des soins à domicile n’en reçoivent plus et l’accès ralenti et plus difficile à des services en santé sexuelle et reproductive, notamment à la contraception et la pénurie de condoms à prévoir, entravent principalement les droits des filles, des femmes, des personnes trans et non binaires et des travailleuse·eur·s du sexe qui seront plus à risque de vivre une grossesse non désirée. Une hausse des cas d’ITSS, nommément du VIH, serait également à prévoir dans le cas d’une production insuffisante de préservatifs, principalement chez les populations plus à risque.

En terminant, les fonds publics d’urgence qui ont été débloqués pour le milieu communautaire sont essentiels pour que les organismes puissent adapter et continuer à offrir des services de manière sécuritaire aux populations les plus marginalisées, qui sont les plus affectées par la crise. La Coalition pour l’éducation à la sexualité craint cependant que ces mêmes populations ne fassent également les frais de l’après-crise, c’est-à-dire qu’elles soient visées par des coupures, notamment faites dans le milieu communautaire, afin de rétablir un certain équilibre budgétaire. Nous souhaitons que ces fonds soient plutôt maintenus, car ces enjeux ne sont pas nouveaux. Ils existaient avant la crise sanitaire, qui les a exacerbés, et continueront d’exister ou s’amplifieront après celle-ci, si le soutien financier diminue.

Références:

La Coalition pour l’éducation à la sexualité, qui rassemble aujourd’hui environ une centaine de groupes membres, a été formée à partir de la pétition «L’éducation à la sexualité, ça va pas s’faire par magie»: https://fqpn.qc.ca/educsex/

Source : http://www.fqpn.qc.ca/actualites/covid-19-le-droit-a-la-sante-est-il-un-privilege/

Contact presse :
Fédération du Québec pour le planning des naissances (FQPN) – Julie Robillard 514-915-3102

10 idées pour sortir les femmes de la crise

Les réalités sociales qui rendent les femmes plus vulnérables à la crise actuelle ne sont pas nouvelles. Ce qui veut dire que bien des solutions sont déjà connues !

Les réalités sociales qui rendent les femmes plus vulnérables à la crise actuelle ne sont pas nouvelles. La pandémie de COVID-19 ne fait que les accentuer. Des mesures ciblées, à court terme, peuvent faire une différence concrète dans la vie de plusieurs femmes. Toutefois, pour contrer les problèmes de fond ancrés dans des inégalités normalisées au fil des décennies, il est aussi impératif de mettre de l’avant des idées ambitieuses.  Il faut que la société d’après-crise réponde mieux à ses promesses entre les hommes et les femmes, et entre toutes les femmes.

Tout comme les problèmes, les pistes de solution les plus évidentes ne sont pas nouvelles non plus. Le mouvement féministe québécois, la FFQ et un grand nombre d’organismes en défense des droits portent ces combats et cherche à faire évoluer les politiques publiques depuis des décennies. Il semble toutefois qu’en ces temps troubles, l’importance revendications amenées par tant de personnes depuis si longtemps est peut-être plus saillante que jamais aux yeux du grand public. Il est plus que temps d’agir.

Pour bien des femmes au Québec, la crise a commencé bien avant l’arrivée de la pandémie de la COVID-19. Nous ne souhaitons donc pas de retour à la «normale», car cette norme laissait tellement d’entre nous derrière.

Pourquoi les femmes sont-elles plus touchées par la COVID-19 ?

  • Les femmes sont plus touchées par l’augmentation du chômage des dernières semaines, qui touchent particulièrement les emplois à temps partiel et les emplois dans le secteur des services tels l’hébergement et la restauration.
  • Les femmes sont plus nombreuses dans les emplois de première ligne du système de santé, où les risques de contamination sont les plus élevés. De manière globale, 80 % des emplois dans le domaine de la santé sont occupés par des femmes.
  • Ce sont aussi les femmes qui occupent les emplois où les interactions avec le public sont les plus importantes au sein des commerces essentiels. Ce sont les caissières, par exemple, dans les épiceries et les pharmacies. 
  • Il y a encore un écart de salaire moyen important entre les hommes et les femmes au Québec et au Canada, et la pauvreté est encore largement une réalité féminine. En situation de crise économique, les femmes sont donc surreprésentées parmi les populations les plus vulnérables. 
  • Toutes les problématiques ci-haut sont encore accentuées pour les femmes racisées. Elles sont encore plus surreprésentées que leurs pairs dans les emplois sous-payés des services essentiels et les emplois à statut précaire, particulièrement en ce qui a trait au soin des aînés en milieu hospitalier ou à domicile ; leur taux de chômage est plus élevé, et même en temps normal, et elles sont plus nombreuses à vivre sous le seuil de la pauvreté.
  • Les mesures de confinement amplifient par ailleurs les risques de violence envers les femmes et les enfants. Celles qui sont prises à la maison avec un conjoint violent ont aussi moins d’occasions de s’éloigner pour demander de l’aide, même si les ressources sont disponibles. 
  • Plusieurs communautés autochtones sont particulièrement vulnérables à la pandémie, notamment à cause de la pénurie de logements qui force tant de familles à vivre dans des espaces trop restreints où la distanciation sociale est impossible. Les risques de violence envers les femmes et les enfants autochtones occasionnés par les mesures de confinement sont donc donc plus importants dans ces milieux. 
  • Les femmes sont plus nombreuses à la tête des familles monoparentales. Par ailleurs, la charge des enfants et des tâches domestiques leur revient encore disproportionnellement au sein des familles. La fermeture des écoles a donc un impact démesuré sur les mères québécoises, leur santé mentale et physique. La pandémie affecte plus la capacité des femmes à concilier travail et famille.

Dans ce contexte, la Fédération des femmes du Québec souhaite donc (re)mettre de l’avant 10 idées pour sortir les femmes de la crise.

1 – Améliorer les conditions de travail des « anges gardiennes », de manière durable

Cela passe notamment par une augmentation substantielle des salaires et une amélioration drastique des conditions de travail. Nous sommes conscientes que cela requiert un grand chantier. Il devrait s’agir là d’une priorité nationale.

Si les inégalités de rémunération et de conditions de travail dans le système de santé québécois ont fait couler beaucoup d’encre dans les dernières semaines. Or, elles ne sont pas nouvelles.

Traditionnellement, les médecins étaient des hommes et les infirmières des femmes. Si la valorisation des professions aussi inégales, les vieux relents du patriarcat sont en grande partie à blâmer.

Les femmes racisées occupent aussi les rôles de care et de travail dans nos sociétés depuis très longtemps. Encore aujourd’hui, elles sont très nombreuses parmi les préposées aux bénéficiaires et le personnel d’aide à domicile pour nos aînés — dans la grande région de Montréal, certes, mais pas seulement. Si ces rôles sont aussi mal rémunérés, c’est aussi à cause d’inégalités sociales profondes qui ne datent pas d’hier. Nos sociétés rémunèrent encore différemment le travail en fonction de qui, en bonne partie, occupe un rôle ou un autre. 

On voit bien aujourd’hui comment ces iniquités ne servent personne : ni les travailleuses ni les bénéficiaires. La sous-valorisation du travail traditionnellement féminin amplifie de facto la capacité du gouvernement à agir efficacement en période de crise de santé publique.

Remercier les « anges gardiennes » ne suffit pas. Il faut aussi cesser de les exploiter et revaloriser leur travail par des mesures concrètes.

2 – Instaurer un revenu minimum d’urgence

Trop de personnes sont encore inadmissibles aux mesures d’aide d’urgence annoncées par les gouvernements provincial et fédéral. Par exemple, certaines femmes qui étaient en congé de maternité ne sont pas admissibles à l’assurance-chômage. Plusieurs femmes actives dans l’industrie du sexe, femmes sans statut et femmes impliquées dans les économies informelles passent sous le radar des catégories gouvernementales. De manière générale, les femmes sont plus nombreuses à vivre de sources de revenus précaires, qui entrent mal dans les définitions classiques.

Toutes ont droit à un revenu décent, en tout temps. Un revenu minimum garanti imposable permettrait de mieux aider toutes celles qui en ont le besoin que les programmes à la pièce où il y a toujours des exclues.

3 – Augmenter le salaire minimum à 15$

On qualifie d’essentielles toutes celles qui maintiennent les services dans les pharmacies et les épiceries, qui maintiennent les lieux publics propres, qui offrent des soins aux aînés, qui tiennent le filet social dans les organismes communautaires. Pouvons-nous désormais les rémunérer justement ?

4 – Donner des suites sérieuses aux revendications des femmes autochtones

Cela fait des années que l’on nomme les solutions aux multiples problématiques qui fragilisent les communautés autochtones, et en particulier les femmes, les filles et les personnes bispirituelles. Les rapports de la Commission d’enquête sur les relations entre les Autochtones et certains services publics au Québec, de la Commission d’enquête sur les femmes autochtones disparues et assassinées, et de la Commission de vérité et réconciliation existent. On ne devrait pas attendre une pandémie avant d’accélérer l’action politique. Mais il n’est pas trop tard pour s’y mettre.

5 – Mieux connaître l’impact différencié de la pandémie et des mesures d’urgence, pour mieux intervenir

L’élaboration et l’évaluation des politiques publiques doivent s’ancrer dans une connaissance des faits. Quel est l’impact des mesures d’urgence sur les hommes et les femmes ? Quelles communautés sont le plus affectées par la pandémie, et pourquoi ? Quelles interventions faut-il planifier en conséquence ?

Depuis longtemps, des chercheurs dénoncent le manque de données détaillées pour mieux comprendre l’état de la santé publique au Québec et au Canada. Pourtant, aucun centre d’expertise et de référence en matière de santé publique au Québec,  n’a encore diffusé d’information statistique ventilée selon l’appartenance ethnoculturelle, le sexe, le genre,  la classe sociale et; la situation d’handicap, en lien avec le virus. Il faut mieux connaître le portrait de la situation pour les femmes, et mieux comprendre quelles femmes sont les plus touchées par le virus ou encore oubliées par les mesures d’urgence.

L’analyse différenciée selon les sexes dans une perspective intersectionnelle (ADS+) permettrait aussi de répondre à ce besoin crucial d’informations et donc de prendre des décisions plus éclairées pour le bien collectif.

6 – Sensibiliser la population à l’épidémie de violence genrée

L’an dernier, une femme ou une fille était tuée au Canada à chaque trois jours, en moyenne. Et bien sûr, les statistiques sur les meurtres ne constituent que la pointe de l’iceberg de la violence envers les femmes. Avec les mesures de confinement, le portrait macabre dressé par les chiffres est sûrement appelé à s’assombrir.

Par ailleurs, on sait que les personnes LGBTQIA2+ et les personnes en situation de handicap, par exemple, font partie des groupes les plus vulnérables à la violence familiale.

En cette période de crise, il est important de répondre aux besoins des maisons d’hébergement et des autres organismes qui viennent en aide à toutes les personnes qui vivent de la violence.

Il est aussi nécessaire d’opérer un changement de culture et de mettre fin à la normalisation de la violence genrée qui mène encore tant de médias à caractériser ces situations de « conflit familial » ou de « blessures amoureuses ». Les besoins en sensibilisation et en éducation populaire du grand public sont criants.

Il faut continuer de travailler à mieux soutenir les victimes tout en prenant les mesures nécessaires pour stopper la violence avant qu’elle n’affecte encore une autre génération.

7 – Respecter les droits humains des femmes incarcérées

Au 18 avril, plus de la moitié des détenues de l’Établissement Joliette, dans Lanaudière, ont été déclarées positives au coronavirus. Là-bas, des unités d’isolement sont utilisées pour tenir les détenues malades à part, une mesure punitive, inhumaine et inefficace pour contenir le virus. Au Centre de surveillance de l’immigration de Laval (CSI), une quinzaine de personnes sont toujours détenues alors qu’un gardien y a été déclaré positif.

Il est urgent de se pencher sur la situation de toutes les personnes qui pourrait avoir accès à la libération conditionnelle sans que la sécurité publique en soit affectée. On parle notamment des demandeurs d’asile, des personnes dont la peine arrivait à terme sous peu, celles qui se qualifieront bientôt à la libération conditionnelle et celles qui ont été incarcérées pour des crimes non violents.

8 – Bonifier le financement à la mission des organismes communautaires

Les mesures d’austérité des dernières années les avaient déjà particulièrement fragilisés. Pourtant, on prend maintenant conscience plus que jamais de l’importance cruciale des services que ces organismes rendent à la population.

Il faut par ailleurs noter que la crise du sous-financement est encore plus aigüe au sein des organismes qui desservent les femmes racisées et les femmes autochtones, lesquelles sont particulièrement vulnérables en situation de crise pour les raisons déjà nommées.

Vraisemblablement, la pression sur ces organismes restera élevée bien après le déconfinement progressif de la société. Une solution durable passe par un retour à un niveau viable de financement à la mission de ces organismes

9 – Veiller sur la santé mentale et physique des femmes

La pression sur le système de santé, les limites imposées aux personnes accompagnatrices lors des examens de grossesse et les accouchements et la suspension des accouchements à domicile: tous ces facteurs peuvent augmenter les risques de violences obstétricales et gynécologiques (VOG) et compliquer la santé maternelle. Par ailleurs, la fermeture temporaire de certaines cliniques a compliqué l’accès à l’avortement dans plusieurs régions au Québec. Dans ces circonstances, il est important de travailler de concert avec les expertes et les organismes pertinents pour évaluer l’impact des mesures d’urgence sur la santé gynécologique et obstétricale.

Par ailleurs, dans une situation incertaine où le stress augmente, l’anxiété, la dépression et plusieurs autres enjeux de santé mentale peuvent aussi devenir un enjeu de santé publique encore plus critique. Les femmes qui doivent concilier le soin des enfants avec les exigences du travail, par exemple, sont à risque d’épuisement. Or, les services en santé mentale publics, gratuits et accessibles à toutes sont encore loin d’être une réalité. Le prix onéreux des psychothérapies aux privés est dénoncé depuis longtemps.

Il est important d’améliorer l’accessibilité de ces services, maintenant, et de manière pérenne.

10 – Offrir des services adéquats aux femmes en situation d’itinérance

Bien que la Ville de Montréal ait temporairement réquisitionné des espaces pour créer des centres d’hébergement pour les personnes itinérantes, il arrive souvent que ceux-ci soient pleins. Un très grand nombre d’organismes ont par ailleurs dû cesser de servir des repas aux personnes itinérantes. Les toilettes publiques des centres commerciaux et des restaurants ne sont plus accessibles. Les installations sanitaires manquent cruellement. La fermeture des banques complique l’accès à l’aide sociale. Et les rues étant désertes, les femmes ne peuvent plus compter sur les dons de la population.

Dans ces conditions, la situation des femmes en situation d’itinérance à Montréal s’est grandement précarisée dans les dernières semaines. Tout porte à croire que la réalité est aussi grave un peu partout au Québec.  Il est impératif d’améliorer le service à ces populations pour qu’elles passent à travers de la crise, au-delà des seules mesures de contrôle de la contagion. Ce n’est pas que le coronavirus, mais aussi les mesures de confinements elles-mêmes qui mettent grandement leurs vies en danger à l’heure actuelle.

Pour le bien des femmes, le retour à la « normale » n’est pas une option

Nous savons aussi que les problématiques susnommées touchent plus les femmes, certes, mais pas seulement les femmes. Nous savons aussi que les solutions mises de l’avant peuvent aussi améliorer les conditions de vie d’un grand nombre d’hommes. C’est normal: le combat féministe se fait toujours dans l’objectif de plus d’équité et de justice pour toutes les collectivités.

Pour bien des femmes au Québec, la crise a commencé bien avant l’arrivée de la pandémie de la COVID-19. Nous ne souhaitons donc pas de retour à la «normale», car cette norme laissait tellement d’entre nous derrière.

Nous souhaitons avancer. Et lorsque les femmes avancent, c’est toute la société qui s’en porte mieux. 

Pour visualiser le document remis vendredi le 24 avril à la Mme Isabelle Charest, ministre de la Condition féminine, c’est par ici !

Être féministes en temps de pandémie

Fédération des femmes du Québec - Égalité pour toutes, égalité entre toutes

Le Québec comme le monde qui nous entoure traverse à l’heure actuelle une période bien particulière. Et comme en toute période de crise, ce sont les personnes plus vulnérables qui sont les plus affectées. Plus particulièrement, cela veut dire les femmes.

D’une part, les femmes sont de loin les plus nombreuses dans les emplois de première ligne pour contrer la pandémie, où les conditions de travail imposées sont de plus en plus difficiles. D’autre part, les mesures de distanciation physique augmentent les risques de violence et d’iniquités envers les femmes et les enfants et exacerbent la précarité financière.

Devant la crise, l’importance des luttes féministes est particulièrement évidente. La Fédération des femmes du Québec est solidaire de toutes les femmes et nous tâcherons, dans les prochaines semaines, d’être particulièrement vigilantes face aux différents enjeux affectant les femmes en temps de pandémie.

Nous vous invitons à nous écrire pour nous faire part des situations sur lesquelles l’attention de notre mouvement féministe devrait se porter.

Nous partageons régulièrement les initiatives pertinentes sur nos réseaux sociaux. Lorsque cela concerne les femmes et la crise sanitaire, nous utilisons le mot-clic #FemmesCOVID19 :

  • Pour accéder aux publications publiques sur Facebook qui contiennent ce mot-clic, faites une recherche avec #FemmesCOVID19 ou consultez la page Facebook de la FFQ.

N’hésitez pas à nous suggérer des nouvelles féministes à partager, soit par Facebook, par Twitter ou par courriel!

Appel pour une surveillance des droits humains dans les réponses gouvernementales à la pandémie de COVID-19

De concert avec quelque 300 organismes et personnes, la Fédération des femmes du Québec a signé cet appel à l’action

Le respect des droits humains demeure primordial en temps de crise. Les principes qui les sous-tendent apportent un cadre précieux pour guider les actions des gouvernements et fournissent les balises nécessaires pour empêcher d’éventuels abus. En temps de crise, le respect des droits humains devient particulièrement fragile – pour le moins ténu. Il en est ainsi peu importe la nature de la crise, que celle-ci soit due à des enjeux de sécurité nationale, à des catastrophes naturelles ou à une urgence de santé publique telle que la pandémie de COVID-19. Il s’agit donc d’un moment critique demandant une surveillance rigoureuse du respect des droits humains : afin d’encourager les divers paliers de gouvernements à adopter des mesures fortes destinées à renforcer l’exercice des droits humains et à se prémunir contre de possibles violations intentionnelles ou involontaires de ceux-ci.

Le droit international indique clairement quelles mesures les gouvernements doivent prendre pour assurer la protection des droits humains – qu’il s’agisse du droit à la vie, du droit à la santé, du droit à un logement convenable ou à des moyens de subsistance menacés en raison de la crise due à la COVID-19. Ils établissent des exigences claires en matière d’égalité entre les genres, de non-discrimination et de droits linguistiques, mettant en évidence la nécessité d’une action délibérée des gouvernements afin de protéger pleinement les droits des individus et des communautés marginalisées. Il permet de fixer les limites que les États ne peuvent franchir lorsqu’ils estiment nécessaire de restreindre certains droits pour faire face à la crise.

Cependant, le fait que les obligations imposées aux États en matière de droits humains soient claires ne garantit pas pour autant qu’elles seront respectées. Le risque de voir les gouvernements outrepasser leurs obligations est particulièrement préoccupant en ce qui concerne bon nombre de droits directement touchés par la pandémie de COVID-19, notamment ceux relatifs à la santé, au logement, à la nourriture et à l’eau potable. Malgré la reconnaissance internationale du principe d’interdépendance et d’indissociabilité des droits humains, il arrive que les différents paliers de gouvernement du Canada affirment que ces droits, tout comme les autres droits économiques, sociaux et culturels, ne devraient pas être soumis aux mêmes normes de mise en oeuvre et de surveillance que les droits civils et politiques, laissant leur protection incertaine et entre les mains du politique.

Trop souvent, en temps de crise, les droits humains sont considérés par les gouvernements comme non pertinents voire inutiles, si ce n’est qu’ils soient carrément vus comme des obstacles à une réponse efficace. Et c’est ce qui se passe actuellement avec la crise sanitaire. Les gouvernements sont confrontés à d’énormes défis et doivent prendre des décisions rapidement. Les risques encourus pour la santé publique sont dramatiques et les retombées négatives sur l’économie se multiplient de façon exponentielle. Naturellement effrayés et confrontés à une surcharge d’information, la population est moins susceptible de questionner les gestes posés par les gouvernements et davantage encline à leur accorder une plus grande latitude, même lorsque les mesures mises de l’avant restreignent considérablement leurs droits.

Souvent sous-estimé est l’impact important et différent que ces mesures restrictives ont sur: les communautés des Premières Nations, des Métis et des Inuit, les personnes noires ou racisées (notamment dans ce cas-ci des personnes d’origine asiatique), les personnes âgées, les personnes handicapées, les femmes et les enfants vivant de la violence à la maison, les personnes réfugiées et migrantes, les personnes marginalisées en raison de leur sexe ou de leur identité ou orientation sexuelles, les minorités linguistiques officielles, les personnes incarcérées, les travailleuses et travailleurs du sexe, les personnes sans-abri ou vivant dans des logements inadéquats, les personnes dépendantes aux drogues, les personnes dont l’emploi est précaire et toute autre personne ou communauté marginalisée.

En même temps, les mécanismes et les institutions existants jouant traditionnellement un rôle central dans la protection des droits humains – y compris les cours, les commissions et les tribunaux des droits de la personne – sont confrontés à des contraintes et à des limites importantes. Bien que certaines causes urgentes soient toujours entendues par vidéoconférence ou conférence téléphonique, de nombreuses procédures ont été ajournées indéfiniment et la plupart des nouveaux cas ne sont pas inscrits au calendrier. En outre, en raison de la nature spécifique de la pandémie et de l’arrêt des processus démocratiques, les espaces publics de délibération, tels que les comités parlementaires et les consultations publiques, servant habituellement de mécanismes assurant la responsabilité et la transparence en matière de droits humains, sont actuellement non fonctionnels.

Nous appelons donc les paliers de gouvernement – fédéral, provincial, territorial et municipal – à prendre des mesures urgentes pour améliorer et renforcer la surveillance des droits humains dans leurs réponses à la pandémie de COVID-19, notamment :

  • En veillant à ce que les gardiens du savoir autochtones, les représentant.e.s des commissions fédérales, provinciales et territoriales des droits humains, les représentant.e.s des bureaux municipaux des droits humains concernés, et les commissaires aux langues officielles aient un rôle consultatif officiel, voire accru, auprès des comités spéciaux, des groupes de travail d’urgence, des groupes de travail d’intervention en cas de crise et d’autres instruments créés par les gouvernements afin de coordonner leur réponse à la pandémie de COVID-19.
  • Établir ou identifier immédiatement des comités indépendants de surveillance des droits humains composés de représentant.e.s des Premières Nations, des Métis et des Inuit, des collectivités touchées, des fournisseurs de services de première ligne, des défenseur.e.s des droits humains, des travailleuses et des travailleurs, ainsi que des universitaires, avec pour mandat de :
    • identifier les mesures nécessaires pour renforcer la protection des droits humains dans les stratégies de réponse à la pandémie;
    • surveiller les violations des droits humains associées aux mesures d’intervention prises pour contrer la COVID-19, y compris par le biais des forces de police;
    • rendre visible et disponible les informations et les statistiques, désagrégées par sexe et genre, selon l’identité autochtone, la race, le handicap s’il y a lieu ou toute autre caractéristique identitaire, nécessaires pour améliorer la protection des droits humains;
    • veiller à ce que les gouvernements appliquent une analyse comparative intersectionnelle entre les sexes à toutes les dimensions de leurs réponses à la crise de la COVID-19 intégrant, entre autres, des cadres antiracistes, anti-capacitisme et anti-oppression;
    • encourager et tirer parti d’une approche communautaire de veille des droits humains et du signalement des violations des droits associées à la COVID-19 ;
    • faire des recommandations régulières aux gouvernements; et
    • faire rapport publiquement, sur une base régulière et par le biais de mécanismes à être déterminés par les Comités, une fois ceux-ci mis sur pied.

Pour consulter la liste des 300 organismes et personnes ayant signé cet appel, consulter le fichier PDF joint.

Communiqué du Comité des 12 jours d’action – Nous avons rencontré la Ministre Hélène David

Un constat : il reste beaucoup de travail pour éliminer les violences envers les femmes !

 

Montréal, le 14 décembre 2017 – Le Comité des 12 jours d’action contre les violences envers les femmes a rencontré la Ministre responsable de la Condition féminine, Madame Hélène David, le lundi 11 décembre. Nous nous sommes entendues sur deux constats principaux. D’une part, il reste encore beaucoup de travail pour lutter contre les violences systémiques envers les femmes, et d’autre part, les organismes travaillant avec les femmes et en particulier avec les femmes à la croisée des oppressions manquent cruellement de ressources.

 

Les porte-paroles du Comité des 12 jours d’action ont remis à la Ministre une lettre collective signée par plus de 120 organismes, exigeant que le gouvernement reconnaisse nos expertises et nous dote des moyens nécessaires pour poursuivre notre mission. Florence Pardo a explicité : “Ces violences sont produites et reproduites dans toutes les sphères de la vie: dans les médias, dans la sphère sociale et économique, dans nos institutions et même dans nos lois. Les violences envers les femmes ne sont pas un phénomène extraordinaire, elles sont malheureusement trop courantes, et parfois même banalisées et invisibilisées. Elles touchent tous les aspects de la vie des femmes”. “Les organismes qui travaillent avec les femmes marginalisées sont affamés. Les besoins sont de plus en plus criants, et nous ne sommes plus en mesure d’y répondre” a ajouté Gabrielle Bouchard. Enfin, Marlihan Lopez a précisé que : “Les organismes qui travaillent avec les femmes à la croisées des oppressions ont trop peu de ressources et de temps pour participer aux consultations. Cela a des conséquences directes sur la formulation des stratégies et politiques gouvernementales qui marginalisent systématiquement les besoins de ces femmes”.

 

La Ministre Hélène David a reconnu qu’il y avait un problème de financement des organismes communautaires. Elle s’est engagée à poursuivre cette réflexion avec nous, afin d’améliorer substantiellement le financement des organismes et la manière dont il est alloué. En outre, elle a reconnu que les préoccupation des organismes féministes et communautaires doivent être transversales à tous les autres ministères et s’est engagée à porter ces dossiers auprès de ses homologues.

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Contact média : Amel Zaazaa amelia.zaazaa@gmail.com 514 261-5334

De gauche à droite : Adeline Jouve, Ève Torres, Gabrielle Bouchard, Amel Zaazaa, Marlihan Lopez, Hélène David, Natasha Harvey, Isabelle Gélinas, Hanane Khales, Michèle Spieler, Florence Pardo, Caroline Jacquet

Le Comité des 12 jours contre les violences envers les femmes est composé cette année de la Fédération des femmes du Québec, d’Action des femmes handicapées (Montréal), du Centre de documentation sur l’éducation des adultes et la condition féminine, du Conseil Québécois LGBT, de DAWN /Réseau d’action des femmes handicapées du Canada, de Femmes Autochtones du Québec, de la Fédération des maisons d’hébergement pour femmes, de la Fondation Filles d’action, de la  Fondation Paroles de femmes, de La Voix des femmes, de la Maison d’Haïti, du Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale, du RQCALACS et du Y des femmes de Montréal. La Campagne du Comité des 12 jours d’action contre les violences envers les femmes est réalisée grâce au soutien du Secrétariat à la Condition féminine .

Le Collectif 8 mars exige des engagements concrets de la part du premier ministre

Alors qu’elles représentent plus de 700 000 femmes au Québec, le premier ministre a encore refusé de rencontrer les membres du Collectif 8 mars à l’occasion de la Journée internationale des femmes. Ce matin, elles sont allées porter elles-mêmes leurs revendications devant le bureau de M. Philippe Couillard à Montréal.

« Année après année, les rencontres du Collectif 8 mars avec la ministre responsable de la Condition féminine n’ont donné aucun résultat concret », a d’entrée de jeu déclaré la porte-parole du Collectif 8 mars et présidente de la Fédération des femmes du Québec (FFQ), Mélanie Sarazin, lors du point de presse. « C’est le gouvernement dans son ensemble qui doit agir pour l’égalité entre les femmes et les hommes et à cet effet, nous voulons cette année que le premier ministre se joigne à la ministre, ce qu’il refuse. Alors que le premier ministre affirme haut et fort que l’égalité entre femmes et hommes est un principe, les politiques d’austérité sexistes et les coupes dans les services publics ont des impacts dramatiques sur les conditions de vie et de travail de toutes les femmes du Québec. Nous le répétons chaque année, il est temps que le gouvernement nous entende », a-t-elle rappelé.

Réinvestir massivement dans le mouvement des femmes

Les représentantes du Collectif 8 mars ont une nouvelle fois sonné l’alarme : les organismes qui composent le mouvement des femmes sont à bout de souffle. Alors qu’ils sont asphyxiés financièrement, les groupes de femmes sont de plus en plus sollicités et font face à une demande de services accrue en raison même de l’augmentation des inégalités. Les femmes en subissent directement les contrecoups : listes d’attente de plus en plus longues, programmes suspendus, services abandonnés, postes abolis, etc.

« La Fédération des femmes du Québec, par exemple, ne le sait que trop bien : la situation actuelle est insoutenable et ce sont les femmes qui en écopent. Le mouvement des femmes a toujours été à l’avant-garde dans la défense collective des droits, la mise sur pied de services, l’éducation populaire, la formation continue ou encore la sensibilisation à grande échelle. Nous observons sur le terrain à quel point les politiques du gouvernement contribuent à l’appauvrissement et à la précarisation des conditions de vie des femmes. Cela frappe particulièrement celles qui sont déjà marginalisées par plusieurs systèmes d’oppressions, comme le racisme systémique ou le colonialisme ! », a déploré Mélanie Sarazin.

Prioriser l’autonomie économique des femmes

Cette année encore, le Collectif insiste : l’autonomie économique des femmes doit constituer une priorité gouvernementale transversale. C’est d’ailleurs le thème prioritaire de la 61e session d’ONU Femmes cette année, avec une préoccupation particulière pour l’autonomisation des femmes autochtones. Or, le Collectif constate sur le terrain que les politiques du gouvernement vont exactement dans le sens inverse : démantèlement des services publics, notamment des services de garde à la petite enfance, déstructuration des emplois des femmes, recul quant à la conciliation famille-travail-études, etc.

« Ce sont les travailleuses majoritaires dans ces services qui subissent les impacts de cette austérité sexiste ! Le tiers des femmes qui ont un emploi au Québec travaillent dans le secteur public », a expliqué Mélanie Sarazin. « Les compressions subies depuis 2014 mettent aussi en péril nos services de garde éducatifs qui ont pourtant permis à un nombre important de femmes de retourner et de rester sur le marché du travail, et ce, à des postes à temps complet, au lieu de postes à temps partiel ou atypiques », a-t-elle ajouté. Le gouvernement se désintéresse complètement de la création d’emplois dans les secteurs féminins : « Les mesures de relance ont davantage favorisé les hommes que les femmes : 6,2 milliards de dollars contre 2,7 milliards » a-t-elle fait valoir.

Appliquer les outils existants

Les membres du Collectif ont réitéré l’urgence d’appliquer, comme le gouvernement s’était engagé à le faire, l’analyse différenciée selon les sexes (ADS). Celle-ci doit être appliquée rigoureusement à toutes les mesures et politiques gouvernementales, en évaluant également les impacts des mesures budgétaires et fiscales afin de pouvoir tenir compte des réalités différentes entre les femmes et les hommes et entre les femmes elles-mêmes.

« Il faut tenir compte des discriminations systémiques dans toutes les politiques du gouvernement. Par exemple, le taux d’emploi des femmes non diplômées est de seulement 38,3 %, comparativement à 52,3 % pour les hommes dans la même situation. Le taux d’emploi des femmes immigrantes titulaires d’un diplôme universitaire est de 69,1 %, par rapport à 78,5 % chez les hommes dans la même situationIl y a longtemps qu’on dénonce cette iniquité, il est temps que sa correction devienne une priorité gouvernementale », a rappelé Mélanie Sarazin.

À propos du Collectif 8 mars

Le Collectif 8 mars représente plus de 700 000 femmes au Québec. Il est formé de l’Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS), de la Centrale des syndicats démocratiques (CSD), de la Confédération des syndicats nationaux (CSN), de la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), de la Fédération autonome de l’enseignement (FAE), de la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ), de la Fédération des femmes du Québec (FFQ), de la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ), du Syndicat de la fonction publique et parapublique du Québec (SFPQ) et du Syndicat de professionnelles et professionnels du gouvernement du Québec (SPGQ).

SOURCES : COLLECTIF 8 MARS
Chantal Mantha (APTS), cmantha@aptsq.com, 514 236-9287
Marilou Gagnon (CSD) gagnonm@csd.qc.ca, 514 248-6277
Ariane Gagné (CSN), ariane.gagne@csn.qc.ca, 514 349-1300
Christine Marceau (CSQ), marceau.christine@lacsq.org, 514 235-5082
Marie-Josée Nantel (FAE), mj.nantel@lafae.qc.ca, 514 603-2290
Myrna Karamanoukian (FIQ), mkaramanoukian@fiqsante.qc.ca, 514 572-5454
Caroline Jacquet (FFQ), organisatrice@ffq.qc.ca, 514 806-0452
Isabelle Gareau (FTQ), igareau@ftq.qc.ca, 514 953-0142
Éric Lévesque (SFPQ) eric.levesque@sfpq.qc.ca, 418 564-4150
Marc-Antoine Ruest (SPGQ), marc-antoine.ruest@spgq.qc.ca, 581 308-7309

Renseignements : Caroline Jacquet, cellulaire : 514 806-0452

Déclaration d’appui à l’occupation organisée par Solidarité sans Frontières au bureau de l’Agence des services frontaliers du Canada

Aujourd’hui, la Fédération des femmes du Québec participe et appuie l’occupation et la perturbation des bureaux montréalais d’Immigration Canada et de l’Agence des services frontaliers du Canada (ASFC/CBSA) à Montréal, une action organisée par Solidarité sans frontières.

Nous appuyons et participons à cette action de perturbation afin de dénoncer la violence engendrée par le système d’immigration au Canada qui condamne des milliers de migrant.es à vivre sans papier et qui participe activement à des situations de violence telles que les détentions de personnes migrant.es, la séparation des familles, la précarité, la peur et dans certains cas la mort de migrant.es durant leurs détentions. Nous joignons notre voix à celle de Solidarité sans frontières pour demander la mise en place d’un processus de régularisation pour toutes les personnes non-documentées vivant au Canada, et ce, de manière immédiate, inclusive et continue.

Pourquoi comme  organisation féministe dénoncer le système d’immigration du Canada ?

Le Canada et le Québec sont des terres d’accueil. C’est du moins une idée généralement répandue. S’il est vrai que le Canada et le Québec accueillent des personnes réfugiées et immigrantes, leurs systèmes d’immigration génèrent également de trop nombreuses injustices et privent de nombreuses personnes migrantes de l’exercice de leurs droits les plus fondamentaux tels que l’accès aux services de santé et à l’éducation. Comme organisation féministe qui défend les valeurs de paix, de solidarité, d’égalité, de justice et de liberté, nous nous opposons à la création de citoyenneté de seconde zone.

Au fil des années, nous avons souvent été interpellées pour soutenir des demandes de résidence de femmes et de familles ayant des parcours migratoires bien différents. Chacune de leurs histoires est marquée par les violences ; violence dans le pays qu’elles ont quitté, violence physique, psychologique, sexuelle ou économique vécue avant leur arrivée et souvent depuis leur arrivée parce qu’ elles se retrouvent dans des situations de grande précarité, incapables d’exercer leurs  droits les plus élémentaires et sujettes à des  violences institutionnelles invisibilisées et banalisées. Ces injustices sont le résultat d’un système d’immigration qui  bafoue les droits de trop nombreuses personnes. Nous avons également soutenu différentes campagnes visant la régularisation de femmes sans statut, nous nous sommes mobilisées en soutien aux travailleuses domestiques à statut précaire, mais le gouvernement est demeuré sourd aux demandes. C’est pourquoi nous avons répondu à l’appel de Solidarité sans frontières pour revendiquer un statut maintenant pour toutes et tous.  Nous choisissons de résister, de perturber l’application d’un système d’immigration qui produit des violences et des injustices et de déranger leur capacité d’aller de l’avant comme si de rien n’était. C’est pourquoi nous  occupons les bureaux de l’ASFC aujourd’hui.

 

Vous êtes à Montréal ? Joignez-vous à la manifestation de solidarité avec les occupant.es devant les bureaux d’Immigration Canada et de l’Agence des services frontaliers du Canada (ASFC/CBSA) au 1010, rue St-Antoine Ouest.

Partager votre message de soutien sur les réseaux sociaux avec les mots-clic #Stopdeportations #ShutDownCBSA

20 mai – Lancement de La bataille de l’avortement: chronique québécoise

Nous avons le plaisir de vous inviter au 5@8 de lancement du livre de Louise Desmarais, LA BATAILLE DE L’AVORTEMENT: CHRONIQUE QUÉBÉCOISE. Nous organisons ce lancement  de concert par la FQPN – Fédération du Québec pour le planning des naissances et les Éditions du remue-ménage  cet événement nous permettra de célébrer ensemble 40 ans de luttes et 40 ans de victoires en faveur du droit à l’avortement!

Vendredi 20 mai prochain
Maison du développement durable –  50, rue Sainte-Catherine Ouest, Montréal
17 h à 20 h
Gratuit – Réservez votre place
Événement Facebook

 

Vin, jus et bouchées seront offerts sur place. Immeuble et toilettes accessibles

Interprétation LSQ disponible en en faisant la demande 48h à l’avance.

INFO
t. 514 876-0097 *1903
info@editions-rm.ca

Réaction à chaud sur le budget du gouvernement du Québec

La FFQ souhaite réagir à chaud au budget déposé hier pour le gouvernement du Québec. Le ministre Leitao affirme que nous ne sommes pas en période d’austérité, pourtant la lecture que nous faisons de ce budget nous dit le contraire. Nous persistons et nous soulignons, que tant que le gouvernement n’analysera pas d’abord les mesures budgétaires et fiscales en utilisant une analyse différenciée selon les sexes, permettant d’évaluer les effets de ces mesures sur les droits des femmes à l’égalité et la justice, il perpétuera et renforcera les inégalités entre les hommes et les femmes, et entre les femmes elles-mêmes.

Le budget du gouvernement, c’est :

  • Trop peu d’investissements dans le système d’éducation (3%) et le système de santé et services sociaux (2%) afin de rétablir les dommages causés par l’austérité. Les femmes sont nombreuses à travailler dans ces secteurs, elles vivent à la fois les effets de ces coupures comme travailleuses, mais également comme citoyennes, comme proches aidantes, comme usagères.
  • 2 M$ sur 5 ans pour les 2 stratégies (ce ne sont donc plus des politiques d’où découlaient des plans d’action, mais des stratégies) pour l’égalité entre les femmes et les hommes et pour la lutte contre les violences sexuelles. C’est clairement insuffisant ! Après les coupures importantes à la condition féminine des dernières années, nous doutons que ce 2 M$ permette d’opérer des changements concrets et durables pour l’égalité de fait et pour le droit des femmes à vivre dans une société sans violence sexiste.
  • Très peu de mesures pour aider concrètement les familles. Oui, il y a une réduction de 50 % (rétroactive à partir de 2015) pour un deuxième enfant en CPE (ce qui représente environ 30 000 familles selon la FAFMRQ), mais les familles devront tout de même absorber des hausses d’impôt.
  • Le maintien du PL70, qui met en place des mesures discriminatoires envers les personnes recevant de l’aide sociale.
  • L’abolition progressive de la taxe santé à partir de cette année est une bonne nouvelle, il faut par contre rester vigilant.es afin que le gouvernement ne privatise pas et ne tarifie pas davantage les services de santé.
  • Le gouvernement continue de favoriser un développement économique basé sur l’exploitation des ressources naturelles. Il y aura des investissements majeurs dans le Plan Nord et une augmentation des crédits d’impôt pour les minières. Ce type de développement n’est pas sans conséquence, pour l’environnement, bien sûr, mais aussi pour les communautés qui vivent sur ces territoires et en particulier pour les peuples autochtones. Rappelons, entre autres, que des hausses du taux de violences et d’agressions sexuelles envers les femmes, plus particulières les femmes autochtones, ont été observées à proximité des grands chantiers.
  • Il y a une attention particulière pour aider financièrement les peuples autochtones, mais ce n’est pas suffisant et cette aide est trop souvent accordée pour le profit du développement du Plan Nord.

 

Toutes ces mesures budgétaires sont nettement insuffisantes pour permettre l’atteinte de l’égalité entre les femmes et les hommes, entre les femmes elles-mêmes et entre les peuples. Ces mesures ne permettent pas d’atteindre une véritable justice sociale.

Action féministe pour dénoncer les politiques d’austérité en santé

« Budget 2016 – C’est maintenant à eux de payer »


Montréal, le 24 février 2016 – Le centre des femmes solidaires et engagées, la Coalition montréalaise pour la survie des services publics, la Fédération des femmes du Québec (FFQ), la Fédération des associations de familles monoparentales et recomposées du Québec (FAFMRQ), la Fédération québécoise pour le planning des naissances (FQPN), la Table des centres de femmes de Montréal-Laval et L’R des centres de femmes du Québec (L’R) ont sorti leurs paillettes et ont fait résonner leurs voix pour dénoncer les politiques du ministre Barrette. Les coupures en santé se font sur le dos des femmes, autant celui des travailleuses, que des utilisatrices ou que des proches aidantes, les femmes sont tannées de faire les frais de l’austérité, elles exigent un meilleur partage de la richesse.

 

Des paillettes contre les politiques de Barrette

Les militantes ont rendu visite à la Fédération des médecins spécialistes pour y déposer les solutions fiscales développées par la Coalition Main Rouge et totalisant 10 milliards de dollars que le gouvernement peut récupérer sans couper dans les programmes et les services publics. Elles se sont ensuite déplacées au cœur du complexe Desjardins pour animer bruyamment l’heure du dîner et faire connaitre leurs revendications. « Nous avons ciblé la Fédération des médecins spécialistes parce que ceux-ci semblent avoir l’écoute du ministre Barrette qui leur a octroyé une importante augmentation salariale, alors qu’il coupe dans les services et les soins et qu’il autorise les frais accessoires. Ce sont les femmes qui font les frais de ces coupures. Ce sont elles les principales usagères du système de santé, ce sont elles qui sont principalement à la tête des familles monoparentales et qui doivent payer, toujours plus, pour leurs médicaments et ceux de leurs enfants. Ce sont également elles qui sont proches aidantes et qui doivent pallier aux coupures de services du réseau de la santé », affirme Mélanie Sarazin, présidente de la FFQ.

 

Le Québec a les moyens de faire autrement

Cette action s’inscrit dans le cadre d’une semaine d’actions dérangeantes contre les mesures d’austérité et pour un meilleur partage de la richesse organisée par la Coalition opposée à la tarification et à la privatisation des services publics (Coalition Main Rouge). À quelques semaines du prochain budget du gouvernement Couillard, les groupes participant à cette action interpellent le gouvernement afin qu’il change de cap en réinvestissant massivement dans les services publics et les programmes sociaux, au lieu de couper dans le filet social.

La Coalition Main Rouge propose plusieurs solutions au gouvernement pour qu’il finance ce réinvestissement. Elle revendique que le gouvernement adopte des mesures fiscales précises telles que :

    • Réinstaurer la taxe sur le capital pour les banques
    • Augmenter les impôts des grandes entreprises au lieu de les diminuer encore
    • Revoir la fiscalité des particuliers : augmenter le nombre de paliers d’imposition pour assurer une réelle progressivité de l’impôt et une plus grande contribution des plus riches et imposer davantage les dividendes et les gains en capital, au même titre que les revenus de travail
    • Lutter plus activement contre l’évasion fiscale
    • Adopter des mesures de contrôle du coût des médicaments, notamment en instaurant un régime entièrement public d’assurance médicaments.

 

La Coalition opposée à la tarification et à la privatisation des services publics regroupe 85 organisations sociales d’horizons divers. Ces groupes représentent des organisations syndicales, des associations étudiantes, et d’autres groupes sociaux allant des centres de femmes aux personnes retraitées, en passant par des organismes œuvrant en consultation budgétaire et en consommation, des groupes de défense des droits et libertés, des groupes de lutte à la pauvreté, etc.

 

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Informations :

Cybel Richer-Boivin
514-717-4847
Calendrier complet de la semaine d’actions : www.nonauxhausses.org