« Québec, who cares ? »

Le travail des femmes noires et racisées dans les métiers du soin a été salué. Mais avons-nous analysé leur réalité de façon systémique ? Lettre ouverte signée par deux administratrices de la FFQ, Marlihan Lopez et Laïty Fary Ndiaye, publiée le 12 mai 2020 sur Ricochet.

Contrairement à l’expression populaire, nous ne sommes pas toutes et tous dans le même bateau. S’il y a une chose que nous apprenons avec la crise sanitaire actuelle, c’est qu’il n’est plus possible de continuer à ignorer collectivement les inégalités systémiques.

La crise du COVID-19 a tout changé; nous sommes tou.te.s abasourdi.e.s par la mort et la maladie à un niveau jamais vu dans notre vie. C’est ce qu’affirme la juriste afro-américaine Kimberlé Crenshaw dans son podcast Intersectionality Matters. En effet, cette pandémie et la gestion qui en est faite ont accentué des violences structurelles que nos sociétés ont héritées de l’esclavage et du colonialisme.

Division sexuelle et raciale du travail

Rappelons quelques faits. Au Canada, les femmes blanches gagnent 67% du salaire des hommes blancs, alors que les femmes racisées font 59 % de ce salaire (Écarts de revenus au Canada : une inégalité économique racialisée du Centre Canadien de politiques alternatives, 2019). Les femmes noires et racisées font ainsi face à un fossé salarial fondé sur le genre et la race, conséquence d’un marché du travail genré et racialisé.

Cette réalité est un phénomène global où les personnes noires et racisées constituent le cheap labor du régime capitaliste.

Or, pour expliquer cette réalité, plusieurs ont essayé de mettre des mots sur la surreprésentation des femmes noires et racisées dans les métiers du soin, plus précisément dans les CHSLD et autres services de soins. Des centres-conseils en emploi, qui ont une grande clientèle immigrante, soutiennent que le parcours des femmes immigrantes est influencé par différents facteurs, dont leurs statuts d’immigration les rôles sociaux traditionnels occupés par les femmes, etc.

Nous soutenons que cette situation doit être analysée de façon systémique. Les femmes noires et racisées, même lorsqu’elles sont nées au Québec, font face à des obstacles systémiques à l’accès à l’emploi qui sont également liés à diverses formes de discrimination, fondées sur le genre, la race, la classe sociale, la citoyenneté. C’est à cause de ces discriminations qu’elles se retrouvent surreprésentées dans des emplois « traditionnellement féminins », souvent dévalorisés, sous-payés et très précaires.

Pourtant, il est décevant de voir à quel point cette réalité est, à quelques exceptions près, invisibilisée dans les discours gouvernementaux et dans le traitement médiatique des effets de la Covid-19. Celles que certain.e.s appellent nos héroïnes aujourd’hui, car elles s’occupent de nos ainé.e.s, sont aussi les femmes haïtiennes qui étaient « indésirables » en traversant le chemin Roxham lors de la Crise des migrants en 2017.

L’image de la préposée aux bénéficiaires noire qui se valoriserait en prenant soin des autres est sans nul doute le prolongement de la figure de la fameuse nounou noire (Mammy).

Femmes noires, stéréotypes et travail du care

Dans le cas précis des femmes noires, la précarité des emplois et l’écart salarial vont de pair avec des stéréotypes racistes et sexistes véhiculés sur elles dans leur rapport au soin. Ces stéréotypes qui datent du temps de l’esclavage les essentialisent, que ce soit à propos de leurs aptitudes au travail ou par rapport au fait qu’elles soient Noires.

Rappelons le stéréotype de la Mammy ou nounou noire, encore très présent dans l’imaginaire collectif nord-américain qui servait à romantiser les relations entre esclave et maître. Ce stéréotype représente la femme noire comme étant une figure maternante, une travailleuse domestique loyale et dévouée qui peut tout tolérer et qui ne se fatigue jamais. L’image de la préposée aux bénéficiaires, noire, qui se valoriserait en prenant soin des autres est sans nul doute le prolongement de la figure (fantasmée?) de la fameuse nounou noire.

À cet égard, un centre-conseil en emploi a affirmé que, en faisant référence aux femmes préposées aux bénéficiaires,«culturellement elles se valorisent en prenant soin des autres ». Cet argument sert à déculpabiliser la société et le groupe dominant de sa responsabilité dans le maintien des structures de pouvoir qui perpétuent le racisme, la discrimination et le sexisme que vivent les femmes noires. Cela revient à dire, quelque part, « si elles font ces emplois précaires, c’est qu’elles aiment ça! « . Nous reconnaissons là le mécanisme qui fait porter aux victimes le fardeau de la violence qu’elles subissent. Faut-il rappeler que les communautés noires sont parmi les plus pauvres au Québec et au Canada, et que si les femmes noires occupent en grande partie les emplois dangereux et précaires de préposées aux bénéficiaires, c’est davantage par contraintes que par choix.

Les mots de l’écrivaine afro-américaine Zora Neale Hurston résonnent plus que jamais: « Si tu gardes le silence face à ta peine, ils te tueront et ils diront que tu as aimé ça. »

Nous avons collectivement la responsabilité de dénoncer les mécanismes discriminatoires qui confinent les femmes noires et racisées dans des emplois précaires. Résistons à toute lecture culturaliste qui ne remet nullement en question les inégalités structurelles. Il est nécessaire d’interroger les discours que nous choisissons de valoriser en étant attentifs à la division sexuelle et raciale du travail et à la façon dont elle affecte des travailleuses qui ne devraient pas avoir à prendre soin de nos aîné.e.s à n’importe quel prix.

Source : https://ricochet.media/fr/3106/quebec-covid19-racisme-coronavirus-caring

Cachez cette violence qu’on ne saurait voir !

Texte d’opinion rédigé par Stéphanie Germain pour le site de la FFQ :

Il y a quelques semaines, l’émission Dans les médias, diffusée sur les ondes de Télé-Québec, recevait l’écrivaine Kim Thùy pour parler de ses livres mais surtout de la  vision de son immigration au Québec. L’entrevue m’a laissé perplexe et avec un goût un peu amer. Qu’on se le dise tout de suite, Thùy est une écrivaine dont la réputation n’est plus à faire et elle est une femme inspirante à bien des égards.

Cependant, je ne vous cache pas le malaise que j’ai éprouvé en l’écoutant  louanger le Québec ainsi que son accueil qui, pour elle fût parfait. Elle a été très bien accueillie et elle s’estime heureuse d’avoir immigrée au Québec. Tant mieux pour elle.

Son discours flatte le Québec  dans le sens du poil.

Elle a même parler du fait qu’on n’évoque pas  assez souvent les bons gestes du quotidien, en prenant en exemple la madame qui concocte une tarte pour son voisin immigrant. Offrir une tarte j’en conviens, est un geste de partage et de bienveillance. Encore une fois, tant mieux.

Là où le bât blesse, c’est cette absence de critique de la société qui l’a accueillie et dont elle semble y être, pour toujours, redevable.

Ok. Maintenant, selon moi, ce genre de discours qui flatte une société dans le sens du poil est à double tranchant.

D’une part, ce type de discours contribue à décrédibiliser  et invalider le vécu de personnes immigrantes qui vivent de grandes difficultés d’intégration, et ce, pour plusieurs raisons. Notons par exemple, la couleur de la peau, l’orientation sexuelle ou la confession religieuse,  pour ne nommer que ceux ci.

D’autre part, cela donne des arguments aux individus qui justement ne sont pas portés à croire que les personnes immigrantes peuvent vivre des défis qui sont hors de leur contrôle. Certains seraient tentés de dire «bien voilà, elle est s’est bien intégrée et elle a réussi, les autres ont juste à faire pareil».

Je le sais parce que je suis moi même immigrante de deuxième génération. Et ce  genre de propos je l’ai entendu et je l’entends encore aujourd’hui. Penser que le  fardeau de la réussite repose principalement sur le dos de la personne immigrante est un classique trop récurrent.

Cela m’amène à vous partager deux autres réflexions :

1. la loi 21, qui  aura et a déjà un impact négatif directement sur l’intégration de personnes issues de minorités culturelles et plus précisément sur les femmes de confession musulmanes. Sur le terrain, j’entends les femmes parler de leur souffrance. Elles dénoncent également les violences qu’elles subissent dans les rues, les regards hostiles, qui s’empirent avec  l’adoption de ces lois discriminatoires.

2. Le lundi 25 novembre marquait  le début officiel des 12 journées internationales contre toutes les violences faites aux femmes. Vous vous demandez où je veux en venir. Attendez, j’arrive.

Des violences faites aux femmes, se déroulent aujourd’hui, ici, au Québec.

Ce même Québec qu’on aime louanger  à la télévision sans nuances.

Les femmes racisées sont-elles  aussi victimes de violences. Des formes de  violence qui attaquent leur intégrité, leur humanité et leur existence. Encore en plein début des 12  jours d’action contre les violences envers les femmes, une jeune femme musulmane dénonçait une situation de violence raciste vécue alors qu’elle travaillait. Elle s’est fait traiter  de sale arabe par une cliente.

Comment pensez-vous qu’elle décrirait son intégration ?

Elle qui doit sans doute avoir vu le jour au Québec. Même si  cela est sans importance.

Plusieurs cas démontrent que certains groupes vivent davantage d’exclusion et de haine que d’autres.

Je tenais à partager cette réflexion au sujet du mythe de l’immigrante modèle afin qu’on ne perdre pas de vue d’essentiels nuances.

Ainsi, en cette période  de soutien aux femmes victimes de violences, je vous dis bon courage chère consœurs autochtones, rasicées, vivant plusieurs couches de discriminations et subissant de multiples violences dont celles institutionnelles et systémique. Je suis avec vous. Je suis parmi vous. Je suis l’une t’entre vous. Je sais qu’on peut faire mieux en tant que société.

Une tarte c’est ben  bon, mais une société inclusive c’est encore mieux !

Stéphanie Germain, immigrante de deuxième génération

La FFQ réagit à la vague de commentaires haineux suite à #MonVoileMonChoix

«Le coton ouaté, c’est cute… mais le voile, c’est vraiment badass. Mardi prochain, portez le voile»
Ce simple appel de solidarité à l’égard des femmes portant le foulard a provoqué une nouvelle vague de commentaires de haine à l’égard de notre équipe de travail. 
Ce simple appel, composé de quelques mots, a aussi été repris dans la foulée par plusieurs organes de presse comme étant une initiative de la Fédération des femmes du Québec. Ce n’est pas vrai et ce serait invisibiliser le travail de militantes de terrain. L’initiative a été lancée par Hanadi Saad, fondatrice de Justice Femme, Amel Zaazaa et Tasnim Rekik, engagées depuis le début contre la loi 21. 

La Fédération des femmes du Québec s’est contentée simplement de relayer l’appel, jouant le rôle que nous avons à jouer, en soutien à toutes les femmes. Et l’urgence est bien là. 

Si Catherine Dorion a été interdite d’accès au salon bleu à cause de son habit non conforme aux “règles” du décorum, les femmes portant le foulard viennent d’être ciblées par une loi leur interdisant l’enseignement et les postes de pouvoir. Si l’habillement des femmes n’est pas synonyme de compétence, le degré de contrôle de leur vêtement est proportionnel au pouvoir qu’elles parviennent à arracher dans une société, certaines plus difficilement que d’autres. 

Au-delà de la légalisation de la discrimination des femmes musulmanes aux postes d’enseignement et aux postes de pouvoir, l’urgence se mesure aussi dans les effets de la loi. Les commentaires haineux que reçoit désormais régulièrement la Fédération des femmes du Québec à chacune de ses sorties sur la laïcité n’est qu’un reflet minuscule de ce que subissent les femmes musulmanes dans leur quotidien depuis le passage de la loi. 

Alors qu’il n’y ait pas de malentendu: la FFQ n’appelle pas au “port du voile”.
La FFQ appelle à participer à un événement de solidarité à l’égard des femmes musulmanes en portant occasionnellement un macaron contre la loi 21 ou un foulard dans un contexte où nos luttes féministes doivent absolument ne pas mettre de côté les violences vécues par ces femmes. 

À l’heure où nous sommes régulièrement accusées de “diviser” le mouvement féministe. Nous répondons que la violence des commentaires haineux que nous recevons à chacune de nos sorties sur la laïcité n’est que le reflet de la violence tolérée dans la société québécoise depuis que le gouvernement de la CAQ a choisi de faire passer la loi 21. 

La FFQ tient également à préciser que sa mission est de défendre les droits de toutes les femmes et de répondre aux orientations données par ses membres en cohérence avec nos principes. Cette action de défense des droits, nous sommes déterminées de continuer à la poursuivre aux côtés de la Ligue des droits et libertés et Amnistie internationale Canada francophone, pour ne citer qu’un petit nombre des organismes qui s’étaient levés contre la loi 21. 

À cette fin, et pour répondre à ces campagnes régulières de haine contre la FFQ, nous précisons que notre rôle n’est pas de satisfaire aux demandes de personnes projetant une vision raciste et islamophobe de la lutte pour le féminisme mais bien de défendre le droit de toutes les femmes. 

Manifestation contre le racisme et la xénophobie: le 24 mars 2019 à 14h

(English will follow.)

**Manifestation contre le racisme et la xénophobie : ici et ailleurs**
Dimanche, 24 mars, 14h

Le 12 novembre 2017 et le 7 octobre 2018, deux grandes manifestations antiracistes ont attiré des milliers de personnes dans les rues de Montréal afin de dénoncer le racisme qui devient de plus en plus normalisé au sein de notre société, et à la fois dénoncer le discours xénophobe, islamophobe, misogyne, homophobe et transphobe de notre gouvernement et des groupes d’extrême-droite québécoises. Voilà pourquoi il faut reprendre la mobilisation massive, en commençant par une troisième grande manifestation populaire dans le cadre de la Semaine internationale pour l’élimination de la discrimination raciale. Cette manifestation vise à démontrer la solidarité avec les mouvements antiracistes et antifascistes au niveau mondial et à alimenter une résistance populaire contre les actions racistes, islamophobes et xénophobes.

Le contexte est d’autant plus urgent étant donné les intentions et annonces récentes du gouvernement de la CAQ, qui semble déterminé à interdire les signes religieux dans les services publics, en ciblant particulièrement les enseignantes musulmanes voilées qui travaillent dans le système scolaire public et dans les garderies. Nous revendiquons l’autonomie et le droit des femmes de s’habiller comme elles veulent sans devoir se justifier auprès de quiconque! Ce n’est pas à l’État d’imposer des restrictions aux femmes quant à leurs choix vestimentaires. C’est l’État qui doit être laïc, et non les individu-e-s!

Parallèlement, le gouvernement Legault a annoncé que son administration souhaitait annuler plus de 18 000 dossiers de demandes de résidence permanente en cours (projet de loi 9) afin d’adopter un système « plus sélectif ». Ce projet de loi affecte en fait plus de 54 000 personnes. Nous dénonçons catégoriquement ces mesures! Nous les dénonçons d’autant plus fortement que pendant que le gouvernement québécois bouleverse les vies de milliers de personnes établies ici-même, Legault se pavane à Paris dans l’espoir d’attirer des Français-e-s qui sauront, selon lui, mieux répondre aux besoins de l’économie.

Par son projet de loi, le gouvernement passe sous silence le fait que l’immigration vers le Québec et le Canada est le résultat de plusieurs siècles de colonialisme et d’impérialisme, de logiques destructrices encore à l’œuvre aujourd’hui et qui mettent les États face à leurs responsabilités! Blâmer l’immigration pour les maux de la société est non seulement un geste hypocrite, mais aussi un acte xénophobe qui doit être fermement dénoncé! Non à la xénophobie, oui à l’immigration! Racistes, dehors! Réfugié-e-s, bienvenues! Nous réclamons un statut pour tou-te-s!

Une situation dramatique requiert une réponse urgente et ferme! Cet appel à une manifestation le 24 mars s’inscrit dans un contexte d’actions de résistance continues contre la montée du racisme, de la xénophobie, de l’islamophobie, de l’antisémitisme, de l’extrême droite et de l’oppression sous toutes ses formes. Nous marchons non seulement contre les politiques xénophobes du gouvernement CAQiste, mais aussi contre les conditions qui ont directement contribué à la situation actuelle : un climat de banalisation et de normalisation de la rhétorique raciste et ultranationaliste d’extrême droite pour le plus grand bénéfice du capitalisme néocolonial dans lequel nous vivons.

Tou.te.s ensemble le 24 mars! Contre le racisme et la xénophobie! Pour l’immigration, l’égalité et la dignité!

Contact presse:

Responsable aux communications de la FFQ : 514 717 4847

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**Mass demonstration against racism and xenophobia, both here and elsewhere**
Sunday, March 24th, 2 pm

On November 12, 2017 and October 7, 2018, two large antiracist demonstrations attracted thousands of people to the streets of Montreal in order to denounce the racism that is becoming more and more normalized in our society, as well as the xenophobic, Islamophobic, misogynistic, homophobic and transphobic rhetoric increasingly present in the public political sphere and spread by Quebec far-right groups. This is why we must resume mass mobilizations, starting with a third major demonstration, which will take place in the context of the International Week for the Elimination of Racial Discrimination. The event aims to show our solidarity with anti-racist and antifascist movements worldwide, and also to fuel popular resistance against racist, Islamophobic and xenophobic actions.

In context, this is all the more urgent given the recent intentions and announcements of the CAQ government, which seems determined to ban religious symbols in public services, particularly targeting veiled Muslim teachers who work in the public school system and in daycares. We demand the autonomy and the right of women to dress as they want without having to justify themselves to anyone! It is not up to the state to impose restrictions on women’s clothing choices. It is the state that must be secular, not the individual!

At the same time, the Legault government announced that its administration plans to cancel over 18,000 permanent resident applications (Bill 9) in order to adopt a “more selective” system for accepting newcomers. This bill will affect more than 54,000 people. We categorically denounce these measures! We denounce all the more strongly that while the Quebec government upsets the lives of thousands of people settled here, Legault struts around in Paris in hopes of attracting French immigrants to Canada, who will, according to him, “better respond” to the needs of the economy.

Through Bill 9, the government demonstrates its willful ignorance of the fact that immigration to Quebec and Canada is the result of centuries of colonialism and imperialism, destructive ideologies still at work today, and for which these states are in part responsible! Blaming immigration for the ills of society is not only a hypocritical gesture, but also a xenophobic act that must be firmly denounced! No to xenophobia, yes to immigration! Racists, out! Refugees, welcome! We demand a status for all!

A dramatic situation requires an urgent and strong response! This call for a demonstration on March 24th is part of ongoing resistance – in Quebec and elsewhere – against the rise of racism, xenophobia, Islamophobia, anti-Semitism, the far-right, and oppression in all its forms. We march not only against the xenophobic policies of the CAQ government, but also against the conditions that have directly contributed to the current situation: a climate of trivialization and normalization of far-right racist and ultranationalist rhetoric, which works for the greater benefit of the neocolonial capitalist system in which we live.

Join us on March 24th, against racism and xenophobia! For the right to immigration, equality and dignity!

Communiqué du Comité des 12 jours d’action – Nous avons rencontré la Ministre Hélène David

Un constat : il reste beaucoup de travail pour éliminer les violences envers les femmes !

 

Montréal, le 14 décembre 2017 – Le Comité des 12 jours d’action contre les violences envers les femmes a rencontré la Ministre responsable de la Condition féminine, Madame Hélène David, le lundi 11 décembre. Nous nous sommes entendues sur deux constats principaux. D’une part, il reste encore beaucoup de travail pour lutter contre les violences systémiques envers les femmes, et d’autre part, les organismes travaillant avec les femmes et en particulier avec les femmes à la croisée des oppressions manquent cruellement de ressources.

 

Les porte-paroles du Comité des 12 jours d’action ont remis à la Ministre une lettre collective signée par plus de 120 organismes, exigeant que le gouvernement reconnaisse nos expertises et nous dote des moyens nécessaires pour poursuivre notre mission. Florence Pardo a explicité : “Ces violences sont produites et reproduites dans toutes les sphères de la vie: dans les médias, dans la sphère sociale et économique, dans nos institutions et même dans nos lois. Les violences envers les femmes ne sont pas un phénomène extraordinaire, elles sont malheureusement trop courantes, et parfois même banalisées et invisibilisées. Elles touchent tous les aspects de la vie des femmes”. “Les organismes qui travaillent avec les femmes marginalisées sont affamés. Les besoins sont de plus en plus criants, et nous ne sommes plus en mesure d’y répondre” a ajouté Gabrielle Bouchard. Enfin, Marlihan Lopez a précisé que : “Les organismes qui travaillent avec les femmes à la croisées des oppressions ont trop peu de ressources et de temps pour participer aux consultations. Cela a des conséquences directes sur la formulation des stratégies et politiques gouvernementales qui marginalisent systématiquement les besoins de ces femmes”.

 

La Ministre Hélène David a reconnu qu’il y avait un problème de financement des organismes communautaires. Elle s’est engagée à poursuivre cette réflexion avec nous, afin d’améliorer substantiellement le financement des organismes et la manière dont il est alloué. En outre, elle a reconnu que les préoccupation des organismes féministes et communautaires doivent être transversales à tous les autres ministères et s’est engagée à porter ces dossiers auprès de ses homologues.

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Contact média : Amel Zaazaa amelia.zaazaa@gmail.com 514 261-5334

De gauche à droite : Adeline Jouve, Ève Torres, Gabrielle Bouchard, Amel Zaazaa, Marlihan Lopez, Hélène David, Natasha Harvey, Isabelle Gélinas, Hanane Khales, Michèle Spieler, Florence Pardo, Caroline Jacquet

Le Comité des 12 jours contre les violences envers les femmes est composé cette année de la Fédération des femmes du Québec, d’Action des femmes handicapées (Montréal), du Centre de documentation sur l’éducation des adultes et la condition féminine, du Conseil Québécois LGBT, de DAWN /Réseau d’action des femmes handicapées du Canada, de Femmes Autochtones du Québec, de la Fédération des maisons d’hébergement pour femmes, de la Fondation Filles d’action, de la  Fondation Paroles de femmes, de La Voix des femmes, de la Maison d’Haïti, du Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale, du RQCALACS et du Y des femmes de Montréal. La Campagne du Comité des 12 jours d’action contre les violences envers les femmes est réalisée grâce au soutien du Secrétariat à la Condition féminine .

Ensemble UNIES contre les politiques de Trump !

Affiche rouge avec des images de manifestantes: "ensemble, Unies contre les politiques de Trump"

Déclaration de la Coordination du Québec de la Marche mondiale des femmes

En solidarité avec la Women’s March on Washington TRUMP et son administration sont une menace pour la planète : désordre, haine et supercherie guident leurs actions.

Mais nous ripostons et nous riposterons … Ce 21 janvier marque le jour où des milliers de femmes prendront la rue pour dénoncer un gouvernement misogyne, raciste et colonialiste.

Nous, les femmes de la Marche mondiale des femmes du Québec, sommes en solidarité avec nos soeurs étatsuniennes et nos soeurs du monde entier, c’est pourquoi nous nous joignons à la Women’s March on Washington.

Toutes ensemble avec les différentes communautés et groupes qui sont particulièrement touchées par les orientations défendues par le gouvernement Trump : les femmes, les nations autochtones, les communautés LGBTQIA, les personnes de diverses, les femmes en situation de handicap, victimes de violence, de situations de pauvreté intolérables, etc., nous sommes déterminées à résister, nous puisons notre force dans notre unité.

Nous dénonçons ce président désigné à la tête des États-­‐Unis qui consolide la montée de la droite dans de nombreux pays du monde qui représente une menace pour la planète entière.

Les femmes sont celles qui subissent en premier lieu les effets néfastes des politiques misogynes, racistes et colonialistes de ces gouvernements. Elles sont aussi celles qui sont au-­‐devant des luttes politiques, environnementales, identitaires et économiques, et ce, au péril de leur vie, face à un monde capitaliste, oligarchique et patriarcal.

Nous sommes avec elles de coeur, de force et d’énergie afin de construire un monde meilleur basé sur les valeurs de la Marche mondiale des femmes qui sont l’égalité, la liberté, la solidarité, la justice et la paix.

Cette marche n’est qu’un début, car nous allons nous assurer de poursuivre notre mobilisation et notre engagement à changer le monde. Le patriarcat ne gagnera pas !

À nos soeurs étatsuniennes et à toutes les femmes du monde, ce 21 janvier, nous serons DEBOUTS, SOLIDAIRES et FORTES. Nous serons des milliers de femmes à prendre la rue… Notre voix se fera entendre partout !

Le 21 janvier, levez-­‐vous avec nous pour construire CE monde que nous imaginons depuis toujours!

Tant que toutes les femmes ne seront pas libres, nous serons en MARCHE !!! Plusieurs points de rendez-­‐vous auront lieu au Québec en solidarité avec la Wowen’s March on Washington.

Manif des femmes à Washington-Montréal

Samedi le 21 janvier de 11h-14h

Lieu de rassemblement : Esplanade de la Place des arts

175, rue Ste-Catherine Ouest

Montréal H2X 1Z8

 

Événement Facebook de la manifestation à Montréal

Affiche en français de la Coordination du Québec de la Marche mondiale des femmes

Forum social mondial 2016 à Montréal en août 2016

Du 9 au 14 août 2016, le Forum social mondial (FSM) se tiendra à Montréal. Le FSM vise à rassembler entre 50 000 et 80 000 personnes pour partager les luttes menées dans différentes régions du monde par les mouvements sociaux et militant.e.s en faveur de l’égalité, la dignité pour toutes et tous, la justice sociale et environnementale et le droit à l’autodétermination des peuples.

Ce rassemblement de la société civile vise à renforcer les mouvements sociaux qui luttent contre le capitalisme, le racisme, le colonialisme et l’impérialisme, à travers des espaces d’échanges et de débats qui prendront des formes diverses, afin de partager nos réalités et visions du monde, nos stratégies de résistances et alternatives. Le FSM est tout à la fois un moment de formation politique, d’éducation populaire, de débat, de renforcement des solidarités entre les mouvements sociaux, un lieu d’expérimentation sociale et militante, de mobilisation et d’actions.

S’inscrivant dans la continuité des Forums sociaux mondiaux nés à Porto Alegre au Brésil en 2001, le FSM 2016 de Montréal est un processus collectif et décentralisé basé sur les valeurs suivantes : l’inclusion et l’ouverture, la transparence, l’horizontalité, l’autogestion et l’indépendance. Il prendra la forme d’une multitude d’activités autogérées, proposées par les militant.e.s, collectifs et groupes participants.

 

Pour plus d’information sur la programmation et les activités prévues au FSM
Pour vous inscrire au FSM
Pour proposer une activité au FSM

 

Pourquoi est-ce important d’y participer comme FFQ ?

La FFQ soutient cette initiative et participera à ce grand moment de mobilisation sociale au mois d’août prochain.

Le FSM sera l’occasion de rencontrer une diversité de féministes et de développer des liens entre des militantes d’horizons divers : femmes autochtones, militantes antiracistes, anticapitalistes, écologistes, étudiantes, artistes, militantes ancrées dans les mouvements syndicaux, dans les mouvements LBGTQI* ou encore celles qui se mobilisent pour la défense des droits humains et la solidarité internationale. C’est l’occasion d’échanger avec des militantes qui s’impliquent non seulement au sein des mouvements féministes mais aussi dans d’autres mouvements sociaux. Pour les femmes du Québec, le FSM représente un espace privilégié pour écouter les perspectives de militantes venant de partout dans le monde, afin de mieux comprendre les réalités et enjeux auxquelles elles font face et d’apprendre de leurs expériences et stratégies de résistances.

En ce sens, le FSM représente un espace important pour renforcer nos solidarités au sein du mouvement de la Marche mondiale des femmes (MMF). Des militantes de la MMF des États-Unis seront à Montréal à cette occasion et nous attendons des nouvelles quant à la participation d’autres militantes de la MMF venant d’autres coordinations nationales et régions du monde. Le mouvement de la MMF a toujours participé activement aux processus des FSM et des représentantes de la MMF ont d’ailleurs participé pendant plusieurs années au Comité international des FSM.

Enfin, le FSM est également un espace pertinent pour renforcer des alliances entre les mouvements féministes et les autres mouvements sociaux. Les groupes alliés tels que le Collectif Échec à la guerre, la Coalition Main rouge, le Comité pour les droits humains en Amérique latine, et bien d’autres seront mobilisés à cette occasion et le FSM sera une occasion de visibiliser les perspectives féministes dans les luttes contre l’austérité, pour la défense de la Terre et des territoires, pour l’autodétermination des peuples ou encore contre la guerre et la militarisation.

La FFQ souhaite mobiliser largement le mouvement des femmes au Québec afin que les enjeux féministes soient présents lors du FSM et afin de renforcer nos liens avec les autres mouvements sociaux. Cette initiative est une occasion importante d’écouter les perspectives et d’apprendre des luttes menées par des féministes d’ici et d’ailleurs pour lutter contre toutes les formes de domination.

 

Quelles formes prendra l’implication de la FFQ au FSM ?

Depuis quelques mois, la FFQ est en lien avec deux comités autogérés afin d’organiser des activités conjointes dans le cadre du FSM : le Comité Extractivisme, Libre-échange et pouvoir corporatif et le Comité Féminismes du FSM 2016. Nous participerons à l’organisation de deux ateliers autogérés en collaboration avec d’autres groupes et militantes :

Nous organiserons un premier espace d’échange sur les résistances des femmes face à l’extractivisme, en collaboration avec, entre autres, le Comité pour les droits humains en Amérique latine (CDHAL), le Projet accompagnement solidarité Colombie (PASC) et Femmes autochtones au Québec (FAQ). Cet atelier donnera la parole à des militantes, autochtones et allochtones, venant notamment d’Amérique latine, et des militantes ancrées dans des luttes locales au Québec, qui se lèvent pour défendre leurs territoires contre des projets extractifs. Il vise à mettre de l’avant les luttes portées par les femmes d’ici et d’ailleurs, pour défendre leurs territoires contre l’exploitation des ressources naturelles, la répression politique et la militarisation. Il permettra également de faire des liens et de construire des solidarités entre femmes et féministes en résistance, contre le pouvoir des transnationales, la complicité voire la répression des États pour soutenir des systèmes capitalistes, colonialistes et patriarcaux. Cet atelier s’inscrit dans la continuité des actions de la MMF 2015 sous le thème Libérons nos corps, notre Terre et nos territoires et de la tournée Des-Terres-Minées visant à mettre de l’avant des luttes féministes et anticoloniales menées au Québec contre les projets extractifs.

Un deuxième atelier sera organisé par la FFQ, en collaboration avec la CQMMF, avec les militantes de la MMF qui seront présentes au FSM. Cet atelier sur la MMF permettra à toutes les militantes de la MMF qui seront présentes à cette occasion de partager leurs expériences des actions de 2015, les enjeux auxquelles elles font face comme féministes dans leurs pays et les stratégies d’action qu’elles développent. Elles aborderont, entre autres, la démarche d’éducation politique et populaire développée par les militantes de la MMF dans le cadre des actions de 2015, la place et la vision portées par les femmes autochtones dans différentes coordinations de la MMF et les alliances crées par le mouvement de la MMF avec d’autres mouvements sociaux ici et ailleurs.

En amont et durant le FSM, nous poursuivront notre implication au sein du Comité Féminismes du FSM pour soutenir la mobilisation au sein de nos réseaux. À partir des ateliers autogérés qui seront proposés par les groupes et collectifs participants au FSM, le Comité Féminismes diffusera une programmation mettant de l’avant les activités en lien avec les mouvements féministes et animera tout au long du rassemblement un espace féministe autogéré, au sein duquel il sera possible de se retrouver pour échanger lors d’activités formelles et informelles.

Lors du FSM, la FFQ organisera sa participation aux différentes activités à travers une délégation composée de militantes membres de la FFQ qui souhaitent s’y joindre. Cela nous permettra d’assurer une participation plus diversifiée aux différentes activités, qu’il s’agisse des ateliers que nous organisons, ceux auxquels nous souhaitons participer pour porter des perspectives féministes et faire des liens avec des groupes alliés, prendre part à des assemblées de convergence, de même qu’aux espaces plus informels du FSM. Nous organiserons cette délégation grâce à quelques rencontres préparatoires en amont (juin) et des moments de rencontres-partages durant le FSM.

Vous souhaitez vous joindre à la délégation de la FFQ et participer à la préparation ? Merci de contacter Alice Lepetit à alepetit@ffq.qc.ca

 

Alice Lepetit

28 avril (Québec) – 50e anniversaire de la FFQ : Table-ronde – Des droits pour qui?

Cette année, nous fêtons notre 50e anniversaire et pour célébrer cela, nous organisons plusieurs événements politiques, éducatifs et festifs. Parmi ces événements nous comptons deux tables rondes en collaboration avec la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse (CDPDJ), à l’occasion du 40e anniversaire de la Charte des droits et libertés de la personne. Voici donc la deuxième table ronde de cette série !

Cette table-ronde se veut un espace d’échange de connaissances et d’expériences sur l’accès aux droits pour les femmes. Sommes-nous vraiment égales en droits ? Qu’en est-il de l’accès aux droits pour les femmes autochtones, racisées et/ou marginalisées ? Nous essaierons au travers de cette table ronde d’examiner l’accès différencié aux droits selon différentes formes d’oppressions.

 

Des droits, pour qui ?

Avec:

ÉVELYNE PEDNEAULT
La protection des droits économiques et sociaux par la Charte québécoise et l’égalité entre les femmes et les hommes
VIVIANE MICHEL
Titre de la présentation à confirmer
VÉRONIQUE LAFLAMME
titre de la présentation à venir

Quand : 28 avril 2016, 18 h à 20 h
Où : La Nef, coopérative de solidarité – 160, rue Saint-Joseph Est (Québec)
Événement Facebook

GRATUIT – Les contributions volontaires sont bienvenues pour la FFQ  – Accessibilité universelle  – Interprétariat LSQ disponible : contacter organisatrice@ffq.qc.ca au 48 h avant l’événement.

Merci à nos partenaires de la soirée

Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse (CDPDJ)

 

 

 

 

 

 

 

La Nef Coop

Un 8 mars fait de rencontres, de solidarités et d’actions

La semaine dernière était une semaine bien remplie pour la FFQ. Le 8 mars est toujours un temps de l’année important pour souligner les luttes pour les droits des femmes. Avec pour thème Appel à toutes pour se faire entendre de nombreuses activités ont été organisées partout au Québec et la FFQ a participé à plusieurs à d’entre-elles.

Avec le Collectif 8 mars, nous avons rencontré la nouvelle ministre à la Condition féminine, Lise Thériault. C’est non sans appréhension que nous nous sommes rendues à cette rencontre avec la ministre Thériault, ces déclarations sur le féminisme ont choqué et ont soulevé des questionnements quant à sa capacité à collaborer avec le mouvement féministe. Contre toute attente, nous avons été positivement surprises par la maîtrise des dossiers démontrée par la ministre et par une certaine ouverture aux revendications du Collectif 8 mars. Bien que certains engagements aient été pris par la ministre, nous surveillons de près le dépôt du prochain budget. Y aura-t-il de nouvelles coupures au Secrétariat à la condition féminine ? Les politiques de « relance économique » favoriseront-elles des secteurs économiques où les femmes sont minoritaires ? Y aura-t-il d’autres coupures dans les services et les programmes sociaux ? Les mesures fiscales privilégiées par le gouvernement vont-elles nuire à l’autonomie économique des femmes ? C’est avec ces questions en tête que nous analyserons ce budget ! Nous serons également très attentives à l’automne lors de la sortie du nouveau plan d’action en matière d’égalité femme-homme.

Si la ministre a réitéré sa position en faveur du développement des garderies privées, au détriment d’un réseau public de service de garde éducatif, nous réitérons notre volonté de défendre ce réseau qui a été obtenu, entre autres, grâce aux luttes féministes. On ne lâche rien !

Célébrer  la tradition militante de la Journée internationale pour les droits des femmes

Outre la rencontre entre la Ministre Thériault, nous avons profité de moments de solidarité et nous avons milité aux côtés de nombreuses féministes. Nous avons participé au rassemblement à Sorel-Tracy organisé par les militantes du Mur de femmes contre les oléoducs et les sables bitumineux. Cette initiative, née dans le cadre de la Marche mondiale des femmes, continue de réunir des féministes dans l’action pour contrer les projets qui participent à la destruction de l’environnement et mettent à risque de nombreuses communautés. Nous avons également collaboré avec le Comité 8 mars de Femmes de diverses origines. J’ai pris la parole lors d’un panel abordant différentes luttes menées par des féministes (antiraciste, anticolonialiste, entre autres). J’ai partagé avec les militantes réunies notre perspective sur l’action féministe collective et nos luttes aux politiques d’austérité. J’y ai aussi beaucoup appris. Je me suis également rendue à Trois-Rivières à l’invitation de la CSN, pour parler des nouvelles orientations de la FFQ et de la manière dont elles invitent les membres à travailler conjointement et différemment pour faire avancer un projet féministe de société. Pendant ce temps, mes collègues ont aussi été actives, entre autres, en offrant un atelier avec Femmes autochtones au Québec, au camp de formation féministe organisé par le comité femmes de l’ASSÉ et en assistant à une discussion avec Viviane Michel et Maguy Mettelus sur le racisme et le colonialisme ainsi que les solidarités entre les femmes autochtones et les femmes noires au Québec. Une discussion qui se déroulait autour de la parution en français du livre de bell hooks (figure importante du black feminism), Ne suis-je pas femme?, 30 ans après sa parution originale en anglais. Finalement, de nombreuses militantes se sont jointes à Femmes de diverses origines pour la manifestation annuelle du 8 mars à Montréal, une belle manière de souligner la tradition militante de cette journée. J’ai terminé moi-même, cette semaine d’actions, de partage de connaissances et d’apprentissages avec des femmes de ma région, en Outaouais. Une semaine riche qui nous rappelle pourquoi nous luttons et qui nous donne la force et l’énergie de poursuivre !

Nous sommes féministes

La discussion sur le féminisme, grâce ou malgré les propos de la Ministre Thériault et de d’autres élu.es du gouvernement, a pris beaucoup de place dans l’espace public et a certainement éveillé des consciences sur l’importance d’atteindre l’égalité pour toutes. Si certaines femmes, on choisi d’emboîter le pas et d’affirmer qu’elle n’était pas féministes à coup d’arguments basés trop souvent sur une vision stéréotypée du féminisme et des féministes, plusieurs autres ont répondu avec enthousiasme : « Je suis féministe ». Des initiatives comme « Nous sommes féministes » ou encore le reportage « Féministes et fières de l’être nous ont permis de nous rappeler que nous sommes nombreuses à nous identifier comme féministes et à faire vivre les luttes féministes au quotidien.

Dans ce monde où il est encore très difficile pour les femmes de faire leur place, où l’argent et le capital viennent avant le bien-être, la santé, l’éducation et les droits des femmes, le féminisme devient l’outil privilégié pour mener la lutte pour l’égalité entre les hommes et les femmes, entre les femmes elles-mêmes et entre les peuples.

Quoi que l’on puisse dire, notre société est complexe et de nombreux enjeux font en sorte que nous devons comme féministe continuer les luttes importantes et dénoncer les injustices. Toutes ensemble, nous devons nous battre pour mettre fin aux inégalités, au patriarcat, au racisme, au colonialisme et au capitalisme.

Mais force est de constater que ces dernières années nos actions produisent peu de gains. Doit-on lutter pour une amélioration du système actuel ou en inventer un tout autre reflétant davantage le monde que nous souhaitons ? Je n’ai malheureusement pas la réponse à cette question. Je sais par contre que les mouvements féministes ont toujours su travailler de façon différente. Une de nos grandes forces est de nous construire nous-mêmes comme mouvement et sujet politique. Bien que la résistance puisse prendre différentes formes et que certaines organisations le font différemment, il importe pour la FFQ et le mouvement féministe auquel elle adhère de lutter pour l’émancipation des femmes et l’affirmation de leur droit à une participation intégrale et libre à la vie sociale, culturelle, politique et économique. Nous nous devons aussi de rejeter tout système et toute pratique d’oppression et de domination qui génèrent et entretiennent la violence, la pauvreté, l’intolérance, la discrimination et l’exclusion. Mais comment lutter ensemble, quand nos expériences et nos vécus nous amènent à privilégier des moyens et des stratégies différentes pour mener ces luttes ?

Nous devons nous rappeler que nous travaillons pour une cause plus grande que notre mouvement. Nous travaillons pour une réelle transformation sociale et politique à l’image d’un projet féministe de société.

Le projet féministe de société est ambitieux, car il ne s’arrête pas à l’égalité comparative. Il cherche à éliminer toutes formes de dominations, d’inégalités et de privilèges. Il vise à consolider la solidarité, à dynamiser le mouvement féministe, à développer et à renforcer nos luttes, à accroître notre fierté et notre sentiment d’appartenance à ce mouvement.

Bien évidemment, le mouvement féministe n’est pas homogène. Je considère ce fait comme étant une force et non une faiblesse. Et je garde en tête que le féminisme que nous devons pratiquer est celui qui permet l’erreur : autrement comment pourrait-on permettre l’apprentissage ? Il est celui qui ose parler franchement, autrement comment pourrait-on nous écouter ? Et il doit permettre à une diversité de visions de se rencontrer et de se confronter, sinon, comment pourrait-on faire avancer les enjeux importants des droits des femmes ?

Considérant la société patriarcale, colonialiste, capitaliste et cette logique néolibérale, le féminisme prend tout son sens et nous devons nous mobiliser et construire une lutte forte de nos résistances pour un projet féministe de société à l’image des valeurs de la Marche mondiale des femmes que sont l’égalité, la liberté, la solidarité, la justice et la paix. Et cela me ramène au thème de cette année : Appel à toutes pour ce faire entendre c’est cette solidarité et cette sororité qui nous unit. Nous composons plus de la moitié de la population et ce que nous avons à dire est important. Nous sommes celles qui transforment la société, celles qui changent les mentalités, et celles qui agissent ensemble pour toutes.

Appel à toutes pour se faire entendre exprime comment nous sommes tricotées serrées, mais « lousse », tout en même temps. C’est aussi, pour moi, un écho à “tant que toutes les femmes ne seront pas libres nous serons en marche” ! Et, cette marche elle nous mènera inévitablement à la réalisation d’un projet féministe de société !

 

Mélanie Sarazin

Comité 8 mars des Femmes de diverses origines LES FEMMES LUTTENT POUR UN MEILLEUR MONDE!

Nous reproduisons ici le communiqué du Comité 8 mars Femmes de diverses origines/Women of divers origins dans le cadre la manifestation organisée pour la Journée internationale des femmes à Montréal.

Le 8 mars Journée internationale des femmes nous exigeons : Justice, paix, égalité, statut, prospérité et dignité pour toutes et tous !

Aujourd’hui, nous nous joignons aux femmes du monde entier pour célébrer nos victoires, tout en continuant à lutter pour les droits des femmes et le changement fondamental de nos sociétés. Nous refusons d’être divisées par le racisme, l’Islamophobie et la discrimination, et nous dénonçons les systèmes qui se nourrissent de l’exploitation, de l’oppression et des inégalités pour maintenir nos familles et nos communautés dans l’insécurité et la précarité. Ces systèmes s’appellent le patriarcat, le colonialisme, le capitalisme et l’impérialisme qui mènent à la guerre, la violence et la destruction de la planète. Nous signalons également une alerte urgente pour des victoires durement gagnées – pour l’égalité des sexes, l’équité salariale, la souveraineté corporelle, de bons emplois sécures – qui sont en danger.

Les politiques gouvernementales affectent l’égalité des sexes

Au Québec, les libéraux nous attaquent au nom de la soi-disant « austérité », mais il y a une forte résistance des travailleuses-eurs, étudiant-es et parents. Au Canada, les dix ans du gouvernement Harper ont été désastreux, surtout pour les femmes et les groupes marginalisés de notre société. Nous avons vu l’érosion des services et des droits durement acquis. Le nouveau gouvernement Trudeau a fait beaucoup de promesses, y compris celles qui ont un impact direct et indirect sur l’égalité des sexes. Nous devons les amener à tenir leurs promesses et exiger plus.

L’accueil des réfugiés, en provenance de Syrie et à qui on octroie la résidence permanente à leur arrivée, est une mesure positive. Mais il faut rappeler au gouvernement qu’il y’a déjà au Canada des centaines de personnes, en attente de leur statut, incapables de vivre décemment, privées de soins de santé et dont les enfants sont souvent privés d’éducation. Il ne doit pas y avoir au Canada un système d’asile et d’immigration à deux vitesses. Nous rappelons aussi que le système des travailleuses-eurs étrangers temporaires, une main-oeuvre « flexible » et exploitable sans droit, doit cesser. Enfin, nous rappelons que les libéraux doivent agir et tenir leur promesse de faciliter la réunification familiale.

 

Les femmes résistent à la guerre, la destruction de leurs communautés et de l’environnement

Les guerres sévissent dans de nombreuses régions du monde – impérialiste, civile, colonialiste et mandataire. Plusieurs pays viables sont en ruine, les civils souffrent terriblement. Pourtant, contre toute logique et tout bon sens, les forces impérialistes, y compris le Canada, avancent des arguments bienpensants pour justifier leurs actions destructives qui laissent derrière elles des pays en ruines. Cela doit cesser!

Le racisme et l’islamophobie doivent être confrontés. Lorsque les gouvernements parlent de soi-disant « radicalisation », ils sont à la recherche d’un symptôme et non pas de la cause qui souvent résulte de leurs propres politiques. En isolant les communautés, en les dénonçant pour soi-disant « pratiques culturelles barbares », les gouvernements dont celui du Canada, marginalisent les gens et cherchent à effacer leur propre complicité dans le racisme «mandataire».

Les forces capitalistes rapaces d’ici et de l’étranger cherchent des bénéfices par-dessus tout, créent la pauvreté, empoisonnent l’environnement, causent le malheur des populations locales. Les femmes sont à la pointe de la lutte contre elles. Nous devons appeler à désinvestir des entreprises qui font des bénéfices provenant des industries extractives au Canada et à l’étranger dont les activités entrainent les déplacements des populations et la destruction de l’environnement.

Nous invitons toutes celles et ceux qui appuient l’égalité réelle des femmes de nous joindre ce 8 mars Journée internationale des femmes. Célébrons la tradition militante des femmes qui nous ont précédées. Soyons en solidarité avec nos soeurs ici et ailleurs pour un monde meilleur pour nos familles, nos communautés et pour nous-mêmes.

Le 8 mars, à 18h, Manifestation, Square Cabot, (Atwater et Ste-Catherine O; métro Atwater.

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Comité des femmes de diverses origines

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