Le Canada doit protéger les droits des travailleuses du sexe pendant la COVID-19 en garantissant l’accès à un soutien financier d’urgence

Cette lettre a été signée par plusieurs organisations, dont la Fédération des femmes du Québec

Le 22 mai, plus de 20 organisations de défense des droits des femmes et de l’égalité au Canada ont écrit une lettre conjointe au gouvernement fédéral, appelant à un soutien financier d’urgence à faible barrière pour les travailleuses du sexe, qui jusqu’à présent ont été exclues de la riposte à la pandémie au Canada. En réponse, plutôt que d’aller de l’avant avec un mécanisme pour fournir un soutien financier aux travailleuses du sexe, le gouvernement a répondu lors d’une réunion ultérieure avec des défenseurs en suggérant que les organisations locales travaillant avec les travailleuses du sexe appliquent au Fonds de soutien communautaire d’urgence de 350 millions de dollars annoncé en mai par le ministre de Familles, enfants et développement social Ahmed Hussen. La plupart des groupes de défense des droits des travailleuses du sexe et d’autres organisations de base au service des communautés marginalisées ne répondent pas aux critères énoncés pour demander de tels fonds car ils ne sont souvent pas des organisations à but non lucratif ou caritatives enregistrées et sont constitués des individus marginalisés qui ont été exclus de la réponse à une pandémie. De plus, le Fonds ne couvre pas les remplacements de revenu.

Plus récemment, Centraide – l’une des trois organisations qui distribuent des subventions par le biais du Fonds – a mis à jour sa section FAQ pour souligner que «Ce financement est destiné aux services communautaires de première ligne pour l’aide liée à la COVID-19. Il ne peut être utilisé pour fournir un remplacement de revenu aux individus. Les organismes qui répondent à nos critères d’admissibilité et fournissent des services et un soutien aux personnes nécessitant une aide au revenu, comme les sans-papiers ou les travailleurs du sexe, peuvent assurément demander un financement pour servir ces communautés en menant des activités admissibles liées à la sécurité alimentaire, au soutien en santé mentale, etc. »

Bien que la sécurité alimentaire sous forme de cartes d’épicerie soit importante, les travailleuses du sexe ont besoin d’un soutien financier pour couvrir d’autres besoins tels que le loyer et les médicaments.

Trois mois après le début de la riposte à la pandémie, le Canada continue de faire échouer les membres de sa communauté les plus marginalisés en négligeant de faire respecter les droits des travailleuses du sexe. Sans fin de la pandémie en vue, le gouvernement doit agir de toute urgence pour fournir aux travailleuses du sexe des soutiens financiers d’urgence accessibles et à faible barrière ou des équivalents de trésorerie via les organismes communautaires qui les servent.

L’ONUSIDA a appelé « tous les pays à prendre des mesures critiques immédiates, fondées sur les principes des droits de l’homme, pour protéger la santé et les droits des travailleuses du sexe », notamment en garantissant « L’accès aux programmes nationaux de protection sociale pour les professionnel(le)s du sexe, y compris aux plans d’aide liés à la perte de revenus. »

Le manque d’action du gouvernement du Canada sur cette question est honteux.


Lettre conjointe au gouvernement:

22 mai 2020

Ministre Maryam Monsef
Ministre des femmes, de l’égalité des sexes et du développement économique rural
22 rue Eddy
Gatineau, QC J8X 2V6

OBJET: Un revenu de soutien d’urgence pour les travailleuses du sexe est nécessaire de toute urgence

Chère ministre Monsef,

Merci de votre engagement indéfectible en faveur des droits des femmes et de l’égalité des sexes, y compris votre action rapide pour mobiliser des fonds pour faire face aux impacts spécifiques au genre durant la pandémie. Nous vous écrivons pour insister sur le fait que – conformément à votre mandat de veiller à ce que l’ACS + soit menée dans toutes les décisions du gouvernement – vous vous assurez que les travailleuses du sexe, les autres femmes et les personnes avec d’autres identités de genre travaillant dans des économies informelles et des contextes criminalisés ne sont pas exclus de la réponse à la COVID-19.

Les travailleuses du sexe sont l’un des groupes les plus marginalisés au Canada. Depuis le début de la pandémie, de nombreuses travailleuses du sexe ont cessé le travail du sexe par contact direct pour se conformer aux directives relatives à l’éloignement social. D’autres sont sans travail avec la fermeture des clubs de danse érotique et des salons de massage. Certaines travailleuses du sexe – y compris les plus marginalisées – ne sont pas en mesure d’arrêter de travailler et font face à un risque accru de surveillance. La plupart des travailleuses du sexe ont brusquement perdu tous leurs revenus, mais en raison de la nature précaire et criminalisée de leur travail, de nombreuses travailleuses du sexe ne sont pas éligibles au PCU ou à d’autres aides d’urgence au revenu.

À l’échelle internationale, l’ONUSIDA a publié une déclaration à la presse le 8 avril 2020, soulignant la préoccupation que «la pandémie de COVID-19 place les travailleuses du sexe du monde entier face à des épreuves, à une perte totale de revenus, ainsi qu’à une hausse de la discrimination et du harcèlement». La déclaration a noté que «lorsque ces personnes sont exclues des ripostes à la COVID-19 pour ce qui est de la protection sociale, elles se retrouvent confrontées au choix difficile de mettre leur sécurité, leur santé et leur vie en danger juste pour survivre». L’ONUSIDA «invite les pays à prendre des actions essentielles et immédiates dans le respect des droits humains afin de protéger la santé et les droits des travailleuses du sexe», notamment en garantissant «L’accès aux programmes nationaux de protection sociale pour les travailleuses du sexe, y compris aux plans d’aide liés à la perte de revenus».

Face à cette situation, de nombreuses organisations de travailleuses du sexe à travers le Canada ont organisé des collectes de fonds communautaires, accordant dans la plupart des cas des allocations de $100 aux travailleuses du sexe. Mais $100 n’est pas suffisant pour que les travailleuses du sexe puissent couvrir les frais de logement, de nourriture et d’autres éléments essentiels pour leurs familles.

Les travailleuses du sexe sont stigmatisées et ciblées par le public, les forces de l’ordre et le gouvernement, et de nombreuses travailleuses craignent légitimement la discrimination et évitent tout contact avec le gouvernement et les services sociaux. Les travailleuses plus marginalisées peuvent ne pas avoir de compte bancaire. La criminalisation du travail du sexe est un obstacle direct pour les travailleuses du sexe qui ne peuvent pas et ne veulent pas risquer d’interagir avec les agences gouvernementales. Cela signifie que tous les efforts du gouvernement pour inclure ces communautés marginalisées dans le soutien du revenu d’urgence doivent s’appuyer sur des organisations de la société civile ayant de solides liens communautaires qui sont les mieux placées pour recevoir des fonds et les acheminer directement vers les personnes qui en ont besoin, et peuvent assurer l’anonymat et la sécurité.

Le Premier ministre a déclaré: « Pour nous protéger, il faut d’abord nous protéger les uns les autres. » Afin de se protéger mutuellement et de faire en sorte que les droits humains soient au cœur de la réponse du Canada en cas de pandémie, la réponse du gouvernement fédéral en cas de pandémie doit reconnaître les vulnérabilités de certaines communautés et être non discriminatoire. Le Canada doit garantir l’égalité d’accès au soutien du revenu pour les travailleuses du sexe.

Madame la Ministre Monsef, nous vous demandons de prendre des mesures pour vous conformer aux recommandations urgentes de l’ONUSIDA. Comme premières étapes immédiates qui devraient inclure:

  1. d’allouer d’urgence des fonds aux organisations de la société civile travaillant directement avec les travailleuses du sexe, avec des mécanismes d’octroi flexibles permettant aux organisations de transmettre des fonds à l’aide de cartes de débit prépayées et d’autres méthodes à faible barrière aux communautés qu’elles servent; et
  2. de rencontrer des organisations de défense des droits des travailleuses du sexe pour discuter de leurs préoccupations et élaborer conjointement des stratégies de réponse.

Nous nous félicitons vivement de la rapidité avec laquelle votre ministère a transféré des fonds à Refuge pour femmes Canada, ce qui a permis à cette organisation d’affecter des fonds directement aux refuges pour femmes à travers le pays. Nous vous demandons de faire de même pour garantir que certaines des femmes les plus marginalisées et des personnes avec d’autres identités de genre aient le même accès aux soutiens au revenu d’urgence que les autres sans emploi à travers le Canada.

Nous espérons avoir de vos nouvelles bientôt. L’Alliance canadienne pour la réforme des lois sur le travail du sexe, une alliance de 26 groupes de défense des droits des travailleuses du sexe à travers le Canada – dont la majorité est dirigée par et pour des personnes qui vendent ou échangent des relations sexuelles – est disponible pour vous rencontrer virtuellement le plus tôt possible pour discuter plus en détail cette question. Pour plus d’informations et pour planifier une réunion, veuillez envoyer un courriel à Jenn Clamen, coordonnatrice nationale, à contact@sexworklawreform.com. Nous prévoyons de publier cette lettre ouverte le 30 mai et nous espérons pouvoir inclure d’ici là des informations actualisées sur la réponse du gouvernement à ces préoccupations.

Merci beaucoup pour votre attention concernant ce problème urgent des droits humains. Nous attendons avec impatience d’avoir de vos nouvelles de votre part et de vos fonctionnaires.

Cordialement,

Signée par:

  1. Action Canada for Sexual Health and Rights
  2. Amnesty International Canada (English)
  3. Amnistie internationale Canada francophone
  4. BC Civil Liberties Association
  5. Canadian Alliance for Sex Work Law Reform
  6. Canada Without Poverty
  7. Canadian Labour Congress
  8. Canadian Civil Liberties Association
  9. DisAbled Women’s Network of Canada
  10. Egale Canada
  11. Fédération des femmes du Québec
  12. International Women’s Rights Project
  13. Inter Pares
  14. Oxfam Canada
  15. National Association of Women and the Law
  16. Ontario Council of Agencies Serving Immigrants (OCASI)
  17. Social Planning Council of Winnipeg
  18. West Coast LEAF
  19. Women’s Legal Education & Action Fund (LEAF)
  20. Women’s Shelters Canada
  21. YWCA Canada

Appuyés par:

  1. Barbra Schlifer Commemorative Clinic
  2. Oxfam-Québec

CC: Ministre Chagger Bardish, ministre de la diversité et de l’inclusion; La ministre Karla Qualtrough, ministre de l’Emploi, du Développement de la main-d’œuvre et de l’inclusion des personnes handicapées; La ministre Patty Hajdu, ministre de la Santé; et le ministre David Lametti, ministre de la Justice


Télécharger la lettre en format PDF

Télécharger le modèle de lettre (en format Word) et la signer (organisations seulement, s’il-vous-plaît), puis l’envoyer d’ici le 22 juin 2020, à jhansen@amnesty.ca

M. Legault, plus que des remerciements : cap vers une société égalitaire!

Une lettre d’opinion signée par la table de concertation féministe, le Groupe des 13*, dont la Fédération des femmes du Québec est membre

Publiée ici par Le Soleil, le 9 juin 2020, à la rubrique Opinions


Le gouvernement – représenté par une délégation de 14 hommes et quatre femmes – est à dessiner la relance économique. Bien qu’un certain retour à la normale soit souhaité, espérons que nous tirerons des leçons de cette crise.

Bien des belles promesses, d’éloquents remerciements et de beaux discours ont été prononcés par nos leaders et dirigeants. Des applaudissements même! Pourtant, si on mesure la valeur d’une société au traitement qu’elle réserve à ses plus démuniEs, reconnaissons d’emblée que la crise a mis en lumière les failles du système et les changements urgents qui s’imposent.

Intervenantes, professeures, infirmières, préposées, caissières, coiffeuses, mamans, proches aidantes, etc. – mais aussi principales victimes de la pandémie, surreprésentées à l’aide sociale, dans les emplois à temps partiel, en termes de statuts d’immigration précaires, etc. : le travail réalisé par les «anges gardiennes» est incommensurable. Et souvent invisible, autant que dévalorisé. S’il a été mis en lumière ces derniers mois, c’est généralement encore sans le nommer clairement. Par souci d’inclusion sûrement, on a donc surtout évoqué les «anges gardiens».

Il est maintenant temps d’en tirer d’importantes leçons pour passer à autre chose. Voici quelques propositions, loin d’être exhaustives.

Il est temps de considérer l’apport et le travail des femmes à la hauteur de ce qu’ils représentent. Il est temps de financer correctement les groupes communautaires pour que les femmes autochtones, immigrantes, monoparentales, handicapées, violentées, et toutes les autres, soient soutenues et trouvent leur place dans la société. Il est temps d’élever significativement le salaire minimum afin que travailler ne rime plus avec pauvreté. Il est temps d’élever les montants d’aide sociale et les petites retraites pour permettre de vivre dignement. Il est plus que temps pour l’équité salariale pour toutes les femmes. Il est temps de construire massivement du logement social, pour permettre de vivre, tout simplement. La liste pourrait s’allonger encore.

Monsieur Legault, vous avez reconnu que les femmes portent un lourd fardeau, durant la crise, mais toute l’année aussi. Il est donc essentiel qu’elles soient impliquées dans les discussions sur les choix de la société d’après. Évidemment, la ministre de la Condition féminine doit impérativement siéger au comité de relance. De plus, les femmes de la société civile – vos anges gardiennes – doivent également être présentes autour de la table.
Nous vous offrons notre soutien. Nous demandons à être consultées à titre de professionnelles – pour notre expertise.

Nous sommes le porte-voix pour l’ensemble des réalités diverses des femmes des 17 régions du Québec*. Nos organismes et les femmes que nous soutenons sont sur la ligne de front souvent 24/7 et toujours 365 jours par année. Nous lançons ici un cri du cœur au premier ministre pour ne pas faire de cette occasion unique un rendez-vous manqué. Il est grand temps de mettre le cap vers une réelle société égalitaire!

Vingt-cinq ans après la Marche du Pain et des Roses, les fées ont toujours soif et, pour l’instant, la fontaine ne coule plus. Nos organisations le crient depuis des années, et pas seulement en temps de pandémie. Les propositions ne manquent pas, encore faut-il avoir la volonté politique nécessaire.

* Le G13 est une table de concertation formée de groupes et regroupements représentant les femmes autochtones, en situation de handicap, immigrantes, violentées et de la diversité sexuelle, de l’employabilité au soutien aux familles monoparentales et recomposées; des tables de groupes de femmes aux centres d’aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel; des centres de femmes à la santé globale, sexuelle et reproductive; de la défense des droits à la prestation de services, du milieu de vie à l’éducation populaire, etc. Nous représentons plusieurs centaines de groupes et des milliers de femmes au Québec, souvent parmi les plus vulnérables et marginalisées.


Organisations membres
Alliance des maisons d’hébergement de 2e étape pour femmes et enfants victimes de violence conjugale
Centre de documentation sur l’éducation des adultes et la condition féminine
Concertation des luttes contre l’exploitation sexuelle
Conseil d’intervention pour l’accès des femmes au travail
DAWN Canada
Fédération des associations de familles monoparentales et recomposées du Québec
Fédération des femmes du Québec
Fédération des maisons d’hébergement pour femmes
Fédération du Québec pour le planning des naissances
Femmes Autochtones du Québec
L’R des centres de femmes du Québec
Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale
Regroupement Naissances respectées
Regroupement québécois des centres d’aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel
Réseau d’action pour l’égalité des femmes immigrées et racisées du Québec
Réseau des lesbiennes du Québec – Femmes de la diversité sexuelle
Réseau des Tables régionales de groupes de femmes du Québec
Réseau québécois d’action pour la santé des femmes
Relais-Femmes
Table de concertation des organismes au service des personnes réfugiées et immigrantes

10 idées pour sortir les femmes de la crise

Les réalités sociales qui rendent les femmes plus vulnérables à la crise actuelle ne sont pas nouvelles. Ce qui veut dire que bien des solutions sont déjà connues !

Les réalités sociales qui rendent les femmes plus vulnérables à la crise actuelle ne sont pas nouvelles. La pandémie de COVID-19 ne fait que les accentuer. Des mesures ciblées, à court terme, peuvent faire une différence concrète dans la vie de plusieurs femmes. Toutefois, pour contrer les problèmes de fond ancrés dans des inégalités normalisées au fil des décennies, il est aussi impératif de mettre de l’avant des idées ambitieuses.  Il faut que la société d’après-crise réponde mieux à ses promesses entre les hommes et les femmes, et entre toutes les femmes.

Tout comme les problèmes, les pistes de solution les plus évidentes ne sont pas nouvelles non plus. Le mouvement féministe québécois, la FFQ et un grand nombre d’organismes en défense des droits portent ces combats et cherche à faire évoluer les politiques publiques depuis des décennies. Il semble toutefois qu’en ces temps troubles, l’importance revendications amenées par tant de personnes depuis si longtemps est peut-être plus saillante que jamais aux yeux du grand public. Il est plus que temps d’agir.

Pour bien des femmes au Québec, la crise a commencé bien avant l’arrivée de la pandémie de la COVID-19. Nous ne souhaitons donc pas de retour à la «normale», car cette norme laissait tellement d’entre nous derrière.

Pourquoi les femmes sont-elles plus touchées par la COVID-19 ?

  • Les femmes sont plus touchées par l’augmentation du chômage des dernières semaines, qui touchent particulièrement les emplois à temps partiel et les emplois dans le secteur des services tels l’hébergement et la restauration.
  • Les femmes sont plus nombreuses dans les emplois de première ligne du système de santé, où les risques de contamination sont les plus élevés. De manière globale, 80 % des emplois dans le domaine de la santé sont occupés par des femmes.
  • Ce sont aussi les femmes qui occupent les emplois où les interactions avec le public sont les plus importantes au sein des commerces essentiels. Ce sont les caissières, par exemple, dans les épiceries et les pharmacies. 
  • Il y a encore un écart de salaire moyen important entre les hommes et les femmes au Québec et au Canada, et la pauvreté est encore largement une réalité féminine. En situation de crise économique, les femmes sont donc surreprésentées parmi les populations les plus vulnérables. 
  • Toutes les problématiques ci-haut sont encore accentuées pour les femmes racisées. Elles sont encore plus surreprésentées que leurs pairs dans les emplois sous-payés des services essentiels et les emplois à statut précaire, particulièrement en ce qui a trait au soin des aînés en milieu hospitalier ou à domicile ; leur taux de chômage est plus élevé, et même en temps normal, et elles sont plus nombreuses à vivre sous le seuil de la pauvreté.
  • Les mesures de confinement amplifient par ailleurs les risques de violence envers les femmes et les enfants. Celles qui sont prises à la maison avec un conjoint violent ont aussi moins d’occasions de s’éloigner pour demander de l’aide, même si les ressources sont disponibles. 
  • Plusieurs communautés autochtones sont particulièrement vulnérables à la pandémie, notamment à cause de la pénurie de logements qui force tant de familles à vivre dans des espaces trop restreints où la distanciation sociale est impossible. Les risques de violence envers les femmes et les enfants autochtones occasionnés par les mesures de confinement sont donc donc plus importants dans ces milieux. 
  • Les femmes sont plus nombreuses à la tête des familles monoparentales. Par ailleurs, la charge des enfants et des tâches domestiques leur revient encore disproportionnellement au sein des familles. La fermeture des écoles a donc un impact démesuré sur les mères québécoises, leur santé mentale et physique. La pandémie affecte plus la capacité des femmes à concilier travail et famille.

Dans ce contexte, la Fédération des femmes du Québec souhaite donc (re)mettre de l’avant 10 idées pour sortir les femmes de la crise.

1 – Améliorer les conditions de travail des « anges gardiennes », de manière durable

Cela passe notamment par une augmentation substantielle des salaires et une amélioration drastique des conditions de travail. Nous sommes conscientes que cela requiert un grand chantier. Il devrait s’agir là d’une priorité nationale.

Si les inégalités de rémunération et de conditions de travail dans le système de santé québécois ont fait couler beaucoup d’encre dans les dernières semaines. Or, elles ne sont pas nouvelles.

Traditionnellement, les médecins étaient des hommes et les infirmières des femmes. Si la valorisation des professions aussi inégales, les vieux relents du patriarcat sont en grande partie à blâmer.

Les femmes racisées occupent aussi les rôles de care et de travail dans nos sociétés depuis très longtemps. Encore aujourd’hui, elles sont très nombreuses parmi les préposées aux bénéficiaires et le personnel d’aide à domicile pour nos aînés — dans la grande région de Montréal, certes, mais pas seulement. Si ces rôles sont aussi mal rémunérés, c’est aussi à cause d’inégalités sociales profondes qui ne datent pas d’hier. Nos sociétés rémunèrent encore différemment le travail en fonction de qui, en bonne partie, occupe un rôle ou un autre. 

On voit bien aujourd’hui comment ces iniquités ne servent personne : ni les travailleuses ni les bénéficiaires. La sous-valorisation du travail traditionnellement féminin amplifie de facto la capacité du gouvernement à agir efficacement en période de crise de santé publique.

Remercier les « anges gardiennes » ne suffit pas. Il faut aussi cesser de les exploiter et revaloriser leur travail par des mesures concrètes.

2 – Instaurer un revenu minimum d’urgence

Trop de personnes sont encore inadmissibles aux mesures d’aide d’urgence annoncées par les gouvernements provincial et fédéral. Par exemple, certaines femmes qui étaient en congé de maternité ne sont pas admissibles à l’assurance-chômage. Plusieurs femmes actives dans l’industrie du sexe, femmes sans statut et femmes impliquées dans les économies informelles passent sous le radar des catégories gouvernementales. De manière générale, les femmes sont plus nombreuses à vivre de sources de revenus précaires, qui entrent mal dans les définitions classiques.

Toutes ont droit à un revenu décent, en tout temps. Un revenu minimum garanti imposable permettrait de mieux aider toutes celles qui en ont le besoin que les programmes à la pièce où il y a toujours des exclues.

3 – Augmenter le salaire minimum à 15$

On qualifie d’essentielles toutes celles qui maintiennent les services dans les pharmacies et les épiceries, qui maintiennent les lieux publics propres, qui offrent des soins aux aînés, qui tiennent le filet social dans les organismes communautaires. Pouvons-nous désormais les rémunérer justement ?

4 – Donner des suites sérieuses aux revendications des femmes autochtones

Cela fait des années que l’on nomme les solutions aux multiples problématiques qui fragilisent les communautés autochtones, et en particulier les femmes, les filles et les personnes bispirituelles. Les rapports de la Commission d’enquête sur les relations entre les Autochtones et certains services publics au Québec, de la Commission d’enquête sur les femmes autochtones disparues et assassinées, et de la Commission de vérité et réconciliation existent. On ne devrait pas attendre une pandémie avant d’accélérer l’action politique. Mais il n’est pas trop tard pour s’y mettre.

5 – Mieux connaître l’impact différencié de la pandémie et des mesures d’urgence, pour mieux intervenir

L’élaboration et l’évaluation des politiques publiques doivent s’ancrer dans une connaissance des faits. Quel est l’impact des mesures d’urgence sur les hommes et les femmes ? Quelles communautés sont le plus affectées par la pandémie, et pourquoi ? Quelles interventions faut-il planifier en conséquence ?

Depuis longtemps, des chercheurs dénoncent le manque de données détaillées pour mieux comprendre l’état de la santé publique au Québec et au Canada. Pourtant, aucun centre d’expertise et de référence en matière de santé publique au Québec,  n’a encore diffusé d’information statistique ventilée selon l’appartenance ethnoculturelle, le sexe, le genre,  la classe sociale et; la situation d’handicap, en lien avec le virus. Il faut mieux connaître le portrait de la situation pour les femmes, et mieux comprendre quelles femmes sont les plus touchées par le virus ou encore oubliées par les mesures d’urgence.

L’analyse différenciée selon les sexes dans une perspective intersectionnelle (ADS+) permettrait aussi de répondre à ce besoin crucial d’informations et donc de prendre des décisions plus éclairées pour le bien collectif.

6 – Sensibiliser la population à l’épidémie de violence genrée

L’an dernier, une femme ou une fille était tuée au Canada à chaque trois jours, en moyenne. Et bien sûr, les statistiques sur les meurtres ne constituent que la pointe de l’iceberg de la violence envers les femmes. Avec les mesures de confinement, le portrait macabre dressé par les chiffres est sûrement appelé à s’assombrir.

Par ailleurs, on sait que les personnes LGBTQIA2+ et les personnes en situation de handicap, par exemple, font partie des groupes les plus vulnérables à la violence familiale.

En cette période de crise, il est important de répondre aux besoins des maisons d’hébergement et des autres organismes qui viennent en aide à toutes les personnes qui vivent de la violence.

Il est aussi nécessaire d’opérer un changement de culture et de mettre fin à la normalisation de la violence genrée qui mène encore tant de médias à caractériser ces situations de « conflit familial » ou de « blessures amoureuses ». Les besoins en sensibilisation et en éducation populaire du grand public sont criants.

Il faut continuer de travailler à mieux soutenir les victimes tout en prenant les mesures nécessaires pour stopper la violence avant qu’elle n’affecte encore une autre génération.

7 – Respecter les droits humains des femmes incarcérées

Au 18 avril, plus de la moitié des détenues de l’Établissement Joliette, dans Lanaudière, ont été déclarées positives au coronavirus. Là-bas, des unités d’isolement sont utilisées pour tenir les détenues malades à part, une mesure punitive, inhumaine et inefficace pour contenir le virus. Au Centre de surveillance de l’immigration de Laval (CSI), une quinzaine de personnes sont toujours détenues alors qu’un gardien y a été déclaré positif.

Il est urgent de se pencher sur la situation de toutes les personnes qui pourrait avoir accès à la libération conditionnelle sans que la sécurité publique en soit affectée. On parle notamment des demandeurs d’asile, des personnes dont la peine arrivait à terme sous peu, celles qui se qualifieront bientôt à la libération conditionnelle et celles qui ont été incarcérées pour des crimes non violents.

8 – Bonifier le financement à la mission des organismes communautaires

Les mesures d’austérité des dernières années les avaient déjà particulièrement fragilisés. Pourtant, on prend maintenant conscience plus que jamais de l’importance cruciale des services que ces organismes rendent à la population.

Il faut par ailleurs noter que la crise du sous-financement est encore plus aigüe au sein des organismes qui desservent les femmes racisées et les femmes autochtones, lesquelles sont particulièrement vulnérables en situation de crise pour les raisons déjà nommées.

Vraisemblablement, la pression sur ces organismes restera élevée bien après le déconfinement progressif de la société. Une solution durable passe par un retour à un niveau viable de financement à la mission de ces organismes

9 – Veiller sur la santé mentale et physique des femmes

La pression sur le système de santé, les limites imposées aux personnes accompagnatrices lors des examens de grossesse et les accouchements et la suspension des accouchements à domicile: tous ces facteurs peuvent augmenter les risques de violences obstétricales et gynécologiques (VOG) et compliquer la santé maternelle. Par ailleurs, la fermeture temporaire de certaines cliniques a compliqué l’accès à l’avortement dans plusieurs régions au Québec. Dans ces circonstances, il est important de travailler de concert avec les expertes et les organismes pertinents pour évaluer l’impact des mesures d’urgence sur la santé gynécologique et obstétricale.

Par ailleurs, dans une situation incertaine où le stress augmente, l’anxiété, la dépression et plusieurs autres enjeux de santé mentale peuvent aussi devenir un enjeu de santé publique encore plus critique. Les femmes qui doivent concilier le soin des enfants avec les exigences du travail, par exemple, sont à risque d’épuisement. Or, les services en santé mentale publics, gratuits et accessibles à toutes sont encore loin d’être une réalité. Le prix onéreux des psychothérapies aux privés est dénoncé depuis longtemps.

Il est important d’améliorer l’accessibilité de ces services, maintenant, et de manière pérenne.

10 – Offrir des services adéquats aux femmes en situation d’itinérance

Bien que la Ville de Montréal ait temporairement réquisitionné des espaces pour créer des centres d’hébergement pour les personnes itinérantes, il arrive souvent que ceux-ci soient pleins. Un très grand nombre d’organismes ont par ailleurs dû cesser de servir des repas aux personnes itinérantes. Les toilettes publiques des centres commerciaux et des restaurants ne sont plus accessibles. Les installations sanitaires manquent cruellement. La fermeture des banques complique l’accès à l’aide sociale. Et les rues étant désertes, les femmes ne peuvent plus compter sur les dons de la population.

Dans ces conditions, la situation des femmes en situation d’itinérance à Montréal s’est grandement précarisée dans les dernières semaines. Tout porte à croire que la réalité est aussi grave un peu partout au Québec.  Il est impératif d’améliorer le service à ces populations pour qu’elles passent à travers de la crise, au-delà des seules mesures de contrôle de la contagion. Ce n’est pas que le coronavirus, mais aussi les mesures de confinements elles-mêmes qui mettent grandement leurs vies en danger à l’heure actuelle.

Pour le bien des femmes, le retour à la « normale » n’est pas une option

Nous savons aussi que les problématiques susnommées touchent plus les femmes, certes, mais pas seulement les femmes. Nous savons aussi que les solutions mises de l’avant peuvent aussi améliorer les conditions de vie d’un grand nombre d’hommes. C’est normal: le combat féministe se fait toujours dans l’objectif de plus d’équité et de justice pour toutes les collectivités.

Pour bien des femmes au Québec, la crise a commencé bien avant l’arrivée de la pandémie de la COVID-19. Nous ne souhaitons donc pas de retour à la «normale», car cette norme laissait tellement d’entre nous derrière.

Nous souhaitons avancer. Et lorsque les femmes avancent, c’est toute la société qui s’en porte mieux. 

Pour visualiser le document remis vendredi le 24 avril à la Mme Isabelle Charest, ministre de la Condition féminine, c’est par ici !

Être féministes en temps de pandémie

Fédération des femmes du Québec - Égalité pour toutes, égalité entre toutes

Le Québec comme le monde qui nous entoure traverse à l’heure actuelle une période bien particulière. Et comme en toute période de crise, ce sont les personnes plus vulnérables qui sont les plus affectées. Plus particulièrement, cela veut dire les femmes.

D’une part, les femmes sont de loin les plus nombreuses dans les emplois de première ligne pour contrer la pandémie, où les conditions de travail imposées sont de plus en plus difficiles. D’autre part, les mesures de distanciation physique augmentent les risques de violence et d’iniquités envers les femmes et les enfants et exacerbent la précarité financière.

Devant la crise, l’importance des luttes féministes est particulièrement évidente. La Fédération des femmes du Québec est solidaire de toutes les femmes et nous tâcherons, dans les prochaines semaines, d’être particulièrement vigilantes face aux différents enjeux affectant les femmes en temps de pandémie.

Nous vous invitons à nous écrire pour nous faire part des situations sur lesquelles l’attention de notre mouvement féministe devrait se porter.

Nous partageons régulièrement les initiatives pertinentes sur nos réseaux sociaux. Lorsque cela concerne les femmes et la crise sanitaire, nous utilisons le mot-clic #FemmesCOVID19 :

  • Pour accéder aux publications publiques sur Facebook qui contiennent ce mot-clic, faites une recherche avec #FemmesCOVID19 ou consultez la page Facebook de la FFQ.

N’hésitez pas à nous suggérer des nouvelles féministes à partager, soit par Facebook, par Twitter ou par courriel!

Rencontre avec le Premier Ministre

Le 16 juillet dernier, la FFQ et 5 autres personnes et groupes ont rencontré le Premier Ministre Justin Trudeau et la Ministre Mélanie Joly pour un table ronde sur les droits des femmes, particulièrement en réaction à la mobilisation autour du film Unplanned.

Nous lui avons communiqué notre déception quant au fait que cette rencontre ait eu lieu seulement à la fin de son mandat, en réaction à une histoire liée à l’avortement (qui peut sembler une question politiquement facile à gérer) et que la rencontre incluent seulement 6 invitées, sans chercher à centrer les voix des femmes plus marginalisées. Bien qu’il est important de parler de la montée de la droite, nous avons également mis de l’avant l’état catastrophique du status quo dans un contexte où les droits des femmes sont loin d’être respectés actuellement.

Les principes de justice reproductive, développés dans les années 90 par des femmes noires américaines qui ne s’identifient pas avec les arguments de « choix » et le mouvement très blanc autour de cette question, lui ont été présentés et la FFQ a clairement communiqué que le droits à l’avortement est une question beaucoup plus complexe que simplement la légalité du geste médical. 

Le droit à l’avortement est intimement lié aux enjeux de marginalisation. Nous avons donc parlé des stérilisations forcées des femmes autochtones, des retraits d’enfants autochtone et/ou dont les parents consomment des drogues ou sont autrement marginalisés par la protection de la jeunesse, de l’accès aux soins pour les personnes en région et les personnes sans statut, de la reconnaissance de l’agentivité de toutes les femmes, des enjeux liés à la criminalisation de la non-divulgation du VIH, de la pauvreté et autres barrières à la parentalité, de l’accès à la procréation médicalement assistée et à la contraception, des violences obstétricales et de nombreux autres enjeux. 

De plus, nous avons pu discuter de réforme du mode de scrutin et autres réformes parlementaires ainsi que de la nécessité que le Premier Ministre participe au débat sur les enjeux féministes organisé par Up For Debate.

Notre demande est claire: Que le gouvernement fédéral utilise les outils à sa disposition pour s’assurer de mettre en place des mesure légales, des conditions matérielles et un contexte social qui ancrent réellement la justice reproductive dans la société canadienne pour que ces droits deviennent d’abord réels pour toustes et, ensuite, qu’ils soient tellement acquis qu’ils ne seront plus jamais menacés, que ce soit par la propagande ou par des gouvernements futurs.

Nous espérons voir des actions concrètes.

« IL N’Y AURA PAS UNE PRISON MIGRANTE DE PLUS À LAVAL »

prison femmes migrantes

« IL N’Y AURA PAS UNE PRISON MIGRANTE DE PLUS À LAVAL », DISENT À L’UNISSONS DES GROUPES COMMUNAUTAIRES OPPOSÉS À LA CONSTRUCTION DE LA PRISON MIGRANTE DE LAVAL.

« Nous sommes ici pour dire à Ottawa qu’il n’y aura pas de nouvelle prison ! », a lancé d’emblée Amy Darwish, porte-parole  de Solidarité sans frontières. À ses côtés, sur la site de la construction de la nouvelle prison migrante, des représentant·e·s de réseaux migrants, féministes, juristes et environnementaux. La conférence de presse a été organisée en réponse à l’annonce par le gouvernement fédéral du choix de l’entrepreneur général qui sera responsable du projet, soit Construction Tisseur Inc,  une petite entreprise basée à Val-David. Il est donc attendu que la construction de la nouvelle prison débute prochainement.

Les organisations communautaires représentées lors de la conférence de presse insistent sur le fait que les compagnies prenant part à ce projet profitent de l’emprisonnement des migrants et de la séparation des familles.  « Nous voulons envoyer un message à Yannick Tisseur, président de Tisseur Inc. : ceci n’est pas un projet comme les autres. En acceptant ce contrat, vous choisissez un camp et c’est celui qui vise à priver à des personnes de leur liberté et sécurité. Vous vous positionnez du côté d’un système mondial d’apartheid qui se base sur la richesse et les privilèges », a ajouté Mme Darwish.

« Le gouvernement parle de centre de détention, mais c’est ni plus ni moins qu’une prison qui sépare des familles et les force à vivre dans la peur et la précarité. Le Canada sait très bien que les personnes viennent ici parce qu’elles n’ont pas d’autre choix. Plusieurs femmes migrantes fuient à cause de la pauvreté et de la violence genrée dont elles, et leurs enfants, sont les premières victimes », a affirmé Marlihan Lopez de la Fédération des femmes du Québec. 

Le porte-parole des Mexicain-es uni-es pour la régularisation, Carmelo Monge, a connu la détention dans l’actuelle prison migrante de Laval. « Pour plusieurs d’entre nous, on vit ça comme une injustice parce que nous sommes utilisés comme main-d’oeuvre bon marché pour travailler dans les champs, dans les usines ou comme aide familiaux mais après, on nous met dans des cages en nous disant que nous ne sommes pas les bienvenus », a fait remarquer M. Monge. 

Tout comme les firmes d’architecture impliquées dans le projet, soit Lemay et Groupe A, Construction Tisseur se présente comme écoresponsable. Le Canada a annoncé que cette prison respecterait des normes environnementales (certification LEED) et qu’elle serait écoresponsable. Pour Justice Climatique Montréal, il s’agit surtout d’une stratégie de marketing politique.  « Le gouvernement cherche à vendre ce projet à la population en employant différentes techniques de marketing. Il utilise des mots à la mode comme “environnementalement durable” pour donner l’impression que ce projet n’a pas d’impact sur l’environnement et participe aux efforts pour protéger notre planète. Or, selon nous, il n’y a absolument rien positif pour l’environnement à détenir des personnes pendant plusieurs mois simplement parce qu’elles n’ont pas pu amener avec eux les bons papiers en fuyant leur pays », a expliqué Morgan McGinn de l’organisation environnementale basée à Montréal. « Nous savons très bien que le Canada est responsable de la détérioration des conditions environnementaux qui forcent aujourd’hui plusieurs millions de personnes migrantes à fuir leur pays, à commencer par les activités des compagnies minières canadiennes dans plusieurs pays du Sud », a-t-elle précisé. 

« Vous savez, la détention des personnes immigrantes n’est pas nouvelle en soi. Ça fait parti d’une très longue histoire de pratiques et de politiques coloniales et racistes que le Canada a eues par le passé. Aux États-Unis, on parle ouvertement de camps de concentration pour qualifier ce qu’ils font. Bien que la pratique actuelle soit différent dans le contexte canadien, nous pensons qu’il est de notre responsabilité collective de souligner le fait que le Canada aussi emprisonne les personnes migrantes, incluant les enfants et séparent des familles », a indiqué la représentante de l’Association des juristes progressistes, May Chiu. 

Depuis le début de l’annonce de la construction d’une nouvelle prison migrante à Laval, plusieurs membres de la communauté et plus de 70 groupes communautaires se sont officiellement opposés à la décision du gouvernement fédéral d’allouer plusieurs centaines de millions de dollars à la construction de deux nouvelles prisons migrantes, l’une à Surrey et l’autre à Laval. 

Un dialogue à poursuivre

Montréal, le 8 mars 2019 – À l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, les membres du Collectif 8 mars, qui représente 700 000 femmes au Québec, ont rencontré la ministre responsable de la Condition féminine, Isabelle Charest. Le but de cette première rencontre était de présenter leurs revendications et de proposer des solutions concrètes et actuelles pour améliorer rapidement les conditions des femmes et pour atteindre l’égalité entre les sexes. 

À la lumière de cette rencontre, les représentantes du collectif ont constaté que la ministre Charest a fait preuve d’intérêt et d’une ouverture envers les revendications portées. Elles saluent particulièrement la volonté de la ministre de maintenir un canal de communication sur le terrain. Elles attendent àprésent, à l’approche du budget provincial, des actions claires de la part du gouvernement de François Legault pour l’atteinte de l’égalité entre les sexes, tout en respectant l’analyse différenciée selon les sexes+.

Les membres du collectif se seraient attendues à ce que le premier ministre participe à cette première. Or, celui-ci a brillé par son absence, malgré l’engagement public de ses prédécesseurs de rencontrer annuellement le Collectif 8 mars.

Un réinvestissement massif 

Ce sont les femmes, majoritaires dans les services publics à titre de travailleuses et d’usagères, qui sont les principales victimes des coupes des dernières années dans ces services. Les membres du collectif ont insisté auprès de la ministre pour qu’elle intercède en faveur d’un réinvestissement massif dans les services publics, la fonction publique et les programmes sociaux dans les domaines de la santé et des services sociaux, de l’éducation, des services éducatifs à la petite enfance, du soutien aux proches aidantes, etc.

« Le réseau de la santé et des services sociaux et le réseau de l’éducation, incluant l’enseignement supérieur, sont des exemples de milieux dans lesquels les travailleuses vivent au quotidien une surcharge de travail, de la pression, des heures supplémentaires obligatoires, un manque de ressources et subissent une gestion déficiente ainsi que des violences. Tous ces problèmes sont au cœur de leur réalité. Il n’est pas surprenant que les taux de détresse psychologique, de décrochage et d’épuisement professionnel au sein de ces réseaux publics atteignent aujourd’hui des sommets inégalés », a déploré Gabrielle Bouchard, porte-parole du Collectif 8 mars.

Les représentantes du collectif ont également revendiqué un financement adéquat pour les organismes communautaires qui œuvrent auprès des femmes et qui manquent cruellement de ressources. Les demandes de soutien sont d’ailleurs en constante augmentation, entre autres, en cas d’agression sexuelle, de violence conjugale, de détresse psychologique ou de problèmes de santé mentale. « Les besoins des femmes sont considérables et le sous-financement force malheureusement les groupes de femmes à cesser d’offrir certains services », s’est indignée Gabrielle Bouchard.

La fin du détournement des pensions alimentaires pour enfants 

Lors de la campagne électorale, la Coalition avenir Québec (CAQ) a promis de retirer les pensions alimentaires du calcul de l’aide sociale et de l’aide aux études. « Le Collectif 8 mars exige non seulement du gouvernement de François Legault qu’il respecte sa promesse maintenant qu’il est au pouvoir, mais qu’il aille plus loin en cessant de comptabiliser les pensions alimentaires comme un revenu pour l’admissibilité à l’aide juridique et au soutien au logement », a précisé la porte-parole.

Augmentation du salaire minimum à 15 $ l’heure

Sur dix personnes qui travaillent au salaire minimum, six sont des femmes. On estime que 90 % du total des emplois au salaire minimum sont dans le secteur féminisé des services et que les personnes qui travaillent au salaire minimum font en moyenne 25 heures par semaine. « Encore une fois cette année, nous revendiquons une hausse du salaire minimum à 15 $ l’heure, et ce, dès maintenant. Ceci dans une perspective de réduction de la pauvreté et de l’écart salarial entre les femmes et les hommes, et dans le respect de ses engagements du gouvernement envers l’égalité entre les sexes. La hausse prévue de 0,50 $, portant le salaire minimum à 12,50 $ l’heure le 1er mai prochain, demeure insuffisante pour aider les femmes à sortir de la pauvreté », a aussi commenté madame Bouchard.

Loi-cadre en matière de conciliation famille-travail-études

Les représentantes du collectif ont abordé la question de la conciliation famille-travail-études avec Isabelle Charest. La charge de conciliation repose principalement sur les épaules des parents et, plus particulièrement, sur celles des femmes : elles consacrent en moyenne 1,5 heure de plus que les hommes aux tâches ménagères, aux soins aux enfants ou à titre de proches aidantes.

De plus, dix fois plus de femmes que d’hommes « font le choix » de travailler à temps partiel pour prendre soin de leurs enfants. « Nous revendiquons une loi-cadre pour permettre à toutes et à tous de trouver un équilibre entre la vie professionnelle et la vie familiale dans une perspective d’égalité », de conclure la porte-parole du Collectif 8 mars.

Outil essentiel à appliquer : l’analyse différenciée selon les sexes intersectionnelle (ADS+)

Les représentantes du collectif ont finalement présenté à la ministre Charest deux outils utiles pour comprendre les enjeux relatifs aux femmes. En effet, l’ADS et l’ADS+ permettent d’analyser les structures, les politiques, les réformes, les programmes et les budgets afin d’évaluer les avancées et les reculs de l’égalité entre les hommes et les femmes, mais aussi entre les femmes elles-mêmes. Le collectif a notamment demandé au gouvernement de s’engager à inclure l’ADS+ dans l’ensemble de ses ministères.

« L’ADS+ est beaucoup plus inclusive que sa version initiale puisqu’elle tient compte de l’ensemble des femmes, notamment celles qui sont plus marginalisées », a expliqué la porte-parole du Collectif 8 mars, Gabrielle Bouchard. Il est essentiel de placer les femmes racisées, les femmes en situation de handicap et les femmes des communautés LGBTQ au cœur de nos calculs pour dresser un portrait réel des inégalités. Nous sommes plus fortes lorsque toutes les femmes sont incluses.

Le Collectif 8 mars en action pour la Journée internationale des droits des femmes

En plus de participer à une rencontre avec la ministre de la Condition féminine, les membres du Collectif 8 mars ont manifesté aujourd’hui dans le cadre du procès de Gilbert Rozon pour mettre en lumière les inégalités toujours présentes en défaveur des femmes.

À propos du Collectif 8 mars

Le Collectif 8 mars est formé de représentantes provenant de l’Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS), de la Centrale des syndicats démocratiques (CSD), de la Confédération des syndicats nationaux (CSN), de la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), de la Fédération autonome de l’enseignement (FAE), de Femmes de Diverses Origines (FDO), de la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ), de la Fédération des femmes du Québec (FFQ), de la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ), du Syndicat de la fonction publique et parapublique du Québec (SFPQ) et du Syndicat de professionnelles et professionnels du gouvernement du Québec (SPGQ).

SOURCE : COLLECTIF 8 MARS

Renseignements : Marilou Gagnon, gagnonm@csd.qc.ca, 514 248-6277

Chantal Mantha (APTS), cmantha@aptsq.com, 514 236-9287
Marilou Gagnon (CSD) gagnonm@csd.qc.ca, 514 248-6277
Ariane Gagné (CSN), ariane.gagne@csn.qc.ca, 514 349-1300
Marie-Eve Imonti (CSQ), communications@lacsq.org, 514-917-9641
Marie-Josée Nantel (FAE), mj.nantel@lafae.qc.ca, 514 603-2290
Marie-Anne Laramée (FIQ), malaramee@fiqsante.qc.ca, 514 224-0514
Pauline Ou-Halima (FFQ), pouhalima@ffq.qc.ca, 514 717-4847
Isabelle Gareau (FTQ), igareau@ftq.qc.ca, 514 953-0142
Éric Lévesque (SFPQ) eric.levesque@sfpq.qc.ca, 418 564-4150

Nathalie Côté (SPGQ), nathalie.cote@spgq.qc.ca, 418 780-5107

Marie Boti (FDO), botimarie@gmail.com, 514 717-4847

Trois nouvelles générations de femmes pauvres à la retraite

Montréal, le 19 janvier 2017  – « Si le Québec adopte le Scénario Québec proposé dans le document de consultation sur l’avenir du Régime de rentes du Québec, trois nouvelles générations de femmes seront toujours pauvres à la retraite », affirme Mélanie Sarazin, porte- parole des signataires du mémoire et présidente de la Fédération des femmes du Québec (FFQ). « Déjà, la réforme adoptée pour le Régime de pensions du Canada dans le reste du Canada est peu généreuse, mais pour la plupart de la classe moyenne, elle donnera tout de même 2 176 $ par année de plus que le Scénario Québec. »

Dans le mémoire présenté devant la Commission des finances publiques aujourd’hui, 21 groupes de femmes et communautaires demandent au gouvernement d’adopter le Scénario RPC afin que les Québécoises et les Québécois à la retraite ne deviennent les cousin-e-s pauvres du Canada. Ces groupes demandent aussi au gouvernement de ne pas adopter les mesures accessoires proposées qui creuseraient davantage l’écart entre les prestations versées au RRQ et celles du RPC, notamment l’augmentation de l’âge d’admissibilité à la retraite, l’introduction d’un facteur de longévité et une plus faible indexation des rentes.

« Nous demandons également que le Québec initie une discussion avec le gouvernement fédéral, les autres provinces et les territoires pour mettre en vigueur la pleine valeur des améliorations entre 2035 et 2040 plutôt qu’entre 2063 et 2072 », explique Ruth Rose, auteure du mémoire et professeure associée en Sciences économiques à l’UQÀM. « Une entrée en vigueur plus rapide permettrait aux personnes aujourd’hui âgées de 46 ans et moins de profiter pleinement de cette amélioration et se financerait en prévoyant une réserve moindre que celle prévue, soit 31 fois les prestations prévues pour 2065. »

Le mémoire réitère aussi la demande du mouvement féministe d’instaurer une mesure d’inclusion dans le RRQ, c’est-à-dire l’octroi de crédits de rentes, basées sur 60% du maximum des gains admissibles, pour les femmes (exceptionnellement un homme) qui ont eu la charge de jeunes enfants. Il rappelle aussi que rien jusqu’ici n’est prévu pour les proches aidantes ayant quitté leur emploi ou réduit leurs heures pour s’occuper d’adultes en raison de l’âge, de la maladie ou d’un handicap.

« Au lieu de couper dans les rentes de conjoint survivant, le Québec doit demander la création d’une commission ou un d’un groupe d’étude fédéral-provincial-territorial pour trouver des façons efficaces et équitables de réduire l’écart de 40% entre les revenus de retraite des femmes et des hommes » insiste Mme Sarazin.

Les groupes signataires demandent aussi des améliorations pour les rentes d’enfant de personne invalide et d’orphelin et les prestations de décès.

Pour lire le mémoire et son résumé : http://cdeacf.ca/sites/default/files/fichiers_attaches/g13_-_memoirerrq2017_-_v2017.01.17_finale.pdf

 

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Pour information :

Mélanie Sarazin, 514-717-4847

Ruth Rose, 514-948-0089

 

Signataires :

Action santé Femmes (RQASF) – Alliance des maisons d’hébergement de 2e étape pour femmes et enfants victimes de violence conjugale (AMHFEVVC) – Association féminine d’éducation et d’action sociale (Afeas) – Au bas de l’échelle (ABE) – Centre de documentation sur l’éducation des adultes et la condition féminine (CDEACF) – Concertation des luttes contre l’exploitation sexuelle (CLES) – Conseil d’intervention pour l’accès des femmes au travail (CIAFT) – Fédération des associations de familles monoparentales et recomposées du Québec (FAFMRQ) – Fédération des femmes du Québec (FFQ) – Fédération des maisons d’hébergement pour femmes (FMHF) – Fédération du Québec pour le planning des naissances (FQPN) – Femmes autochtones du Québec (FAQ) – L’R des centres de femmes du Québec (L’R) – Régime de retraite par financement salarial des groupes communautaires et de femmes (RRFS-GCF) – Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale (RMFVVC) – Regroupement Naissance-Renaissance (RNR) – Regroupement québécois des Centres d’aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel (RQCALACS) – Relais-femmes de Montréal – Réseau d’action pour l’égalité des femmes immigrées et racisées du Québec (RAFIQ) – Réseau des lesbiennes du Québec (RLQ) – Réseau des Tables régionales de groupes de femmes du Québec (RTRGFQ)

Ensemble UNIES contre les politiques de Trump !

Affiche rouge avec des images de manifestantes: "ensemble, Unies contre les politiques de Trump"

Déclaration de la Coordination du Québec de la Marche mondiale des femmes

En solidarité avec la Women’s March on Washington TRUMP et son administration sont une menace pour la planète : désordre, haine et supercherie guident leurs actions.

Mais nous ripostons et nous riposterons … Ce 21 janvier marque le jour où des milliers de femmes prendront la rue pour dénoncer un gouvernement misogyne, raciste et colonialiste.

Nous, les femmes de la Marche mondiale des femmes du Québec, sommes en solidarité avec nos soeurs étatsuniennes et nos soeurs du monde entier, c’est pourquoi nous nous joignons à la Women’s March on Washington.

Toutes ensemble avec les différentes communautés et groupes qui sont particulièrement touchées par les orientations défendues par le gouvernement Trump : les femmes, les nations autochtones, les communautés LGBTQIA, les personnes de diverses, les femmes en situation de handicap, victimes de violence, de situations de pauvreté intolérables, etc., nous sommes déterminées à résister, nous puisons notre force dans notre unité.

Nous dénonçons ce président désigné à la tête des États-­‐Unis qui consolide la montée de la droite dans de nombreux pays du monde qui représente une menace pour la planète entière.

Les femmes sont celles qui subissent en premier lieu les effets néfastes des politiques misogynes, racistes et colonialistes de ces gouvernements. Elles sont aussi celles qui sont au-­‐devant des luttes politiques, environnementales, identitaires et économiques, et ce, au péril de leur vie, face à un monde capitaliste, oligarchique et patriarcal.

Nous sommes avec elles de coeur, de force et d’énergie afin de construire un monde meilleur basé sur les valeurs de la Marche mondiale des femmes qui sont l’égalité, la liberté, la solidarité, la justice et la paix.

Cette marche n’est qu’un début, car nous allons nous assurer de poursuivre notre mobilisation et notre engagement à changer le monde. Le patriarcat ne gagnera pas !

À nos soeurs étatsuniennes et à toutes les femmes du monde, ce 21 janvier, nous serons DEBOUTS, SOLIDAIRES et FORTES. Nous serons des milliers de femmes à prendre la rue… Notre voix se fera entendre partout !

Le 21 janvier, levez-­‐vous avec nous pour construire CE monde que nous imaginons depuis toujours!

Tant que toutes les femmes ne seront pas libres, nous serons en MARCHE !!! Plusieurs points de rendez-­‐vous auront lieu au Québec en solidarité avec la Wowen’s March on Washington.

Manif des femmes à Washington-Montréal

Samedi le 21 janvier de 11h-14h

Lieu de rassemblement : Esplanade de la Place des arts

175, rue Ste-Catherine Ouest

Montréal H2X 1Z8

 

Événement Facebook de la manifestation à Montréal

Affiche en français de la Coordination du Québec de la Marche mondiale des femmes

Précarité financière : divers milieux à la défense de la Fédération des femmes du Québec

Logo de la Fédération des femmes du Québec

Entourée de dizaines de personnalités et d’organisations alliées, la Fédération des femmes du Québec (FFQ) a lancé aujourd’hui un urgent appel à l’aide. Alors qu’elle célèbre son 50e anniversaire, sa survie est menacée en raison d’un sous-financement. La FFQ risque la fermeture complète si elle n’est pas rapidement soutenue.

Des personnalités des milieux féministe, communautaire, syndical et universitaire ont participé à la conférence de presse pour témoigner de l’importance de la FFQ dans la société québécoise. En plus d’encourager la population à soutenir généreusement son travail, elles ont lancé une campagne d’appui, appelant la population à écrire aux deux paliers de gouvernements, en appui aux demandes de financement de la FFQ.

« La situation est urgente et découle des effets cumulés de décisions gouvernementales, à Québec comme à Ottawa, a annoncé d’entrée de jeu la présidente de la FFQ, Mélanie Sarazin. À la fin des années 2000, le gouvernement Harper a coupé les fonds destinés aux organismes de femmes et à ceux en défense des droits, tout en soumettant les projets à des conditions que la FFQ ne pouvait pas remplir sans détourner sa mission. Pour la FFQ, c’était la fin d’un financement d’environ 250 000 $ par an venant du programme Promotion de la femme (PPF). Une perte de cette envergure ne se comble pas par les programmes actuellement disponibles, d’autant plus que, du côté de Québec, la FFQ ne reçoit que 75 000 $ du Secrétariat à l’action communautaire autonome et aux initiatives sociales (SACAIS) pour son fonctionnement. »

Au début de l’automne, la FFQ a dû mettre à pied deux des quatre travailleuses, alors qu’il s’agissait déjà d’une équipe réduite: la FFQ comptait sept travailleuses permanentes en 2011.

« Que la participation de l’État ne compte que pour à peine 20% du budget d’un organisme comme la FFQ est tout bonnement insoutenable, poursuit Madame Sarazin. Des démarches ont été entreprises et nous attendons les résultats, mais pour mettre fin à la précarité de la FFQ il faut un financement stable et suffisant; les projets ponctuels ne sont pas des solutions à long terme. »

Pour Michèle Asselin, qui a présidé la FFQ de 2003 à 2009, « la FFQ a contribué aux transformations majeures qui ont marqué la vie des Québécoises et aussi des Québécois. L’égalité de droits, si chèrement acquise, est loin d’être une réalité de fait pour toutes les femmes. Après 50 ans, la FFQ a encore toute sa pertinence. Le gouvernement doit agir avant qu’il ne soit trop tard.» N’ayant pu se déplacer pour l’occasion, Mesdames Alexa Conradi et Françoise David, ayant également présidé la FFQ, ont transmis des messages de soutien abondant dans le même sens.

Pour la présidente de Femmes autochtones du Québec (FAQ), Viviane Michel, «la collaboration entre la FFQ et FAQ est une richesse qu’il faut préserver. Nos échanges se font dans un grand respect, dans un contexte de nation à nation, respect dont les gouvernements auraient avantage à s’inspirer. La FFQ doit avoir les moyens de poursuivre ses activités. »

Le soutien du mouvement des femmes s’est aussi concrétisé par les témoignages de Rushdia Mehreen, du Centre communautaire des femmes Sud-Asiatiques et de Carolle Mathieu, de l’R des centres de femmes du Québec. Des personnalités du monde universitaire et des communications ont aussi pris la parole pour appuyer la FFQ, soit Sandrine Ricci, coordonnatrice du Réseau québécois en études féministes (RéQEF, Aurélie Lanctôt, journaliste et Will Prosper, documentariste et journaliste.

Toutes les organisations syndicales nationales ont transmis leur appui à la FFQ, mandatant Manon Therrien, 2e vice-présidente du Syndicat de professionnelles et de professionnels du gouvernement du Québec, pour témoigner en leur nom. « Le mouvement syndical reconnaît à sa juste valeur la contribution de la FFQ à de nombreuses luttes sociales. C’est grâce à la FFQ qu’il y a eu la Marche mondiale des femmes et la marche Du pain et des roses en 1995. Sa contribution a été capitale dans l’obtention de nombreuses lois : équité salariale, perception automatique des pensions alimentaires, etc. Elle doit pouvoir continuer d’être un pôle majeur de concertation entre nos mouvements. »

L’apport de la FFQ a été souligné par plusieurs organisations mixtes, notamment par Martine Eloy, du conseil d’administration de la Ligue des droits et libertés. « Comme nous, la FFQ est convaincue que la lutte pour les droits des femmes passe par la défense collective des droits. Elle intervient aussi bien pour dénoncer les conditions des détenues de la prison Leclerc, défendre les droits des personnes à l’aide sociale, que pour dénoncer le racisme systémique. Il faut pouvoir compter encore longtemps sur la FFQ et je suis convaincue qu’elle recevra de nombreuses lettres d’appuis. ». Des témoignages similaires ont également été livrés par Nicole Jetté, militante au Front commun des personnes assistées sociales et par Sylvie Lévesque, porte-parole de la Coalition pour la conciliation famille-travail-études, directrice générale de la Fédération des associations de familles monoparentales et recomposées du Québec.

En réclamant un financement adéquat, la FFQ s’inscrit dans la campagne Engagez-vous pour le communautaire. Cette campagne revendique notamment du gouvernement québécois l’ajout de 475 millions de dollars par an pour financer les 4 000 groupes d’action communautaire autonomes. La FFQ a d’ailleurs participé aux actions entre du 7 au 9 novembre dernier.

La conférence de presse marquait le lancement de plusieurs actions en lien avec le financement de la FFQ. « Dans les prochaines semaines, nous ferons appel au public de différentes façons, notamment sous le titre de #FFQ50deplus, par une campagne de lettres d’appui à nos demandes et par une prochaine campagne de socio-financement, » de conclure Chantal Locat, trésorière de la FFQ.

À propos de la Fédération des femmes du Québec

La Fédération des femmes du Québec est une organisation féministe autonome et non partisane. Elle travaille à la transformation et à l’élimination des rapports sociaux de sexe et des rapports de domination dans toutes les sphères de la vie, en vue de favoriser le développement de la pleine autonomie de toutes les femmes et la reconnaissance véritable de l’ensemble de leur contribution à la société. Elle compte 227 membres associatives et plus de 450 membres individuelles de partout au Québec.

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Renseignements :

Marie-Eve Imonti, Attachée de presse, CSQ, 514 917-9641, imonti.marie-eve@lacsq.org

Mélanie Sarazin, présidente de la FFQ, 514-717-4847, http://www.ffq.qc.ca/ Twitter : @LaFFQ

 

Vous pouvez maintenant visionner la conférence de presse en ligne, en cliquant ici