« IL N’Y AURA PAS UNE PRISON MIGRANTE DE PLUS À LAVAL »

prison femmes migrantes

« IL N’Y AURA PAS UNE PRISON MIGRANTE DE PLUS À LAVAL », DISENT À L’UNISSONS DES GROUPES COMMUNAUTAIRES OPPOSÉS À LA CONSTRUCTION DE LA PRISON MIGRANTE DE LAVAL.

« Nous sommes ici pour dire à Ottawa qu’il n’y aura pas de nouvelle prison ! », a lancé d’emblée Amy Darwish, porte-parole  de Solidarité sans frontières. À ses côtés, sur la site de la construction de la nouvelle prison migrante, des représentant·e·s de réseaux migrants, féministes, juristes et environnementaux. La conférence de presse a été organisée en réponse à l’annonce par le gouvernement fédéral du choix de l’entrepreneur général qui sera responsable du projet, soit Construction Tisseur Inc,  une petite entreprise basée à Val-David. Il est donc attendu que la construction de la nouvelle prison débute prochainement.

Les organisations communautaires représentées lors de la conférence de presse insistent sur le fait que les compagnies prenant part à ce projet profitent de l’emprisonnement des migrants et de la séparation des familles.  « Nous voulons envoyer un message à Yannick Tisseur, président de Tisseur Inc. : ceci n’est pas un projet comme les autres. En acceptant ce contrat, vous choisissez un camp et c’est celui qui vise à priver à des personnes de leur liberté et sécurité. Vous vous positionnez du côté d’un système mondial d’apartheid qui se base sur la richesse et les privilèges », a ajouté Mme Darwish.

« Le gouvernement parle de centre de détention, mais c’est ni plus ni moins qu’une prison qui sépare des familles et les force à vivre dans la peur et la précarité. Le Canada sait très bien que les personnes viennent ici parce qu’elles n’ont pas d’autre choix. Plusieurs femmes migrantes fuient à cause de la pauvreté et de la violence genrée dont elles, et leurs enfants, sont les premières victimes », a affirmé Marlihan Lopez de la Fédération des femmes du Québec. 

Le porte-parole des Mexicain-es uni-es pour la régularisation, Carmelo Monge, a connu la détention dans l’actuelle prison migrante de Laval. « Pour plusieurs d’entre nous, on vit ça comme une injustice parce que nous sommes utilisés comme main-d’oeuvre bon marché pour travailler dans les champs, dans les usines ou comme aide familiaux mais après, on nous met dans des cages en nous disant que nous ne sommes pas les bienvenus », a fait remarquer M. Monge. 

Tout comme les firmes d’architecture impliquées dans le projet, soit Lemay et Groupe A, Construction Tisseur se présente comme écoresponsable. Le Canada a annoncé que cette prison respecterait des normes environnementales (certification LEED) et qu’elle serait écoresponsable. Pour Justice Climatique Montréal, il s’agit surtout d’une stratégie de marketing politique.  « Le gouvernement cherche à vendre ce projet à la population en employant différentes techniques de marketing. Il utilise des mots à la mode comme “environnementalement durable” pour donner l’impression que ce projet n’a pas d’impact sur l’environnement et participe aux efforts pour protéger notre planète. Or, selon nous, il n’y a absolument rien positif pour l’environnement à détenir des personnes pendant plusieurs mois simplement parce qu’elles n’ont pas pu amener avec eux les bons papiers en fuyant leur pays », a expliqué Morgan McGinn de l’organisation environnementale basée à Montréal. « Nous savons très bien que le Canada est responsable de la détérioration des conditions environnementaux qui forcent aujourd’hui plusieurs millions de personnes migrantes à fuir leur pays, à commencer par les activités des compagnies minières canadiennes dans plusieurs pays du Sud », a-t-elle précisé. 

« Vous savez, la détention des personnes immigrantes n’est pas nouvelle en soi. Ça fait parti d’une très longue histoire de pratiques et de politiques coloniales et racistes que le Canada a eues par le passé. Aux États-Unis, on parle ouvertement de camps de concentration pour qualifier ce qu’ils font. Bien que la pratique actuelle soit différent dans le contexte canadien, nous pensons qu’il est de notre responsabilité collective de souligner le fait que le Canada aussi emprisonne les personnes migrantes, incluant les enfants et séparent des familles », a indiqué la représentante de l’Association des juristes progressistes, May Chiu. 

Depuis le début de l’annonce de la construction d’une nouvelle prison migrante à Laval, plusieurs membres de la communauté et plus de 70 groupes communautaires se sont officiellement opposés à la décision du gouvernement fédéral d’allouer plusieurs centaines de millions de dollars à la construction de deux nouvelles prisons migrantes, l’une à Surrey et l’autre à Laval. 

Ensemble UNIES contre les politiques de Trump !

Affiche rouge avec des images de manifestantes: "ensemble, Unies contre les politiques de Trump"

Déclaration de la Coordination du Québec de la Marche mondiale des femmes

En solidarité avec la Women’s March on Washington TRUMP et son administration sont une menace pour la planète : désordre, haine et supercherie guident leurs actions.

Mais nous ripostons et nous riposterons … Ce 21 janvier marque le jour où des milliers de femmes prendront la rue pour dénoncer un gouvernement misogyne, raciste et colonialiste.

Nous, les femmes de la Marche mondiale des femmes du Québec, sommes en solidarité avec nos soeurs étatsuniennes et nos soeurs du monde entier, c’est pourquoi nous nous joignons à la Women’s March on Washington.

Toutes ensemble avec les différentes communautés et groupes qui sont particulièrement touchées par les orientations défendues par le gouvernement Trump : les femmes, les nations autochtones, les communautés LGBTQIA, les personnes de diverses, les femmes en situation de handicap, victimes de violence, de situations de pauvreté intolérables, etc., nous sommes déterminées à résister, nous puisons notre force dans notre unité.

Nous dénonçons ce président désigné à la tête des États-­‐Unis qui consolide la montée de la droite dans de nombreux pays du monde qui représente une menace pour la planète entière.

Les femmes sont celles qui subissent en premier lieu les effets néfastes des politiques misogynes, racistes et colonialistes de ces gouvernements. Elles sont aussi celles qui sont au-­‐devant des luttes politiques, environnementales, identitaires et économiques, et ce, au péril de leur vie, face à un monde capitaliste, oligarchique et patriarcal.

Nous sommes avec elles de coeur, de force et d’énergie afin de construire un monde meilleur basé sur les valeurs de la Marche mondiale des femmes qui sont l’égalité, la liberté, la solidarité, la justice et la paix.

Cette marche n’est qu’un début, car nous allons nous assurer de poursuivre notre mobilisation et notre engagement à changer le monde. Le patriarcat ne gagnera pas !

À nos soeurs étatsuniennes et à toutes les femmes du monde, ce 21 janvier, nous serons DEBOUTS, SOLIDAIRES et FORTES. Nous serons des milliers de femmes à prendre la rue… Notre voix se fera entendre partout !

Le 21 janvier, levez-­‐vous avec nous pour construire CE monde que nous imaginons depuis toujours!

Tant que toutes les femmes ne seront pas libres, nous serons en MARCHE !!! Plusieurs points de rendez-­‐vous auront lieu au Québec en solidarité avec la Wowen’s March on Washington.

Manif des femmes à Washington-Montréal

Samedi le 21 janvier de 11h-14h

Lieu de rassemblement : Esplanade de la Place des arts

175, rue Ste-Catherine Ouest

Montréal H2X 1Z8

 

Événement Facebook de la manifestation à Montréal

Affiche en français de la Coordination du Québec de la Marche mondiale des femmes

12 jours d’action : allocution de Mélanie Sarazin, présidente de la FFQ

Allocution de la présidente de la FFQ lors de la conférence de presse pour le lancement de la Campagne des 12 jours d’action pour l’élimination de la violence envers les femmes

25 novembre 2015

La thématique retenue, Les femmes sont toujours victimes de violence parce qu’elles sont des femmes, trouve tout son sens avec les présentations faites aujourd’hui. – Que nous soyons blanches, racisées, immigrantes, ainées, en situation de handicap ou réfugiées, par exemple, nous ne sommes pas toutes égales devant la pauvreté, ni devant la violence.

Les lois sur l’immigration en sont un bon exemple. Ces dernières interagissent avec d’autres formes d’oppressions dans la vie des femmes immigrantes et par le fait même augmente leur vulnérabilité : C’est particulièrement vrai dans une conjoncture de militarisation et de guerre.

Aujourd’hui dans le contexte du lancement des 12 jours pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes, je ne peux m’empêcher de m’inquiéter pour les femmes réfugiées syriennes qui arriveront prochainement au Canada et dans notre province. Quand le gouvernement annonce par exemple que la priorité sera accordée aux familles et aux femmes jugées « à risque » nous pouvons nous en réjouir, jusqu’à un certain point. Cela n’évacue aucunement la violence des propos haineux véhiculés, et l’agitation hostile envers l’accueil des réfugiés. Ces femmes, arriveront dans un contexte de violence en étant déjà violentées et marginalisées.

Il est clair que nous devons être une terre d’accueil et nous opposer aux différentes structures qui stigmatisent davantage les femmes en situation de vulnérabilité.

Partout au Québec, les 12 jours d’action se déroulent du 25 novembre, Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes, au 6 décembre, Journée nationale de commémoration et d’action contre la violence faite aux femmes. Cette année, en plus de commémorer les 14 victimes de Polytechnique, nous soulignerons les luttes et la résilience des femmes autochtones. Nous rappellerons que les violences envers les femmes sont liées aux inégalités qui persistent entre les femmes et les hommes et entre les peuples.

Finalement, je vous invite à consulter en ligne le calendrier des actions et des activités qui se dérouleront dans les différentes régions.

 

 

12 jours d’action contre les violences : Luttes et résilience féministes

Vendredi 4 décembre

18h à 20h @ M.A.I. (Montréal, arts interculturels)
au 3680 rue Jeanne Mance à Montréal
Événement Facebook

 

Pour la campagne des 12 jours d’action pour l’élimination de la violence envers les femmes, la FFQ propose espace d’échange pour aborder les violences envers les femmes autochtones mais également réfléchir aux liens que l’on peut faire avec d’autres formes de violences racistes et coloniales en donnant la parole à des femmes issues de communautés immigrantes, racisées et musulmanes.

Les militantes qui prendront la parole sont toutes des femmes issues de communautés qui vivent des violences à l’intersection de plusieurs systèmes d’oppression. Elle aborderont les violences vécues par les femmes à partir d’une perspective féministe à la fois anti-raciste et anti-coloniale pour parler de ces violences davantage invisibilisées.

 

Panel

Colonialisme  et luttes des femmes/féministes autochtones

  • ALANA BOILEAU, Femme autochtones au Québec

Racisme  et luttes des femmes/féministes noires

  • À confirmé

Islamophobie et luttes des femmes/féministes musulmanes

  • LEILA BENHADJOUJA

Xénophobie, politiques d’immigration et luttes des femmes/féministes immigrantes ou réfugiées

  • À confirmé

Animation : MÉLANIE SARAZIN, présidente de la FFQ

 En collaboration avec :

 

 

 

Les 12 jours d’action se déroulent du 25 novembre, journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes au le 6 décembre, en commémoration de la tuerie de Polytechnique qui a eu lieu le 6 décembre 1989. Plus de 25 années plus tard, les violences faites aux femmes sont malheureusement bien réelles et cette campagne vise à rappeler l’importance des luttes féministes.

Appuyer la campagne de don des 12 jours !

 

Calendrier des actions et événements dans le cadre des 12 jours

Fête internationale des travailleuses et des travailleurs : Grand rassemblement à Montréal

Montréal, le 1er mai 2014. –C’est sur le thème Contre les mesures d’austérité, contre-attaquons, qu’est célébrée cette année la Fête internationale des travailleuses et des travailleurs. Dans le contexte politique actuel d’un vent de droite antisyndical qui souffle de toutes parts, ce thème a été retenu pour rappeler aux gouvernements que les Québécoises et les Québécois sont déterminés à lutter contre la dérive des services publics, la  tendance lourde à la privatisation et toutes les politiques d’austérité qui en découlent.

La coalition montréalaise du 1er mai, qui regroupe des organisations syndicales, étudiantes, populaires et communautaires, a invité la population à un rassemblement à l’angle des rues Sherbrooke et McGill, au centre-ville de Montréal. Le cortège s’est ensuite dirigé vers la tour de la bourse, où une déclaration commune a été rendue publique.

« Nos choix de société ne devraient pas être soumis aux attaques systématiques de celles et ceux qui ne jurent que par le “chacun-pour-soi” ! Ce que nous sommes, ce que nous voulons, c’est une société juste et égalitaire, un réel partage de la richesse et un développement économique qui tienne aussi compte du respect de l’environnement et de nos ressources », a déclaréla présidente de la Fédération des femmes du Québec (FFQ) et porte-parole de la coalition cette année pour les groupes communautaires, Alexa Conradi.

« Les travailleuses et travailleurs font face à une attaque frontale de leurs droits fondamentaux.Pour réussir à imposer des mesures d’austérité, les gouvernements limitent les droits démocratiques des citoyennes et citoyens avec une panoplie delois antisyndicales. Le 1er mai est une date historique dont nous profitons pour rappeler que nous revendiquons le droit au travail décent et à des revenus décents jusqu’à la fin de la retraite », a pour sa part rappelé la porte-parole syndicale de la coalition et vice-présidente du Syndicat de l’Enseignement de l’Ouest de Montréal (SEOM/FAE), Caroline Proulx-Trottier.

Rencontre avec le maire de Montréal et le chef de l’opposition 

Reprenant la tradition, des représentants et représentantes Comité intersyndical du Montréal métropolitain (CIMM) ont rencontré plus tôt aujourd’hui  le maire de Montréal, Denis Coderre, et le chef de l’opposition, Richard Bergeron. Les leaders syndicaux, en ont profité pour faire état des principales préoccupations des travailleurs et des travailleuses du Québec. Ils ont notamment abordé la question des suppressions de postes chez les fonctionnaires municipaux, l’aménagement du territoire, les transports, la salubrité des écoles et la mise en péril des services de Postes Canada.

Membres de la Coalition du 1er mai : CSD, CSN, CSQ, FTQ, APTS, FAE, FIQ, SFPQ, SPGQ, MEPACQ, ASSÉ, FECQ, FEUQ, MTTC, JOC, Au bas de l’échelle, UTTAM, CIAFT, RIOCM

Des activités partout au Québec

Des activités ont également été organisées dans plusieurs villes à travers le Québec afin de souligner la Fêteinternationale des travailleuses et des travailleurs.

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Renseignements :

Isabelle Gareau, FTQ, 514 953-0142

Lyle Stewart, CSN, 514 796-2066

Claude Girard, CSQ, 514 237-4432

Jacques Desy, CSD, 514 231-1273

Yves Parenteau, FAE, 514-910-3195

Un commentaire

1er mai 2014 – Manifestation : Contre les politiques d’austérité. Contre-attaquons!

1er mai 2014 – Journée internationale des travailleuses et travailleurs. La Coalition du 1er mai, qui regroupe des organisations syndicales, communautaires et étudiantes – dont la FFQ –  vous invite à participer en grand à la Manifestation Contre les politiques d’austérité. Contre-attaquons!

Soyons nombreuses dans les rues pour dénoncer ces politiques et célébrer cette Journée internationale des travailleuses et travailleurs !

Rendez-vous

  • 18 h 30 à l’angle des rues McGill Collège et Sherbrooke
  • Apportez casseroles, tam-tam, etc.

C’est sur le thème Contre les politiques d’austérité, contre-attaquons ! que sera célébrée, cette année, la Fête internationale des travailleuses et des travailleurs, le jeudi 1er mai prochain.

Extrait du tract produit pour la manifestation

Nos choix de société ne devraient pas être soumis aux attaques systématiques de celles et ceux qui ne jurent que par le « chacun pour soi ! ». Ce que nous sommes, ce que nous voulons, c’est une société juste, dans laquelle toutes et tous peuvent jouir des bienfaits des services publics accessibles et de qualité.

Notre système de sécurité de revenu à la retraite a besoin d’être amélioré pour permettre à tout le monde de bénéficier d’un revenu de retraite décent.

La justice sociale ne peut être otage, en aucun cas, de la privatisation.

Plus les tarifs augmentent, moins il y a d’oxygène, moins on est capable de respirer ! C’est encore et toujours la justice sociale qui écope quand on hausse les tarifs.

Les femmes  : principales victimes des mesures d’austérité.

Il est essentiel de réinvestir dans la protection de l’environnement et du développement durable. Les mesures d’austérité vont à l’encontre de ces objectifs. Les mesures d’austérité vont à l’encontre d’une vision cohérente et concertée de l’exploitation et de la transformation de nos ressources.

Pour réussir à imposer des mesures d’austérité, les gouvernements limitent les droits démocratiques des citoyennes et citoyens. Rien ne sert qu’un élu soit la voix du peuple au parlement s’il n’a pas d’ouïe pour l’entendre.

En 2012, 155 milliards de dollars reposaient à l’abri de l’impôt canadien dans des paradis fiscaux selon le Réseau pour la justice fiscale. Ces sommes auraient rapporté 23,25 G$ au fisc canadien, soit l’équivalent de ce que réclament les provinces au fédéral pour financer la santé et l’éducation.

Au Québec, près de 50 000 familles monoparentales, généralement avec des femmes à leur tête, n’ont pas un revenu suffisant pour combler leurs besoins de base. La richesse, ça se partage.

Pas de développement au détriment des droits des peuples autochtones sur leurs terres, territoires et ressources. Le legs du Canada aux populations autochtones : les pires taux d’échec scolaire, de chômage, de toxicomanie et de suicide.

L’austérité budgétaire ne fera qu’aggraver les conditions sociales et économiques de l’ensemble des travailleurs, particulièrement les travailleuses et travailleurs migrants. Le désengagement des gouvernements fédéral et provincial dans les programmes d’accueil des nouveaux arrivants ouvre la porte aux abus des employeurs.

 

Fiche 2 : Laïcité, immigration et inclusion

Nous poursuivons notre série de textes sur les différents enjeux que soulèvent la Charte et le débat qui se poursuit depuis plusieurs mois.

Avec le débat sur la Charte des valeurs, le gouvernement et certainEs intervenantEs ont choisi de relier l’enjeu de la laïcité de l’État à celui de l’immigration au Québec. À la FFQ, nous croyons qu’il est inquiétant d’amalgamer la crainte du religieux dans l’État et l’arrivée de nouveaux immigrantEs comme cela se fait actuellement. Ces deux enjeux sont très différents. Selon la FFQ, il serait préférable d’aborder d’une part, la question de la laïcité et d’autre part, discuter du modèle d’intégration qui favorise l’inclusion des immigrantEs à la société québécoise. Nous vous proposons donc dans ce texte de répondre à la question suivante : Quel modèle le Québec devrait-il adopter pour favoriser l’inclusion des immigrantEs?

Le contexte particulier du Québec

D’entrée de jeu, rappelons que depuis des siècles, le Québec est une société d’immigration, C’est par l’interaction entre les premiers arrivés, les Autochtones, et les nouveaux arrivant-e-s, les Français-es, les Anglais-es, les Irlandais-es et les Écossais-es et des NoirEs issuEs de l’esclavagisme que nous sommes devenus un peuple. D’autres NoirEs, des Asiatiques, d’autres EuropéenNEs sont venuEs enrichir cette société principalement francophone en terre autochtone. Cette histoire est remplie de beauté et de tension, d’injustices et de solidarité, d’oppressions et de silence, de paix et d’ouverture. L’histoire de nos origines est tissée d’apports qui ne se limitent pas à ceux de la France, même si la société québécoise est majoritairement francophone. Être un peuple dont la langue commune est le français place le Québec en situation minoritaire en Amérique du Nord, renforce des craintes vis-à-vis de l’immigration et favorisant le désir de certainEs d’assimiler les immigrantEs.  Or, selon la FFQ, les craintes et les impressions ne doivent pas dicter les politiques publiques. Il y a lieu de protéger la langue française et le droit à l’autodétermination du peuples québécois sans tomber dans la peur de l’Autre.

Nous estimons qu’il faut développer un modèle interculturaliste critique, en y ajoutant une perspective féministe de non-domination.

Qu’est-ce que l’interculturalisme?

L’interculturalisme se distingue à la fois du multiculturalisme canadien et du républicanisme français. À la différence du multiculturalisme, il encadre le vivre-ensemble de manière à respecter autant la continuité du noyau francophone que les droits des personnes immigrantes ou des minorités religieuses.  Selon le rapport de la Commission Bouchard-Taylor, lors de laquelle la FFQ a déposé un mémoire, l’interculturalisme québécois [1] :

  1. institue le français comme langue commune des rapports interculturels;
  2. cultive une orientation pluraliste, soucieuse de la protection des droits;
  3. préserve la nécessaire tension créatrice entre, d’une part, la diversité et, d’autre part, la continuité du noyau francophone et le lien social;
  4. met un accent particulier sur l’intégration et la participation;
  5. et préconise la pratique des interactions.

On vise donc l’intégration dans une orientation pluraliste où il y a une co-construction de la société québécoise, sans hiérarchie ni domination entre les citoyenNEs en fonction de l’ancienneté de leur installation.

Pourquoi une perspective critique de l’interculturalisme?

La FFQ est plutôt d’accord avec la définition de l’interculturalisme de la Commission Bouchard-Taylor, mais en y accolant une perspective féministe de la justice sociale. Pour contrer les rapports de domination, il faut tenir compte des rapports sociaux historiques et contemporains qui créent des obstacles à l’intégration pour des personnes issues ou perçues comme issues de l’extérieur du Québec. Plusieurs exemples concrets témoignent de ces obstacles. On peut penser ici au taux de chômage élevé chez les NoirEs ou encore l’absence des NoirEs de la scène télévisuelle, et ce malgré le fait qu’elles et ils sont partie prenantEs de la société québécoise, dans certains cas, depuis des siècles. La position des francophones en tant que minorité au sein du Canada et en tant que majorité au sein du Québec constitue une réalité ajoutant son lot de complexité dans le rapport que les QuébécoisEs entretiennent avec les immigrantEs. Cette réalité complexe ne peut toutefois justifier l’exclusion ou la discrimination.

Il faut souligner que cette définition de la Commission Bouchard-Taylor demeure silencieuse sur les liens entre le peuple québécois et les peuples autochtones avec qui nous partageons de façon inégalitaire un territoire, mais aussi une histoire. Le fait qu’il n’y ait jamais eu de reconnaissance gouvernementale du passé colonial que le Québec a entretenu avec eux, notamment par l’entremise des églises chrétiennes, pas plus d’ailleurs qu’une reconnaissance de l’apport des peuples autochtones à l’histoire et à la culture québécoises, est déplorable dans le débat actuel sur la Charte des valeurs.

L’interculturalisme critique, tel que nous l’entendons, propose donc que le gouvernement allie le renforcement des droits contenus dans la Charte des droits et libertés à un principe de non-domination et au droit à l’autodétermination des femmes pour guider le rapport de l’État à la religion. Ce modèle invite aussi le gouvernement à respecter le droit à l’autodétermination des peuples autochtones en toute matière, y compris en matière de laïcité.

Nous estimons que l’interculturalisme critique mérite de trouver place dans une politique qui orienterait mieux  les pratiques gouvernementales, en plus d’avoir un impact sur les normes sociales et les mentalités qui entourent l’immigration. La FFQ déplore l’absence d’études pour justifier la Charte des valeurs. Elle déplore aussi qu’il n’y ait pas eu d’efforts pour rectifier les impressions erronées et l’expression de préjugés à l’endroit de certaines populations immigrantes. Ainsi, un progamme interculturel juste s’assurerait de contrer le racisme et la discrimination qui limitent les chances des QuébécoisEs d’origines diverses.

Cybel Richer-Boivin

Lire la Fiche 1

Pour en savoir plus sur nos propositions


[1]
                [1] Gérard Bouchard et Charles Taylor, Fonder l’avenir. Le temps de la conciliation, Québec, 2008, p.121.

 

Vive le féminisme décomplexé

À l’occasion de la Journée internationale des femmes, la Fédération des femmes du Québec est heureuse de constater la forte présence dans la société d’un féminisme décomplexé. « Nous sommes nombreuses à ranger l’expression « féministe, mais » pour s’affranchir clairement en tant que féministe » affirme la présidente, Alexa Conradi.

Les féministes que la FFQ rejoint sont jeunes et ainées. Elles sont à Trois-Rivières, à Natashquan, à Montréal-Nord, à Québec et à Kahnawake. Elles sont actives dans des luttes pour la justice reproductive (l’accès à la maternité pour toutes, l’accès au libre-choix en matière d’avortement pour toutes), pour l’accès des femmes à un revenu décent à l’aide sociale et pour la conciliation emploi-famille-études. Elles s’intéressent à l’environnement et au Plan Nord ou aux politiques d’immigration. Elles luttent pour l’inclusion des femmes handicapées dans la vie économique ou contre la xénophobie. Elles soutiennent des femmes victimes de violences patriarcales ou contre les préjugés sexistes. Elles veulent transformer la politique. Elles sont solidaires des luttes des femmes dans les pays du Sud. Elles sont militantes pour l’acceptation sociale des lesbiennes. Elles veulent maintenir l’accessibilité des services publics.

Les féministes rejointes par la FFQ ont soif de changement ! Elles en ont assez des politiques néolibérales et conservatrices qui créent des divisions, des inégalités et des injustices pour les femmes et dans la société. Elles en ont marre du mythe de l’égalité atteinte. Elles sont actives là où le changement est possible. Elles sont pour le droit de toutes les femmes à l’égalité et ne veulent en laisser aucune derrière. Elles construisent un projet féministe de société.

Vive le féminisme décomplexé !

Née en 1966, la Fédération des femmes du Québec est un lieu de militantisme et d’action, d’analyse et de réflexion, de débat, de formation et de concertation féministe ouvert à toutes les femmes. Elle travaille à la construction d’une société juste, solidaire, véritablement démocratique, égalitaire et pacifique. La FFQ compte 800 membres individuelles et 180 membres associatives dans toutes les régions du Québec.

Pour voir avoir un aperçu de ce féminisme décompléxé, voir aussi 8mars.etatsgenerauxdufeminisme.ca.

S’engager à mieux intégrer

La Table des groupes de femmes organise en ce début d’année 2013, un forum qui s’adresse à la fois aux groupes communautaires qui désirent mettre en place ou poursuivre une démarche d’inclusion dans leur équipe de travail et aux femmes immigrantes et racisées qui veulent mieux connaître le communautaire comme milieu de travail potentiel.

Le forum se divise en deux parties : Le « 15 à 17h » festif du lancement du guide à l’usage des groupes S’engager à mieux intégrer, le lundi 21 et le forum lui-même, le mardi 22 janvier : Deux moments favorisant l’échange, le débat, la reconnaissance des compétences des unes, les pratiques d’embauche, de maintien en emploi et les changements vers plus d’inclusion des autres.

Le lundi, le lancement aura lieu au Café-Bar de la Cinémathèque québécoise au 335, boulevard de Maisonneuve Est (métro Berri-UQAM). Le forum se tiendra au CEDA, 2515, rue Delisle (métro Lionel-Groulx). Les deux lieux sont accessibles.

Consultez le programme :

FFQ en bref Décembre 2012 – Visite à la nouvelle ministre de la Condition féminine, Agnès Maltais

Le 29 novembre dernier, une délégation de la FFQ[1] a rendu visite à la nouvelle ministre de la Condition féminine, Agnès Maltais.

Bien que brève, cette rencontre a permis de prendre un bon premier contact et d’annoncer clairement nos couleurs de part et d’autre. Le franc parler était à l’honneur. Quelques grandes préoccupations actuelles ont été abordées, particulièrement les enjeux qui sont sur l’agenda gouvernemental et que nous voulons influencer.

Parmi eux, la question des retraites est majeure. Dans le débat actuel, les inégalités hommes-femmes ont été complètement passées sous silence. Chiffres à l’appui, la FFQ a démontré que pour les femmes, le privé n’est pas la solution et que seule l’amélioration des régimes publics peut répondre aux particularités de leurs parcours de vie. Or madame Maltais est aussi, en tant que ministre de l’Emploi et de la Solidarité sociale, responsable du Régime de rentes du Québec.  En lui parlant, on fait coup double!

Plan Nord, travail, discriminations multiples, laïcité, analyse différenciée selon les sexes, enquête publique sur la disparition et l’assassinat de femmes autochtones, ces points ont été abordés trop rapidement, mais des jalons sont posés, des rencontres futures sont envisagées. Si la ministre n’a pas fait d’annonces ou de promesses, elle a cependant démontré un intérêt et une ouverture qui augurent bien pour la suite du dialogue. On nous propose d’être aux aguets car le gouvernement a des plans sur la précarité du travail. Lesquels? Les gestes suivront-ils?

Enfin, on se souvient que l’orientation et l’existence même du Conseil du statut de la femme avaient fait l’objet d’une remise en question ces dernières années. Là-dessus la ministre est ferme : le Conseil est là pour rester, et pour rester autonome.

 

Élisabeth Germain



[1] Délice Mugabo (du comité des femmes immigrantes et racisées), Lorraine Leduc (du comité des femmes en situation de handicap) ainsi que Martine Éloy, Elisabeth Germain et Alexa Conradi (toutes trois membres de l’exécutif)