Le plan RADAR porte atteinte dangereusement à la sécurité des femmes dans l’industrie du sexe

Le mardi 28 mai, à quelques jours du Grand Prix de Montréal,  le SPVM a lancé l’opération «RADAR». Cette initiative appelée officiellement à lutter contre “l’exploitation sexuelle” rate sa cible. Elle promet seulement de créer des conditions de vie et de travail plus dangereuses pour les femmes dans l’industrie du sexe.

L’opération RADAR a pour objectif de former des agents du secteur du tourisme et des transports en des agents de surveillance de l’État chargés de dénoncer les femmes dans l’industrie du sexe à la police. L’initiative forme le personnel des secteurs de l’hôtellerie et du tourisme à la détection de plusieurs «indicateurs» des personnes supposées être exploitées.

Si les différences fondamentales entre “traite humaine”, “exploitation sexuelle” et “consentement” ne sont même pas pris en considération par les agents de police, nous doutons que les agents du secteur du tourisme et des transports aient une quelconque compétence pour reporter ce qui relèverait effectivement de l’exploitation sexuelle ou de la traite humaine.

Au lieu de cela, le plan RADAR institue une forme de profilage sur la base de “tenues vestimentaires” jugées convenables ou non par des employés du secteur du tourisme et des transports. Ce sont aussi les femmes les plus marginalisées, appartenant aux communautés migrantes, racisées et qui vivent la pauvreté qui seront visées. Inutile de relever ici l’aspect sexiste et raciste de cette mesure visant à déterminer selon “l’apparence” des personnes supposées être exploitées.

Cette opération, mise en place à quelques jours du lancement du Grand Prix de Montréal, promet juste de créer un climat de délation et de précariser dangereusement les conditions de travail des femmes dans l’industrie du sexe tout en restant parfaitement inefficace contre la traite humaine et l’exploitation sexuelle.

En reconnaissant l’agentivité des femmes dans l’industrie du sexe en octobre 2018 lors de notre assemblée générale extraordinaire, c’est exactement ce que nous souhaitions éviter. Nous devons sortir du schème de pensée renvoyant ces femmes à des personnes dont les droits peuvent-être sacrifiées.

Comprendre la notion de consentement

Nous devons nous engager dans la nuance pour comprendre la différence conceptuelle entre “consentement” et “non consentement”. Cela est essentiel pour trouver les bons outils pour une véritable lutte contre l’exploitation sexuelle et la traite humaine.

Aucune femme ne jouit d’une palette de choix illimitée. Chacune d’entre nous est amenée à faire des choix en fonction des barrières économiques, sexistes, racistes, capacitistes, homophobes, colonialistes – bref toutes barrières structurelles – que nous rencontrons. Par exemple, une femme noire peut faire le choix de garder un travail en deçà de ses qualifications et compétences pour éviter de retourner dans la case “chômage” en raison des discriminations racistes dont elle est la cible. Est-ce que cela ferait un quelconque sens de cibler ses droits sous prétexte que son choix n’est pas considéré comme étant “consentie”, libre de toutes contraintes ? Bien sûr que non. La solution serait de travailler à mettre en place des politiques publiques contre les discriminations racistes à l’embauche. La solution serait d’élargir la palette de ses choix.

Ainsi, en quoi cela fait du sens de mettre des barrières aux femmes dans l’industrie du sexe parce que le choix qu’elles prennent n’est pas en accord avec ce que nous avons défini comme “convenable” ? En quoi cela fait du sens de les désigner comme cibles en mettant en danger leurs santé, leurs droits et leurs sécurité ?

Des impacts concrets sur les droits des femmes dans l’industrie du sexe

L’incapacité à considérer la vente de services sexuels comme étant une activité consentie nous rend inefficace pour lutter réellement contre l’exploitation sexuelle et la traite humaine. Il nous rend aussi complices des violences que subissent les femmes dans l’industrie du sexe.

À les juger sur leur activité, elles sont perçues comme des personnes binaires qui consentent à tout (“consentement présumé”) ou qui ne peuvent pas consentir (“consentement invalidé”).

Cela à des impacts concrets dans la vie de ces femmes: par exemple, comment porter plainte à la police si celle-ci considère que votre consentement à vendre des services sexuels équivaut aussi à consentir à toutes violences dont vous seriez victimes ?

Nous avons une obligation collective d’avoir une meilleure compréhension de ces enjeux.

Au moment de cette période calendaire où les droits des femmes dans l’industrie du sexe sont particulièrement mis en cause, nous restons solidaires de ces femmes. Leurs droits, leurs sécurité, leurs santé sont gravement mis en danger par notre incapacité à reconnaître leur capacité d’agir et de fait leur pleine humanité.

La volonté de prévenir et de détecter l’exploitation sexuelle est une bonne chose. La FFQ n’a jamais insinué le contraire mais encore faut-il le faire de la bonne manière.

Pour cela, dans un document d’une dizaine de pages, la Fédération des femmes du Québec vous donne les outils pour alimenter votre réflexion sur les différences entre consentement, exploitation sexuelle et traite humaine. Nous expliquons aussi en quoi notre incapacité à bien discerner chacune de ces situations a des impacts concrets sur les femmes dans l’industrie du sexe tout en étant inactifs dans une lutte effective contre la traite humaine et l’exploitation sexuelle :

http://bit.ly/2EUJuwI

En cliquant sur l'image, vous accédez à notre formulaire de dons

Appel à témoignages: violences obstétricales et gynécologiques

Sur l'image est écrit : "Violences obstétricales/gynécologiques : appel à témoignages ! RDV sur www.stopvog.org

Cet appel aux témoignages est lancé dans le cadre d’une campagne de sensibilisation et de lutte contre les violences obstétricales et gynécologiques (VOG) qui touchent les femmes, les hommes trans, les personnes non-binaires et bispirituelles.

Vous avez peut-être vécu cette forme de violence si :

– Vous avez ressenti des formes de non-respect de votre corps ou des atteintes à votre dignité.
– On a fait une intervention médicale sans vous en parler et obtenir votre consentement au préalable (par exemple : on a introduit des doigts dans votre vagin sans vous prévenir ou vous demander votre accord).
– On vous a laissé croire que vous n’aviez pas le choix de subir une intervention médicale ou d’accepter la présence d’étudiant.es en médecine et de résident.es lors d’un examen.
– On a fait utiliser la coercition pour vous faire accepter une intervention (par exemple : on vous a demandé de prendre une décision sous la menace ou on a menacé d’appeler la DPJ).
– On vous a empêché de bouger durant votre accouchement, on vous a forcé.e à rester allongé.e sur le dos durant votre accouchement, on vous a empêché.e de boire et de manger.
– On n’a pas pris le temps de vous expliquer les avantages et désavantages ainsi que les conséquences et les alternatives possibles d’une intervention, d’un médicament ou d’une méthode contraceptive.
– On vous a refusé une méthode de contraception temporaire ou définitive.
– On a refusé de vous poser ou de vous enlever un stérilet.
– On vous a refusé le choix de tenter un accouchement vaginal après césarienne, ou on vous a refusé de le faire hors d’un centre hospitalier.
– On s’est adressé à vous avec mépris, on vous a dit des paroles blessantes, on ne vous a pas cru.e lorsque vous disiez ressentir de la douleur.
– Des remarques sexistes, lesbophobes, transphobes ou dégradantes vous ont été faites par le personnel soignant dans un contexte obstétrical ou gynécologique.

– On vous a discriminé.e sur la base d’un handicap ou d’un corps jugé non-conforme lors d’un suivi en gynécologique ou en obstétrique.

(Ceci est une liste non-exhaustive d’exemples, les VOG peuvent se manifester sous d’autres
formes.)

Les VOG sont des violences systémiques et genrées reliées à la santé reproductive et sexuelle.Elles surviennent dans un contexte de suivi gynécologique ou obstétrical. Elles peuvent être vécues lors d’un accouchement, d’une fausse couche ou d’un avortement aussi bien que lors d’un simple rendez-vous gynécologique, d’une échographie ou d’une mammographie.

Les personnes vivant à l’intersection de plusieurs systèmes d’oppressions telles que les femmes racisées, excisées, autochtones, en situation de handicap, lesbiennes et les personnes trans et non- binaires sont encore plus à risque de subir cette violence.

L’existence des VOG prend racine dans un système patriarcal qui méprise les corps des femmes et les corps non-conformes. Ces violences sont également issues d’un système de santé défaillant qui valorise la performance au détriment de l’écoute des personnes. Dans un tel système, les patient.es ne sont pas aux centres des soins.

Les instances décisionnelles refusent de reconnaître le problème; votre témoignage peut faire la différence! Nous appelons toute personne pensant avoir vécu des violences obstétricales ou gynécologiques à déposer son témoignage et à porter plainte aux instances concernées. Toute personne ayant été témoin de VOG sur autrui est aussi invitée à témoigner (professionnel.les de la santé, doulas, étudiant.es, etc.)

Rendez-vous sur le site www.stopvog.org ou sur notre page Facebook Stop violences
obstétricales et gynécologiques – Québec ou par courriel à temoignage@stopvog.org

Cette campagne a été conçue par La collective du 28 mai :

Action Cancer du sein (ACS) ; Action des femmes handicapées (Montréal) (AFHM)  ; Ariane K – Consultante périnatale ; Centre de solidarité lesbienne (CSL) ; Centre des femmes d’ici et d’ailleurs ; Fédération des Femmes du Québec (FFQ) ; Fédération du Québec pour le planning des naissances (FQPN) ; Regroupement Naissance-Renaissance (RNR) ; Regroupement québécois des centres d’aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel (RQCALACS) ; Réseau d’action pour l’égalité des femmes immigrées et racisées du Québec (RAFIQ) ; Réseau des lesbiennes du Québec – Femmes de la diversité sexuelle (RLQ/QLN) ; Réseau des tables régionales de groupes de femmes du Québec (RTRGFQ).

Groupes en appui

L’Alliance des maisons d’hébergement de 2e étape pour femmes et enfants victimes de violence conjugale (L’Alliance 2e étape) ; La CORPS féministe; Fédération des maisons d’hébergement pour femmes (FMHF); On SEXplique ça ; L’R des Centres de femmes du Québec; Relais-femmes; Réseau d’action des femmes en santé et services sociaux (RAFSSS); Table de concertation des organismes communautaires du réseau de l’immigration et de l’intégration du Québec (TCRI); La Table des regroupements provinciaux d’organismes communautaires et bénévoles (Table); Vivre 100 Fibromes

Pour ajouter votre groupe à liste des groupes en appui, veuillez communiquer avec nous à temoignage@stopvog.org

Adoption des propositions de l’AGA 2019 de la FFQ

Ce samedi 25 mai et dimanche 26 mai s’est tenue l’assemblée générale annuelle de la Fédération des Femmes du Québec à Montréal. Pendant ce moment important de concertation entre les membres de la Fédération, les débats ont abouti à l’adoption de 10 propositions au sujet de :

  • Modification aux statuts et règlement (renouvellement de la cotisation – art 2.5.2)
  • Des priorités annuelles
  • La réforme du mode de scrutin
  • Sécurité et autonomie économique
  • Luttes des femmes pour la terre et pour la défense des territoires
  • Le port du voile
  • La Laïcité
  • Les actions intersectionnelles
  • La participation des régions
  • Solidarité internationale

Nous tenons à remercier l’ensemble des membres pour avoir fait de ce moment un temps rassembleur, dynamique, de solidarité féministe et d’écoute.

Voici le texte des propositions adoptées hier lors de l’Assemblée Générale Annuelle.

Proposition A : Renouvellement de la cotisation

ATTENDU QUE la cotisation à la FFQ couvre une période de 1 an;

ATTENDU QU’IL est possible de joindre la FFQ en tout temps durant l’année;

ATTENDU QUE les membres joignant la FFQ devraient avoir droit à une année d’adhésion complète, sans avoir à renouveler avant la fin de leur 12 mois ;

ATTENDU QUE la procédure de renouvellement actuelle prévoit que toutes les adhésions sont renouvelables au 1er janvier (peu importe la date d’adhésion) et qu’elle a été adoptée pour des raisons de charge de travail et de gestion des adhésions ;

ATTENDU QUE nos outils de gestion des adhésions et d’organisation du travail nous permettent de palier aux problèmes vécus dans le passé ;

IL EST PROPOSÉ de changer l’article 2.5.2 pour le suivant :

2.5.2.1 La cotisation annuelle de toutes les membres est renouvelable annuellement à la date d’anniversaire de l’adhésion.

2.5.2.2 La cotisation doit être acquittée au plus tard deux mois après la date anniversaire de l’adhésion ou avant l’ouverture d’une assemblée générale (ce dernier ayant préséance sur le délai de grâce de deux mois).

Proposition B : priorités d’action

ATTENDU QUE la FFQ poursuit le projet sur la participation des femmes dans les milieux mixtes (syndicats et organismes communautaires), dans une perspective intersectionnelle, financé par le Ministère des Femmes et de l’Égalité des genres ;

ATTENDU QUE la FFQ coordonne depuis des années l’importante campagne des 12 jours d’actions pour l’élimination des violences envers les femmes, dans une perspective intersectionnelle et à travers tout le Québec, grâce au soutien financier du Secrétariat à la condition féminine ;

ATTENDU QUE la FFQ participe activement au Collectif 8 mars avec ses partenaires syndicales, en produisant du matériel pour l’ensemble du Québec et en agissant comme porte-parole auprès des médias et du gouvernement ;

ATTENDU QUE des élections fédérales auront lieu en octobre 2019 ;

ATTENDU QUE la FFQ a obtenu un financement de quatre ans du Ministère des Femmes et de l’Égalité des genres (MFEG) pour travailler aux renforcements de ces capacités ;

ATTENDU QUE de tenir régulièrement des consultations en ligne des membres de la FFQ permet d’inclure les membres des régions et est plus accessible pour de nombreuses membres et que cela favorise la vie démocratique interne de la FFQ ;

IL EST PROPOSÉ QUE la FFQ se concentre cette année sur les priorités suivantes :

  1. Poursuivre le projet sur la participation des femmes dans les milieux mixtes dans une perspective intersectionnelle, en finalisant les projets pilotes en cours, en compilant une boîte à outils en ligne et en organisant un vaste Forum pour soutenir les femmes en mars 2020 à Sherbrooke ;
  2. Coordonner le Comité des 12 jours d’action pour l’élimination des violences envers les femmes ;
  3. Participer activement au Collectif 8 mars ;
  4. Travailler à faire entendre une voix féministe intersectionnelle forte pendant les élections fédérales ;
  5. Renforcer ses capacités via le projet financé par le MFEG;
  6. Tenir régulièrement des consultations en ligne de ses membres pour favoriser la vie démocratique de la FFQ.
  7. Que la FFQ se joigne à la préparation de la Marche mondiale des femmes en 2020

 Proposition C : Réforme du mode de scrutin

Considérant que la citoyenneté ne peut s’exercer si les droits ne sont pas respectés et si des inégalités subsistent, globalement nous visons à contrer les systèmes de domination et à lutter contre les obstacles structurels, afin que les droits des femmes soient respectés, qu’elles exercent pleinement leur citoyenneté et qu’elles participent pleinement à la vie démocratique.

Considérant que le gouvernement de la CAQ à l’intention de s’opposer fermement a intégré la parité dans la nouvelle réforme électorale

Considérant que plusieurs organisations s’entendent que le projet de loi doit inclure des mesures concrètes et vérifiables quant à l’atteinte de la parité et de la diversité

Considérant que le projet de loi sera déposé bientôt (d’ici octobre ?)

Attendu que la FFQ s’est donné l’orientation de « Repenser et transformer les institutions démocratiques, notamment la démocratie représentative, contribuer à l’émergence de formes de démocratie participative, directe et délibérative ; rendre justes et égalitaires les lieux de pouvoir »,

Attendu que la FFQ vise la justice et l’égalité entre les femmes et les hommes, entre les femmes elles-mêmes et entre les peuples.

Attendu que la FFQ travaille à favoriser le développement de la pleine autonomie de toutes les femmes et la reconnaissance véritable de l’ensemble de leur contribution à la société,

Attendu que la FFQ lutte pour l’émancipation des femmes et l’affirmation de leur droit à une participation intégrale et libre à la vie sociale, culturelle, politique et économique,

Attendu que la FFQ se veut représentative du pluralisme de la société québécoise et de la diversité du mouvement des femmes, particulièrement des femmes marginalisées ou vivant des oppressions multiples,

Attendu que la FFQ milite, pratiquement depuis sa fondation, pour la parité et le changement du mode de scrutin et qu’il importe de garder ces enjeux dans l’actualité,

Attendu que ses positions récentes sont le fruit de la concertation avec des organisations alliées et qu’elles doivent être actualisées selon l’approche intersectionnelle dans ce même esprit de concertation,

Attendu que la FFQ s’est donnée comme orientation de « contribuer à la démocratisation de l’information, de l’éducation et des médias, notamment en favorisant l’expression, la diffusion et la prise en compte de la parole des femmes et des analyses féministes » et de « revendiquer de l’État qu’il agisse comme gardien des communs et du respect des droits »,

Attendu que la FFQ intervienne dans l’espace public pour défendre les droits des femmes et dénoncer les mesures qui peuvent nuire à l’atteinte de l’égalité pour toutes les femmes.

Attendu que la FFQ a signé une entente solennelle de solidarité avec Femmes autochtones du Québec en 2004,

Attendu que les expériences des femmes autochtones au Québec et partout ailleurs au Canada sont ancrées dans la marginalisation et la discrimination sociale et systémique,

Attendu que la volonté de la FFQ de « respecter le droit à l’autodétermination des peuples autochtones »

IL EST PROPOSÉ QUE:

  1. la FFQ poursuive son travail d’analyse féministe sur les interactions entre la réforme du mode de scrutin et l’obtention d’une représentation politique paritaire et qu’elle mette à jour ses positions en y intégrant l’approche intersectionnelle, en collaboration avec les organisations intéressées par ces enjeux, pour que la réforme du mode de scrutin représente un gain féministe.
  2. la FFQ suive l’évolution de la stratégie gouvernementale en matière d’égalité entre les femmes et les hommes et d’égalité entre les femmes.
  3. la FFQ réalise du matériel d’éducation populaire sur le mode de scrutin, permettant aux personnes et organisations alliées de s’approprier cette analyse et de l’intégrer dans leurs interventions publiques.
  4. la FFQ se prépare à prendre publiquement la parole pour intervenir sur le mode de scrutin, la parité et la diversification de la classe politique
  5. la FFQ, dans la lignée de son alliance avec FAQ, travaille avec FAQ sur ce dossier, dans la mesure du possible (c’est à dire en respectant les choix d’allocation de ressources de FAQ).

Proposition D : Sécurité et autonomie économique

CONSIDÉRANT que la FFQ s’est donné comme orientation « d’agir afin de protéger les communs, en développant une gestion par et pour les communautés ainsi qu’une responsabilité collective des ressources naturelles et sociales, basées sur l’égalité, la justice sociale et la solidarité »;

CONSIDÉRANT que les choix gouvernementaux récents en matière de lutte à la pauvreté et de revenu minimum garanti risquent de creuser les injustices et les inégalités;

CONSIDÉRANT que la lutte à la pauvreté et la réduction des inégalités sont essentielles pour assurer l’égalité entre les humain.es, entre les femmes elles-mêmes et entre les peuples;

CONSIDÉRANT de plus que le gouvernement de la Coalition Avenir Québec envisage de déposer un projet de loi sur la proche aidance à l’automne 2019;

IL EST PROPOSÉ QUE:

  1. la FFQ assure une représentation active au sein de la Coalition pour la conciliation famille-travail-études (CFTÉ);

PROPOSITION E : Luttes des femmes pour la terre et pour la défense des territoires

CONSIDÉRANT l’orientation de la FFQ « d’articuler une vision féministe, anticapitaliste et anticolonialiste de la relation des humain.es avec la Terre, en l’ancrant dans des actions concrètes et en développant des alliances avec d’autres mouvements engagés dans les luttes écologistes au Québec »;

CONSIDÉRANT l’importance d’appuyer les luttes menées actuellement par des femmes contre les projets dévastateurs des multinationales dans le domaine de l’extraction des ressources sous-terraines, notamment dans les pays du Sud;

IL EST PROPOSÉ QUE:

  1. la FFQ développe, en collaboration avec les organisations alliées ayant pris part à la rencontre internationale Femmes en résistance contre l’extractivisme en avril 2018, une prise de position sur l’extractivisme et qu’elle la soumette à ses membres;
  2. la FFQ produise, dans la mesure du possible, un outil accessible sur l’écoféminisme afin d’en faciliter l’appropriation par ses membres, en mettant en évidence l’épuisement de la Terre causé, entre autres, par le paradigme de la croissance plutôt que celui du bien vivre;
  3. la production de cet outil soit l’occasion, dans la mesure du possible, d’une réflexion politique avec les membres de la FFQ sur la division sexuelle des tâches, en ce qui a trait aux gestes citoyens éco-responsables effectués dans la sphère domestique, et aux inégalités qui subsistent entre les genres;
  4. la FFQ participe à des actions autour de la journée de grève pour le climat du 27 septembre 2019, la Journée de la terre en avril 2020 et se joigne à la préparation de la Marche mondiale des femmes 2020.

Proposition F : Voile

ATTENDU QUE la position de la FFQ sur le port du voile a été adoptée il y a déjà 10 ans, soit en 2009 ;

ATTENDU QUE cette position est antérieure aux États généraux du féminisme (2011-2013), au débat sur le projet de loi 60 ou Charte affirmant les valeurs de laïcité et de neutralité religieuse de l’État ainsi que d’égalité entre les femmes et les hommes et encadrant les demandes d’accommodement (2013) ;

ATTENDU QUE  la mise en pratique de l’intersectionnalité exige de soutenir l’agentivité de toutes les femmes et que les premières concernées demandent le droit à l’autonomie et au respect de leurs décisions;

ATTENDU QUE les partis politiques québécois utilisent la question du port du voile à des fins populistes ;

ATTENDU QU’en 2019,  le gouvernement a déposé un nouveau projet de Loi sur la laïcité de l’État (projet de loi 21) qui interdit notamment le port de signes religieux pour le nombreuses professions ;

ATTENDU QUE les membres de la FFQ se sont prononcées en large majorité en faveur de l’esprit de la proposition suivante lors d’une consultation informelle le 24 février 2019 ;

IL EST PROPOSÉ QUE :

La FFQ reconnaisse que les femmes musulmanes décident de porter un voile pour de multiples raisons ;

La FFQ soutienne l’autonomie des femmes dans leurs décisions de porter ou non un voile, quel qu’en soit la forme;

La FFQ soutienne les femmes musulmanes portant ou non un voile dans leur choix de carrière quelle que soit la sphère d’activités

La FFQ continue à rejeter l’imposition du port du voile

Proposition G : Laïcité

ATTENDU QUE le principe de laïcité de l’État est censé assurer que les décisions prises par l’État et ses représentant.e.s soient prises sur la base de la Constitution, des Chartes de droits humains et les autres principes de droits et non sur des croyances personnelles, qu’elles soient religieuses ou idéologiques;

ATTENDU QUE le gouvernement québécois instrumentalise le concept de laïcité pour exacerber le racisme systémique en le définissant comme une question de port de signes religieux apparents;

ATTENDU QUE ce principe cible les femmes musulmanes tout en discriminant également des femmes d’autres religions, notamment non judéo-chrétiennes ;

ATTENDU QUE le projet de loi 21 ne répond pas à un problème sérieux et immédiat ;

ATTENDU QUE le principe de laïcité de l’État fait l’objet de désinformation dans l’espace public et qu’il est nécessaire de faire de l éducation populaire à ce sujet ;

IL EST PROPOSÉ QUE :
La FFQ participe aux efforts des groupes de défense des droits collectifs et des droits de la personne pour amener le gouvernement à retirer le discriminatoire projet de loi 21 ;

La FFQ participe aux efforts d’éducation populaire sur le principe de laïcité de l’État ;

La FFQ continue de défendre les droits des femmes dans les débats sur la laïcité, dans une approche intersectionnelle.

Proposition H : Actions intersectionnelles

ATTENDU QU’un rapport fait par la FFQ en collaboration avec le service aux collectivités de l’UQAM datant de 2015, révèle une attitude très positive face à l’intersectionnalité chez les membres de la FFQ ;

ATTENDU QUE selon ce rapport, le tiers (33 %) des membres ont mentionné que la mise en pratique de cette approche restait ambiguë ;

ATTENDU QUE lorsque l’on a demandé aux membres associatives de qualifier leurs difficultés avec l’approche de l’intersection des oppressions, plus des trois quarts (85 %) de ces dernières ont nommé la difficulté à traduire leurs savoirs théoriques dans la praxis quotidienne comme étant source de problème ;

ATTENDU QUE l’intersectionnalité est aussi une pratique et qu’elle doit se concrétiser par nos actions et nos prises de positions ;

ATTENDU QUE la FFQ a commencé à utiliser l’intersectionnalité dans ses prises de positions et ses actions ;

ATTENDU QU’UNE approche intersectionnelle ne permet pas de faire des compromis ni de négocier au rabais les droits des femmes ;

IL EST PROPOSÉ QUE :
LA FFQ continue à utiliser un cadre intersectionnel dans ses prises de positions publiques ;

la FFQ continue à agir au quotidien de façon intersectionnelle ;

la FFQ poursuive son travail d’intégration des pratiques intersectionnelles basées sur les expériences des femmes vivant de multiples oppressions pour faire avancer les droits des femmes au Québec.

la FFQ continue de former ses membres sur les pratiques intersectionnelles

Proposition I: participation des régions

Considérant les discussions tenues lors de la discussion en ligne le 13 avril 2019 avec les membres de la FFQ;

Considérant le besoin exprimé par les membres de mieux connaître les enjeux des femmes dans les régions du Québec;

Considérant l’importance d’une vie associative et dynamique;

IL EST PROPOSÉ QUE :

LA FFQ tienne une rencontre élargie par Comité de travail des champs d’action, en ligne, et que toutes les membres de la FFQ y soient invitées pour partager leurs enjeux afin de nourrir les Comités et de les inviter à participer à ces comités ;

la FFQ consulte ses membres pour connaître les enjeux sur lesquelles elles souhaiteraient échanger et qu’elle tienne des consultations en ligne au besoin sur les enjeux priorisés par ses membres

Proposition J : Solidarité internationale

Considérant que l’Association des femmes iraniennes de Montréal est membre de la FFQ depuis 1994;

Considérant le caractère transnational des luttes féministes ;

Considérant que la sororité est une des grandes valeurs de la FFQ;

IL EST PROPOSÉ QUE: 

la FFQ soutienne la lutte des femmes iraniennes, saoudiennes et toutes femmes qui subissent les fondamentalismes religieux.

Manifestation contre le racisme et la xénophobie: le 24 mars 2019 à 14h

(English will follow.)

**Manifestation contre le racisme et la xénophobie : ici et ailleurs**
Dimanche, 24 mars, 14h

Le 12 novembre 2017 et le 7 octobre 2018, deux grandes manifestations antiracistes ont attiré des milliers de personnes dans les rues de Montréal afin de dénoncer le racisme qui devient de plus en plus normalisé au sein de notre société, et à la fois dénoncer le discours xénophobe, islamophobe, misogyne, homophobe et transphobe de notre gouvernement et des groupes d’extrême-droite québécoises. Voilà pourquoi il faut reprendre la mobilisation massive, en commençant par une troisième grande manifestation populaire dans le cadre de la Semaine internationale pour l’élimination de la discrimination raciale. Cette manifestation vise à démontrer la solidarité avec les mouvements antiracistes et antifascistes au niveau mondial et à alimenter une résistance populaire contre les actions racistes, islamophobes et xénophobes.

Le contexte est d’autant plus urgent étant donné les intentions et annonces récentes du gouvernement de la CAQ, qui semble déterminé à interdire les signes religieux dans les services publics, en ciblant particulièrement les enseignantes musulmanes voilées qui travaillent dans le système scolaire public et dans les garderies. Nous revendiquons l’autonomie et le droit des femmes de s’habiller comme elles veulent sans devoir se justifier auprès de quiconque! Ce n’est pas à l’État d’imposer des restrictions aux femmes quant à leurs choix vestimentaires. C’est l’État qui doit être laïc, et non les individu-e-s!

Parallèlement, le gouvernement Legault a annoncé que son administration souhaitait annuler plus de 18 000 dossiers de demandes de résidence permanente en cours (projet de loi 9) afin d’adopter un système « plus sélectif ». Ce projet de loi affecte en fait plus de 54 000 personnes. Nous dénonçons catégoriquement ces mesures! Nous les dénonçons d’autant plus fortement que pendant que le gouvernement québécois bouleverse les vies de milliers de personnes établies ici-même, Legault se pavane à Paris dans l’espoir d’attirer des Français-e-s qui sauront, selon lui, mieux répondre aux besoins de l’économie.

Par son projet de loi, le gouvernement passe sous silence le fait que l’immigration vers le Québec et le Canada est le résultat de plusieurs siècles de colonialisme et d’impérialisme, de logiques destructrices encore à l’œuvre aujourd’hui et qui mettent les États face à leurs responsabilités! Blâmer l’immigration pour les maux de la société est non seulement un geste hypocrite, mais aussi un acte xénophobe qui doit être fermement dénoncé! Non à la xénophobie, oui à l’immigration! Racistes, dehors! Réfugié-e-s, bienvenues! Nous réclamons un statut pour tou-te-s!

Une situation dramatique requiert une réponse urgente et ferme! Cet appel à une manifestation le 24 mars s’inscrit dans un contexte d’actions de résistance continues contre la montée du racisme, de la xénophobie, de l’islamophobie, de l’antisémitisme, de l’extrême droite et de l’oppression sous toutes ses formes. Nous marchons non seulement contre les politiques xénophobes du gouvernement CAQiste, mais aussi contre les conditions qui ont directement contribué à la situation actuelle : un climat de banalisation et de normalisation de la rhétorique raciste et ultranationaliste d’extrême droite pour le plus grand bénéfice du capitalisme néocolonial dans lequel nous vivons.

Tou.te.s ensemble le 24 mars! Contre le racisme et la xénophobie! Pour l’immigration, l’égalité et la dignité!

Contact presse:

Responsable aux communications de la FFQ : 514 717 4847

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**Mass demonstration against racism and xenophobia, both here and elsewhere**
Sunday, March 24th, 2 pm

On November 12, 2017 and October 7, 2018, two large antiracist demonstrations attracted thousands of people to the streets of Montreal in order to denounce the racism that is becoming more and more normalized in our society, as well as the xenophobic, Islamophobic, misogynistic, homophobic and transphobic rhetoric increasingly present in the public political sphere and spread by Quebec far-right groups. This is why we must resume mass mobilizations, starting with a third major demonstration, which will take place in the context of the International Week for the Elimination of Racial Discrimination. The event aims to show our solidarity with anti-racist and antifascist movements worldwide, and also to fuel popular resistance against racist, Islamophobic and xenophobic actions.

In context, this is all the more urgent given the recent intentions and announcements of the CAQ government, which seems determined to ban religious symbols in public services, particularly targeting veiled Muslim teachers who work in the public school system and in daycares. We demand the autonomy and the right of women to dress as they want without having to justify themselves to anyone! It is not up to the state to impose restrictions on women’s clothing choices. It is the state that must be secular, not the individual!

At the same time, the Legault government announced that its administration plans to cancel over 18,000 permanent resident applications (Bill 9) in order to adopt a “more selective” system for accepting newcomers. This bill will affect more than 54,000 people. We categorically denounce these measures! We denounce all the more strongly that while the Quebec government upsets the lives of thousands of people settled here, Legault struts around in Paris in hopes of attracting French immigrants to Canada, who will, according to him, “better respond” to the needs of the economy.

Through Bill 9, the government demonstrates its willful ignorance of the fact that immigration to Quebec and Canada is the result of centuries of colonialism and imperialism, destructive ideologies still at work today, and for which these states are in part responsible! Blaming immigration for the ills of society is not only a hypocritical gesture, but also a xenophobic act that must be firmly denounced! No to xenophobia, yes to immigration! Racists, out! Refugees, welcome! We demand a status for all!

A dramatic situation requires an urgent and strong response! This call for a demonstration on March 24th is part of ongoing resistance – in Quebec and elsewhere – against the rise of racism, xenophobia, Islamophobia, anti-Semitism, the far-right, and oppression in all its forms. We march not only against the xenophobic policies of the CAQ government, but also against the conditions that have directly contributed to the current situation: a climate of trivialization and normalization of far-right racist and ultranationalist rhetoric, which works for the greater benefit of the neocolonial capitalist system in which we live.

Join us on March 24th, against racism and xenophobia! For the right to immigration, equality and dignity!

Christchurch : lettre ouverte de collectifs féministes de la Maison Parent-Roback

Nous, collectifs féministes de la Maison Parent-Roback, exprimons notre totale solidarité aux communautés musulmanes durement frappées par un attentat qui a fait 50 morts ce vendredi 15 mars aux deux mosquées de Christchurch en Nouvelle-Zélande. Des enfants, des femmes, des hommes, des sourires et des espoirs fauchés sur l’autel d’une idéologie haineuse.

Notre amitié et nos pensées vont aux communautés musulmanes québécoises, rappelées à l’horreur, deux ans après la tuerie dans la grande mosquée de Québec, mais également avec l’ensemble des communautés musulmanes ailleurs dans le monde qui doivent affronter le racisme, l’islamophobie et la violence dans leur quotidien. Cette tragédie a ébranlé des sociétés entières par-delà les frontières.

Vos morts sont nos morts. Vos coeurs sont les nôtres.

Collectivement, nous ne pouvons plus nous taire face à une islamophobie qui ravage le tissu social de nos sociétés. Nous ne pouvons plus nier la globalité de ce phénomène et ses ancrages au Québec. Le terroriste s’est réclamé de l’auteur de la tuerie de la mosquée à Québec et de discours islamophobes entretenues en France et ailleurs dans son passage à l’acte.  Nous ne pouvons plus prétendre que la mise en place de lois ciblant des minorités n’ont pas pour effet de légitimer les passages à l’acte haineux ici, et ailleurs dans le monde.

Résident-es au quartier de Parc-Extension, vous êtes aussi nos voisin-es. Sachez que nous toutes, nous sommes à vos côtés et sommes disponibles pour vous soutenir de quelques façons que ce soient.

Ces tragédies doivent être un rappel constant à nos consciences: celui de la détermination à tenir coûte que coûte notre volonté de s’unir, de rester fermes dans l’exercice du droit et la protection de nos libertés.

Notre solidarité dépassera la haine de toutes celles et ceux qui tentent de déstabiliser notre société ! Nous resterons «Debouttes» !

Signé :

La Fédération des Femmes du Québec, (FFQ)

Institut F,

Fédération du Québec pour le planning des naissances, (FQPN)

La Maison Parent-Roback, (MPR)

Le Conseil d’intervention pour l’accès des femmes au travail (CIAFT)

Le CDEACF,

L’R des centre de femmes du Québec,

Action cancer du sein du Québec,

Relais Femmes,

Regroupement Naissance-Renaissance

Remue-Ménage,

Service d’entraide Passerelle (SEP)

Fondation filles d’action,

Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale,

Table des groupes de femmes de Montréal,

DAWN-RAFH Canada

Cliquez ici pour retrouver le lien de téléchargement de la lettre avec en bas de page les logos de chaque organisme signataire.

Trois propositions adoptées lors de l’AGE 2018 !

Ceci est le logo de la FFQ. Sur l'image il est écrit: "Fédération des femmes du Québec. Égalité pour toutes, égalité entre toutes."

Ce dimanche 28 octobre s’est tenue l’assemblée générale de la Fédération des Femmes du Québec à Montréal. Pendant ce moment important de concertation entre les membres de la Fédération, les débats ont abouti à l’adoption de trois propositions au sujet de :

  • La gestion féministe
  • Les pratiques intersectionnelles
  • Les femmes et l’industrie du sexe

Nous tenons à remercier l’ensemble des membres pour avoir fait de ce moment un temps rassembleur et d’écoute.

Voici le texte des propositions adoptées hier lors de l’Assemblée Générale Extraordinaire.

Gestion féministe

Attendu que la FFQ utilise et tient à continuer à utiliser des principes de gestion féministe,

Attendu que les documents de la FFQ (statuts et règlement, contrats de travail, positions adoptées en AGA) ne définissent ou n’expliquent pas les tenants et les aboutissants de la gestion féministe,

Attendu que la pré-consultation sur la restructuration a mis à jour un besoin de solidifier et d’uniformiser la compréhension des principes de gestion féministe,

1- QUE la FFQ travaille à identifier et rendre accessible les bonnes pratiques de gestion féministe en puisant entre autres dans le travail et l’expérience de plusieurs de ses membres »

2- QUE la FFQ travaille à implanter ces pratiques dans ses structures

3- QUE la FFQ fasse la promotion des bonnes pratiques auprès de ses membres et des organismes avec lesquels elle travaille.

Pratiques intersectionnelles

Attendu que la FFQ n’est engagée dans un parcours intersectionnel que depuis 2013,

Attendu que le champ d’action Féminisme, intersectionnalité et solidarité existe seulement depuis le Congrès d’orientation de 2016,

Attendu que peu d’organismes féministes au Québec utilisent en pratique l’intersectionnalité,

Attendu que la FFQ en est encore à une inclusion symbolique du terme et de l’approche,

4- QUE LA FFQ fasse la promotion du cahier de propositions d’orientations sur les quatre champs d’action adopté en 2016 avec les modifications nécessaires pour tenir compte des résolutions effectivement adoptées au Congrès

5- QUE LA FFQ, crée des outils de vulgarisation et un guide de pratique liés au cahier de propositions

6- Que la FFQ travaille à définir l’approche intersectionnelle en consultant ses membres associatives et individuelles et travaille à identifier les bonnes pratiques intersectionnelles récentes et disponibles

7- Que la FFQ mette les bonnes pratiques identifiées au cœur de ses structures, de ses prises de décisions, et que ces bonnes pratiques soient inscrites dans son modèle de gestion avec ses membres de toutes les régions

Femmes et industrie du sexe

Attendu que la FFQ travaille à favoriser le développement de la pleine autonomie de toutes les femmes et la reconnaissance véritable de l’ensemble de leur contribution à la société,

Attendu que la FFQ se veut représentative du pluralisme de la société québécoise et de la diversité du mouvement des femmes, particulièrement des femmes marginalisées ou vivant des oppressions multiples,

Attendu que la FFQ lutte pour l’émancipation des femmes et l’affirmation de leur droit à une participation intégrale et libre à la vie sociale, culturelle, politique et économique,

Attendu que la FFQ adopte une approche féministe intersectionnelle, ce qui inclut le principe de reconnaître l’expertise des premières concernées,

Attendu que la FFQ et ses membres militent activement pour créer un espace d’engagement sans oppression pour toutes les femmes,

Attendu que des femmes s’identifiant clairement comme travailleuses du sexe sont présentes au sein de la FFQ et contribuent à la vie associative depuis des décennies,

Attendu que les femmes dans l’industrie du sexe considèrent leurs pratiques comme un travail incluant le droit d’accéder aux protections des normes du travail, de santé et sécurité au travail et autres protections liées à l’emploi,

Attendu qu’au moins 10 femmes dans l’industrie du sexe ont été assassinées au Canada en 2017, que 79% des femmes incarcérées en prison provinciale ont une expérience dans l’industrie du sexe et que les relations antagonistes avec l’État et ses agents sont un facteur de risque majeur pour le VIH et autres ITSS et pour la santé globale,

Attendu que La FFQ est une organisation ouverte aux questions controversées et émergentes,

12. Que la FFQ reconnaisse l’agentivité des femmes dans la prostitution/industrie du sexe incluant le consentement à leurs activités

13. QUE le FFQ lutte contre la stigmatisation et les barrières d’accès à la pleine participation à la société qui suivent ces femmes toute leur vie, même si elles quittent l’industrie, mais également contre la violence et les obstacles à la sortie de la prostitution/industrie du sexe que subissent les femmes qui sont dans cette industrie et celles qui en sortent

14. Que la FFQ reconnaisse l’importance de défendre, tant pour celles qui choisissent de vivre de la prostitution/l’industrie du sexe que pour celles qui veulent en sortir, leurs droits, à la sécurité, la santé, à l’autonomie, à la liberté d’expression et d’association et à des conditions décentes tant dans l’exercice de leur pratique que dans les autres sphères de leur vie

15. QUE la FFQ travaille à la différenciation entre l’industrie du sexe, les échanges consensuels, les situations d’exploitation et la traite humaine ; Que la FFQ lutte contre l’exploitation et les violences faites aux femmes dans la prostitution/industrie du sexe et défende le droit de toutes les femmes à l’intégrité physique et mentale, à la dignité, à la santé et à la sécurité.

16. QUE la FFQ continue de lutter contre la pauvreté, la marginalisation et les relations antagonistes avec l’État et ses agents, particulièrement pour les femmes qui vivent de multiples oppressions

Encore merci à vous toutes ! Nous pensons que le combat féministe se construit sur les fondations d’un travail d’écoute de toutes les femmes, et dimanche dernier, c’est exactement cet effort qui s’est déployé au cours de la journée de votre part.