Offre d’emploi : Chargée aux projets de mobilisation numérique

Ceci est le logo de la FFQ.

Présentation de l’organisme :

La Fédération des femmes du Québec est une organisation féministe autonome qui travaille à la transformation et à l’élimination des rapports sociaux de sexe et des rapports de domination dans toutes les sphères de la vie, en vue de favoriser le développement de la pleine autonomie de toutes les femmes et la reconnaissance véritable de l’ensemble de leur contribution à la société.

Profil recherché :

Nous sommes à la recherche d’une personne qui connaît bien les réseaux féministes du Québec et a une bonne compréhension des enjeux actuels, qui a une expérience en coordination de projets et en mobilisation, et qui sait s’adapter à des environnements changeants.

La FFQ souhaite favoriser l’embauche de personnes qui font face à des barrières systémiques à l’emploi et encourage les femmes appartenant à des groupes marginalisés à postuler et à souligner si elles le désirent cette appartenance dans leur candidature.

Principales tâches :

  • Soutenir et organiser la mobilisation du 8 mars avec les partenaires participants;
  • Soutenir et organiser les rencontres du Comité des 12 jours;
  • Organiser le forum initialement prévu en personne en format en ligne pour le projet Cheffes de file: assurer l’organisation, le lien avec les panélistes et conférencières, la qualité et pertinence du contenu, la promotion, la gestion des inscriptions et l’évaluation post-mortem;
  • Organiser l’assemblée générale annuelle en format numérique avec l’équipe de travail;
  • Respecter le budget établi pour les différents projets, et en assurer le suivi avec la responsable de la gestion financière;
  • Planifier les besoins matériels et logistiques lors de la tenue des événements;
  • Rédiger des textes pour publication (site internet, réseaux sociaux et bulletin) en collaboration avec la responsable des communications;
  • Assurer la diffusion médiatique des campagnes et activités en collaboration avec la responsable des communications;
  • Rédiger le rapport de projet et faire la reddition de compte ;
  • Travailler à l’établissement de nouveaux partenariats et à renforcer les liens avec les partenaires actuels;
  • Soutenir la responsable de la gestion financière dans la rédaction des demandes de subvention;
  • Participer activement à soutenir l’équipe, participer aux réunions, améliorer les processus internes, favoriser un bon climat de travail;
  • Participer activement à la vie associative, communiquer adéquatement avec les membres et participer à les mobiliser, être à l’affût de leurs besoins et priorités, faire des propositions en ce sens;
  • Participer activement à la vie démocratique, soutenir des comités du conseil d’administration, assurer les suivis et le transfert d’information vers les administratrices.

Compétences recherchées :

  • Expérience professionnelle ou militante en organisation de campagnes et en communication de celles-ci
  • Expérience professionnelle ou militante de travail en comité de travail ou instances de concertation
  • Compétences relationnelles démontrées en présence de parties prenantes qui ont des positions divergentes
  • Expérience de travail dans le milieu communautaire autonome et de la défense des droits
  • Très bonne capacité à travailler en équipe
  • Expérience avec les outils de diffusion numérique
  • Expérience en mobilisation de partenaires
  • Bonne connaissance des enjeux féministes actuels au Québec
  • Bonne connaissance des approches anti-oppression
  • Adhésion à notre Déclaration de principe
  • Capacité à intégrer une perspective intersectionnelle
  • Capacité de leadership, d’initiative et d’autonomie
  • Excellente capacité de gérer des priorités concurrentes
  • Excellente capacité de rédaction en français
  • Bonne connaissance de l’anglais un atout

Conditions de travail :

Salaire horaire de 28,56$, 32 heures par semaine

Contrat du 10 août 2020 au 31 mars 2021

Assurances collectives et régime de retraite

Probation de 4 mois

Contrat à durée déterminée, renouvelable en 2021-2022 en fonction des besoins de l’organisation, de l’évaluation annuelle ainsi que de la capacité financière de l’organisme.

Pour poser sa candidature :

Merci de nous envoyer votre CV et lettre de présentation à l’adresse emploi@ffq.qc.ca, en indiquant « candidature – Chargée de projets » dans le titre, d’ici le mercredi 15 juillet, 16h.

Les entrevues auront lieu le 22 juillet 2020.

L’entrée en poste est prévue le lundi 10 août 2020.

Pour télécharger cette offre d’emploi :

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Départ de la présidente et gouvernance

La présidente de la Fédération des femmes du Québec, Gabrielle Bouchard, a décidé de mettre un terme à son mandat et a remis officiellement sa démission le 19 juin 2020.

Voici son message :


Chères membres de la FFQ. 

Après mûre réflexion, j’ai décidé de mettre un terme à mon mandat comme présidente de la FFQ. Je tiens à vous remercier pour ces quelques années et mois de militance et de changement de culture intenses et résolument féministes. Ensemble, nous avons fait avancer la cause des femmes au Québec et au Canada et je suis sûre que ce travail important, vous le continuerez pour encore longtemps. La FFQ est entre de bonnes mains avec des femmes fortes dans l’équipe et au Conseil d’Administration. 

Aux organismes et femmes alliées avec qui j’ai eu la chance de travailler de près ou de loin durant mes mandats, mille mercis. Malgré les temps difficiles que nous vivons, l’équipe en place saura continuer les collaborations que nous avons commencées. 

Notre monde est de plus en plus petit et je suis sûre que nous aurons la chance de retravailler ensemble dans le futur.

Féministement,

Gabrielle Bouchard


La présidence de Mme Bouchard a été marquée par des prises de position courageuses, ainsi que par un engouement marqué d’une nouvelle génération de féministes. Durant les dernières années, la FFQ a en effet élargi et ses rangs et accueilli un nombre record de nouvelles membres individuelles de tous les horizons. Bien avant son élection à la présidence de la Fédération en novembre 2017, Gabrielle était déjà reconnue pour sa défense des droits humains. Avec sa visibilité grandissante, elle est devenue un symbole de ralliement fort pour les groupes historiquement sous-représentés dans les plus grandes institutions du mouvement féministe québécois. Pour toutes ces raisons, le conseil d’administration tient à remercier profondément Mme Bouchard pour son implication au sein de la FFQ, et pour avoir fait cheminer notre mouvement dans l’incarnation réelles de ses valeurs d’égalité, de justice sociale et de solidarité entre toutes les femmes.

Suite des choses

Pour le moment, les prises de parole médiatiques et ainsi que les représentations publiques dont s’occupent normalement la présidente sont assumées par la vice-présidente, les administratrices ainsi que certaines travailleuses de la FFQ. Nous tenons à rassurer les membres : les activités de la Fédération sont entre bonnes mains, et nous continuons d’être actives, en particulier dans ce contexte difficile de crise internationale.

« Québec, who cares ? »

Le travail des femmes noires et racisées dans les métiers du soin a été salué. Mais avons-nous analysé leur réalité de façon systémique ? Lettre ouverte signée par deux administratrices de la FFQ, Marlihan Lopez et Laïty Fary Ndiaye, publiée le 12 mai 2020 sur Ricochet.

Contrairement à l’expression populaire, nous ne sommes pas toutes et tous dans le même bateau. S’il y a une chose que nous apprenons avec la crise sanitaire actuelle, c’est qu’il n’est plus possible de continuer à ignorer collectivement les inégalités systémiques.

La crise du COVID-19 a tout changé; nous sommes tou.te.s abasourdi.e.s par la mort et la maladie à un niveau jamais vu dans notre vie. C’est ce qu’affirme la juriste afro-américaine Kimberlé Crenshaw dans son podcast Intersectionality Matters. En effet, cette pandémie et la gestion qui en est faite ont accentué des violences structurelles que nos sociétés ont héritées de l’esclavage et du colonialisme.

Division sexuelle et raciale du travail

Rappelons quelques faits. Au Canada, les femmes blanches gagnent 67% du salaire des hommes blancs, alors que les femmes racisées font 59 % de ce salaire (Écarts de revenus au Canada : une inégalité économique racialisée du Centre Canadien de politiques alternatives, 2019). Les femmes noires et racisées font ainsi face à un fossé salarial fondé sur le genre et la race, conséquence d’un marché du travail genré et racialisé.

Cette réalité est un phénomène global où les personnes noires et racisées constituent le cheap labor du régime capitaliste.

Or, pour expliquer cette réalité, plusieurs ont essayé de mettre des mots sur la surreprésentation des femmes noires et racisées dans les métiers du soin, plus précisément dans les CHSLD et autres services de soins. Des centres-conseils en emploi, qui ont une grande clientèle immigrante, soutiennent que le parcours des femmes immigrantes est influencé par différents facteurs, dont leurs statuts d’immigration les rôles sociaux traditionnels occupés par les femmes, etc.

Nous soutenons que cette situation doit être analysée de façon systémique. Les femmes noires et racisées, même lorsqu’elles sont nées au Québec, font face à des obstacles systémiques à l’accès à l’emploi qui sont également liés à diverses formes de discrimination, fondées sur le genre, la race, la classe sociale, la citoyenneté. C’est à cause de ces discriminations qu’elles se retrouvent surreprésentées dans des emplois « traditionnellement féminins », souvent dévalorisés, sous-payés et très précaires.

Pourtant, il est décevant de voir à quel point cette réalité est, à quelques exceptions près, invisibilisée dans les discours gouvernementaux et dans le traitement médiatique des effets de la Covid-19. Celles que certain.e.s appellent nos héroïnes aujourd’hui, car elles s’occupent de nos ainé.e.s, sont aussi les femmes haïtiennes qui étaient « indésirables » en traversant le chemin Roxham lors de la Crise des migrants en 2017.

L’image de la préposée aux bénéficiaires noire qui se valoriserait en prenant soin des autres est sans nul doute le prolongement de la figure de la fameuse nounou noire (Mammy).

Femmes noires, stéréotypes et travail du care

Dans le cas précis des femmes noires, la précarité des emplois et l’écart salarial vont de pair avec des stéréotypes racistes et sexistes véhiculés sur elles dans leur rapport au soin. Ces stéréotypes qui datent du temps de l’esclavage les essentialisent, que ce soit à propos de leurs aptitudes au travail ou par rapport au fait qu’elles soient Noires.

Rappelons le stéréotype de la Mammy ou nounou noire, encore très présent dans l’imaginaire collectif nord-américain qui servait à romantiser les relations entre esclave et maître. Ce stéréotype représente la femme noire comme étant une figure maternante, une travailleuse domestique loyale et dévouée qui peut tout tolérer et qui ne se fatigue jamais. L’image de la préposée aux bénéficiaires, noire, qui se valoriserait en prenant soin des autres est sans nul doute le prolongement de la figure (fantasmée?) de la fameuse nounou noire.

À cet égard, un centre-conseil en emploi a affirmé que, en faisant référence aux femmes préposées aux bénéficiaires,«culturellement elles se valorisent en prenant soin des autres ». Cet argument sert à déculpabiliser la société et le groupe dominant de sa responsabilité dans le maintien des structures de pouvoir qui perpétuent le racisme, la discrimination et le sexisme que vivent les femmes noires. Cela revient à dire, quelque part, « si elles font ces emplois précaires, c’est qu’elles aiment ça! « . Nous reconnaissons là le mécanisme qui fait porter aux victimes le fardeau de la violence qu’elles subissent. Faut-il rappeler que les communautés noires sont parmi les plus pauvres au Québec et au Canada, et que si les femmes noires occupent en grande partie les emplois dangereux et précaires de préposées aux bénéficiaires, c’est davantage par contraintes que par choix.

Les mots de l’écrivaine afro-américaine Zora Neale Hurston résonnent plus que jamais: « Si tu gardes le silence face à ta peine, ils te tueront et ils diront que tu as aimé ça. »

Nous avons collectivement la responsabilité de dénoncer les mécanismes discriminatoires qui confinent les femmes noires et racisées dans des emplois précaires. Résistons à toute lecture culturaliste qui ne remet nullement en question les inégalités structurelles. Il est nécessaire d’interroger les discours que nous choisissons de valoriser en étant attentifs à la division sexuelle et raciale du travail et à la façon dont elle affecte des travailleuses qui ne devraient pas avoir à prendre soin de nos aîné.e.s à n’importe quel prix.

Source : https://ricochet.media/fr/3106/quebec-covid19-racisme-coronavirus-caring

Covid-19 : Le droit à la santé est-il un privilège?

En ces temps de pandémie, la Coalition pour l’éducation à la sexualité, qui rassemble une centaine d’organisations pancanadiennes, nationales, régionales et locales (la Fédération des femmes du Québec en est membre), s’inquiète pour ses groupes membres ainsi que les populations qu’ils desservent. Certaines de ces dernières, parmi les plus vulnérables et marginalisées de notre société, paient plus fort que les autres le prix de la crise sanitaire actuelle. Respecter les mesures de confinement et de distanciation sociale est un luxe et un privilège que tous·tes ne peuvent pas se permettre.

Les  travailleur·euse·s de première ligne qui œuvrent notamment en éducation et santé sexuelles dans le milieu communautaire, le font dans des conditions de plus en plus difficiles et dangereuses et le matériel de distribution (condoms, matériel d’injection stérile, produits désinfectants, etc.) ainsi que les ressources manquent. Ces employé·e·s font face à une augmentation de l’agressivité et de la détresse de la part des personnes usagères qui, elles, (sur)vivent dans des conditions d’autant plus précaires, n’ayant plus accès, ou de manière limitée, à des services et du matériel de base.

D’ailleurs, la tangente vers la répression policière prise par le gouvernement afin de faire observer les mesures de distanciation sociale et de confinement ainsi que l’esprit de délation que cela amène dans la population en général, ne fait qu’exacerber la problématique, car elle affecte démesurément ces personnes – dont plusieurs en situation d’itinérance – qui, dans bien des cas, ne peuvent tout simplement pas toutes les respecter. En leur donnant des amendes, règlera-t-on vraiment la situation?

La Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse (CDPDJ) s’est même récemment prononcée sur cette pratique qu’elle a qualifiée de discriminatoire. En ce sens, la Coalition pour l’éducation à la sexualité appuie la Coalition des organismes communautaires québécois de lutte contre le sida (COCQ-SIDA) dans son appel au gouvernement «pour une réponse solidaire et communautaire à la Covid-19». Ces personnes issues de diverses communautés marginalisées ont plutôt besoin de services (hébergement, nourriture, soins de santé, etc.) et cet enjeu, tout comme les conditions de vie et de travail des personnes en CHSLD et dans les résidences pour aîné·e·s, est loin d’être nouveau.

Dans la même veine, bien qu’il soit tout à fait légitime de limiter la circulation d’argent comptant, qui peut être un important vecteur de transmission du virus, le fait que des services ou commerces listés comme essentiels l’interdisent complètement impacte les personnes vivant de l’économie informelle ou se trouvant déjà dans une situation financière précaire, qui ne possèdent pas de cartes de crédit ou de débit et qui se retrouvent soudainement dans l’incapacité d’acheter le minimum essentiel pour vivre.

Ces enjeux, de même que la fermeture et la réduction de nombreux services communautaires et publics ainsi que la redirection de certains effectifs du système de santé afin de combattre la COVID-19 entraînent plus d’isolement, de détresse et de précarité chez diverses communautés, dont les droits, incluant celui à la santé (physique, mentale, sexuelle, etc.), ne sont pas toujours respectés. Par exemple, beaucoup de jeunes LGBTQ+ isolé·e·s de leur réseau d’attache vivent de la répression et de l’incompréhension de la part de leur famille, plusieurs personnes aînées ou en situation de handicap qui recevaient des soins à domicile n’en reçoivent plus et l’accès ralenti et plus difficile à des services en santé sexuelle et reproductive, notamment à la contraception et la pénurie de condoms à prévoir, entravent principalement les droits des filles, des femmes, des personnes trans et non binaires et des travailleuse·eur·s du sexe qui seront plus à risque de vivre une grossesse non désirée. Une hausse des cas d’ITSS, nommément du VIH, serait également à prévoir dans le cas d’une production insuffisante de préservatifs, principalement chez les populations plus à risque.

En terminant, les fonds publics d’urgence qui ont été débloqués pour le milieu communautaire sont essentiels pour que les organismes puissent adapter et continuer à offrir des services de manière sécuritaire aux populations les plus marginalisées, qui sont les plus affectées par la crise. La Coalition pour l’éducation à la sexualité craint cependant que ces mêmes populations ne fassent également les frais de l’après-crise, c’est-à-dire qu’elles soient visées par des coupures, notamment faites dans le milieu communautaire, afin de rétablir un certain équilibre budgétaire. Nous souhaitons que ces fonds soient plutôt maintenus, car ces enjeux ne sont pas nouveaux. Ils existaient avant la crise sanitaire, qui les a exacerbés, et continueront d’exister ou s’amplifieront après celle-ci, si le soutien financier diminue.

Références:

La Coalition pour l’éducation à la sexualité, qui rassemble aujourd’hui environ une centaine de groupes membres, a été formée à partir de la pétition «L’éducation à la sexualité, ça va pas s’faire par magie»: https://fqpn.qc.ca/educsex/

Source : http://www.fqpn.qc.ca/actualites/covid-19-le-droit-a-la-sante-est-il-un-privilege/

Contact presse :
Fédération du Québec pour le planning des naissances (FQPN) – Julie Robillard 514-915-3102

10 idées pour sortir les femmes de la crise

Les réalités sociales qui rendent les femmes plus vulnérables à la crise actuelle ne sont pas nouvelles. Ce qui veut dire que bien des solutions sont déjà connues !

Les réalités sociales qui rendent les femmes plus vulnérables à la crise actuelle ne sont pas nouvelles. La pandémie de COVID-19 ne fait que les accentuer. Des mesures ciblées, à court terme, peuvent faire une différence concrète dans la vie de plusieurs femmes. Toutefois, pour contrer les problèmes de fond ancrés dans des inégalités normalisées au fil des décennies, il est aussi impératif de mettre de l’avant des idées ambitieuses.  Il faut que la société d’après-crise réponde mieux à ses promesses entre les hommes et les femmes, et entre toutes les femmes.

Tout comme les problèmes, les pistes de solution les plus évidentes ne sont pas nouvelles non plus. Le mouvement féministe québécois, la FFQ et un grand nombre d’organismes en défense des droits portent ces combats et cherche à faire évoluer les politiques publiques depuis des décennies. Il semble toutefois qu’en ces temps troubles, l’importance revendications amenées par tant de personnes depuis si longtemps est peut-être plus saillante que jamais aux yeux du grand public. Il est plus que temps d’agir.

Pour bien des femmes au Québec, la crise a commencé bien avant l’arrivée de la pandémie de la COVID-19. Nous ne souhaitons donc pas de retour à la «normale», car cette norme laissait tellement d’entre nous derrière.

Pourquoi les femmes sont-elles plus touchées par la COVID-19 ?

  • Les femmes sont plus touchées par l’augmentation du chômage des dernières semaines, qui touchent particulièrement les emplois à temps partiel et les emplois dans le secteur des services tels l’hébergement et la restauration.
  • Les femmes sont plus nombreuses dans les emplois de première ligne du système de santé, où les risques de contamination sont les plus élevés. De manière globale, 80 % des emplois dans le domaine de la santé sont occupés par des femmes.
  • Ce sont aussi les femmes qui occupent les emplois où les interactions avec le public sont les plus importantes au sein des commerces essentiels. Ce sont les caissières, par exemple, dans les épiceries et les pharmacies. 
  • Il y a encore un écart de salaire moyen important entre les hommes et les femmes au Québec et au Canada, et la pauvreté est encore largement une réalité féminine. En situation de crise économique, les femmes sont donc surreprésentées parmi les populations les plus vulnérables. 
  • Toutes les problématiques ci-haut sont encore accentuées pour les femmes racisées. Elles sont encore plus surreprésentées que leurs pairs dans les emplois sous-payés des services essentiels et les emplois à statut précaire, particulièrement en ce qui a trait au soin des aînés en milieu hospitalier ou à domicile ; leur taux de chômage est plus élevé, et même en temps normal, et elles sont plus nombreuses à vivre sous le seuil de la pauvreté.
  • Les mesures de confinement amplifient par ailleurs les risques de violence envers les femmes et les enfants. Celles qui sont prises à la maison avec un conjoint violent ont aussi moins d’occasions de s’éloigner pour demander de l’aide, même si les ressources sont disponibles. 
  • Plusieurs communautés autochtones sont particulièrement vulnérables à la pandémie, notamment à cause de la pénurie de logements qui force tant de familles à vivre dans des espaces trop restreints où la distanciation sociale est impossible. Les risques de violence envers les femmes et les enfants autochtones occasionnés par les mesures de confinement sont donc donc plus importants dans ces milieux. 
  • Les femmes sont plus nombreuses à la tête des familles monoparentales. Par ailleurs, la charge des enfants et des tâches domestiques leur revient encore disproportionnellement au sein des familles. La fermeture des écoles a donc un impact démesuré sur les mères québécoises, leur santé mentale et physique. La pandémie affecte plus la capacité des femmes à concilier travail et famille.

Dans ce contexte, la Fédération des femmes du Québec souhaite donc (re)mettre de l’avant 10 idées pour sortir les femmes de la crise.

1 – Améliorer les conditions de travail des « anges gardiennes », de manière durable

Cela passe notamment par une augmentation substantielle des salaires et une amélioration drastique des conditions de travail. Nous sommes conscientes que cela requiert un grand chantier. Il devrait s’agir là d’une priorité nationale.

Si les inégalités de rémunération et de conditions de travail dans le système de santé québécois ont fait couler beaucoup d’encre dans les dernières semaines. Or, elles ne sont pas nouvelles.

Traditionnellement, les médecins étaient des hommes et les infirmières des femmes. Si la valorisation des professions aussi inégales, les vieux relents du patriarcat sont en grande partie à blâmer.

Les femmes racisées occupent aussi les rôles de care et de travail dans nos sociétés depuis très longtemps. Encore aujourd’hui, elles sont très nombreuses parmi les préposées aux bénéficiaires et le personnel d’aide à domicile pour nos aînés — dans la grande région de Montréal, certes, mais pas seulement. Si ces rôles sont aussi mal rémunérés, c’est aussi à cause d’inégalités sociales profondes qui ne datent pas d’hier. Nos sociétés rémunèrent encore différemment le travail en fonction de qui, en bonne partie, occupe un rôle ou un autre. 

On voit bien aujourd’hui comment ces iniquités ne servent personne : ni les travailleuses ni les bénéficiaires. La sous-valorisation du travail traditionnellement féminin amplifie de facto la capacité du gouvernement à agir efficacement en période de crise de santé publique.

Remercier les « anges gardiennes » ne suffit pas. Il faut aussi cesser de les exploiter et revaloriser leur travail par des mesures concrètes.

2 – Instaurer un revenu minimum d’urgence

Trop de personnes sont encore inadmissibles aux mesures d’aide d’urgence annoncées par les gouvernements provincial et fédéral. Par exemple, certaines femmes qui étaient en congé de maternité ne sont pas admissibles à l’assurance-chômage. Plusieurs femmes actives dans l’industrie du sexe, femmes sans statut et femmes impliquées dans les économies informelles passent sous le radar des catégories gouvernementales. De manière générale, les femmes sont plus nombreuses à vivre de sources de revenus précaires, qui entrent mal dans les définitions classiques.

Toutes ont droit à un revenu décent, en tout temps. Un revenu minimum garanti imposable permettrait de mieux aider toutes celles qui en ont le besoin que les programmes à la pièce où il y a toujours des exclues.

3 – Augmenter le salaire minimum à 15$

On qualifie d’essentielles toutes celles qui maintiennent les services dans les pharmacies et les épiceries, qui maintiennent les lieux publics propres, qui offrent des soins aux aînés, qui tiennent le filet social dans les organismes communautaires. Pouvons-nous désormais les rémunérer justement ?

4 – Donner des suites sérieuses aux revendications des femmes autochtones

Cela fait des années que l’on nomme les solutions aux multiples problématiques qui fragilisent les communautés autochtones, et en particulier les femmes, les filles et les personnes bispirituelles. Les rapports de la Commission d’enquête sur les relations entre les Autochtones et certains services publics au Québec, de la Commission d’enquête sur les femmes autochtones disparues et assassinées, et de la Commission de vérité et réconciliation existent. On ne devrait pas attendre une pandémie avant d’accélérer l’action politique. Mais il n’est pas trop tard pour s’y mettre.

5 – Mieux connaître l’impact différencié de la pandémie et des mesures d’urgence, pour mieux intervenir

L’élaboration et l’évaluation des politiques publiques doivent s’ancrer dans une connaissance des faits. Quel est l’impact des mesures d’urgence sur les hommes et les femmes ? Quelles communautés sont le plus affectées par la pandémie, et pourquoi ? Quelles interventions faut-il planifier en conséquence ?

Depuis longtemps, des chercheurs dénoncent le manque de données détaillées pour mieux comprendre l’état de la santé publique au Québec et au Canada. Pourtant, aucun centre d’expertise et de référence en matière de santé publique au Québec,  n’a encore diffusé d’information statistique ventilée selon l’appartenance ethnoculturelle, le sexe, le genre,  la classe sociale et; la situation d’handicap, en lien avec le virus. Il faut mieux connaître le portrait de la situation pour les femmes, et mieux comprendre quelles femmes sont les plus touchées par le virus ou encore oubliées par les mesures d’urgence.

L’analyse différenciée selon les sexes dans une perspective intersectionnelle (ADS+) permettrait aussi de répondre à ce besoin crucial d’informations et donc de prendre des décisions plus éclairées pour le bien collectif.

6 – Sensibiliser la population à l’épidémie de violence genrée

L’an dernier, une femme ou une fille était tuée au Canada à chaque trois jours, en moyenne. Et bien sûr, les statistiques sur les meurtres ne constituent que la pointe de l’iceberg de la violence envers les femmes. Avec les mesures de confinement, le portrait macabre dressé par les chiffres est sûrement appelé à s’assombrir.

Par ailleurs, on sait que les personnes LGBTQIA2+ et les personnes en situation de handicap, par exemple, font partie des groupes les plus vulnérables à la violence familiale.

En cette période de crise, il est important de répondre aux besoins des maisons d’hébergement et des autres organismes qui viennent en aide à toutes les personnes qui vivent de la violence.

Il est aussi nécessaire d’opérer un changement de culture et de mettre fin à la normalisation de la violence genrée qui mène encore tant de médias à caractériser ces situations de « conflit familial » ou de « blessures amoureuses ». Les besoins en sensibilisation et en éducation populaire du grand public sont criants.

Il faut continuer de travailler à mieux soutenir les victimes tout en prenant les mesures nécessaires pour stopper la violence avant qu’elle n’affecte encore une autre génération.

7 – Respecter les droits humains des femmes incarcérées

Au 18 avril, plus de la moitié des détenues de l’Établissement Joliette, dans Lanaudière, ont été déclarées positives au coronavirus. Là-bas, des unités d’isolement sont utilisées pour tenir les détenues malades à part, une mesure punitive, inhumaine et inefficace pour contenir le virus. Au Centre de surveillance de l’immigration de Laval (CSI), une quinzaine de personnes sont toujours détenues alors qu’un gardien y a été déclaré positif.

Il est urgent de se pencher sur la situation de toutes les personnes qui pourrait avoir accès à la libération conditionnelle sans que la sécurité publique en soit affectée. On parle notamment des demandeurs d’asile, des personnes dont la peine arrivait à terme sous peu, celles qui se qualifieront bientôt à la libération conditionnelle et celles qui ont été incarcérées pour des crimes non violents.

8 – Bonifier le financement à la mission des organismes communautaires

Les mesures d’austérité des dernières années les avaient déjà particulièrement fragilisés. Pourtant, on prend maintenant conscience plus que jamais de l’importance cruciale des services que ces organismes rendent à la population.

Il faut par ailleurs noter que la crise du sous-financement est encore plus aigüe au sein des organismes qui desservent les femmes racisées et les femmes autochtones, lesquelles sont particulièrement vulnérables en situation de crise pour les raisons déjà nommées.

Vraisemblablement, la pression sur ces organismes restera élevée bien après le déconfinement progressif de la société. Une solution durable passe par un retour à un niveau viable de financement à la mission de ces organismes

9 – Veiller sur la santé mentale et physique des femmes

La pression sur le système de santé, les limites imposées aux personnes accompagnatrices lors des examens de grossesse et les accouchements et la suspension des accouchements à domicile: tous ces facteurs peuvent augmenter les risques de violences obstétricales et gynécologiques (VOG) et compliquer la santé maternelle. Par ailleurs, la fermeture temporaire de certaines cliniques a compliqué l’accès à l’avortement dans plusieurs régions au Québec. Dans ces circonstances, il est important de travailler de concert avec les expertes et les organismes pertinents pour évaluer l’impact des mesures d’urgence sur la santé gynécologique et obstétricale.

Par ailleurs, dans une situation incertaine où le stress augmente, l’anxiété, la dépression et plusieurs autres enjeux de santé mentale peuvent aussi devenir un enjeu de santé publique encore plus critique. Les femmes qui doivent concilier le soin des enfants avec les exigences du travail, par exemple, sont à risque d’épuisement. Or, les services en santé mentale publics, gratuits et accessibles à toutes sont encore loin d’être une réalité. Le prix onéreux des psychothérapies aux privés est dénoncé depuis longtemps.

Il est important d’améliorer l’accessibilité de ces services, maintenant, et de manière pérenne.

10 – Offrir des services adéquats aux femmes en situation d’itinérance

Bien que la Ville de Montréal ait temporairement réquisitionné des espaces pour créer des centres d’hébergement pour les personnes itinérantes, il arrive souvent que ceux-ci soient pleins. Un très grand nombre d’organismes ont par ailleurs dû cesser de servir des repas aux personnes itinérantes. Les toilettes publiques des centres commerciaux et des restaurants ne sont plus accessibles. Les installations sanitaires manquent cruellement. La fermeture des banques complique l’accès à l’aide sociale. Et les rues étant désertes, les femmes ne peuvent plus compter sur les dons de la population.

Dans ces conditions, la situation des femmes en situation d’itinérance à Montréal s’est grandement précarisée dans les dernières semaines. Tout porte à croire que la réalité est aussi grave un peu partout au Québec.  Il est impératif d’améliorer le service à ces populations pour qu’elles passent à travers de la crise, au-delà des seules mesures de contrôle de la contagion. Ce n’est pas que le coronavirus, mais aussi les mesures de confinements elles-mêmes qui mettent grandement leurs vies en danger à l’heure actuelle.

Pour le bien des femmes, le retour à la « normale » n’est pas une option

Nous savons aussi que les problématiques susnommées touchent plus les femmes, certes, mais pas seulement les femmes. Nous savons aussi que les solutions mises de l’avant peuvent aussi améliorer les conditions de vie d’un grand nombre d’hommes. C’est normal: le combat féministe se fait toujours dans l’objectif de plus d’équité et de justice pour toutes les collectivités.

Pour bien des femmes au Québec, la crise a commencé bien avant l’arrivée de la pandémie de la COVID-19. Nous ne souhaitons donc pas de retour à la «normale», car cette norme laissait tellement d’entre nous derrière.

Nous souhaitons avancer. Et lorsque les femmes avancent, c’est toute la société qui s’en porte mieux. 

Pour visualiser le document remis vendredi le 24 avril à la Mme Isabelle Charest, ministre de la Condition féminine, c’est par ici !

Être féministes en temps de pandémie

Fédération des femmes du Québec - Égalité pour toutes, égalité entre toutes

Le Québec comme le monde qui nous entoure traverse à l’heure actuelle une période bien particulière. Et comme en toute période de crise, ce sont les personnes plus vulnérables qui sont les plus affectées. Plus particulièrement, cela veut dire les femmes.

D’une part, les femmes sont de loin les plus nombreuses dans les emplois de première ligne pour contrer la pandémie, où les conditions de travail imposées sont de plus en plus difficiles. D’autre part, les mesures de distanciation physique augmentent les risques de violence et d’iniquités envers les femmes et les enfants et exacerbent la précarité financière.

Devant la crise, l’importance des luttes féministes est particulièrement évidente. La Fédération des femmes du Québec est solidaire de toutes les femmes et nous tâcherons, dans les prochaines semaines, d’être particulièrement vigilantes face aux différents enjeux affectant les femmes en temps de pandémie.

Nous vous invitons à nous écrire pour nous faire part des situations sur lesquelles l’attention de notre mouvement féministe devrait se porter.

Nous partageons régulièrement les initiatives pertinentes sur nos réseaux sociaux. Lorsque cela concerne les femmes et la crise sanitaire, nous utilisons le mot-clic #FemmesCOVID19 :

  • Pour accéder aux publications publiques sur Facebook qui contiennent ce mot-clic, faites une recherche avec #FemmesCOVID19 ou consultez la page Facebook de la FFQ.

N’hésitez pas à nous suggérer des nouvelles féministes à partager, soit par Facebook, par Twitter ou par courriel!

Appel pour une surveillance des droits humains dans les réponses gouvernementales à la pandémie de COVID-19

De concert avec quelque 300 organismes et personnes, la Fédération des femmes du Québec a signé cet appel à l’action

Le respect des droits humains demeure primordial en temps de crise. Les principes qui les sous-tendent apportent un cadre précieux pour guider les actions des gouvernements et fournissent les balises nécessaires pour empêcher d’éventuels abus. En temps de crise, le respect des droits humains devient particulièrement fragile – pour le moins ténu. Il en est ainsi peu importe la nature de la crise, que celle-ci soit due à des enjeux de sécurité nationale, à des catastrophes naturelles ou à une urgence de santé publique telle que la pandémie de COVID-19. Il s’agit donc d’un moment critique demandant une surveillance rigoureuse du respect des droits humains : afin d’encourager les divers paliers de gouvernements à adopter des mesures fortes destinées à renforcer l’exercice des droits humains et à se prémunir contre de possibles violations intentionnelles ou involontaires de ceux-ci.

Le droit international indique clairement quelles mesures les gouvernements doivent prendre pour assurer la protection des droits humains – qu’il s’agisse du droit à la vie, du droit à la santé, du droit à un logement convenable ou à des moyens de subsistance menacés en raison de la crise due à la COVID-19. Ils établissent des exigences claires en matière d’égalité entre les genres, de non-discrimination et de droits linguistiques, mettant en évidence la nécessité d’une action délibérée des gouvernements afin de protéger pleinement les droits des individus et des communautés marginalisées. Il permet de fixer les limites que les États ne peuvent franchir lorsqu’ils estiment nécessaire de restreindre certains droits pour faire face à la crise.

Cependant, le fait que les obligations imposées aux États en matière de droits humains soient claires ne garantit pas pour autant qu’elles seront respectées. Le risque de voir les gouvernements outrepasser leurs obligations est particulièrement préoccupant en ce qui concerne bon nombre de droits directement touchés par la pandémie de COVID-19, notamment ceux relatifs à la santé, au logement, à la nourriture et à l’eau potable. Malgré la reconnaissance internationale du principe d’interdépendance et d’indissociabilité des droits humains, il arrive que les différents paliers de gouvernement du Canada affirment que ces droits, tout comme les autres droits économiques, sociaux et culturels, ne devraient pas être soumis aux mêmes normes de mise en oeuvre et de surveillance que les droits civils et politiques, laissant leur protection incertaine et entre les mains du politique.

Trop souvent, en temps de crise, les droits humains sont considérés par les gouvernements comme non pertinents voire inutiles, si ce n’est qu’ils soient carrément vus comme des obstacles à une réponse efficace. Et c’est ce qui se passe actuellement avec la crise sanitaire. Les gouvernements sont confrontés à d’énormes défis et doivent prendre des décisions rapidement. Les risques encourus pour la santé publique sont dramatiques et les retombées négatives sur l’économie se multiplient de façon exponentielle. Naturellement effrayés et confrontés à une surcharge d’information, la population est moins susceptible de questionner les gestes posés par les gouvernements et davantage encline à leur accorder une plus grande latitude, même lorsque les mesures mises de l’avant restreignent considérablement leurs droits.

Souvent sous-estimé est l’impact important et différent que ces mesures restrictives ont sur: les communautés des Premières Nations, des Métis et des Inuit, les personnes noires ou racisées (notamment dans ce cas-ci des personnes d’origine asiatique), les personnes âgées, les personnes handicapées, les femmes et les enfants vivant de la violence à la maison, les personnes réfugiées et migrantes, les personnes marginalisées en raison de leur sexe ou de leur identité ou orientation sexuelles, les minorités linguistiques officielles, les personnes incarcérées, les travailleuses et travailleurs du sexe, les personnes sans-abri ou vivant dans des logements inadéquats, les personnes dépendantes aux drogues, les personnes dont l’emploi est précaire et toute autre personne ou communauté marginalisée.

En même temps, les mécanismes et les institutions existants jouant traditionnellement un rôle central dans la protection des droits humains – y compris les cours, les commissions et les tribunaux des droits de la personne – sont confrontés à des contraintes et à des limites importantes. Bien que certaines causes urgentes soient toujours entendues par vidéoconférence ou conférence téléphonique, de nombreuses procédures ont été ajournées indéfiniment et la plupart des nouveaux cas ne sont pas inscrits au calendrier. En outre, en raison de la nature spécifique de la pandémie et de l’arrêt des processus démocratiques, les espaces publics de délibération, tels que les comités parlementaires et les consultations publiques, servant habituellement de mécanismes assurant la responsabilité et la transparence en matière de droits humains, sont actuellement non fonctionnels.

Nous appelons donc les paliers de gouvernement – fédéral, provincial, territorial et municipal – à prendre des mesures urgentes pour améliorer et renforcer la surveillance des droits humains dans leurs réponses à la pandémie de COVID-19, notamment :

  • En veillant à ce que les gardiens du savoir autochtones, les représentant.e.s des commissions fédérales, provinciales et territoriales des droits humains, les représentant.e.s des bureaux municipaux des droits humains concernés, et les commissaires aux langues officielles aient un rôle consultatif officiel, voire accru, auprès des comités spéciaux, des groupes de travail d’urgence, des groupes de travail d’intervention en cas de crise et d’autres instruments créés par les gouvernements afin de coordonner leur réponse à la pandémie de COVID-19.
  • Établir ou identifier immédiatement des comités indépendants de surveillance des droits humains composés de représentant.e.s des Premières Nations, des Métis et des Inuit, des collectivités touchées, des fournisseurs de services de première ligne, des défenseur.e.s des droits humains, des travailleuses et des travailleurs, ainsi que des universitaires, avec pour mandat de :
    • identifier les mesures nécessaires pour renforcer la protection des droits humains dans les stratégies de réponse à la pandémie;
    • surveiller les violations des droits humains associées aux mesures d’intervention prises pour contrer la COVID-19, y compris par le biais des forces de police;
    • rendre visible et disponible les informations et les statistiques, désagrégées par sexe et genre, selon l’identité autochtone, la race, le handicap s’il y a lieu ou toute autre caractéristique identitaire, nécessaires pour améliorer la protection des droits humains;
    • veiller à ce que les gouvernements appliquent une analyse comparative intersectionnelle entre les sexes à toutes les dimensions de leurs réponses à la crise de la COVID-19 intégrant, entre autres, des cadres antiracistes, anti-capacitisme et anti-oppression;
    • encourager et tirer parti d’une approche communautaire de veille des droits humains et du signalement des violations des droits associées à la COVID-19 ;
    • faire des recommandations régulières aux gouvernements; et
    • faire rapport publiquement, sur une base régulière et par le biais de mécanismes à être déterminés par les Comités, une fois ceux-ci mis sur pied.

Pour consulter la liste des 300 organismes et personnes ayant signé cet appel, consulter le fichier PDF joint.

Reporté : le Forum Transformer nos organismes

En raison des mesures d’urgence prévues pour limiter la propagation de la COVID-19, le conseil d’administration de la Fédération des femmes du Québec a décidé de reporter à une date ultérieure la tenue du forum Transformer nos organismes qui devait avoir lieu les 27 et 28 mars prochain à Sherbrooke.

Nous sommes profondément désolées de la situation, et nous vous enjoignons à prendre soin de vous et de vos proches dans les prochaines semaines. Celles qui avaient réservé une chambre d’hôtel au Delta dans le bloc réservé par la FFQ, les réservations ont déjà été automatiquement annulées. Si vous avez réservé en dehors du bloc, il faudra que vous appeliez le Delta au 819-822-9839 pour annuler vous-mêmes.

Pour toute information supplémentaire, contactez-nous par courriel à info@ffq.qc.ca.

En solidarité,

L’équipe de la Fédération des Femmes du Québec

Un 8 mars en action!

Visuel du 8 mars 2020

Communiqué de presse

UN 8 MARS EN ACTION !

Montréal, le 6 mars 2020 – C’est sur le thème Féministes de toutes nos forces que le Collectif 8 mars souligne la Journée internationale des droits des femmes. Depuis plusieurs semaines, le Collectif 8 mars a lancé un appel à la mobilisation en donnant la parole aux femmes. Parmi les divers moyens mis œuvre, il invite la communauté à s’engager par une campagne de partage de photos sur les réseaux sociaux et par l’envoi de cartes postales destinées à la ministre responsable de la Condition féminine, Isabelle Charest.

Le visuel de cette année représente des femmes, main dans la main, en geste de victoire symbolisant l’union des combats féministes. « Ce visuel se rapporte à la notion de partage, à une libération qui peut s’accomplir seulement de façon plurielle et collective. L’affiche célèbre, de manière festive et à travers une palette de couleurs vives, l’aspect international et intersectionnel des luttes en cette année de Marche mondiale des femmes », souligne la porte-parole du Collectif et vice-présidente de la Fédération des femmes du Québec (FFQ), Marlihan Lopez.

En appui à la Marche mondiale des femmes

Le Collectif 8 mars a choisi d’appuyer les féministes du monde entier au sein de la Marche mondiale des femmes dans leurs actions qui se dérouleront du 8 mars au 17 octobre 2020. Au Québec, le rassemblement de la Marche mondiale des femmes aura lieu le 17 octobre prochain dans la ville de Terrebonne. « Les Québécoises et les Québécois sont invités à marcher en appui aux revendications qui se déclinent sous cinq grands thèmes : pauvreté ; violence ; justice climatique ; femmes immigrantes, migrantes et racisées; et femmes autochtones. Ce sont des enjeux fondamentaux qui méritent une forte mobilisation! » ajoute Marlihan Lopez.

En marche avec Femmes de diverses origines (FDO)

Le Collectif 8 mars lance également une invitation à participer à la manifestation organisée par Femmes de diverses origines (FDO), qui se tiendra à 13 h au Square Cabot, à Montréal, station de métro Atwater.

À propos du Collectif 8 mars

Le Collectif 8 mars représente 700 000 femmes au Québec provenant de l’Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS), de la Centrale des syndicats démocratiques (CSD), de la Confédération des syndicats nationaux (CSN), de la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), de la Fédération autonome de l’enseignement (FAE), de Femmes de Diverses Origines (FDO), de la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ), de la Fédération des femmes du Québec (FFQ), de la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ), du Syndicat de la fonction publique et parapublique du Québec (SFPQ) et du Syndicat de professionnelles et professionnels du gouvernement du Québec (SPGQ).

Pour télécharger le visuel du 8 mars : www.facebook.com/Collectif8mars

Page Facebook de la Coordination du Québec de la Marche mondiale des femmes : www.facebook.com/CQMMF

SOURCE : COLLECTIF 8 MARS

Renseignements : Rima Chaaban, rchaaban@ftq.qc.ca, 514 806-9162

Télécharger ce communiqué : en format Word ou en format PDF

Visuel du 8 mars 2020
Visuel du 8 mars 2020. Le Collectif 8 mars, Molotov communications. Illustration : Guadalupe Pérez Pita.

Communiqué du Comité des 12 jours d’action – Nous avons rencontré la Ministre Hélène David

Un constat : il reste beaucoup de travail pour éliminer les violences envers les femmes !

 

Montréal, le 14 décembre 2017 – Le Comité des 12 jours d’action contre les violences envers les femmes a rencontré la Ministre responsable de la Condition féminine, Madame Hélène David, le lundi 11 décembre. Nous nous sommes entendues sur deux constats principaux. D’une part, il reste encore beaucoup de travail pour lutter contre les violences systémiques envers les femmes, et d’autre part, les organismes travaillant avec les femmes et en particulier avec les femmes à la croisée des oppressions manquent cruellement de ressources.

 

Les porte-paroles du Comité des 12 jours d’action ont remis à la Ministre une lettre collective signée par plus de 120 organismes, exigeant que le gouvernement reconnaisse nos expertises et nous dote des moyens nécessaires pour poursuivre notre mission. Florence Pardo a explicité : “Ces violences sont produites et reproduites dans toutes les sphères de la vie: dans les médias, dans la sphère sociale et économique, dans nos institutions et même dans nos lois. Les violences envers les femmes ne sont pas un phénomène extraordinaire, elles sont malheureusement trop courantes, et parfois même banalisées et invisibilisées. Elles touchent tous les aspects de la vie des femmes”. “Les organismes qui travaillent avec les femmes marginalisées sont affamés. Les besoins sont de plus en plus criants, et nous ne sommes plus en mesure d’y répondre” a ajouté Gabrielle Bouchard. Enfin, Marlihan Lopez a précisé que : “Les organismes qui travaillent avec les femmes à la croisées des oppressions ont trop peu de ressources et de temps pour participer aux consultations. Cela a des conséquences directes sur la formulation des stratégies et politiques gouvernementales qui marginalisent systématiquement les besoins de ces femmes”.

 

La Ministre Hélène David a reconnu qu’il y avait un problème de financement des organismes communautaires. Elle s’est engagée à poursuivre cette réflexion avec nous, afin d’améliorer substantiellement le financement des organismes et la manière dont il est alloué. En outre, elle a reconnu que les préoccupation des organismes féministes et communautaires doivent être transversales à tous les autres ministères et s’est engagée à porter ces dossiers auprès de ses homologues.

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Contact média : Amel Zaazaa amelia.zaazaa@gmail.com 514 261-5334

De gauche à droite : Adeline Jouve, Ève Torres, Gabrielle Bouchard, Amel Zaazaa, Marlihan Lopez, Hélène David, Natasha Harvey, Isabelle Gélinas, Hanane Khales, Michèle Spieler, Florence Pardo, Caroline Jacquet

Le Comité des 12 jours contre les violences envers les femmes est composé cette année de la Fédération des femmes du Québec, d’Action des femmes handicapées (Montréal), du Centre de documentation sur l’éducation des adultes et la condition féminine, du Conseil Québécois LGBT, de DAWN /Réseau d’action des femmes handicapées du Canada, de Femmes Autochtones du Québec, de la Fédération des maisons d’hébergement pour femmes, de la Fondation Filles d’action, de la  Fondation Paroles de femmes, de La Voix des femmes, de la Maison d’Haïti, du Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale, du RQCALACS et du Y des femmes de Montréal. La Campagne du Comité des 12 jours d’action contre les violences envers les femmes est réalisée grâce au soutien du Secrétariat à la Condition féminine .