Nos espérances pour 2020 !

Pour la rentrée de notre chronique « Réveil Féministe » sur CKIAFM dans l’émission Québec Réveille ! de Marjorie Champagne, nous avons choisi de parler de nos espérances pour 2020. Parmi elles, plus d’écoute et…plus d’écoute.

Chronique « Réveil Féministe ! » avec Gabrielle Bouchard et Marjorie Champagne

Notre liste (non exhaustive)

  1. Plus d’écoute…et plus d’écoute : la base de notre mouvement féministe est d’être à l’écoute des femmes sans les juger. Ce sont ces principes que nous mettons de l’avant à la Fédération des femmes du Québec. Au vu de l’actualité de l’année 2019, c’est un point que nous gagnerions à collectivement cultiver.
  2. Plus d’interventions type Patrick Lagacé/moins de Christian Rioux : l’année 2020 a commencé avec une chronique banalisant la pédophilie d’un auteur français (Gabriel Matneff) de la part de Christian Rioux. En réponse, Patrick Lagacé a très bien répondu au travers d’un article pointant aussi la responsabilité de Le Devoir. Il est très intéressant d’avoir vu Patrick Lagacé faire un « rappel à l’ordre » dans son propre milieu. Alors pour 2020, nous souhaitons plus d’initiatives du même ordre : cultiver notre capacité collective à rappeler à l’ordre « nos » propres milieux.
  3. Plus de Martine Delvaux, Manal Drissi, Judith Lussier, d’Émilie Nicolas, plus de Réveilles Québec [liste non exhaustive]/moins de Matthieu Bock-Côté, Denise Bombardier, Éric Duhaime : en 2019, nous nous rappelons du média Urbania qui décidait de confier une chronique régulière à Éric Duhaime…pour 2020, donner la voix à celles dont la parole est systématiquement confisquée serait définitivement une priorité.
  4. Moins de “frappes vers le bas”/plus de critiques du pouvoir
  5. Plus de taxe sur la richesse investie dans les services publiques

Non, les femmes ne gagnent pas 85% du salaire des hommes

Lors des 12 jours d’actions contre les violences envers les femmes et lors de nos prises de position au quotidien, la FFQ n’a pas cessé de souligner qu’il était faux de mettre de l’avant que l’inégalité hommes-femmes sur le marché du travail se résumait à la statistique “les femmes gagnent 85% du salaire des hommes”. Nous n’avons cessé d’expliquer que cette statistique invisibilisait les femmes racisées et immigrantes et les mécanismes de discrimination genrés et racistes. 

Le rapport “Écarts de revenus au Canada : une inégalité économique racialisée ” du Centre Canadien de politiques alternatives publié ce lundi 9 décembre vient confirmer notre analyse : Au Canada, les femmes racisées gagnent 59% du salaire d’un homme blanc quand une femme blanche gagne 67% des salaires d’un homme blanc.

Aussi, dans la majorité des statistiques et rapports, il est mis de l’avant que les femmes non-racisées gagnent 85% du salaire des hommes. Nous apprenons ici qu’elles ne gagnent en réalité que 67% du salaire des hommes blancs. Nous apprenons aussi que les femmes arabes sont les plus touchées par les discriminations structurelles dans l’emploi: elles ne gagnent que 50% du salaire des hommes blancs. 

C’est parce que l’étude ne se base pas sur la seule différence entre le taux horaire mais aussi sur toutes les autres contraintes que subissent les femmes (temps partiel, temps de chômage plus long), et encore plus les femmes racisées, que les chiffres diffèrent. 

C’est aussi parce qu’elle prend en compte que le marché du travail n’est pas seulement genré, mais aussi racisé. Ainsi, le rapport met de l’avant la nécessité d’une approche intersectionnelle pour comprendre les discriminations, comme ne le cesse de répéter la FFQ : 

Les recherches en politique publique adoptent de plus en plus une approche intersectionnelle pour comprendre les discriminations. Cette approche considère l’impact cumulatif et cumulé des différentes formes que prend la discrimination. Par exemple, la discrimination peut-être basé sur des combinaisons de genre, race, classe, sexualité, statut d’immigration, situation de handicap ou autre identités politiques et sociales

p7 du rapport Canada’s Colour Coded Income Inequality – traduction libre

Enfin, l’étude ne s’arrête pas à l’analyse des inégalités dans le marché du travail, elle explore aussi les inégalités des revenus sur le capital. Sans surprise, les femmes racisées sont au bas de l’échelle. 

La FFQ est régulièrement accusé de “diviser le mouvement féministe”.

Or, ici, chiffres à l’appui, nous avons l’opportunité de comprendre que lorsque nous analysons ce qui arrivent aux populations situées aux marges, nous pouvons comprendre les mécanismes de discriminations systémiques. 

Ici, chiffres à l’appui, nous avons l’opportunité de comprendre que nous faisons du tort dans l’avancement des droits de toutes les femmes lorsque nous prétendons que l’inégalité des salaires hommes-femmes s’arrête à la seule statistique que “les femmes gagnent 85% du salaire des hommes”.

Ici, nous nous rendons compte qu’en ne comparant la situation qu’entre plus prévilégié.e.s (hommes non-racisées travaillant à temps plein contre femmes non-racisées travaillant à temps plein), nous avons invisibilisé les mécanismes de discrimination qui nous permettaient de comprendre et donc d’agir. 

Cachez cette violence qu’on ne saurait voir !

Texte d’opinion rédigé par Stéphanie Germain pour le site de la FFQ :

Il y a quelques semaines, l’émission Dans les médias, diffusée sur les ondes de Télé-Québec, recevait l’écrivaine Kim Thùy pour parler de ses livres mais surtout de la  vision de son immigration au Québec. L’entrevue m’a laissé perplexe et avec un goût un peu amer. Qu’on se le dise tout de suite, Thùy est une écrivaine dont la réputation n’est plus à faire et elle est une femme inspirante à bien des égards.

Cependant, je ne vous cache pas le malaise que j’ai éprouvé en l’écoutant  louanger le Québec ainsi que son accueil qui, pour elle fût parfait. Elle a été très bien accueillie et elle s’estime heureuse d’avoir immigrée au Québec. Tant mieux pour elle.

Son discours flatte le Québec  dans le sens du poil.

Elle a même parler du fait qu’on n’évoque pas  assez souvent les bons gestes du quotidien, en prenant en exemple la madame qui concocte une tarte pour son voisin immigrant. Offrir une tarte j’en conviens, est un geste de partage et de bienveillance. Encore une fois, tant mieux.

Là où le bât blesse, c’est cette absence de critique de la société qui l’a accueillie et dont elle semble y être, pour toujours, redevable.

Ok. Maintenant, selon moi, ce genre de discours qui flatte une société dans le sens du poil est à double tranchant.

D’une part, ce type de discours contribue à décrédibiliser  et invalider le vécu de personnes immigrantes qui vivent de grandes difficultés d’intégration, et ce, pour plusieurs raisons. Notons par exemple, la couleur de la peau, l’orientation sexuelle ou la confession religieuse,  pour ne nommer que ceux ci.

D’autre part, cela donne des arguments aux individus qui justement ne sont pas portés à croire que les personnes immigrantes peuvent vivre des défis qui sont hors de leur contrôle. Certains seraient tentés de dire «bien voilà, elle est s’est bien intégrée et elle a réussi, les autres ont juste à faire pareil».

Je le sais parce que je suis moi même immigrante de deuxième génération. Et ce  genre de propos je l’ai entendu et je l’entends encore aujourd’hui. Penser que le  fardeau de la réussite repose principalement sur le dos de la personne immigrante est un classique trop récurrent.

Cela m’amène à vous partager deux autres réflexions :

1. la loi 21, qui  aura et a déjà un impact négatif directement sur l’intégration de personnes issues de minorités culturelles et plus précisément sur les femmes de confession musulmanes. Sur le terrain, j’entends les femmes parler de leur souffrance. Elles dénoncent également les violences qu’elles subissent dans les rues, les regards hostiles, qui s’empirent avec  l’adoption de ces lois discriminatoires.

2. Le lundi 25 novembre marquait  le début officiel des 12 journées internationales contre toutes les violences faites aux femmes. Vous vous demandez où je veux en venir. Attendez, j’arrive.

Des violences faites aux femmes, se déroulent aujourd’hui, ici, au Québec.

Ce même Québec qu’on aime louanger  à la télévision sans nuances.

Les femmes racisées sont-elles  aussi victimes de violences. Des formes de  violence qui attaquent leur intégrité, leur humanité et leur existence. Encore en plein début des 12  jours d’action contre les violences envers les femmes, une jeune femme musulmane dénonçait une situation de violence raciste vécue alors qu’elle travaillait. Elle s’est fait traiter  de sale arabe par une cliente.

Comment pensez-vous qu’elle décrirait son intégration ?

Elle qui doit sans doute avoir vu le jour au Québec. Même si  cela est sans importance.

Plusieurs cas démontrent que certains groupes vivent davantage d’exclusion et de haine que d’autres.

Je tenais à partager cette réflexion au sujet du mythe de l’immigrante modèle afin qu’on ne perdre pas de vue d’essentiels nuances.

Ainsi, en cette période  de soutien aux femmes victimes de violences, je vous dis bon courage chère consœurs autochtones, rasicées, vivant plusieurs couches de discriminations et subissant de multiples violences dont celles institutionnelles et systémique. Je suis avec vous. Je suis parmi vous. Je suis l’une t’entre vous. Je sais qu’on peut faire mieux en tant que société.

Une tarte c’est ben  bon, mais une société inclusive c’est encore mieux !

Stéphanie Germain, immigrante de deuxième génération

3 réponses aux commentaires islamophobes les plus fréquents

À l’ère des chroniqueurs auto-patenté.e.s en experte “laïcité” et “féminisme”, la toute récente saga du mouvement #monvoilemonchoix pourrait se découper en série de feuilletons illustrant la désertion de l’esprit critique et du savoir factuel.

Qu’à cela ne tienne, la bassesse des commentaires haineux sur la loi 21 et le foulard sont à l’image d’un processus législatif bâclé et expéditif. En l’espace de quelques mois, et ce de façon arbitraire avec l’utilisation à la fois du baillon et de la clause nonobstant, un gouvernement a choisi de figer dans le marbre une vision exclusive de la laïcité au Québec avec des conséquences désastreuses pour les populations visées et le climat social au Québec. 

Nous le voyons dans les commentaires que nous recevons. La parole de haine s’est libérée au Québec. Nous avons décidé de faire oeuvre utile en démontant en trois points les 3 commentaires islamophobes qui reviennent les plus régulièrement dans le débat public.

1) “Nos grand-mères se sont battues pour nos droits” 

De nombreuses féministes se sont effectivement battues contre le pouvoir politique et institutionnel de l’Église catholique, parmi elles de nombreuses chrétiennes. Rappelons que lorsque Claire Kirkland-Casgrain fit adopter en 1964 la Loi sur la capacité juridique de la femme mariée, elle la présenta en Chambre comme s’inspirant de la philosophie du mariage du pape Jean XXIII et comme un retour au principe chrétien de l’égalité dans le mariage. 

Les religions ne sont en elles-mêmes ni oppressives, ni émancipatrices. 

Par ailleurs, si la religion catholique a pu à un moment avoir un certain poids institutionnel au Québec, la religion musulmane n’a strictement aucun pouvoir institutionnel au Québec. Au contraire les femmes musulmanes sont discriminées par la Loi et sont justement exclues des postes d’autorité. Ne nous laissons pas prendre par les amalgames et confusion de mouvements conservateurs et racistes.

2) “Il y a des femmes à qui on force de porter le foulard alors il faut interdire le foulard”

À ce type de rhétorique, nous répondons une seule chose en écho à ce qu’avait déclaré une militante française antiraciste, Sonia Guedgued: pourquoi, alors que des femmes ont déjà été forcées de se marier (plus de 200 000 mineurs ont été mariés sur le sol américain entre 2000 et 2015), les femmes qui se disent “contre” le voile parce que certaines femmes sont forcées de le porter ne sont-elles pas non plus contre le mariage ? Par ailleurs, cet argument occulte complètement les réalités politiques dans lesquelles s’insèrent les violences faites aux femmes. Au Québec, en 2019, ce sont bien les femmes musulmanes qui ont été visées par une loi institutionnelle leur interdisant l’accès à des postes de pouvoir. Les féministes soutiennent l’auto-détermination des femmes partout et tout le temps. 

3) Le voile est un symbole de soumission

Cet argument est habituellement suivie d’exemples de luttes de militantes en Iran qui lutte contre l’imposition du voile. L’argument consisterait à penser que parce qu’à un endroit, des femmes sont forcées de le porter, alors le voile serait en lui-même un symbole de soumission qu’il conviendrait d’interdire partout. 

À cet argument, nous répondrons que la leader dans le mouvement contre l’imposition du voile en Iran a aussi…manifesté son soutien pour les femmes visées parce qu’elles portent le foulard en Occident. 

C’est ainsi que Masih Alinejad (une des fondatrices du mouvement contre l’obligation) a déclaré dans une entrevue avec le réseau CBCNews que “je suis pour la liberté de choix, et mon rêve est de pouvoir marcher avec ma mère qui porte le voile en France sans avoir de jugements ou de quelquonques attaques” 

Parce que ces femmes n’imposent pas leur vision, elles luttent contre l’imposition. C’est la même au Québec. Nous n’imposons pas notre vision mais nous luttons résolument contre l’imposition dans la lignée de l’héritage des mouvements féministes au Québec “Mon corps, mon choix”. Enfin, alors que tantôt le voile est décrié comme un symbole de “soumission”, il est aussi, selon les humeurs, décrié comme un “symbole politique”. Il est intéressant à cet effet de constater que ce vocable apparaît dès lors que les femmes musulmanes affirment publiquement leur libre-choix de porter le foulard. 

Ce n’est pas la première fois qu’une loi raciste est passée au nom de la laïcité au Canada. En 1930, la loi scolaire de la Saskatchewan était amendée  par le nouveau premier ministre, James Anderson, un proche du Ku Klux Klan alors à son apogée. Les signes et habits religieux étaient à ce temps-ci interdits dans l’école publique. 

Si officiellement c’est dans le but de séculariser l’école, personne n’est dupe: ces amendements visaient directement l’assimilation des Canadiens français catholiques qui se mobilisèrent massivement contre ce racisme évident avec le soutien du Québec. 

Quelle ironie n’est-ce pas ? 89 ans plus tard, dans un autre contexte politique, il s’agit maintenant de viser une autre minorité au sein d’une majorité. 



Élections fédérales: invisibilisation des enjeux des femmes marginalisées

Gabrielle Bouchard était hier sur CKIA dans l’émission #QuébecRéveil animée Par Marjorie Champagne.

Face aux candidats politiques locaux, nous avons brassé la cage et parlé de l’invisibilisation des femmes aux marges pendant que certains ont l’indécence de parler de discrimination envers « les hommes blancs ».

Commission Viens: après les paroles, place à l’action !

Ce lundi 30 septembre, la Commission Viens organisait une conférence de presse pour présenter son rapport sur les violences systémiques touchant les personnes autochtones dans les services publics. Que ce soit pour la commission de vérité et conciliation du Canada ou la commission viens, il est temps d’agir.

C’est le sujet de notre seconde chronique à l’émission de radio « Québec Réveil ! » animée par Marjorie Champagne sur les ondes 88.3 FM. Écoutez nos chroniques tous les lundis aux deux semaines à 8h10 !

Notre deuxième chronique « Réveil Féministe ! » – nous parlons du rapport de la commission viens.

Lancement de la boîte à outils collective

Politiques de langage inclusif, guides d’embauche anti-oppressif, stratégies d’accessibilité, codes de vie, programmes d’équité, guides de pratiques anti-oppressives, pratiques intersectionnelles. Nos organismes sont plein de ressources. La FFQ lance une vaste boîte à outils collective en ligne : on a besoin de vous pour contribuer et diffuser !

La #mexplication appliquée aux féministes réactionnaires

Nous en avions déjà un peu parlé !

Cette année, la FFQ va animer à toutes les deux semaines les lundis matins à 8h10 une chronique « Réveil Féministe! » dans l’émission « Québec réveille » animée par Marjorie Champagne sur les ondes 88.3FM.

Pour le sujet de notre première chronique ce matin, on parle de la mexplication appliquée aux féministes réactionnaires :

Cliquer sur l’image pour accéder à la vidéo de notre chronique ! https://www.youtube.com/watch?v=3znIhKAbpxk&feature=youtu.be

Retour sur l’atelier collectif de mai 2019

Merci à toutes les participantes pour vos idées et suggestions pendant l’atelier sur le Forum et la Boîte à outils collective ! Le 25 mai 2018, nous avons pu présenter le projet aux membres de la FFQ. Militantes en milieu syndical et commentaires ont échangé sur les formations et outils dont elles ont besoin pour transformer leurs organismes en véritables milieux féministes et intersectionnels. Les notes de l’atelier sont téléchargeables ici.

Adoption des propositions de l’AGA 2019 de la FFQ

Ce samedi 25 mai et dimanche 26 mai s’est tenue l’assemblée générale annuelle de la Fédération des Femmes du Québec à Montréal. Pendant ce moment important de concertation entre les membres de la Fédération, les débats ont abouti à l’adoption de 10 propositions au sujet de :

  • Modification aux statuts et règlement (renouvellement de la cotisation – art 2.5.2)
  • Des priorités annuelles
  • La réforme du mode de scrutin
  • Sécurité et autonomie économique
  • Luttes des femmes pour la terre et pour la défense des territoires
  • Le port du voile
  • La Laïcité
  • Les actions intersectionnelles
  • La participation des régions
  • Solidarité internationale

Nous tenons à remercier l’ensemble des membres pour avoir fait de ce moment un temps rassembleur, dynamique, de solidarité féministe et d’écoute.

Voici le texte des propositions adoptées hier lors de l’Assemblée Générale Annuelle.

Proposition A : Renouvellement de la cotisation

ATTENDU QUE la cotisation à la FFQ couvre une période de 1 an;

ATTENDU QU’IL est possible de joindre la FFQ en tout temps durant l’année;

ATTENDU QUE les membres joignant la FFQ devraient avoir droit à une année d’adhésion complète, sans avoir à renouveler avant la fin de leur 12 mois ;

ATTENDU QUE la procédure de renouvellement actuelle prévoit que toutes les adhésions sont renouvelables au 1er janvier (peu importe la date d’adhésion) et qu’elle a été adoptée pour des raisons de charge de travail et de gestion des adhésions ;

ATTENDU QUE nos outils de gestion des adhésions et d’organisation du travail nous permettent de palier aux problèmes vécus dans le passé ;

IL EST PROPOSÉ de changer l’article 2.5.2 pour le suivant :

2.5.2.1 La cotisation annuelle de toutes les membres est renouvelable annuellement à la date d’anniversaire de l’adhésion.

2.5.2.2 La cotisation doit être acquittée au plus tard deux mois après la date anniversaire de l’adhésion ou avant l’ouverture d’une assemblée générale (ce dernier ayant préséance sur le délai de grâce de deux mois).

Proposition B : priorités d’action

ATTENDU QUE la FFQ poursuit le projet sur la participation des femmes dans les milieux mixtes (syndicats et organismes communautaires), dans une perspective intersectionnelle, financé par le Ministère des Femmes et de l’Égalité des genres ;

ATTENDU QUE la FFQ coordonne depuis des années l’importante campagne des 12 jours d’actions pour l’élimination des violences envers les femmes, dans une perspective intersectionnelle et à travers tout le Québec, grâce au soutien financier du Secrétariat à la condition féminine ;

ATTENDU QUE la FFQ participe activement au Collectif 8 mars avec ses partenaires syndicales, en produisant du matériel pour l’ensemble du Québec et en agissant comme porte-parole auprès des médias et du gouvernement ;

ATTENDU QUE des élections fédérales auront lieu en octobre 2019 ;

ATTENDU QUE la FFQ a obtenu un financement de quatre ans du Ministère des Femmes et de l’Égalité des genres (MFEG) pour travailler aux renforcements de ces capacités ;

ATTENDU QUE de tenir régulièrement des consultations en ligne des membres de la FFQ permet d’inclure les membres des régions et est plus accessible pour de nombreuses membres et que cela favorise la vie démocratique interne de la FFQ ;

IL EST PROPOSÉ QUE la FFQ se concentre cette année sur les priorités suivantes :

  1. Poursuivre le projet sur la participation des femmes dans les milieux mixtes dans une perspective intersectionnelle, en finalisant les projets pilotes en cours, en compilant une boîte à outils en ligne et en organisant un vaste Forum pour soutenir les femmes en mars 2020 à Sherbrooke ;
  2. Coordonner le Comité des 12 jours d’action pour l’élimination des violences envers les femmes ;
  3. Participer activement au Collectif 8 mars ;
  4. Travailler à faire entendre une voix féministe intersectionnelle forte pendant les élections fédérales ;
  5. Renforcer ses capacités via le projet financé par le MFEG;
  6. Tenir régulièrement des consultations en ligne de ses membres pour favoriser la vie démocratique de la FFQ.
  7. Que la FFQ se joigne à la préparation de la Marche mondiale des femmes en 2020

 Proposition C : Réforme du mode de scrutin

Considérant que la citoyenneté ne peut s’exercer si les droits ne sont pas respectés et si des inégalités subsistent, globalement nous visons à contrer les systèmes de domination et à lutter contre les obstacles structurels, afin que les droits des femmes soient respectés, qu’elles exercent pleinement leur citoyenneté et qu’elles participent pleinement à la vie démocratique.

Considérant que le gouvernement de la CAQ à l’intention de s’opposer fermement a intégré la parité dans la nouvelle réforme électorale

Considérant que plusieurs organisations s’entendent que le projet de loi doit inclure des mesures concrètes et vérifiables quant à l’atteinte de la parité et de la diversité

Considérant que le projet de loi sera déposé bientôt (d’ici octobre ?)

Attendu que la FFQ s’est donné l’orientation de « Repenser et transformer les institutions démocratiques, notamment la démocratie représentative, contribuer à l’émergence de formes de démocratie participative, directe et délibérative ; rendre justes et égalitaires les lieux de pouvoir »,

Attendu que la FFQ vise la justice et l’égalité entre les femmes et les hommes, entre les femmes elles-mêmes et entre les peuples.

Attendu que la FFQ travaille à favoriser le développement de la pleine autonomie de toutes les femmes et la reconnaissance véritable de l’ensemble de leur contribution à la société,

Attendu que la FFQ lutte pour l’émancipation des femmes et l’affirmation de leur droit à une participation intégrale et libre à la vie sociale, culturelle, politique et économique,

Attendu que la FFQ se veut représentative du pluralisme de la société québécoise et de la diversité du mouvement des femmes, particulièrement des femmes marginalisées ou vivant des oppressions multiples,

Attendu que la FFQ milite, pratiquement depuis sa fondation, pour la parité et le changement du mode de scrutin et qu’il importe de garder ces enjeux dans l’actualité,

Attendu que ses positions récentes sont le fruit de la concertation avec des organisations alliées et qu’elles doivent être actualisées selon l’approche intersectionnelle dans ce même esprit de concertation,

Attendu que la FFQ s’est donnée comme orientation de « contribuer à la démocratisation de l’information, de l’éducation et des médias, notamment en favorisant l’expression, la diffusion et la prise en compte de la parole des femmes et des analyses féministes » et de « revendiquer de l’État qu’il agisse comme gardien des communs et du respect des droits »,

Attendu que la FFQ intervienne dans l’espace public pour défendre les droits des femmes et dénoncer les mesures qui peuvent nuire à l’atteinte de l’égalité pour toutes les femmes.

Attendu que la FFQ a signé une entente solennelle de solidarité avec Femmes autochtones du Québec en 2004,

Attendu que les expériences des femmes autochtones au Québec et partout ailleurs au Canada sont ancrées dans la marginalisation et la discrimination sociale et systémique,

Attendu que la volonté de la FFQ de « respecter le droit à l’autodétermination des peuples autochtones »

IL EST PROPOSÉ QUE:

  1. la FFQ poursuive son travail d’analyse féministe sur les interactions entre la réforme du mode de scrutin et l’obtention d’une représentation politique paritaire et qu’elle mette à jour ses positions en y intégrant l’approche intersectionnelle, en collaboration avec les organisations intéressées par ces enjeux, pour que la réforme du mode de scrutin représente un gain féministe.
  2. la FFQ suive l’évolution de la stratégie gouvernementale en matière d’égalité entre les femmes et les hommes et d’égalité entre les femmes.
  3. la FFQ réalise du matériel d’éducation populaire sur le mode de scrutin, permettant aux personnes et organisations alliées de s’approprier cette analyse et de l’intégrer dans leurs interventions publiques.
  4. la FFQ se prépare à prendre publiquement la parole pour intervenir sur le mode de scrutin, la parité et la diversification de la classe politique
  5. la FFQ, dans la lignée de son alliance avec FAQ, travaille avec FAQ sur ce dossier, dans la mesure du possible (c’est à dire en respectant les choix d’allocation de ressources de FAQ).

Proposition D : Sécurité et autonomie économique

CONSIDÉRANT que la FFQ s’est donné comme orientation « d’agir afin de protéger les communs, en développant une gestion par et pour les communautés ainsi qu’une responsabilité collective des ressources naturelles et sociales, basées sur l’égalité, la justice sociale et la solidarité »;

CONSIDÉRANT que les choix gouvernementaux récents en matière de lutte à la pauvreté et de revenu minimum garanti risquent de creuser les injustices et les inégalités;

CONSIDÉRANT que la lutte à la pauvreté et la réduction des inégalités sont essentielles pour assurer l’égalité entre les humain.es, entre les femmes elles-mêmes et entre les peuples;

CONSIDÉRANT de plus que le gouvernement de la Coalition Avenir Québec envisage de déposer un projet de loi sur la proche aidance à l’automne 2019;

IL EST PROPOSÉ QUE:

  1. la FFQ assure une représentation active au sein de la Coalition pour la conciliation famille-travail-études (CFTÉ);

PROPOSITION E : Luttes des femmes pour la terre et pour la défense des territoires

CONSIDÉRANT l’orientation de la FFQ « d’articuler une vision féministe, anticapitaliste et anticolonialiste de la relation des humain.es avec la Terre, en l’ancrant dans des actions concrètes et en développant des alliances avec d’autres mouvements engagés dans les luttes écologistes au Québec »;

CONSIDÉRANT l’importance d’appuyer les luttes menées actuellement par des femmes contre les projets dévastateurs des multinationales dans le domaine de l’extraction des ressources sous-terraines, notamment dans les pays du Sud;

IL EST PROPOSÉ QUE:

  1. la FFQ développe, en collaboration avec les organisations alliées ayant pris part à la rencontre internationale Femmes en résistance contre l’extractivisme en avril 2018, une prise de position sur l’extractivisme et qu’elle la soumette à ses membres;
  2. la FFQ produise, dans la mesure du possible, un outil accessible sur l’écoféminisme afin d’en faciliter l’appropriation par ses membres, en mettant en évidence l’épuisement de la Terre causé, entre autres, par le paradigme de la croissance plutôt que celui du bien vivre;
  3. la production de cet outil soit l’occasion, dans la mesure du possible, d’une réflexion politique avec les membres de la FFQ sur la division sexuelle des tâches, en ce qui a trait aux gestes citoyens éco-responsables effectués dans la sphère domestique, et aux inégalités qui subsistent entre les genres;
  4. la FFQ participe à des actions autour de la journée de grève pour le climat du 27 septembre 2019, la Journée de la terre en avril 2020 et se joigne à la préparation de la Marche mondiale des femmes 2020.

Proposition F : Voile

ATTENDU QUE la position de la FFQ sur le port du voile a été adoptée il y a déjà 10 ans, soit en 2009 ;

ATTENDU QUE cette position est antérieure aux États généraux du féminisme (2011-2013), au débat sur le projet de loi 60 ou Charte affirmant les valeurs de laïcité et de neutralité religieuse de l’État ainsi que d’égalité entre les femmes et les hommes et encadrant les demandes d’accommodement (2013) ;

ATTENDU QUE  la mise en pratique de l’intersectionnalité exige de soutenir l’agentivité de toutes les femmes et que les premières concernées demandent le droit à l’autonomie et au respect de leurs décisions;

ATTENDU QUE les partis politiques québécois utilisent la question du port du voile à des fins populistes ;

ATTENDU QU’en 2019,  le gouvernement a déposé un nouveau projet de Loi sur la laïcité de l’État (projet de loi 21) qui interdit notamment le port de signes religieux pour le nombreuses professions ;

ATTENDU QUE les membres de la FFQ se sont prononcées en large majorité en faveur de l’esprit de la proposition suivante lors d’une consultation informelle le 24 février 2019 ;

IL EST PROPOSÉ QUE :

La FFQ reconnaisse que les femmes musulmanes décident de porter un voile pour de multiples raisons ;

La FFQ soutienne l’autonomie des femmes dans leurs décisions de porter ou non un voile, quel qu’en soit la forme;

La FFQ soutienne les femmes musulmanes portant ou non un voile dans leur choix de carrière quelle que soit la sphère d’activités

La FFQ continue à rejeter l’imposition du port du voile

Proposition G : Laïcité

ATTENDU QUE le principe de laïcité de l’État est censé assurer que les décisions prises par l’État et ses représentant.e.s soient prises sur la base de la Constitution, des Chartes de droits humains et les autres principes de droits et non sur des croyances personnelles, qu’elles soient religieuses ou idéologiques;

ATTENDU QUE le gouvernement québécois instrumentalise le concept de laïcité pour exacerber le racisme systémique en le définissant comme une question de port de signes religieux apparents;

ATTENDU QUE ce principe cible les femmes musulmanes tout en discriminant également des femmes d’autres religions, notamment non judéo-chrétiennes ;

ATTENDU QUE le projet de loi 21 ne répond pas à un problème sérieux et immédiat ;

ATTENDU QUE le principe de laïcité de l’État fait l’objet de désinformation dans l’espace public et qu’il est nécessaire de faire de l éducation populaire à ce sujet ;

IL EST PROPOSÉ QUE :
La FFQ participe aux efforts des groupes de défense des droits collectifs et des droits de la personne pour amener le gouvernement à retirer le discriminatoire projet de loi 21 ;

La FFQ participe aux efforts d’éducation populaire sur le principe de laïcité de l’État ;

La FFQ continue de défendre les droits des femmes dans les débats sur la laïcité, dans une approche intersectionnelle.

Proposition H : Actions intersectionnelles

ATTENDU QU’un rapport fait par la FFQ en collaboration avec le service aux collectivités de l’UQAM datant de 2015, révèle une attitude très positive face à l’intersectionnalité chez les membres de la FFQ ;

ATTENDU QUE selon ce rapport, le tiers (33 %) des membres ont mentionné que la mise en pratique de cette approche restait ambiguë ;

ATTENDU QUE lorsque l’on a demandé aux membres associatives de qualifier leurs difficultés avec l’approche de l’intersection des oppressions, plus des trois quarts (85 %) de ces dernières ont nommé la difficulté à traduire leurs savoirs théoriques dans la praxis quotidienne comme étant source de problème ;

ATTENDU QUE l’intersectionnalité est aussi une pratique et qu’elle doit se concrétiser par nos actions et nos prises de positions ;

ATTENDU QUE la FFQ a commencé à utiliser l’intersectionnalité dans ses prises de positions et ses actions ;

ATTENDU QU’UNE approche intersectionnelle ne permet pas de faire des compromis ni de négocier au rabais les droits des femmes ;

IL EST PROPOSÉ QUE :
LA FFQ continue à utiliser un cadre intersectionnel dans ses prises de positions publiques ;

la FFQ continue à agir au quotidien de façon intersectionnelle ;

la FFQ poursuive son travail d’intégration des pratiques intersectionnelles basées sur les expériences des femmes vivant de multiples oppressions pour faire avancer les droits des femmes au Québec.

la FFQ continue de former ses membres sur les pratiques intersectionnelles

Proposition I: participation des régions

Considérant les discussions tenues lors de la discussion en ligne le 13 avril 2019 avec les membres de la FFQ;

Considérant le besoin exprimé par les membres de mieux connaître les enjeux des femmes dans les régions du Québec;

Considérant l’importance d’une vie associative et dynamique;

IL EST PROPOSÉ QUE :

LA FFQ tienne une rencontre élargie par Comité de travail des champs d’action, en ligne, et que toutes les membres de la FFQ y soient invitées pour partager leurs enjeux afin de nourrir les Comités et de les inviter à participer à ces comités ;

la FFQ consulte ses membres pour connaître les enjeux sur lesquelles elles souhaiteraient échanger et qu’elle tienne des consultations en ligne au besoin sur les enjeux priorisés par ses membres

Proposition J : Solidarité internationale

Considérant que l’Association des femmes iraniennes de Montréal est membre de la FFQ depuis 1994;

Considérant le caractère transnational des luttes féministes ;

Considérant que la sororité est une des grandes valeurs de la FFQ;

IL EST PROPOSÉ QUE: 

la FFQ soutienne la lutte des femmes iraniennes, saoudiennes et toutes femmes qui subissent les fondamentalismes religieux.