Marlihan Lopez nommée une des 100 personnes d’ascendance africaine les plus influentes

Affiche de la Mipad

Le 27 septembre 2019, Mme Lopez se rendra à New York pour assister à une cérémonie de reconnaissance annuelle qui se déroulera en marge de l’Assemblée générale des Nations Unies de 2019.

Elle y rencontrera les autres lauréats pour célébrer l’excellence des Noirs dans le monde et la Décennie internationale pour les personnes d’ascendance africaine (DIPA) au cours d’une série d’activités d’une semaine, comprenant un atelier de formation au leadership de trois jours conçu exclusivement pour la classe de 2019 de MIPAD.

Le 27 septembre 2019 lors de la cérémonie d’ouverture de la Semaine de la reconnaissance des 100 personnalités les plus influents, le MIPAD, en collaboration avec la Fédération des Canadiens noirs, organiserons une table ronde pour offrir une reconnaissance au Canada en tant que norme d’excellence pour son travail autour de la mise en œuvre des objectifs de la décennie internationale.

La session mettra en vedette des représentants de la société civile canadienne qui discuteront de la manière dont ils se sont mobilisés avec succès pour convaincre le Canada à devenir le seul État membre des Nations Unies à reconnaître officiellement la Décennie internationale et à affecter des fonds du budget fédéral à DIPA.

Le plan RADAR porte atteinte dangereusement à la sécurité des femmes dans l’industrie du sexe

Le mardi 28 mai, à quelques jours du Grand Prix de Montréal,  le SPVM a lancé l’opération «RADAR». Cette initiative appelée officiellement à lutter contre “l’exploitation sexuelle” rate sa cible. Elle promet seulement de créer des conditions de vie et de travail plus dangereuses pour les femmes dans l’industrie du sexe.

L’opération RADAR a pour objectif de former des agents du secteur du tourisme et des transports en des agents de surveillance de l’État chargés de dénoncer les femmes dans l’industrie du sexe à la police. L’initiative forme le personnel des secteurs de l’hôtellerie et du tourisme à la détection de plusieurs «indicateurs» des personnes supposées être exploitées.

Si les différences fondamentales entre “traite humaine”, “exploitation sexuelle” et “consentement” ne sont même pas pris en considération par les agents de police, nous doutons que les agents du secteur du tourisme et des transports aient une quelconque compétence pour reporter ce qui relèverait effectivement de l’exploitation sexuelle ou de la traite humaine.

Au lieu de cela, le plan RADAR institue une forme de profilage sur la base de “tenues vestimentaires” jugées convenables ou non par des employés du secteur du tourisme et des transports. Ce sont aussi les femmes les plus marginalisées, appartenant aux communautés migrantes, racisées et qui vivent la pauvreté qui seront visées. Inutile de relever ici l’aspect sexiste et raciste de cette mesure visant à déterminer selon “l’apparence” des personnes supposées être exploitées.

Cette opération, mise en place à quelques jours du lancement du Grand Prix de Montréal, promet juste de créer un climat de délation et de précariser dangereusement les conditions de travail des femmes dans l’industrie du sexe tout en restant parfaitement inefficace contre la traite humaine et l’exploitation sexuelle.

En reconnaissant l’agentivité des femmes dans l’industrie du sexe en octobre 2018 lors de notre assemblée générale extraordinaire, c’est exactement ce que nous souhaitions éviter. Nous devons sortir du schème de pensée renvoyant ces femmes à des personnes dont les droits peuvent-être sacrifiées.

Comprendre la notion de consentement

Nous devons nous engager dans la nuance pour comprendre la différence conceptuelle entre “consentement” et “non consentement”. Cela est essentiel pour trouver les bons outils pour une véritable lutte contre l’exploitation sexuelle et la traite humaine.

Aucune femme ne jouit d’une palette de choix illimitée. Chacune d’entre nous est amenée à faire des choix en fonction des barrières économiques, sexistes, racistes, capacitistes, homophobes, colonialistes – bref toutes barrières structurelles – que nous rencontrons. Par exemple, une femme noire peut faire le choix de garder un travail en deçà de ses qualifications et compétences pour éviter de retourner dans la case “chômage” en raison des discriminations racistes dont elle est la cible. Est-ce que cela ferait un quelconque sens de cibler ses droits sous prétexte que son choix n’est pas considéré comme étant “consentie”, libre de toutes contraintes ? Bien sûr que non. La solution serait de travailler à mettre en place des politiques publiques contre les discriminations racistes à l’embauche. La solution serait d’élargir la palette de ses choix.

Ainsi, en quoi cela fait du sens de mettre des barrières aux femmes dans l’industrie du sexe parce que le choix qu’elles prennent n’est pas en accord avec ce que nous avons défini comme “convenable” ? En quoi cela fait du sens de les désigner comme cibles en mettant en danger leurs santé, leurs droits et leurs sécurité ?

Des impacts concrets sur les droits des femmes dans l’industrie du sexe

L’incapacité à considérer la vente de services sexuels comme étant une activité consentie nous rend inefficace pour lutter réellement contre l’exploitation sexuelle et la traite humaine. Il nous rend aussi complices des violences que subissent les femmes dans l’industrie du sexe.

À les juger sur leur activité, elles sont perçues comme des personnes binaires qui consentent à tout (“consentement présumé”) ou qui ne peuvent pas consentir (“consentement invalidé”).

Cela à des impacts concrets dans la vie de ces femmes: par exemple, comment porter plainte à la police si celle-ci considère que votre consentement à vendre des services sexuels équivaut aussi à consentir à toutes violences dont vous seriez victimes ?

Nous avons une obligation collective d’avoir une meilleure compréhension de ces enjeux.

Au moment de cette période calendaire où les droits des femmes dans l’industrie du sexe sont particulièrement mis en cause, nous restons solidaires de ces femmes. Leurs droits, leurs sécurité, leurs santé sont gravement mis en danger par notre incapacité à reconnaître leur capacité d’agir et de fait leur pleine humanité.

La volonté de prévenir et de détecter l’exploitation sexuelle est une bonne chose. La FFQ n’a jamais insinué le contraire mais encore faut-il le faire de la bonne manière.

Pour cela, dans un document d’une dizaine de pages, la Fédération des femmes du Québec vous donne les outils pour alimenter votre réflexion sur les différences entre consentement, exploitation sexuelle et traite humaine. Nous expliquons aussi en quoi notre incapacité à bien discerner chacune de ces situations a des impacts concrets sur les femmes dans l’industrie du sexe tout en étant inactifs dans une lutte effective contre la traite humaine et l’exploitation sexuelle :

http://bit.ly/2EUJuwI

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La vice-présidente de la FFQ nommée une des 100 personnes d’ascendance africaine les plus influentes

Affiche réalisée par MIPAD

(english will follow)

La vice-présidente de la Fédération des femmes du Québec a été nommé une des 100 personnes d’ascendance africaine les plus influentes (MIPAD) au monde âgé 40 ans et moins

Marlihan Lopez recevra la reconnaissance lors de la cérémonie annuelle du MIPAD à New York à la suite de l’ouverture de la 74ème Assemblée générale des Nations Unies en septembre 2019

MONTRÉAL, le 24 mai 2019 – À la veille de la journée de l’Afrique, Marlihan Lopez, Vice-présidente de la Fédération des femmes du Québec, a été nommé l’un des 100 personnes les plus influents d’origine africaine âgés de 40 ans et moins au monde. Les anciens lauréats du MIPAD comprennent l’artiste du hip-hop canadien Drake, le défenseur de hockey professionnel PK Subban, et les lauréats actuels, y compris Sandy Hudson, The Weekend, rejoignant les rangs de Beyoncé, Chadwick Boseman, Lewis Hamilton, Rihanna, Tiger Woods et de nombreux autres reconnus à l’appui de la Décennie internationale des personnes d’ascendance africaine.

Marlihan Lopez est une militante afroféministe qui œuvre dans le domaine de l’organisation communautaire, la recherche et l’intervention féministe et au sein du mouvement des femmes au Québec, notamment dans la lutte contre les violences à caractère sexuel. Elle milite également au sein des mouvements antiracistes en centrant les communautés noires qui se trouvent à l’intersection de plusieurs formes de discriminations. Elle s’est impliquée notamment dans des collectifs tels que Montréal Noir et Black Lives Matter dans la lutte contre la brutalité policière, le profilage racial et sur les enjeux en lien avec la (non)représentation des personnes noires ici au Québec.  Par ailleurs, elle a présidé la Fondation Paroles de femmes, un organisme féministe qui a pour mission la création d’espaces inclusifs par et pour les femmes racisées. Elle est actuellement Vice- présidente de la Fédération des Femmes de Québec et responsable des pratiques solidaires et anti-oppressives.

Le 27 septembre 2019, Mme Lopez se rendra à New York pour assister à une cérémonie de reconnaissance annuelle qui se déroulera en marge de l’Assemblée générale des Nations Unies de 2019. Elle y rencontrera les autres lauréats pour célébrer l’excellence des Noirs dans le monde et la Décennie internationale pour les personnes d’ascendance africaine (DIPA) au cours d’une série d’activités d’une semaine, comprenant un atelier de formation au leadership de trois jours conçu exclusivement pour la classe de 2019 de MIPAD.

Le 27 septembre 2019 lors de la cérémonie d’ouverture de la Semaine de la reconnaissance des 100 personnalités les plus influents, le MIPAD, en collaboration avec la Fédération des Canadiens noirs, organiserons une table ronde pour offrir une reconnaissance au Canada en tant que norme d’excellence pour son travail autour de la mise en œuvre des objectifs de la décennie internationale. La session mettra en vedette des représentants de la société civile canadienne qui discuteront de la manière dont ils se sont mobilisés avec succès pour convaincre le Canada à devenir le seul État membre des Nations Unies à reconnaître officiellement la Décennie internationale et à affecter des fonds du budget fédéral à DIPA.

À propos de la décennie internationale

La décennie a été ratifiée par l’Assemblée générale en 2014, afin de convaincre la communauté internationale de faire progresser les droits de la personne et le bien-être des personnes d’ascendance africaine dans le monde. La Décennie est axée sur la reconnaissance des identités uniques et de l’histoire des peuples d’ascendance africaine, sur l’avancement de la justice dans les domaines des droits et libertés et sur la promotion du développement social, culturel, politique et économique au sein des communautés noires du monde entier.

À propos de MIPAD

Le peuple le plus influent d’ascendance africaine (MIPAD) identifie les personnes très performantes d’ascendance africaine des secteurs public et privé du monde entier comme un réseau progressif d’acteurs pertinents qui se rassemblent dans l’esprit de reconnaissance, de justice et de développement de l’Afrique, de ses peuples sur le continent et à travers sa diaspora.

Site web: www.mipad.org

Twitter : @MIPAD100

Facebook : www.facebook.com/mipad100/ 

Pour amples informations ou pour fixer des rendez-vous, veuillez contacter :

Pauline Ou-halima – responsable des communications de la Fédération des femmes du Québec : 514 717 4847

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English version

Vice-President of Fédération des femmes du Québec named one of the World’s 100 Most Influential People of African Descent (MIPAD) Under 40

Ms. Marlihan Lopez to receive the recognition at MIPAD annual ceremony in New York following the opening of the 74th UN General Assembly in September 2019

MONTREAL, May 24, 2019—On the eve of Africa Day, Ms. Marlihan Lopez, Vice-President of the Fédération des femmes du Québec, has been named one of the 100 most influential people of African descent in the world aged 40 and under. Past MIPAD honorees include Canadian Hip Hop moguls Drake, professional ice hockey defenceman PK Subban, and current honorees including Sandy Hudson, The Weeknd, joining the ranks of Beyoncé, Chadwick Boseman, Lewis Hamilton, Rihanna, Tiger Woods, and many others recognized by MIPAD in support of the International Decade for People of African Descent.

Marlihan Lopez is a Black feminist activist and community organizer tackling issues surrounding anti-blackness, gendered based sexual violence and its intersections. She coordinated the intersectionality division for the Quebec Coalition of Rape Crisis Centres, where she did advocacy work and raises awareness on how gender, race, class and ability intersect in the context of sexual violence. She was president of la Fondation Paroles de femmes, a feminist organization for WOC committed to creating inclusive spaces where “racialized” women can speak and share their diverse experiences and perspectives. She also organized with mouvements such as Black Lives Matter and Montréal Noir around issues such as racial profiling and police brutality. She is currently co-Vice-President for la Fédération des femmes du Québec.


On September 27, 2019, Ms. Lopez will travel to New York to attend an annual recognition ceremony, taking place on the sidelines of the 2019 UN General Assembly. There, she will meet with the other honorees to celebrate Black excellence worldwide and the UN International Decade for People of African Descent (IDPAD) over the course of a weeklong series of activities, which include a 3-day leadership training workshop designed exclusively for the MIPAD Class of 2019.

 
On September 27, 2019, at the opening ceremony for Most Influential 100 Recognition Week, MIPAD in collaboration with the Federation of Black Canadians plan to host a round table discussion, celebrating Canada as a gold standard in recognizing and implementing the objectives of the International Decade. The session will feature representatives of Canadian civil society who will discuss the ways in which they successfully mobilized to convince Canada to become the only UN members State to officially recognize the International Decade and to earmark federal budget funding for IDPAD. 


About the International Decade

The decade was ratified by the General Assembly in 2014, as a means to galvanize the international community around advancing the human rights and wellbeing of people of African descent globally. The Decade focuses on recognizing the unique identities and history of peoples of African descent, advancing justice in the areas of human rights and freedoms, and promoting social, cultural, political and economic development within Black communities around the world.

About MIPAD

The Most Influential People of African Descent (MIPAD) identifies high achievers of African descent in public and private sectors from all around the world as a progressive network of relevant actors to join together in the spirit of recognition, justice and development of Africa, its people on the continent and across its Diaspora.

Website: www.mipad.org

Twitter: @MIPAD100

Facebook: www.facebook.com/mipad100/ 

For more information or to book media interviews with Ms. Lopez, please contact:

Pauline Ou-halima – head of communications of the Federation des femmes du Québec : 514 717 4847

AGA 2019 : propositions votées et orientations futures

À Montréal, le 29 mai 2019,

Ce samedi 25 mai et ce dimanche 26 mai, les membres de la FFQ ont voté en assemblée générale dix propositions fortes dans un contexte de montée des extrêmes qui prend racine au Québec et ailleurs. Entre autres propositions sur la réforme du mode de scrutin et la sécurité et l’autonomie économique, les membres ont entériné deux propositions sur la laïcité et le port du voile.

Dans la foulée de notre allocution à l’assemblée nationale le 16 mai dernier, nos membres ont ré-appuyé notre refus du projet de loi 21. La proposition votée sur la laïcité vise à participer aux efforts des organismes de défense des droits pour retirer ce projet de loi discriminatoire et à développer des outils d’éducation populaire sur le principe de laïcité de l’Etat.

Chacune de ces propositions réaffirme que nos actions sont bien ancrées dans notre mission et notre déclaration de principe et qu’aucun compromis ne sera fait sur le dos des droits de toutes les femmes. La Fédération des femmes du Québec refuse la voie de la facilité ou du plus grand nombre parce que lorsque celles qui sont les plus marginalisées gagnent en droit, nous sommes toutes gagnantes.

Dans un climat de montée des extrêmes-droites, la Fédération des femmes du Québec entend bien jouer son rôle de rempart contre les attaques au droit des femmes les plus marginalisées.

Elle entend aussi continuer de protéger les droits fondamentaux de l’ensemble des femmes québécoises. Les récents reculs de droits à l’avortement dans plusieurs états des États-Unis sont préoccupants et appellent à un renforcement de nos positionnements sur le principe “nos corps, nos choix”. Les propositions votées sur la réforme du mode de scrutin et la sécurité et l’autonomie économique sont importantes pour que les femmes québécoises puissent sortir de la pauvreté et affirmer leur autonomie sur le plan économique et politique. Les membres souhaitent que la FFQ continue de jouer un rôle actif au sein du Comité des 12 jours d’actions contre les violences faites aux femmes, du Collectif 8 mars et dans la préparation de la Marche mondiale des femmes de 2020. Face aux conservateurs qui gagnent du terrain, la protection de nos droits les plus fondamentaux et nos gains en terme de pouvoir économique et politique sont plus que jamais nécessaire.

D’autres propositions votées sur la participation des régions, l’action intersectionnelle et nos priorités annuelles visent à renforcer nos structures internes pour améliorer notre capacité de répondre à notre mission de représentation des enjeux féministes au Québec, avec les spécificités propres aux femmes habitant en région.

Dotée de ces outils et de ces orientations, la FFQ veut continuer son travail de défense des droits des femmes, de défense de l’égalité entre les hommes et les femmes et entre les femmes elles-mêmes.

Les propositions votées et notre expertise sur ces sujets sont des ressources que nous entendons continuer à mettre à disposition de nos interlocuteurs et interlocutrices gouvernementaux. Plus que jamais l’écoute des premières concernées est nécessaire.

Manifestation contre le racisme et la xénophobie: le 24 mars 2019 à 14h

(English will follow.)

**Manifestation contre le racisme et la xénophobie : ici et ailleurs**
Dimanche, 24 mars, 14h

Le 12 novembre 2017 et le 7 octobre 2018, deux grandes manifestations antiracistes ont attiré des milliers de personnes dans les rues de Montréal afin de dénoncer le racisme qui devient de plus en plus normalisé au sein de notre société, et à la fois dénoncer le discours xénophobe, islamophobe, misogyne, homophobe et transphobe de notre gouvernement et des groupes d’extrême-droite québécoises. Voilà pourquoi il faut reprendre la mobilisation massive, en commençant par une troisième grande manifestation populaire dans le cadre de la Semaine internationale pour l’élimination de la discrimination raciale. Cette manifestation vise à démontrer la solidarité avec les mouvements antiracistes et antifascistes au niveau mondial et à alimenter une résistance populaire contre les actions racistes, islamophobes et xénophobes.

Le contexte est d’autant plus urgent étant donné les intentions et annonces récentes du gouvernement de la CAQ, qui semble déterminé à interdire les signes religieux dans les services publics, en ciblant particulièrement les enseignantes musulmanes voilées qui travaillent dans le système scolaire public et dans les garderies. Nous revendiquons l’autonomie et le droit des femmes de s’habiller comme elles veulent sans devoir se justifier auprès de quiconque! Ce n’est pas à l’État d’imposer des restrictions aux femmes quant à leurs choix vestimentaires. C’est l’État qui doit être laïc, et non les individu-e-s!

Parallèlement, le gouvernement Legault a annoncé que son administration souhaitait annuler plus de 18 000 dossiers de demandes de résidence permanente en cours (projet de loi 9) afin d’adopter un système « plus sélectif ». Ce projet de loi affecte en fait plus de 54 000 personnes. Nous dénonçons catégoriquement ces mesures! Nous les dénonçons d’autant plus fortement que pendant que le gouvernement québécois bouleverse les vies de milliers de personnes établies ici-même, Legault se pavane à Paris dans l’espoir d’attirer des Français-e-s qui sauront, selon lui, mieux répondre aux besoins de l’économie.

Par son projet de loi, le gouvernement passe sous silence le fait que l’immigration vers le Québec et le Canada est le résultat de plusieurs siècles de colonialisme et d’impérialisme, de logiques destructrices encore à l’œuvre aujourd’hui et qui mettent les États face à leurs responsabilités! Blâmer l’immigration pour les maux de la société est non seulement un geste hypocrite, mais aussi un acte xénophobe qui doit être fermement dénoncé! Non à la xénophobie, oui à l’immigration! Racistes, dehors! Réfugié-e-s, bienvenues! Nous réclamons un statut pour tou-te-s!

Une situation dramatique requiert une réponse urgente et ferme! Cet appel à une manifestation le 24 mars s’inscrit dans un contexte d’actions de résistance continues contre la montée du racisme, de la xénophobie, de l’islamophobie, de l’antisémitisme, de l’extrême droite et de l’oppression sous toutes ses formes. Nous marchons non seulement contre les politiques xénophobes du gouvernement CAQiste, mais aussi contre les conditions qui ont directement contribué à la situation actuelle : un climat de banalisation et de normalisation de la rhétorique raciste et ultranationaliste d’extrême droite pour le plus grand bénéfice du capitalisme néocolonial dans lequel nous vivons.

Tou.te.s ensemble le 24 mars! Contre le racisme et la xénophobie! Pour l’immigration, l’égalité et la dignité!

Contact presse:

Responsable aux communications de la FFQ : 514 717 4847

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**Mass demonstration against racism and xenophobia, both here and elsewhere**
Sunday, March 24th, 2 pm

On November 12, 2017 and October 7, 2018, two large antiracist demonstrations attracted thousands of people to the streets of Montreal in order to denounce the racism that is becoming more and more normalized in our society, as well as the xenophobic, Islamophobic, misogynistic, homophobic and transphobic rhetoric increasingly present in the public political sphere and spread by Quebec far-right groups. This is why we must resume mass mobilizations, starting with a third major demonstration, which will take place in the context of the International Week for the Elimination of Racial Discrimination. The event aims to show our solidarity with anti-racist and antifascist movements worldwide, and also to fuel popular resistance against racist, Islamophobic and xenophobic actions.

In context, this is all the more urgent given the recent intentions and announcements of the CAQ government, which seems determined to ban religious symbols in public services, particularly targeting veiled Muslim teachers who work in the public school system and in daycares. We demand the autonomy and the right of women to dress as they want without having to justify themselves to anyone! It is not up to the state to impose restrictions on women’s clothing choices. It is the state that must be secular, not the individual!

At the same time, the Legault government announced that its administration plans to cancel over 18,000 permanent resident applications (Bill 9) in order to adopt a “more selective” system for accepting newcomers. This bill will affect more than 54,000 people. We categorically denounce these measures! We denounce all the more strongly that while the Quebec government upsets the lives of thousands of people settled here, Legault struts around in Paris in hopes of attracting French immigrants to Canada, who will, according to him, “better respond” to the needs of the economy.

Through Bill 9, the government demonstrates its willful ignorance of the fact that immigration to Quebec and Canada is the result of centuries of colonialism and imperialism, destructive ideologies still at work today, and for which these states are in part responsible! Blaming immigration for the ills of society is not only a hypocritical gesture, but also a xenophobic act that must be firmly denounced! No to xenophobia, yes to immigration! Racists, out! Refugees, welcome! We demand a status for all!

A dramatic situation requires an urgent and strong response! This call for a demonstration on March 24th is part of ongoing resistance – in Quebec and elsewhere – against the rise of racism, xenophobia, Islamophobia, anti-Semitism, the far-right, and oppression in all its forms. We march not only against the xenophobic policies of the CAQ government, but also against the conditions that have directly contributed to the current situation: a climate of trivialization and normalization of far-right racist and ultranationalist rhetoric, which works for the greater benefit of the neocolonial capitalist system in which we live.

Join us on March 24th, against racism and xenophobia! For the right to immigration, equality and dignity!

Christchurch : lettre ouverte de collectifs féministes de la Maison Parent-Roback

Nous, collectifs féministes de la Maison Parent-Roback, exprimons notre totale solidarité aux communautés musulmanes durement frappées par un attentat qui a fait 50 morts ce vendredi 15 mars aux deux mosquées de Christchurch en Nouvelle-Zélande. Des enfants, des femmes, des hommes, des sourires et des espoirs fauchés sur l’autel d’une idéologie haineuse.

Notre amitié et nos pensées vont aux communautés musulmanes québécoises, rappelées à l’horreur, deux ans après la tuerie dans la grande mosquée de Québec, mais également avec l’ensemble des communautés musulmanes ailleurs dans le monde qui doivent affronter le racisme, l’islamophobie et la violence dans leur quotidien. Cette tragédie a ébranlé des sociétés entières par-delà les frontières.

Vos morts sont nos morts. Vos coeurs sont les nôtres.

Collectivement, nous ne pouvons plus nous taire face à une islamophobie qui ravage le tissu social de nos sociétés. Nous ne pouvons plus nier la globalité de ce phénomène et ses ancrages au Québec. Le terroriste s’est réclamé de l’auteur de la tuerie de la mosquée à Québec et de discours islamophobes entretenues en France et ailleurs dans son passage à l’acte.  Nous ne pouvons plus prétendre que la mise en place de lois ciblant des minorités n’ont pas pour effet de légitimer les passages à l’acte haineux ici, et ailleurs dans le monde.

Résident-es au quartier de Parc-Extension, vous êtes aussi nos voisin-es. Sachez que nous toutes, nous sommes à vos côtés et sommes disponibles pour vous soutenir de quelques façons que ce soient.

Ces tragédies doivent être un rappel constant à nos consciences: celui de la détermination à tenir coûte que coûte notre volonté de s’unir, de rester fermes dans l’exercice du droit et la protection de nos libertés.

Notre solidarité dépassera la haine de toutes celles et ceux qui tentent de déstabiliser notre société ! Nous resterons «Debouttes» !

Signé :

La Fédération des Femmes du Québec, (FFQ)

Institut F,

Fédération du Québec pour le planning des naissances, (FQPN)

La Maison Parent-Roback, (MPR)

Le Conseil d’intervention pour l’accès des femmes au travail (CIAFT)

Le CDEACF,

L’R des centre de femmes du Québec,

Action cancer du sein du Québec,

Relais Femmes,

Regroupement Naissance-Renaissance

Remue-Ménage,

Service d’entraide Passerelle (SEP)

Fondation filles d’action,

Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale,

Table des groupes de femmes de Montréal,

DAWN-RAFH Canada

Cliquez ici pour retrouver le lien de téléchargement de la lettre avec en bas de page les logos de chaque organisme signataire.

Un dialogue à poursuivre

Montréal, le 8 mars 2019 – À l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, les membres du Collectif 8 mars, qui représente 700 000 femmes au Québec, ont rencontré la ministre responsable de la Condition féminine, Isabelle Charest. Le but de cette première rencontre était de présenter leurs revendications et de proposer des solutions concrètes et actuelles pour améliorer rapidement les conditions des femmes et pour atteindre l’égalité entre les sexes. 

À la lumière de cette rencontre, les représentantes du collectif ont constaté que la ministre Charest a fait preuve d’intérêt et d’une ouverture envers les revendications portées. Elles saluent particulièrement la volonté de la ministre de maintenir un canal de communication sur le terrain. Elles attendent àprésent, à l’approche du budget provincial, des actions claires de la part du gouvernement de François Legault pour l’atteinte de l’égalité entre les sexes, tout en respectant l’analyse différenciée selon les sexes+.

Les membres du collectif se seraient attendues à ce que le premier ministre participe à cette première. Or, celui-ci a brillé par son absence, malgré l’engagement public de ses prédécesseurs de rencontrer annuellement le Collectif 8 mars.

Un réinvestissement massif 

Ce sont les femmes, majoritaires dans les services publics à titre de travailleuses et d’usagères, qui sont les principales victimes des coupes des dernières années dans ces services. Les membres du collectif ont insisté auprès de la ministre pour qu’elle intercède en faveur d’un réinvestissement massif dans les services publics, la fonction publique et les programmes sociaux dans les domaines de la santé et des services sociaux, de l’éducation, des services éducatifs à la petite enfance, du soutien aux proches aidantes, etc.

« Le réseau de la santé et des services sociaux et le réseau de l’éducation, incluant l’enseignement supérieur, sont des exemples de milieux dans lesquels les travailleuses vivent au quotidien une surcharge de travail, de la pression, des heures supplémentaires obligatoires, un manque de ressources et subissent une gestion déficiente ainsi que des violences. Tous ces problèmes sont au cœur de leur réalité. Il n’est pas surprenant que les taux de détresse psychologique, de décrochage et d’épuisement professionnel au sein de ces réseaux publics atteignent aujourd’hui des sommets inégalés », a déploré Gabrielle Bouchard, porte-parole du Collectif 8 mars.

Les représentantes du collectif ont également revendiqué un financement adéquat pour les organismes communautaires qui œuvrent auprès des femmes et qui manquent cruellement de ressources. Les demandes de soutien sont d’ailleurs en constante augmentation, entre autres, en cas d’agression sexuelle, de violence conjugale, de détresse psychologique ou de problèmes de santé mentale. « Les besoins des femmes sont considérables et le sous-financement force malheureusement les groupes de femmes à cesser d’offrir certains services », s’est indignée Gabrielle Bouchard.

La fin du détournement des pensions alimentaires pour enfants 

Lors de la campagne électorale, la Coalition avenir Québec (CAQ) a promis de retirer les pensions alimentaires du calcul de l’aide sociale et de l’aide aux études. « Le Collectif 8 mars exige non seulement du gouvernement de François Legault qu’il respecte sa promesse maintenant qu’il est au pouvoir, mais qu’il aille plus loin en cessant de comptabiliser les pensions alimentaires comme un revenu pour l’admissibilité à l’aide juridique et au soutien au logement », a précisé la porte-parole.

Augmentation du salaire minimum à 15 $ l’heure

Sur dix personnes qui travaillent au salaire minimum, six sont des femmes. On estime que 90 % du total des emplois au salaire minimum sont dans le secteur féminisé des services et que les personnes qui travaillent au salaire minimum font en moyenne 25 heures par semaine. « Encore une fois cette année, nous revendiquons une hausse du salaire minimum à 15 $ l’heure, et ce, dès maintenant. Ceci dans une perspective de réduction de la pauvreté et de l’écart salarial entre les femmes et les hommes, et dans le respect de ses engagements du gouvernement envers l’égalité entre les sexes. La hausse prévue de 0,50 $, portant le salaire minimum à 12,50 $ l’heure le 1er mai prochain, demeure insuffisante pour aider les femmes à sortir de la pauvreté », a aussi commenté madame Bouchard.

Loi-cadre en matière de conciliation famille-travail-études

Les représentantes du collectif ont abordé la question de la conciliation famille-travail-études avec Isabelle Charest. La charge de conciliation repose principalement sur les épaules des parents et, plus particulièrement, sur celles des femmes : elles consacrent en moyenne 1,5 heure de plus que les hommes aux tâches ménagères, aux soins aux enfants ou à titre de proches aidantes.

De plus, dix fois plus de femmes que d’hommes « font le choix » de travailler à temps partiel pour prendre soin de leurs enfants. « Nous revendiquons une loi-cadre pour permettre à toutes et à tous de trouver un équilibre entre la vie professionnelle et la vie familiale dans une perspective d’égalité », de conclure la porte-parole du Collectif 8 mars.

Outil essentiel à appliquer : l’analyse différenciée selon les sexes intersectionnelle (ADS+)

Les représentantes du collectif ont finalement présenté à la ministre Charest deux outils utiles pour comprendre les enjeux relatifs aux femmes. En effet, l’ADS et l’ADS+ permettent d’analyser les structures, les politiques, les réformes, les programmes et les budgets afin d’évaluer les avancées et les reculs de l’égalité entre les hommes et les femmes, mais aussi entre les femmes elles-mêmes. Le collectif a notamment demandé au gouvernement de s’engager à inclure l’ADS+ dans l’ensemble de ses ministères.

« L’ADS+ est beaucoup plus inclusive que sa version initiale puisqu’elle tient compte de l’ensemble des femmes, notamment celles qui sont plus marginalisées », a expliqué la porte-parole du Collectif 8 mars, Gabrielle Bouchard. Il est essentiel de placer les femmes racisées, les femmes en situation de handicap et les femmes des communautés LGBTQ au cœur de nos calculs pour dresser un portrait réel des inégalités. Nous sommes plus fortes lorsque toutes les femmes sont incluses.

Le Collectif 8 mars en action pour la Journée internationale des droits des femmes

En plus de participer à une rencontre avec la ministre de la Condition féminine, les membres du Collectif 8 mars ont manifesté aujourd’hui dans le cadre du procès de Gilbert Rozon pour mettre en lumière les inégalités toujours présentes en défaveur des femmes.

À propos du Collectif 8 mars

Le Collectif 8 mars est formé de représentantes provenant de l’Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS), de la Centrale des syndicats démocratiques (CSD), de la Confédération des syndicats nationaux (CSN), de la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), de la Fédération autonome de l’enseignement (FAE), de Femmes de Diverses Origines (FDO), de la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ), de la Fédération des femmes du Québec (FFQ), de la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ), du Syndicat de la fonction publique et parapublique du Québec (SFPQ) et du Syndicat de professionnelles et professionnels du gouvernement du Québec (SPGQ).

SOURCE : COLLECTIF 8 MARS

Renseignements : Marilou Gagnon, gagnonm@csd.qc.ca, 514 248-6277

Chantal Mantha (APTS), cmantha@aptsq.com, 514 236-9287
Marilou Gagnon (CSD) gagnonm@csd.qc.ca, 514 248-6277
Ariane Gagné (CSN), ariane.gagne@csn.qc.ca, 514 349-1300
Marie-Eve Imonti (CSQ), communications@lacsq.org, 514-917-9641
Marie-Josée Nantel (FAE), mj.nantel@lafae.qc.ca, 514 603-2290
Marie-Anne Laramée (FIQ), malaramee@fiqsante.qc.ca, 514 224-0514
Pauline Ou-Halima (FFQ), pouhalima@ffq.qc.ca, 514 717-4847
Isabelle Gareau (FTQ), igareau@ftq.qc.ca, 514 953-0142
Éric Lévesque (SFPQ) eric.levesque@sfpq.qc.ca, 418 564-4150

Nathalie Côté (SPGQ), nathalie.cote@spgq.qc.ca, 418 780-5107

Marie Boti (FDO), botimarie@gmail.com, 514 717-4847

Communiqué de la FFQ : « L’exploitation n’est pas une vocation ! »

Au cours des derniers jours, des prochaines semaines et des prochains mois, les étudiantes des CÉGEPS  et des universités dans les différents programmes avec stages non rémunérés font et feront entendre leur voix. Cette voix unie passera un message fort : “Assez, l’exploitation n’est pas une vocation !”

La Fédération des femmes du Québec (FFQ) offre son soutien inconditionnel aux étudiantes qui luttent pour leur droit et appuie l’ensemble des moyens qu’elles décideront d’utiliser.

Les stages non rémunérés sont au coeur des structures sexistes du système d’éducation: iniquité à l’emploi, inégalités des chances et moindre valeur accordée au travail des femmes.  Les programmes en enseignement, en travail social et dans le secteur de la santé non seulement forcent les étudiantes à donner gratuitement leur travail, mais en plus exige ce travail non rémunéré afin d’obtenir leur diplôme. Une étudiante doit payer jusqu’à un an de frais afférant et de frais de scolarité pour une année passée à l’extérieur des murs de son établissement à offrir un travail indispensable pour plusieurs institutions et organismes. La logique discriminatoire à l’égard du travail des femmes est consistante d’un bout à l’autre.

Les secteurs d’emploi à prédominance féminines sont constamment sous attaques et font les frais des coupures et compressions des politiques néo-libérales des gouvernements. Le gouvernement québécois, en ne rémunérant pas les stages des étudiantes, s’assure de bien former ces nouvelles travailleuses à des conditions de travail inadéquates et à vivre avec peu. Plus révélateur encore des structures de domination hommes-femmes est d’apprendre que les secteurs plus libéraux comme la médecine, l’avocature ou le notariat, où une majorité d’hommes sont inscrits, offrent des stages très bien rémunérés avec à la clé des possibilités d’emplois.

L’obligation de ce stage et la non rémunération de celui-ci joue aussi sur la capacité des étudiantes racisées, membres des communautés LGBTQ et vivants avec un handicap à négocier des environnements de travail qui n’ont pas l’expertise et parfois l’ouverture pour les accueillir convenablement et avec le respect auquel elles ont droit. Le pouvoir d’une étudiante de faire valoir ses droits est presque inexistant. L’égalité des chances pour toutes les femmes, spécifiquement dans un contexte de stage non rémunéré est un idéal encore loin d’être atteint. Ce système perpétue une image traditionnelle de la femme qui s’occupe des soins et des enfants, sans rémunération, et qui le voit comme une vocation. Ce stéréotype est encore plus fort pour celles qui vivent à la croisée des oppressions.

Plusieurs de nos membres comptent sur le travail de ces étudiantes et doivent souvent faire le choix d’accepter ces tâches non rémunérées pour être en mesure d’offrir des services ainsi qu’une chance d’apprentissage à ces nouvelles travailleuses. Ce choix se fait souvent avec déchirement et aussi parfois avec résignation. Comment peut-on tolérer que le droit des étudiantes à un travail bien rémunéré, décent et sécuritaire soit bafoué à ce point ? Jours de congé de maladie inexistants, obligation de débourser une assurance privée,  incapacité de préparer son avenir, par exemple celle de fonder une famille ou d’acquérir un bien immobilier. Et tout cela sans compter la nécessité de devoir trouver un travail rémunéré, en plus des heures accordées à son organisme. Bien que les étudiantes doivent souvent accepter une charge de travail complète, elles sont des travailleuses de deuxième classe.

Nous appelons nos membres et les organismes communautaires qui accueillent les stagiaires à soutenir ces dernières durant ces batailles profondément féministes.

Nous demandons aux CÉGEPS et institutions universitaires de faire peuvent de jugement et de solidarité envers leur étudiantes en minimisant les impacts sur leurs parcours académiques.

Nous en appelons directement au gouvernement de mettre fin au sexisme institutionnel qu’est la non rémunération des stages.

La FFQ est déterminée à défendre le droit de toutes les femmes et à lutter pour “l’égalité pour toutes et l’égalité entre toutes”.  Le soutien aux étudiantes qui luttent pour leurs droits fait parti de ce mandat.

La participation des femmes dans les organismes féministes mixtes

En blanc sur fond rouge : "la participation des femmes dans les organismes féministes mixtes : de la théorie à la pratique !"

 

Plusieurs femmes qui militent dans les organismes mixtes se découragent. Beaucoup s’épuisent. Nombreuses continuent de se battre et sont constamment à la recherche de nouvelles stratégies pour soutenir les femmes.  Mais comment ça se fait que ces obstacles perdurent encore aujourd’hui ?  Et quelles sont les stratégies utilisées par les militantes pour les surmonter ? Ces stratégies prennent-elles en compte les discriminations vécues par toutes les femmes ? Comment faire mieux dans des contextes de ressources limitées ?

Pendant 3 ans (2017-2020), la FFQ va travailler avec des femmes militantes dans des organismes féministes mixtes pour les soutenir. Après une année de recherche (2017-2018), nous travaillons cette année (2018-2019) à la réalisation de deux plans d’action auprès de deux organismes partenaires : le Front commun des personnes assistées sociales du Québec et le Syndicat des travailleurs et travailleuses du CIUSSS du Centre Sud de l’Île de Montréal (STTCCSMTL-CSN). L’année prochaine (2019-2020), nous organiserons un grand forum et lancerons une boîte à outils en ligne.

 

Prise de parole pour les un an du #metoo

Le 14 octobre 2018, au Quai des brumes, se tenait une conférence de presse pour souligner le premier anniversaire du #metoo au Québec. Alexandra Laberge a pris la parole pour la FFQ et voici le texte de son intervention, sous  la vidéo de la conférence.

Vidéo :

Texte de l’intervention :

Bonjour à toutes et tous,

Je me nomme Alexandra Laberge, je représenterai la Fédération des femmes du Québec (FFQ) en tant que  coresponsable du 4e comité de travail soit Féminisme Corps, Sexualité, Image, Genre et Violences.

Avant tout, il nous semble important à la FFQ de rappeler que le #metoo n’est pas né il y a un an aujourd’hui par l’audace d’Alyssa Milano. Nous tenons à resituer l’origine du #metoo, il y a 12 ans, à New York, grâce à Tarana Burke, une activiste afro-américaine. Nous tenions à lui redonner toute la légitimité qui lui revient sur ce que nous soulignons aujourd’hui, les un an de la vague de dénonciations des agressions sexuelles à travers le monde par le biais des # ainsi que la mise en lumière de la violence vécue par les femmes.

Je suis ici entre autres pour rappeler à nos élus.es qu’un bon nombre de documents, mémoires, recherches, témoignages, etc. créer par des expertes, des survivantes, des femmes qui sont-elles mêmes très à même de vous guider, existent. Ils peuvent vous aider et vous montrer ce qui pourrait être fait pour améliorer la condition des femmes du Québec, et que, bien qu’elle ne possède pas autant de micros, de droits de parole, d’audiences, et même d’écoute, elles ont des voix, des voix pertinentes et intelligentes, car il s’agit du vécu de celle-ci, elles en sont les expertes. Que celles-ci sont les meilleures pour trouver les moyens les plus appropriés dont le Québec pourrait se doter pour changer réellement les conditions de toutes les femmes.

De ce fait, bien qu’il existe un nombre considérable de sources reliées aux agressions sexuelles toutes plus pertinentes les unes que les autres. Je me ferai porte-parole d’une seule, le mémoire présenté par la FFQ dans le cadre de la commission avec le citoyen sur la mise en œuvre du Plan d’action gouvernemental 2008-2013 en matière d’agression sexuelle, publié en 2015. Celui-ci est appuyé par la Fédération du Québec pour le planning des naissances et le Centre contre l’oppression des genres. Il a également été rédigé avec la collaboration du Conseil des Montréalaises, d’Action des femmes handicapées de Montréal et de Martine Delvaux.

Celui-ci traitant du NOUS femmes, dans toute sa pluralité et à l’intersection des facteurs de vulnérabilités, je ne peux aujourd’hui vous présenter toutes les femmes qui sont victimes d’agressions sexuelles, rappelons-nous qu’il s’agit d’une femme sur trois. On m’a donc mandaté de me diriger vers celles que le #metoo, #moiaussi a peut-être rendu moins visible, mais a toutefois permis à leurs filles, arrières petites filles, arrières arrières petites filles à dénoncer leurs agressions sexuelles, et nous croyons qu’elles méritent la même visibilité et qu’aujourd’hui est un bon moment pour les mettre au-devant. Je me ferai donc, humblement, porte-voix des femmes ainées, victimes d’agressions sexuelles à partir de la section qu’on retrouve sur le sujet dans le mémoire de 2015, un résumé d’un document rédigé par Karine Tremblay, RQCALACS Le Regroupement québécois des CALACS (Centres d’aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel)

Toutes les femmes vivent le tabou entourant la dénonciation d’acte de violences sexuelles, mais celui-ci persiste davantage chez les victimes aînées. D’abord parce qu’il y a le temps, soit le fait que ce qu’elles ont vécu date de leur enfance,  adolescence ou de leur vie d’adulte, et que la dénonciation, n’étant pas facile aujourd’hui, n’était pratiquement pas accessible à l’époque. Puis, celui-ci devient davantage insidieux lorsqu’on parle de sexualité des femmes âgées. La non-considération du corps sexué femme des personnes âgées invisibilise la possibilité qu’elle en soit victime. Leur vie sexuelle étant soi-disant terminée, elles seraient à l’abri. On croit aussi, à tort, que les femmes âgées ne peuvent pas être violées parce qu’elles ne s’habillent pas sexy, qu’elles ne sont plus « désirables ». L’agression sexuelle ne constitue surtout pas un acte de désir, mais bien un geste de violence, de pouvoir et de domination.  On estime à 3000 le nombre de femmes aînées victimes de violences à caractères sexuelles par année.

Malheureusement, la personne âgée est souvent victime de plus d’une forme de violence : c’est ce que l’on nomme « intersections des violences ». Abus médical, violence financière, violence physique, violence émotionnelle, négligence, violation du droit de liberté, etc. Elles ne sont pas plus faibles, aucune femme n’est faible devant la violence et la domination. Elles sont par contre davantage vulnérables par notamment des conditions de santé, d’éducation, et de traumatismes qui n’ont pu être traités à l’époque et qui participent à minimiser ce qu’elles vivent.

Briser le tabou, c’est une première étape pour mettre en lumière cette triste réalité et permettre aux victimes de sortir du silence dans lequel, dans bien des cas, elles vivent depuis longtemps, car les agressions à caractère sexuel peuvent aggraver, amplifier et accélérer les facteurs normaux de vieillissement.

Que le gouvernement du Québec adopte une loi obligeant toutes les institutions hébergeant des personnes aînées ou en perte d’autonomie d’adopter des protocoles et des politiques de lutte à la violence envers les femmes, incluant la violence sexuelle.

Que le gouvernement du Québec modifie la Loi sur l’IVAC contre le délai de prescription pour les victimes d’avant 1975.

Pour conclure, je sortirais quelques minutes du rôle qui m’impute aujourd’hui pour remercier ma grand-mère, elle-même victime d’agressions sexuelles toute jeune. Elle a tout fait pour qu’à mon tour je ne sois pas aussi une victime. Dès l’enfance, les avertissements sur les inconnus, barrer les portes, me protéger. Malheureusement, l’éducation d’une seule femme à une autre ne suffit pas à nous protéger de celle reçue dans cette société. L’agression sexuelle ne constitue surtout pas une faute de la victime, quelque chose qu’elle n’aurait pas bien fait ou pas ou peu importe. C’est un geste de violence, de pouvoir et de domination.  Et j’en ai été finalement victime comme mes paires, mes amies, mes connaissances. L’éducation est un facteur essentiel dans la reconnaissance de la violence faite aux femmes et de sa non-reproduction. Mais elle doit être porté par tous comme une valeur et éthique humaine de non-violence et non pas comme une responsabilité portée par les survivantes. Merci grand-maman de ton prendre soin à l’égard de ce corps que je n’ai pas choisi. Je sais que tu as fait ton possible pour me protéger, je laisse maintenant la responsabilité à nos élus d’en faire autant pour toi, pour moi, pour toutes les femmes du Québec, passées, présentes et futures.