Un 8 mars en action!

Visuel du 8 mars 2020

Communiqué de presse

UN 8 MARS EN ACTION !

Montréal, le 6 mars 2020 – C’est sur le thème Féministes de toutes nos forces que le Collectif 8 mars souligne la Journée internationale des droits des femmes. Depuis plusieurs semaines, le Collectif 8 mars a lancé un appel à la mobilisation en donnant la parole aux femmes. Parmi les divers moyens mis œuvre, il invite la communauté à s’engager par une campagne de partage de photos sur les réseaux sociaux et par l’envoi de cartes postales destinées à la ministre responsable de la Condition féminine, Isabelle Charest.

Le visuel de cette année représente des femmes, main dans la main, en geste de victoire symbolisant l’union des combats féministes. « Ce visuel se rapporte à la notion de partage, à une libération qui peut s’accomplir seulement de façon plurielle et collective. L’affiche célèbre, de manière festive et à travers une palette de couleurs vives, l’aspect international et intersectionnel des luttes en cette année de Marche mondiale des femmes », souligne la porte-parole du Collectif et vice-présidente de la Fédération des femmes du Québec (FFQ), Marlihan Lopez.

En appui à la Marche mondiale des femmes

Le Collectif 8 mars a choisi d’appuyer les féministes du monde entier au sein de la Marche mondiale des femmes dans leurs actions qui se dérouleront du 8 mars au 17 octobre 2020. Au Québec, le rassemblement de la Marche mondiale des femmes aura lieu le 17 octobre prochain dans la ville de Terrebonne. « Les Québécoises et les Québécois sont invités à marcher en appui aux revendications qui se déclinent sous cinq grands thèmes : pauvreté ; violence ; justice climatique ; femmes immigrantes, migrantes et racisées; et femmes autochtones. Ce sont des enjeux fondamentaux qui méritent une forte mobilisation! » ajoute Marlihan Lopez.

En marche avec Femmes de diverses origines (FDO)

Le Collectif 8 mars lance également une invitation à participer à la manifestation organisée par Femmes de diverses origines (FDO), qui se tiendra à 13 h au Square Cabot, à Montréal, station de métro Atwater.

À propos du Collectif 8 mars

Le Collectif 8 mars représente 700 000 femmes au Québec provenant de l’Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS), de la Centrale des syndicats démocratiques (CSD), de la Confédération des syndicats nationaux (CSN), de la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), de la Fédération autonome de l’enseignement (FAE), de Femmes de Diverses Origines (FDO), de la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ), de la Fédération des femmes du Québec (FFQ), de la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ), du Syndicat de la fonction publique et parapublique du Québec (SFPQ) et du Syndicat de professionnelles et professionnels du gouvernement du Québec (SPGQ).

Pour télécharger le visuel du 8 mars : www.facebook.com/Collectif8mars

Page Facebook de la Coordination du Québec de la Marche mondiale des femmes : www.facebook.com/CQMMF

SOURCE : COLLECTIF 8 MARS

Renseignements : Rima Chaaban, rchaaban@ftq.qc.ca, 514 806-9162

Télécharger ce communiqué : en format Word ou en format PDF

Visuel du 8 mars 2020
Visuel du 8 mars 2020. Le Collectif 8 mars, Molotov communications. Illustration : Guadalupe Pérez Pita.

La CQMMF dévoile ses revendications

Montréal, le mardi 3 mars 2020 – La Coordination du Québec de la Marche mondiale des femmes (CQMMF) a dévoilé ce matin ses cinq revendications devant les bureaux montréalais de la Ministre responsable de la Condition féminine, Madame Isabelle Charest. « Les revendications sont le fruit d’un travail de consultation entamé en 2018 qui a sollicité l’ensemble des membres, soit plus d’une quarantaine d’organisations, a expliqué Marie-Andrée Gauthier, co-porte-parole de la CQMMF et coordonnatrice générale du Réseau des Tables régionales de groupes de femmes du Québec. Elles permettent de faire le lien entre les enjeux des femmes au Québec en 2020 et les grands thèmes de la Marche mondiale des femmes (MMF) que sont la pauvreté et la violence ».

« La lutte contre la violence faite aux femmes est malheureusement encore et toujours un incontournable, souligne Virginie Larivière, co-porte-parole de la CQMMF et organisatrice politique au Collectif pour un Québec sans pauvreté, tout comme la lutte à la pauvreté, une autre triste constante dans la vie des femmes ». Les droits des femmes migrantes, immigrantes et racisées font également l’objet d’une revendication concernant la mise en place de mesures inclusives leur garantissant un accès aux services et la pleine réalisation de leurs droits. « La justice climatique était aussi un incontournable et nous avons choisi d’exiger des mesures facilitant l’accès à l’eau potable et à une alimentation de qualité́ à un prix accessible », a expliqué Francine Rivest, co-porte-parole de la CQMMF et coordonnatrice de la Table de concertation des groupes de femmes de Lanaudière. Finalement, plusieurs revendications et recommandations concernent spécifiquement les femmes autochtones. « Nous réclamons justice, réparation, sécurité, sensibilisation, formation et soutien aux organismes de première ligne. Parce qu’ASSEZ C’EST ASSEZ », a martelé Viviane Michel, co-porte-parole de la CQMMF et présidente de Femmes autochtones du Québec.

La mobilisation est donc lancée – partout au Québec, les antennes régionales de la MMF et des groupes de femmes ont également déposé ou déposeront dans les prochains jours les revendications au ministre responsable de leur région – et elles culmineront le 17 octobre prochain lors d’une grande Marche à Terrebonne, un évènement national. D’ici là, la prochaine étape sur la route de la CQMMF sera de rencontrer la ministre Charest, le 6 mars prochain, afin d’échanger avec elle sur les revendications portées par les militantes de la MMF.

-30-

Télécharger le document présentant les revendications

Pour information et demandes d’entrevue :
Éliane Legault-Roy, relationniste
eliane@beteferoce.com
Cell. : 514-692-4762

Le 8 mars, célébrons la résistance des femmes et construisons des alternatives pour un monde meilleur!

Logo de la Marche mondiale des femmes

Chères camarades, amies et militantes,

Nous, femmes de la Marche mondiale des femmes, unissons nos voix pour rendre hommage à toutes les luttes historiques, pleines d’énergie, des femmes et des mouvements féministes de par le monde.

Nous dénonçons le contexte politique mondial, marqué par un contrôle croissant des gouvernements par des partis de droite pleins de haine, de racisme, de misogynie, d’intolérance et de discriminations.  Nous devons aussi faire face à une montée et radicalisation de la violence militariste employée pour contrôler nos territoires : corps, esprits, terres, eaux, forêts, savoirs, passés historiques, présents et futurs; pour perpétuer le patriarcat, le capitalisme néolibéral et le colonialisme comme paradigmes dominants. Dans le même temps, le discours du développement perd tout sens alors que les élites accumulent les richesses, sont discréditées par la corruption et l’impunité et que les institutions, fragilisées, ne rendent jamais de compte aux peuples.

Les injustices climatiques s’aggravent partout et détruisent les modes de subsistance, provoquant des morts surtout dans les communautés pauvres. Les États-nations ne parviennent pas à remplir leurs engagements sur la justice climatique et continuent à proposer de fausses solutions. Nous appelons le monde à jeter l’opprobre sur le président des États-Unis pour la régression que suppose son refus du plan d’action pour le climat. De même, son discours « Les États-Unis d’abord » confère plus de pouvoir aux entreprises des États-Unis pour qu’elles continuent à polluer, à dépouiller les communautés locales et à exploiter la main-d’œuvre du monde entier, comme cela avait été le cas il y a des siècles avec l’esclavage. Nous savons bien que les femmes du Sud, les migrantes, les femmes de couleur et des minorités sexuelles paient de leurs corps et de leur travail le prix de la croissance économique, sans en tirer aucune gratification.

Dans ce contexte, nous femmes du Nord et du Sud devons faire face à la plus grande agression contre nos droits, qui se répercute par une violence croissante en termes de féminicides, de migrations forcées (qui débouche sur l’exploitation des femmes), de traumatismes et de morts. Toutes ces raisons sont plus que suffisantes pour exprimer notre solidarité avec nos camarades et avec toutes les femmes qui luttent.

  • Dans toute l’Afrique, les femmes résistent à de nombreuses formes de violence néocoloniale perpétrées par les multinationales du secteur extractif et de l’agro-industrie, qui envahissent nos communautés détruisent nos modes de subsistance et nous appauvrissent. Face à ces réalités, les femmes et les petites filles sont soumises aux viols, aux  mariages forcés et aux  grossesses précoces, ce qui limite leur accès à l’éducation et ne leur permet pas de vivre dignement.
  • Dans le monde arabe et au  Moyen-Orient, les femmes résistent aux  groupes fondamentalistes qui sèment la terreur dans les communautés et exposent les femmes à toutes sortes de violences et brutalités, y compris à l’esclavage. Les femmes y font face par des mécanismes d’autodétermination et d’autodéfense.
  • En Amérique, la gauche est en train d’être remplacée par des gouvernements d’extrême- droite qui détruisent les importants acquis des dernières décennies et reprennent les programmes néolibéraux qui servent les intérêts capitalistes. Les femmes résistent en défendant les droits fondamentaux, les droits de la nature et les biens communs et doivent affronter en retour la criminalisation de leur lutte, des agressions et des assassinats.
  • L’Asie souffre historiquement des effets du colonialisme et du néolibéralisme. Aujourd’hui, alors que la pauvreté augmente en raison de l’intensification du contrôle du territoire par les multinationales, protégées par les politiques néolibérales mondiales, les femmes sont bien plus exposées à l’exploitation au travail, à la violence sexuelle et à la traite.
  • En Europe, dans les différentes régions, les femmes s’opposent au recul de leur droit à l’avortement, imposé par des forces de plus en plus fondamentalistes et radicales qui prennent le contrôle des mécanismes étatiques de prise de décision. Les mesures d’austérité et de sécurité servent de justificatif à la résurgence d’un nationalisme radical qui provoque l’intolérance vis à vis des migrantes et des migrants et des autres minorités.
  • A l’occasion de la Journée internationale des femmes, nous nous joignons à l’appel d’une grève internationale des femmes, car nous croyons en la nécessité de construire et de renforcer notre mouvement international féministe, moteur d’une solidarité internationale des femmes. L’autogestion des femmes dans leurs luttes locales, nationales et régionales est essentielle. Nous nous unissons comme femmes du monde, de la même voix qui a été la nôtre lors de la 10ème rencontre internationale « femmes en résistance, construisons des alternatives pour un monde meilleur », car comme nous le disons, notre mouvement est notre alternative. Nous pensons qu’en unissant nos efforts avec d’autres mouvements de femmes actifs dans cet appel, nous renforçons la lutte sur des préoccupations communes et nous nous donnons davantage de raisons d’espérer.

Nous continuons à poursuivre les actions mondiales que nous avons planifiées lors de notre 10e rencontre internationales, telles que :

  • Le 24 avril, – « Rana Plaza est partout! », Journée internationale du calendrier de la Marche mondiale des femmes avec des actions autour de l’économie des femmes (tendances économiques mondiales), le monde du travail, l’autonomie économique des femmes, etc.
  • Le 3 juin – Action mondiale : 24 heures pour la paix et la migration
  • Parallèlement, nous soutenons les appels à des actions organisées sur le plan régional pour aborder des questions régionales.

TANT QUE NOUS NE SERONS PAS LIBRES NOUS CONTINUERONS A MARCHER

World March of Women – International Secretariat
●Rua Vila Namwali 246, Malhangalene●PO Box 3632 ●Maputo3 ●Mozambique●Tel : 258 21 414189 ●Email : info@marchemondiale.orgwww.marchemondiale.org
 

Ensemble UNIES contre les politiques de Trump !

Affiche rouge avec des images de manifestantes: "ensemble, Unies contre les politiques de Trump"

Déclaration de la Coordination du Québec de la Marche mondiale des femmes

En solidarité avec la Women’s March on Washington TRUMP et son administration sont une menace pour la planète : désordre, haine et supercherie guident leurs actions.

Mais nous ripostons et nous riposterons … Ce 21 janvier marque le jour où des milliers de femmes prendront la rue pour dénoncer un gouvernement misogyne, raciste et colonialiste.

Nous, les femmes de la Marche mondiale des femmes du Québec, sommes en solidarité avec nos soeurs étatsuniennes et nos soeurs du monde entier, c’est pourquoi nous nous joignons à la Women’s March on Washington.

Toutes ensemble avec les différentes communautés et groupes qui sont particulièrement touchées par les orientations défendues par le gouvernement Trump : les femmes, les nations autochtones, les communautés LGBTQIA, les personnes de diverses, les femmes en situation de handicap, victimes de violence, de situations de pauvreté intolérables, etc., nous sommes déterminées à résister, nous puisons notre force dans notre unité.

Nous dénonçons ce président désigné à la tête des États-­‐Unis qui consolide la montée de la droite dans de nombreux pays du monde qui représente une menace pour la planète entière.

Les femmes sont celles qui subissent en premier lieu les effets néfastes des politiques misogynes, racistes et colonialistes de ces gouvernements. Elles sont aussi celles qui sont au-­‐devant des luttes politiques, environnementales, identitaires et économiques, et ce, au péril de leur vie, face à un monde capitaliste, oligarchique et patriarcal.

Nous sommes avec elles de coeur, de force et d’énergie afin de construire un monde meilleur basé sur les valeurs de la Marche mondiale des femmes qui sont l’égalité, la liberté, la solidarité, la justice et la paix.

Cette marche n’est qu’un début, car nous allons nous assurer de poursuivre notre mobilisation et notre engagement à changer le monde. Le patriarcat ne gagnera pas !

À nos soeurs étatsuniennes et à toutes les femmes du monde, ce 21 janvier, nous serons DEBOUTS, SOLIDAIRES et FORTES. Nous serons des milliers de femmes à prendre la rue… Notre voix se fera entendre partout !

Le 21 janvier, levez-­‐vous avec nous pour construire CE monde que nous imaginons depuis toujours!

Tant que toutes les femmes ne seront pas libres, nous serons en MARCHE !!! Plusieurs points de rendez-­‐vous auront lieu au Québec en solidarité avec la Wowen’s March on Washington.

Manif des femmes à Washington-Montréal

Samedi le 21 janvier de 11h-14h

Lieu de rassemblement : Esplanade de la Place des arts

175, rue Ste-Catherine Ouest

Montréal H2X 1Z8

 

Événement Facebook de la manifestation à Montréal

Affiche en français de la Coordination du Québec de la Marche mondiale des femmes

Déclaration de la Marche Mondiale des Femmes

Logo de la Fédération des femmes du Québec

Déclaration de la Marche Mondiale des Femmes –

10e réunion  internationale  à Maputo  (Mozambique)

du 11 au 15  octobre 2016

 

Femmes en résistances, construisant des alternatives pour un monde meilleur.

 

Nous les femmes de la Marche mondiale luttons contre l’hétéro-patriarcat, le capitalisme et le colonialisme et contre toutes les formes d’inégalités et de discriminations. Nous revendiquons nos droits pour reprendre le contrôle de nos corps, notre terre et nos territoires.

De ce monde chaotique, nous croyons qu’un autre monde est possible. Ensemble nous travaillons  à construire nos alternatives féministes renforçant ainsi  notre mouvement.

Les femmes vivent dans un contexte où les fondamentalismes religieux et politiques, la répression et la criminalisation des activistes, la persécution, les assassinats, la violence domestique et sexuelle, les conflits militaires, affectent leur vie et les empêchent de vivre dans un monde de paix d’égalité et de justice. Nous dénonçons le trafic sexuel, l’utilisation de nos corps dès l’enfance et nous luttons pour revendiquer le droit d’accès pour toutes les femmes à l’avortement.

Nous nous opposons aux transnationales qui détruisent la nature, exploitent nos corps et menacent notre santé. Ces transnationales s’accaparent la nature, nos territoires et sont responsables du changement climatique et des crises politiques, économiques et environnementales.

Nous sommes inquiètes de la destruction de la terre, l’exploitation des ressources naturelles et dénonçons la monoculture qui appauvrit les femmes. Nous construisons l’éco-féminisme, l’agro-écologie et la souveraineté alimentaire comme alternatives du bien-vivre.

Nous rendons hommage aux femmes qui ont été assassinées sauvagement de par le monde pour leur implication féministe, écologiste et/ou politique.  Nous sommes solidaires de toutes les femmes qui luttent pour leur territoire, pour leur auto détermination, pour leur liberté.

Nous incluons toutes les défenseuses de la terre qui au péril de leur vie luttent  pour  l’accès aux ressources naturelles et contre les extractions minières et pétrolières. Nous construisons un éco-féminisme où les ressources de la terre ne sont  pas accaparées  et où la vie des femmes est protégée.

Le capital financier, les mesures d’austérité et la privatisation produisent  la pauvreté et les violences envers les femmes. À la MMF nous travaillons à augmenter le pouvoir et l’autonomie économique des femmes. Nous croyons à la redistribution de la richesse et à l’économie solidaire.

Nous dénonçons la montée des fondamentalismes religieux et les politiques impérialistes et nous souhaitons un monde juste, sans oppression, sans aucune force militaire, où les femmes et les peuples ont droit à l’autodétermination et où les droits humains sont respectés.

Les 100  déléguées, venues de 40  pays, réunies  à Maputo au Mozambique avons échangé sur nos différentes réalités, nos différents contextes économiques et politiques et grâce à  nos sœur mozambicaines qui nous ont raconté les situations dans lesquelles elles luttent  nous avons compris que leur réalité était également celle des femmes de nombreux autres pays.

Nous condamnons la répression violente exercée contre les peuples et les femmes  kurdes,  sahraoui et palestiniennes et sommes  solidaires  de toutes les femmes qui  luttent contre la colonisation.

Nous  sommes toutes solidaires des femmes, qui sont emprisonnées, torturées, qui  subissent des souffrances atroces et qui dans les conflits armés sont vendues, violées et tuées.

Le mouvement de la Marche mondiale des femmes trouve sa force dans la diversité. Et s’engage  à une plus grande inclusion des minorités ainsi que des femmes en situation de handicap ou autres femmes marginalisées.

Notre volonté de travailler de manière intergénérationnelle se traduit par notre démarche volontariste, inclusive pour intégrer les jeunes femmes dans toutes nos instances.

Réunies à Maputo, les femmes de la MMF affirment leur solidarité avec les femmes lesbiennes et bisexuelles  et décident d’inclure, dans leurs formations, dans leur réflexion et leurs  actions les expériences et analyses de ces femmes. Elles  se donnent  comme objectif de favoriser la visibilité lesbienne.

Les guerres, les famines, la pauvreté jettent sur les routes de l’exil les réfugiés qui subissent les pires violences. La Marche Mondiale des Femmes se solidarise avec toutes  les femmes  réfugiées. Elle dénonce le racisme des pays dits d’accueil et exige la destruction des murs qui s’élèvent partout.

La situation économique catastrophique, la montée de la droite, les  violences  politiques, les gouvernements répressifs, produisent  un monde violent, injuste et sans avenir.

La situation que vivent les femmes est le résultat des effets du système capitaliste, patriarcal et colonialiste. Dans ce contexte hostile, nous répliquons par nos alternatives.

Nous résistons à la répression et nous nous auto-organisons pour passer à l’action et établir des liens avec les mouvements sociaux. Nous résistons pour un monde meilleur basé sur les valeurs de la MMF qui sont l’égalité, la justice, la paix, la solidarité et la liberté.

Nos alternatives développent l’autonomie et l’auto défense des femmes et des peuples pour un bien-vivre et pour la durabilité de la vie. La formation politique féministe est l’outil que nous privilégions.

Les femmes unies en résistances mènent des luttes contre le capitalisme, l’hétéro-patriarcat, le racisme et le colonialisme et  construisent des alternatives pour un monde meilleur.

Tant que toutes les femmes ne seront pas libres, nous serons en marche.

Rencontre internationale de la Marche mondiale des femmes 2016 – Mot de la présidente

Eh bien! J’avoue que je suis nerveuse et vraiment fébrile.

Nerveuse, car je pars dans des conditions qui ne sont pas optimales. Fébrile, car je sais que des femmes militantes et créatrices d’un monde meilleur seront au grand rendez-vous…

Certaines peuvent se demander : « Mais coudon, elle part où, elle??? »

À la rencontre internationale de la Marche mondiale des femmes au Mozambique!

Après les actions de la Marche de 2015, une rencontre a eu lieu au Pérou pour rassembler les coordinations nationales des Amériques ; j’y ai pris part avec une représentante de Femmes autochtones au Québec, Viviane Michel, ainsi qu’une jeune militante en situation de handicap, Isabelle Boisvert. Cette réunion nous a permis de connaître les luttes de beaucoup de femmes : des jeunes, des lesbiennes, des femmes autochtones, des femmes en milieu urbain ou rural, au Nord comme au Sud. Ces luttes, nous les menons contre le patriarcat, le capitalisme, le colonialisme et l’impérialisme. Encore plus important, ce rendez-vous nous a permis de constater que notre force collective et nos stratégies de transformation sont puissantes.

Cette année, la rencontre internationale réunissant toutes les coordinations nationales de la Marche aura lieu au Secrétariat international de la MMF, qui est maintenant basé au Mozambique. Sous la thématique Femmes en résistance, construisant des alternatives pour un monde meilleur, cette rencontre sera importante puisqu’elle vise à mettre en commun les stratégies de résistance et de transformation sociale de chaque pays dans le cadre de la Marche mondiale de 2015 et à définir les orientations qui guideront nos actions pour les deux prochaines années. Nous discuterons de nos résistances au monde tel qu’il est, et de nos alternatives pour le monde que nous voulons. Résistances contre le capitalisme et le patriarcat, l’accaparement de la nature, l’appropriation des revenus et des droits des travailleuses et des travailleurs; contre le contrôle sur le corps et la vie des femmes, la militarisation, la criminalisation et la violence.  Alternatives que nous construisons dans une perspective anticolonialiste et antiraciste.

Avec mes sœurs déléguées Denyse Thériault et Viviane Doré-Nadeau, nous apprendrons beaucoup des échanges avec les femmes de partout, ce qui nous permettra de mieux témoigner des changements revendiqués et de mieux articuler la manière dont nous devons interpeller nos gouvernements sur leurs politiques internationales.

Mais si c’est avec nervosité et fébrilité que je pars pour le Mozambique, c’est aussi avec beaucoup de reconnaissance et de gratitude : en effet, si la délégation du Québec participe à cette rencontre, c’est que vous l’avez bien voulu. Dans un temps difficile économiquement et politiquement, vous avez encore une fois retroussé les manches et vous vous être mobilisées.

Très chères militantes et donatrices, votre générosité et votre soutien me rappellent pourquoi je suis si attachée à ce mouvement. Soyez assurées que la délégation du Québec vous représentera d’une manière aussi importante que vous l’êtes toutes.

Tant que toutes les femmes ne seront pas libres, nous serons en marche!

Mélanie Sarazin
Présidente de la Fédération des femmes du Québec

Mot de la présidente : Des-Terres-Minées, extractivisme et réflexions féministes

Au cours des dernières semaines, j’ai eu le privilège de participer au projet Des-Terres-Minées. Ce projet en lien avec l’environnement fait suite du Tribunal permanent des peuples et répond au besoin d’approfondir les analyses féministes des enjeux extractifs. Organisé en collaboration avec plusieurs partenaires dont la FFQ, Femmes autochtones du Québec (FAQ), le Comité des droits humains en Amérique latine (CDHAL) et le Projet d’accompagnement solidarité Colombie (PASC), Des-Terres-Minées propose de développer une critique de l’extractivisme à partir d’analyses féministes et anticoloniales.

Je suis donc partie rejoindre l’équipe du PASC (trois filles vraiment géniales) en tournée d’abord en Gaspésie, puis sur la Côte-Nord. Les principaux objectifs de cette tournée étant d’ouvrir des espaces de parole, de repenser le territoire et les rôles sociaux genrés, d’échanger mutuellement sur les différentes réalités et les pratiques de lutte, de comprendre comment les différentes oppressions se conjuguent et de formuler d’autres possibles.

Si la FFQ participe à ce genre de projet, c’est que l’environnement est un enjeu féministe et que depuis longtemps nous nous mobilisons contre le capitalisme et ses liens avec le patriarcat et contre les oligarchies qui s’approprient les ressources naturelles et humaines de la planète.

Nous vivons dans une société où la logique marchande prime sur le bien-être collectif. Cette économie de profit repose sur une logique qui amène une surexploitation des ressources naturelles et des ressources humaines au détriment d’une économie de vie. Les territoires et les ressources sont ainsi accaparés par des entreprises multinationales et perpétuent le colonialisme. Pensons aux compagnies canadiennes, telles les minières et les pétrolières, présentes au Pérou et en Colombie comme exemples à l’international et le Plan Nord comme exemple ici au Québec.

Pourquoi la surexploitation des ressources naturelles est-elle un enjeu féministe ?

Au Québec, mais également dans de nombreux autre pays et territoires,  les États appuient l´extraction et mettent de côté la protection de l´environnement. Derrière les politiques dictées par l´État se retrouvent les intérêts des entreprises et non celui du bien-commun. Ce système économique, basé sur des politiques néolibérales, valorise la surconsommation et la surexploitation des ressources naturelles et des territoires.

Les femmes sont les premières touchées par cette (sur)exploitation. Les femmes paysannes et les femmes autochtones sont bien souvent au cœur de la résistance contre l’expropriation et l’exploitation des terres agricoles et des ressources naturelles. Ces luttes sont pour elles une lutte pour défendre leur territoire, leur identité et elles participent plus largement aux résistances contre le projet colonialiste et capitaliste.

Au Québec comme ailleurs dans le monde, et bien que des milliers de kilomètres les séparent, les femmes et en particulier les femmes autochtones, sont les premières touchées par les impacts liés à la destruction de l’environnement et le système extractif. Parfois au péril de leur vie, elles se lèvent contre ce modèle de développement basé sur l’exploitation de la nature et de ses ressources.

Avec cette tournée et avec ma visite au Pérou dans le cadre de la 4e rencontre de la MMF des Amériques en octobre dernier, j’ai vu comment le thème de la dernière Marche mondiale des femmes, Libérons nos corps, notre Terre et nos territoires, résonne avec les luttes menées par les femmes, ici et ailleurs, pour protéger l’environnement et dénoncer l’appropriation des territoires des communautés autochtones, sans aucun respect de leurs droits ancestraux, par ces compagnies. J’ai vu et rencontré des militantes solidaires dans l’action pour le respect de droit à l’autodétermination des peuples autochtones.

 

L’importance d’élever nos voix ensemble

J’ai pris part aux différentes activités organisées durant la tournée, évènements publics, ateliers créatifs sous forme de conte de marionnettes, de théâtre-forum ou de cercle de discussion, j’ai appris. En participant à cette tournée, j’étais loin de m’imaginer tout ce que j’en retirerais en retour !

Les femmes que nous avons rencontrées sont celles qui vont au-devant pour dénoncer la volonté des dirigeants de développer une économie québécoise et canadienne basée sur l’exploitation des hydrocarbures. Elles s’opposent aux  minières et des gazières qui participent à l’exploitation éhontée des ressources ici et ailleurs dans le monde (accaparement de territoires appartenant à des peuples autochtones, dommages sur l’environnement et la santé des communautés, augmentation des violences envers les femmes à proximité des grands chantiers, militarisation et répression des discidant.es/opposant.es). Ces militantes résistent pour défendre la Terre et la vie.

Je termine sur une citation du Comité international de la Marche mondiale des femmes, réuni au Québec au mois de septembre dernier, qui m’inspire et me donne envie d’agir :

« Nous ne voulons pas de ce monde inhumain. Nous disons non, cela suffit ! Et pour cela, nous ratifions là encore, notre engagement à la construction d’un Nouveau Monde, dans lequel la vie est au centre de tout, dans lequel tous les êtres humains jouissent de nouvelles relations, fondées sur la justice, la liberté, le respect et la reconnaissance de la diversité, non seulement entre eux, mais aussi avec la nature. […]. Ensemble, nous allons parler de la protection de la Mère Nature, de l’environnement et d’un véritable changement dans le système, pour arrêter la dévastation […]. C’est dans l’espoir de parvenir à cette société guidée par les principes féministes, que nous appelons à la lutte et nous continuons à marcher ! »

Mélanie Sarazin

Forum social mondial 2016 à Montréal en août 2016

Du 9 au 14 août 2016, le Forum social mondial (FSM) se tiendra à Montréal. Le FSM vise à rassembler entre 50 000 et 80 000 personnes pour partager les luttes menées dans différentes régions du monde par les mouvements sociaux et militant.e.s en faveur de l’égalité, la dignité pour toutes et tous, la justice sociale et environnementale et le droit à l’autodétermination des peuples.

Ce rassemblement de la société civile vise à renforcer les mouvements sociaux qui luttent contre le capitalisme, le racisme, le colonialisme et l’impérialisme, à travers des espaces d’échanges et de débats qui prendront des formes diverses, afin de partager nos réalités et visions du monde, nos stratégies de résistances et alternatives. Le FSM est tout à la fois un moment de formation politique, d’éducation populaire, de débat, de renforcement des solidarités entre les mouvements sociaux, un lieu d’expérimentation sociale et militante, de mobilisation et d’actions.

S’inscrivant dans la continuité des Forums sociaux mondiaux nés à Porto Alegre au Brésil en 2001, le FSM 2016 de Montréal est un processus collectif et décentralisé basé sur les valeurs suivantes : l’inclusion et l’ouverture, la transparence, l’horizontalité, l’autogestion et l’indépendance. Il prendra la forme d’une multitude d’activités autogérées, proposées par les militant.e.s, collectifs et groupes participants.

 

Pour plus d’information sur la programmation et les activités prévues au FSM
Pour vous inscrire au FSM
Pour proposer une activité au FSM

 

Pourquoi est-ce important d’y participer comme FFQ ?

La FFQ soutient cette initiative et participera à ce grand moment de mobilisation sociale au mois d’août prochain.

Le FSM sera l’occasion de rencontrer une diversité de féministes et de développer des liens entre des militantes d’horizons divers : femmes autochtones, militantes antiracistes, anticapitalistes, écologistes, étudiantes, artistes, militantes ancrées dans les mouvements syndicaux, dans les mouvements LBGTQI* ou encore celles qui se mobilisent pour la défense des droits humains et la solidarité internationale. C’est l’occasion d’échanger avec des militantes qui s’impliquent non seulement au sein des mouvements féministes mais aussi dans d’autres mouvements sociaux. Pour les femmes du Québec, le FSM représente un espace privilégié pour écouter les perspectives de militantes venant de partout dans le monde, afin de mieux comprendre les réalités et enjeux auxquelles elles font face et d’apprendre de leurs expériences et stratégies de résistances.

En ce sens, le FSM représente un espace important pour renforcer nos solidarités au sein du mouvement de la Marche mondiale des femmes (MMF). Des militantes de la MMF des États-Unis seront à Montréal à cette occasion et nous attendons des nouvelles quant à la participation d’autres militantes de la MMF venant d’autres coordinations nationales et régions du monde. Le mouvement de la MMF a toujours participé activement aux processus des FSM et des représentantes de la MMF ont d’ailleurs participé pendant plusieurs années au Comité international des FSM.

Enfin, le FSM est également un espace pertinent pour renforcer des alliances entre les mouvements féministes et les autres mouvements sociaux. Les groupes alliés tels que le Collectif Échec à la guerre, la Coalition Main rouge, le Comité pour les droits humains en Amérique latine, et bien d’autres seront mobilisés à cette occasion et le FSM sera une occasion de visibiliser les perspectives féministes dans les luttes contre l’austérité, pour la défense de la Terre et des territoires, pour l’autodétermination des peuples ou encore contre la guerre et la militarisation.

La FFQ souhaite mobiliser largement le mouvement des femmes au Québec afin que les enjeux féministes soient présents lors du FSM et afin de renforcer nos liens avec les autres mouvements sociaux. Cette initiative est une occasion importante d’écouter les perspectives et d’apprendre des luttes menées par des féministes d’ici et d’ailleurs pour lutter contre toutes les formes de domination.

 

Quelles formes prendra l’implication de la FFQ au FSM ?

Depuis quelques mois, la FFQ est en lien avec deux comités autogérés afin d’organiser des activités conjointes dans le cadre du FSM : le Comité Extractivisme, Libre-échange et pouvoir corporatif et le Comité Féminismes du FSM 2016. Nous participerons à l’organisation de deux ateliers autogérés en collaboration avec d’autres groupes et militantes :

Nous organiserons un premier espace d’échange sur les résistances des femmes face à l’extractivisme, en collaboration avec, entre autres, le Comité pour les droits humains en Amérique latine (CDHAL), le Projet accompagnement solidarité Colombie (PASC) et Femmes autochtones au Québec (FAQ). Cet atelier donnera la parole à des militantes, autochtones et allochtones, venant notamment d’Amérique latine, et des militantes ancrées dans des luttes locales au Québec, qui se lèvent pour défendre leurs territoires contre des projets extractifs. Il vise à mettre de l’avant les luttes portées par les femmes d’ici et d’ailleurs, pour défendre leurs territoires contre l’exploitation des ressources naturelles, la répression politique et la militarisation. Il permettra également de faire des liens et de construire des solidarités entre femmes et féministes en résistance, contre le pouvoir des transnationales, la complicité voire la répression des États pour soutenir des systèmes capitalistes, colonialistes et patriarcaux. Cet atelier s’inscrit dans la continuité des actions de la MMF 2015 sous le thème Libérons nos corps, notre Terre et nos territoires et de la tournée Des-Terres-Minées visant à mettre de l’avant des luttes féministes et anticoloniales menées au Québec contre les projets extractifs.

Un deuxième atelier sera organisé par la FFQ, en collaboration avec la CQMMF, avec les militantes de la MMF qui seront présentes au FSM. Cet atelier sur la MMF permettra à toutes les militantes de la MMF qui seront présentes à cette occasion de partager leurs expériences des actions de 2015, les enjeux auxquelles elles font face comme féministes dans leurs pays et les stratégies d’action qu’elles développent. Elles aborderont, entre autres, la démarche d’éducation politique et populaire développée par les militantes de la MMF dans le cadre des actions de 2015, la place et la vision portées par les femmes autochtones dans différentes coordinations de la MMF et les alliances crées par le mouvement de la MMF avec d’autres mouvements sociaux ici et ailleurs.

En amont et durant le FSM, nous poursuivront notre implication au sein du Comité Féminismes du FSM pour soutenir la mobilisation au sein de nos réseaux. À partir des ateliers autogérés qui seront proposés par les groupes et collectifs participants au FSM, le Comité Féminismes diffusera une programmation mettant de l’avant les activités en lien avec les mouvements féministes et animera tout au long du rassemblement un espace féministe autogéré, au sein duquel il sera possible de se retrouver pour échanger lors d’activités formelles et informelles.

Lors du FSM, la FFQ organisera sa participation aux différentes activités à travers une délégation composée de militantes membres de la FFQ qui souhaitent s’y joindre. Cela nous permettra d’assurer une participation plus diversifiée aux différentes activités, qu’il s’agisse des ateliers que nous organisons, ceux auxquels nous souhaitons participer pour porter des perspectives féministes et faire des liens avec des groupes alliés, prendre part à des assemblées de convergence, de même qu’aux espaces plus informels du FSM. Nous organiserons cette délégation grâce à quelques rencontres préparatoires en amont (juin) et des moments de rencontres-partages durant le FSM.

Vous souhaitez vous joindre à la délégation de la FFQ et participer à la préparation ? Merci de contacter Alice Lepetit à alepetit@ffq.qc.ca

 

Alice Lepetit

Retour sur la Caravane de la MMF : des alternatives et des revendications locales

« Levons-nous debout. Ensemble, on peut
stopper la destruction de notre beau Québec. »
Manon Girard, militante féministe
Saguenay-Lac-Saint-Jean
.

 

 

Voilà un mois que la Caravane des résistances et solidarités féministes est rentrée au bercail! Après une puissante tournée d’actions de résistance du mouvement féministe, voilà que nous prenons la mesure du chemin parcouru, des luttes soutenues et des alternatives bien en marche dans les régions du Québec.

Sur 5 000 kilomètres de route, la Caravane a jeté l’encre dans 13 régions, mobilisées sur une diversité d’enjeux. Si les actions prenaient une couleur tout à fait locale, soulignons avec force que les femmes du Québec résistent aux mêmes systèmes de domination. Les systèmes patriarcal, capitaliste et colonialiste impactent les femmes d’ici et du monde entier et les maintiennent dans une position de vulnérabilité que nous refusons de maintenir et contre laquelle nous résistons ensemble.

Nos luttes sont communes et la tournée de la Caravane est venue prouver la force de notre solidarité et notre capacité à transposer notre vision dans des alternatives concrètes, diversifiées et inspirantes pour une société libre de domination. En voici des exemples éclatants.

Quand nos consœurs montréalaises nous apprennent que 5 000 ménages de Côte-des-Neiges investissent plus de 80% de leurs revenus mensuels au loyer, nous sommes en colère et nous refusons avec elles qu’il en soit ainsi. Une marche nous a mené sur le site de Blue Bonnets, ancien hippodrome de Montréal, ciblé par des promoteurs pour la construction d’un imposant projet immobilier qui viendra encore appauvrir la population environnante. Quarante-cinq groupes communautaires du quartier, dont les groupes de femmes, se mobilisent depuis plus de 20 ans et revendiquent 2 500 logements sociaux dans le projet immobilier. Avec elles, nous scandons : « Pour un développement de Montréal avec les femmes! » Pour un développement inclusif et solidaire sur tous nos territoires!

Austérité = vulnérabilité

Quand nos camarades de Laval nous présentent leur Portrait des femmes en situation de vulnérabilité, nous saluons l’importante contribution qu’elles apportent sur les réalités vécues et dans la compréhension des profondes inégalités qui frappent les femmes. Avec elles, nous refusons que les femmes soient les premières touchées par les mesures d’austérité, qu’elles soient encore les plus vulnérables dans la société. Comme l’expriment les gaspésiennes et les madelinotes dans leur Manifeste : « nous sommes en colère, car votre austérité a d’abord un sexe : les femmes sont les plus touchées par les mesures d’appauvrissement! » Nous appuyons l’initiative de ces dernières de porter leur manifeste à l’Assemblée nationale.

Mais comment espérer des changements en profondeur quand les femmes sont maintenues à l’écart des lieux de pouvoir et de décision? Les femmes du Saguenay agissent sur l’absence des femmes dans les instances décisionnelles et le faible revenu moyen des femmes (pour 1$ gagné chez les hommes, les femmes gagnent 0,62$!). Elles exigent le suffrage universel pour la préfecture pour 2017, ce qui remplacerait le mécanisme de « nomination » qui défavorise les femmes : dans toute leur histoire, une seule préfète a eu accès à ce poste d’influence. Nous appuyons leur requête sans détour, et avec elles, nous refusons le démantèlement des régions au niveau des structures régionales. Signons leur Manifeste pour une gouvernance équitable locale et régionale!

La vie avant le profit!

Nous n’en pouvons plus des tragédies, de payer de nos vies le prix de l’indifférence*. Le Lac-Mégantic a perdu 47 de ses habitants, décédés dans le déraillement de train survenu dans la nuit du 6 juillet 2013. Le passage de la Caravane à Lac-Mégantic fut l’occasion de commémorer la disparition de ces êtres aimés, mais aussi et surtout d’être en action ensemble pour refuser le transport pétrolier meurtrier et l’exploitation des ressources et des communautés. Avec elles, nous avons exigé une voie de contournement pour qu’elles se réapproprient leur Centre-ville, leur territoire!

Le 4 octobre, nous avons marché avec nos sœurs autochtones et exigé, à leurs côtés, la tenue d’une enquête sur les 1186 femmes autochtones assassinées et disparues. Le 17 octobre, plus d’un millier de femmes ont pris part à un imposant die-in à Trois-Rivières! Tout au long de la tournée, les femmes du Québec, allochtones et autochtones, ont travaillé ensemble et appris à se connaître dans l’action, à bâtir des relations égalitaires entre les peuples. Avec elles, nous appuyons les résistances des peuples et des femmes autochtones!

À Rivière-du-Loup, les femmes du Bas-Saint-Laurent ont dénoncé les agressions sexuelles vécues par les femmes dans l’armée, les viols de guerre et les sommes investies dans le développement de l’armée en posant un geste de résistance sur le site du manège militaire. Une marche symbolique nous a ensuite conduites au Vieux Manège, qui abrite aujourd’hui plusieurs organismes communautaires. Avec elles, nous avons rappelé l’importance de ces groupes comme espaces de résistance. Une militante du Saguenay-Lac-Saint-Jean nous rappelle d’ailleurs que 85% des employés du communautaire sont des femmes.

Merci!

Nous saluons avec force l’engagement, l’intelligence et l’ingéniosité des milliers de militantes, de groupes de femmes, d’alliés que nous avons pu rencontrer lors de la tournée de la Caravane. Ensemble, nous construisons la route vers la libération et tant que toutes les femmes ne seront pas libres, nous serons en marche!

 

 Françoise Bellemare

Mot de la présidente : Rencontre des Amériques au Pérou – MMF

Au lendemain de l’action nationale de la Marche Mondiale des femmes à Trois-Rivières, il était déjà temps de se préparer pour la 4e rencontre régionale des Amériques.

En effet, les différentes représentantes de la coordination de la Marche Mondiale des femmes du Québec, Émilia Castro, représentante de la Coalition régionale de la MMF à Québec et représentation du Comité international de la MMF des Amériques,  Viviane Michel de Femmes autochtone au Québec, Isabelle Boisvert, militante engagée, et moi-même, avons participé à cette rencontre tenue à Cajamarca au Pérou. Sélectionnée parce que lieu de luttes féministes importantes, pour la défense de l’eau et contre l’extractivisme minier, entre autres, c’est cette région située à plus de 800 km au nord de la capitale du Pérou a été l’hôte de cette rencontre réunissant une cinquantaine de femmes. Des militantes de partout dans les Amériques s’y étaient donné rendez-vous : le Québec, les États-Unis, le Mexique, le Guatemala, le Panama, Cuba, le Venezuela, le Chili, le Brésil et bien évidemment le Pérou y étaient.

Partage et luttes

Cette rencontre d’une durée de trois (3) jours avait comme principal objectif le partage des enjeux et des défis de chacune des régions, mais surtout le partage des résistances et des alternatives féministes. Nous avons présenté et expliqué nos cartes des résistances construites collectivement et nous avons profité de ce moment pour dresser le bilan des actions de la Marche Mondiale des femmes dans les Amériques.

Cette rencontre a aussi été l’occasion d’entendre les témoignages de luttes de nos sœurs péruviennes dans la défense de leurs corps, leurs terres et leurs territoires. Un des moments les plus puissants de la rencontre a été le partage de Máxima Acuña, une femme engagée dans la lutte contre les minières Yanacocha et Candente Copper, deux minières exploitées par des sociétés canadienne et américaine. Chaque jour, cette femme est confrontée à des pressions, des jugements et à de la violence qui affectent sa vie et celle de son entourage. Son témoignage nous a certes serré le cœur à quelques reprises, mais a surtout su nous éveiller aux conditions difficiles des militantes dans le Sud.

Aux rythmes des batoucadas et à coup de slogans, nous avons aussi marché dans les rues de Cajamarca afin de dénoncer les pratiques anti-environnementales et l’exploitation des ressources naturelles. Nous avons été vite entourés par des militaires armés, prouvant une fois de plus que l’intimidation et la répression des forces de l’ordre sont disproportionnées face aux mobilisations pacifiques.

 

Se construire comme sujet politique

Nous avons aussi travaillé à articuler de nouvelles collaborations et à préparer une proposition de formation politique à partir de nos vécus et de nos expériences qui renforcent nos luttes et nos actions collectives. Cette formation politique féministe est le principal outil stratégique que nous nous sommes données pour nous construire nous-mêmes en tant que sujets politiques pour résister aux systèmes qui nous oppriment. Partant des affirmations telles que :

Quel féminisme voulons-nous construire ? Qui en sont les actrices et les acteurs ?
Quelles sont les actions que nous voulons porter et comment voulons-nous le faire ?

Nous avons travaillé sur une compréhension commune de nos réalités afin nous aider à créer notre propre épistémologie féministe[1].

Nous nous sommes aussi préparés en vue de la XIe rencontre internationale qui aura lieu au Mozambique à l’automne 2016. Par la mise en place de comités et par l’amélioration de nos communications, nous avons collectivisé les divers enjeux comme l’augmentation du conservatisme qui mine le progrès et attaque les droits des femmes, la justice reproductive et la criminalisation de l’avortement, la persistance de l’hétéronormativité, la non-souveraineté alimentaire, le démantèlement des services publics, la destruction de l’environnement, l’économie néolibérale et les différents traités, etc.

Cette réunion nous a permis aussi de connaître les luttes de toutes les femmes : les jeunes, les lesbiennes, les femmes autochtones, les femmes en milieu urbain ou rural, au Nord comme au Sud. Ces luttes nous les menons contre le patriarcat, le capitalisme, le colonialisme et l’impérialisme. Encore plus important, nous avons constaté que notre force collective et nos stratégies de transformation sont puissantes.

Cette rencontre enrichissante a été l’occasion de partager les analyses et les résistances que les femmes au Québec mettent en place afin de renforcer nos alternatives, mais aussi, cette rencontre a permis de voir ce que font les femmes ailleurs dans les Amériques et comment elles le font. C’est dans l’espoir de parvenir à une société guidée par un projet féministe de société que nous continuerons la lutte parce que tant que toutes les femmes ne seront pas libres, nous serons en marche!

 

Mélanie Sarazin


[1] Notre capacité à créer notre définition  de ce que nous voulons être et ce que nous aspirons être comme mouvement féministe, comme militante féministe. Nous définir nous mêmes en fonction de nos valeurs.