Nos corps ne sont pas un terrain de violence

image décorative

Nous retranscrivons ici en intégralité le discours de la vice-présidente de la FFQ, Marlihan Lopez, lors de la commémoration du 6 décembre à la Place du 6-décembre-1989 :

Une violence genrée et racialisée. Tantôt banalisée, tantôt fétichisée. Mariages forcées, violences basées sur l’honneur, pourquoi êtes-vous seulement intéressées à nous entendre quand la violence peut être utilisée comme prétexte pour stigmatiser toute une communauté ou pour faire pousser des projets colonialistes et impérialistes? Je ne prétends pas dire qu’il n’existe pas de violence misogyne à l’intérieur de nos communautés, ou qu’il faudrait le cacher. Non certainement pas, nous devons continuer à briser le silence. 

Nos corps ne sont pas un terrain de violence

Tantôt hypervisibles, Tantôt effacées.  L’obsession exclusive avec la violence dans le contexte de la sphère privée, la violence envers des femmes « opprimées » par leurs maris « barbares » sert souvent à excuser la violence publique, les actes haineux motivés par le racisme, l’islamophobie et la misogynie.  Mais prêtez-vous attention quand on vous parle des violences racistes, des violences étatiques, des violences systémiques qu’on subit aux quotidien? Quand on vous parle des barrières à l’accès aux ressources pour les femmes victimes de violence? Quand on vous parle de l’absence des services en violence sexuelle à Montréal Nord?

Nos corps ne sont pas un terrain de violence

Peut-on avoir notre #MoiAussi, #AgressionNonAnnoncée sans déclencher une haine raciste envers nos communautés ? Quand est-ce que les violences dont nous sommes victimes recevront la même indignation que reçoivent celles vécues par des femmes appartenant à des groupes dominants : blanches, hétéro, cis ? Où se trouve la colère et l’indignation collective quand nous dénonçons les violences publiques auxquelles nous sommes soumises à cause du racisme systémique? 

Nos corps ne sont pas un terrain de violence

Serons-nous encore obligées à choisir entre la lutte contre l’oppression raciste et la lutte contre l’oppression sexiste, sachant qu’on vit ces discriminations simultanément. L’insécurité que l’on ressent dans un contexte d’hostilité qui ne cesse d’empirer envers les personnes racisées, immigrantes, musulmanes… On le ressent en tant que FEMMES et en tant que minorités raciales/ethno-culturelles.  Mais la violence raciste et patriarcale prétend nous obliger à compartimenter nos identités et notre oppression et vous êtes toutes et tous complices. 

Nos corps ne sont pas un terrain de violence

Cette année, dans le contexte des 12 jours contre les violences faites aux femmes et de la commémoration du 6 décembre, nous parlons beaucoup d’anti-féminisme, je dirai anti-féminismes en pluriel. Ça a été un moment pour réfléchir aux violences systémiques dont sont victimes les femmes.  La Ville a même reconnu la tuerie à la Polytechnique comme étant un attentant anti-féministe. Reconnaitrons-nous aussi cette vague de violence raciste et genrée, d’islamophobie comme des actes anti-féministes qui mérite également une mobilisation et une indignation collective? 

Nos corps ne seront plus un terrain de violence

30 ans plus tard, souvenons-nous

Sur l'image, au côté des visages des femmes assassinées le 6 décembre 1989 est écrit : "on se souvient"

Aujourd’hui c’est la Journée internationale de commémoration et d’action contre la violence faite aux femmes.

Il y a 30 ans, 14 femmes étaient assassinées durant l’attentat antiféministe à Polytechnique uniquement parce qu’elles étaient des femmes.

Souvenons-nous de chacune de ces femmes. La perpétuation de leur mémoire est un devoir collectif de commémoration des crimes d’hier qui continuent encore aujourd’hui à cibler des femmes parce qu’elles sont des femmes.

ON SE SOUVIENT :

Geneviève Bergeron (née en 1968), étudiante en génie civil.
Hélène Colgan (née en 1966), étudiante en génie mécanique.
Nathalie Croteau (née en 1966), étudiante en génie mécanique.
Barbara Daigneault (née en 1967), étudiante en génie mécanique.
Anne-Marie Edward (née en 1968), étudiante en génie chimique.
Maud Haviernick (née en 1960), étudiante en génie des matériaux.
Barbara Klucznik-Widajewicz (née en 1958), étudiante infirmière.
Maryse Laganière (née en 1964), employée au département des finances.
Maryse Leclair (née en 1966), étudiante en génie des matériaux.
Anne-Marie Lemay (née en 1967), étudiante en génie mécanique.
Sonia Pelletier (née en 1961), étudiante en génie mécanique.
Michèle Richard (née en 1968), étudiante en génie des matériaux.
Annie St-Arneault (née en 1966), étudiante en génie mécanique.
Annie Turcotte (née en 1969), étudiante en génie des matériaux.

En hommage à ces 14 femmes assassinées ce 6 décembre 1989, nous portons la responsabilité collective de ne pas se souvenir de leur assassinat en prétendant que de telles violences n’ont plus d’ancrage dans la réalité quotidienne du Québec en 2019. 

En 2019, Dona Paré is still missing. En 2019, le premier féminicide, soit le génocide colonial des autochtones, n’est toujours pas reconnu.

De toutes les femmes qui ont été assassinées par leurs conjoints, leurs partenaires, des amis, des connaissances et des étrangers.

De toutes les femmes Autochtones disparues et assassinées, dont une liste incomplète de leurs noms se trouve ici: http://bit.ly/2BFffWs

30 ans plus tard, évitons que la mémoire ne nous fasse défaut.

30 ans plus tard, on se souvient de vous toutes et on vous aime. ❤️

3 réponses aux commentaires islamophobes les plus fréquents

À l’ère des chroniqueurs auto-patenté.e.s en experte “laïcité” et “féminisme”, la toute récente saga du mouvement #monvoilemonchoix pourrait se découper en série de feuilletons illustrant la désertion de l’esprit critique et du savoir factuel.

Qu’à cela ne tienne, la bassesse des commentaires haineux sur la loi 21 et le foulard sont à l’image d’un processus législatif bâclé et expéditif. En l’espace de quelques mois, et ce de façon arbitraire avec l’utilisation à la fois du baillon et de la clause nonobstant, un gouvernement a choisi de figer dans le marbre une vision exclusive de la laïcité au Québec avec des conséquences désastreuses pour les populations visées et le climat social au Québec. 

Nous le voyons dans les commentaires que nous recevons. La parole de haine s’est libérée au Québec. Nous avons décidé de faire oeuvre utile en démontant en trois points les 3 commentaires islamophobes qui reviennent les plus régulièrement dans le débat public.

1) “Nos grand-mères se sont battues pour nos droits” 

De nombreuses féministes se sont effectivement battues contre le pouvoir politique et institutionnel de l’Église catholique, parmi elles de nombreuses chrétiennes. Rappelons que lorsque Claire Kirkland-Casgrain fit adopter en 1964 la Loi sur la capacité juridique de la femme mariée, elle la présenta en Chambre comme s’inspirant de la philosophie du mariage du pape Jean XXIII et comme un retour au principe chrétien de l’égalité dans le mariage. 

Les religions ne sont en elles-mêmes ni oppressives, ni émancipatrices. 

Par ailleurs, si la religion catholique a pu à un moment avoir un certain poids institutionnel au Québec, la religion musulmane n’a strictement aucun pouvoir institutionnel au Québec. Au contraire les femmes musulmanes sont discriminées par la Loi et sont justement exclues des postes d’autorité. Ne nous laissons pas prendre par les amalgames et confusion de mouvements conservateurs et racistes.

2) “Il y a des femmes à qui on force de porter le foulard alors il faut interdire le foulard”

À ce type de rhétorique, nous répondons une seule chose en écho à ce qu’avait déclaré une militante française antiraciste, Sonia Guedgued: pourquoi, alors que des femmes ont déjà été forcées de se marier (plus de 200 000 mineurs ont été mariés sur le sol américain entre 2000 et 2015), les femmes qui se disent “contre” le voile parce que certaines femmes sont forcées de le porter ne sont-elles pas non plus contre le mariage ? Par ailleurs, cet argument occulte complètement les réalités politiques dans lesquelles s’insèrent les violences faites aux femmes. Au Québec, en 2019, ce sont bien les femmes musulmanes qui ont été visées par une loi institutionnelle leur interdisant l’accès à des postes de pouvoir. Les féministes soutiennent l’auto-détermination des femmes partout et tout le temps. 

3) Le voile est un symbole de soumission

Cet argument est habituellement suivie d’exemples de luttes de militantes en Iran qui lutte contre l’imposition du voile. L’argument consisterait à penser que parce qu’à un endroit, des femmes sont forcées de le porter, alors le voile serait en lui-même un symbole de soumission qu’il conviendrait d’interdire partout. 

À cet argument, nous répondrons que la leader dans le mouvement contre l’imposition du voile en Iran a aussi…manifesté son soutien pour les femmes visées parce qu’elles portent le foulard en Occident. 

C’est ainsi que Masih Alinejad (une des fondatrices du mouvement contre l’obligation) a déclaré dans une entrevue avec le réseau CBCNews que “je suis pour la liberté de choix, et mon rêve est de pouvoir marcher avec ma mère qui porte le voile en France sans avoir de jugements ou de quelquonques attaques” 

Parce que ces femmes n’imposent pas leur vision, elles luttent contre l’imposition. C’est la même au Québec. Nous n’imposons pas notre vision mais nous luttons résolument contre l’imposition dans la lignée de l’héritage des mouvements féministes au Québec “Mon corps, mon choix”. Enfin, alors que tantôt le voile est décrié comme un symbole de “soumission”, il est aussi, selon les humeurs, décrié comme un “symbole politique”. Il est intéressant à cet effet de constater que ce vocable apparaît dès lors que les femmes musulmanes affirment publiquement leur libre-choix de porter le foulard. 

Ce n’est pas la première fois qu’une loi raciste est passée au nom de la laïcité au Canada. En 1930, la loi scolaire de la Saskatchewan était amendée  par le nouveau premier ministre, James Anderson, un proche du Ku Klux Klan alors à son apogée. Les signes et habits religieux étaient à ce temps-ci interdits dans l’école publique. 

Si officiellement c’est dans le but de séculariser l’école, personne n’est dupe: ces amendements visaient directement l’assimilation des Canadiens français catholiques qui se mobilisèrent massivement contre ce racisme évident avec le soutien du Québec. 

Quelle ironie n’est-ce pas ? 89 ans plus tard, dans un autre contexte politique, il s’agit maintenant de viser une autre minorité au sein d’une majorité. 



Islamophobie et messages haineux: La FFQ tire la sonnette d’alarme

Voici la teneur des commentaires proprement haineux, islamophobes et transphobes depuis notre appel à relayer la campagne de solidarité #MonVoileMonChoix.

C’est très inquiétant.

Les commentaires haineux que reçoit désormais régulièrement la Fédération des femmes du Québec et les autres organismes de défense de droit à chacune de leurs sorties sur la laïcité n’est qu’un reflet minuscule de ce que subissent les femmes musulmanes dans leur quotidien depuis le passage de la loi. 

Le gouvernement de la CAQ et le ministre Simon Jolin-Barrette ont leur part de responsabilité dans cette libéralisation de la parole haineuse en ayant constamment nié les impacts que la loi 21 aurait sur les femmes musulmanes, et ce  malgré les nombreux avertissements de la société civile.

Aujourd’hui critiqué sur sa gestion de la réforme du #PEQ, force est de constater que la loi 21 a été votée de façon tout aussi cavalière, sans consulter les acteurs de terrain et sans aucune considération pour ses impacts humains. 

La Fédération des Femmes du Québec tire la sonnette d’alarme. 

La FFQ réagit à la vague de commentaires haineux suite à #MonVoileMonChoix

«Le coton ouaté, c’est cute… mais le voile, c’est vraiment badass. Mardi prochain, portez le voile»
Ce simple appel de solidarité à l’égard des femmes portant le foulard a provoqué une nouvelle vague de commentaires de haine à l’égard de notre équipe de travail. 
Ce simple appel, composé de quelques mots, a aussi été repris dans la foulée par plusieurs organes de presse comme étant une initiative de la Fédération des femmes du Québec. Ce n’est pas vrai et ce serait invisibiliser le travail de militantes de terrain. L’initiative a été lancée par Hanadi Saad, fondatrice de Justice Femme, Amel Zaazaa et Tasnim Rekik, engagées depuis le début contre la loi 21. 

La Fédération des femmes du Québec s’est contentée simplement de relayer l’appel, jouant le rôle que nous avons à jouer, en soutien à toutes les femmes. Et l’urgence est bien là. 

Si Catherine Dorion a été interdite d’accès au salon bleu à cause de son habit non conforme aux “règles” du décorum, les femmes portant le foulard viennent d’être ciblées par une loi leur interdisant l’enseignement et les postes de pouvoir. Si l’habillement des femmes n’est pas synonyme de compétence, le degré de contrôle de leur vêtement est proportionnel au pouvoir qu’elles parviennent à arracher dans une société, certaines plus difficilement que d’autres. 

Au-delà de la légalisation de la discrimination des femmes musulmanes aux postes d’enseignement et aux postes de pouvoir, l’urgence se mesure aussi dans les effets de la loi. Les commentaires haineux que reçoit désormais régulièrement la Fédération des femmes du Québec à chacune de ses sorties sur la laïcité n’est qu’un reflet minuscule de ce que subissent les femmes musulmanes dans leur quotidien depuis le passage de la loi. 

Alors qu’il n’y ait pas de malentendu: la FFQ n’appelle pas au “port du voile”.
La FFQ appelle à participer à un événement de solidarité à l’égard des femmes musulmanes en portant occasionnellement un macaron contre la loi 21 ou un foulard dans un contexte où nos luttes féministes doivent absolument ne pas mettre de côté les violences vécues par ces femmes. 

À l’heure où nous sommes régulièrement accusées de “diviser” le mouvement féministe. Nous répondons que la violence des commentaires haineux que nous recevons à chacune de nos sorties sur la laïcité n’est que le reflet de la violence tolérée dans la société québécoise depuis que le gouvernement de la CAQ a choisi de faire passer la loi 21. 

La FFQ tient également à préciser que sa mission est de défendre les droits de toutes les femmes et de répondre aux orientations données par ses membres en cohérence avec nos principes. Cette action de défense des droits, nous sommes déterminées de continuer à la poursuivre aux côtés de la Ligue des droits et libertés et Amnistie internationale Canada francophone, pour ne citer qu’un petit nombre des organismes qui s’étaient levés contre la loi 21. 

À cette fin, et pour répondre à ces campagnes régulières de haine contre la FFQ, nous précisons que notre rôle n’est pas de satisfaire aux demandes de personnes projetant une vision raciste et islamophobe de la lutte pour le féminisme mais bien de défendre le droit de toutes les femmes. 

LE COLLÈGE DES MÉDECINS REFUSE D’ÉCOUTER LES FEMMES

Voici la lettre ouverte publiée par le journal La Presse et co-signée par une quinzaine d’organismes féministes :

« Ligotée […], isolée dans la peur et le froid et laissée à moi-même. »

« J’étais certaine qu’ils allaient me tuer. Ça fait 25 ans de ça, mais j’en pleure encore. »

« Je ne savais même pas ce qu’il faisait, mais ça m’a fait vraiment mal. »

« C’est mon corps, je suis consciente des risques possibles, laissez-moi donc choisir ! »

Témoignages sur les violences obstétricales et gynécologiques recueillis par le regroupement naissance-renaissance

Des témoignages comme ça, le Regroupement Naissance-Renaissance en reçoit beaucoup. C’est ce qui nous a convaincus de former la Collective du 28 mai, constituée de groupes féministes pour dénoncer ces violences.

Le 28 mai dernier, nous avons lancé un appel aux témoignages dans le but de faire réaliser aux instances de santé publique la nature systémique de ces violences, loin d’être des cas isolés.

Malgré nos efforts, le Collège des médecins n’entend pas. Dans un article publié mardi dans La Presse, Yves Robert, secrétaire du Collège, réduit ces violences à ce qui serait un simple « problème de communication ». Il précise que « c’est probablement lié davantage à la communication et à l’explication de l’intervention qu’à un désir de violence ».

Le Collège des médecins, en mettant de l’avant un hypothétique problème de communication, se défausse de sa responsabilité pour la rejeter sur les victimes de violences obstétricales et gynécologiques.

Plutôt que de reconnaître le vécu des femmes et des personnes, la position du Collège est de dire que les femmes qui accouchent ou les personnes qui ont besoin d’un suivi gynécologique ont simplement mal compris, mal interprété les propos du ou de la médecin. Ce déni de la parole des femmes et le renvoi à un défaut de compréhension de leur part renvoient précisément aux préjugés sexistes auxquelles les femmes font face quotidiennement.

Dans le même article, le Collège des médecins parle de consentement implicite.

Nous aimerions rappeler au Collège des médecins du Québec son propre code déontologique et la loi qui régit la profession de ses membres au Québec, soit que « le médecin doit, sauf urgence, avant d’entreprendre un examen, une investigation, un traitement ou une recherche, obtenir du patient ou de son représentant légal, un consentement libre et éclairé ».

Personne ne donne un consentement implicite à un médecin pour procéder à des examens physiques quelconques simplement en prenant rendez-vous. Il est clair dans les lois et les directives cliniques que chaque examen ou intervention ne peut se faire sans obtenir un consentement explicite, libre et éclairé de la part de la personne qui demande la consultation.

Que le secrétaire du Collège des médecins se demande si, vraiment, c’est pertinent de demander explicitement le consentement à chaque geste posé revient à remettre en cause les lois en vigueur au Québec. C’est aberrant et très grave de la part d’une institution de cette importance.

Nous invitons donc le Collège à relire son propre document de référence sur le consentement aux soins, qui explique tout cela en 79 pages.

Nous l’invitons également à revoir son principe de communication. Le 11 juin dernier, invitée par le Collège, la présidente de la Fédération des femmes du Québec a parlé de la question des violences obstétricales et gynécologiques. Aux vues des propos d’Yves Robert, l’institution s’est contentée d’une invitation de courtoisie sans rien entendre de nos revendications.

Il nous paraît évident que le Collège ne comprend pas ce qu’est une violence obstétricale ou gynécologique, et n’a pas démontré son réel désir d’être à l’écoute des femmes et des personnes utilisatrices de soins obstétricaux et gynécologiques.

Nous demandons des excuses publiques du Collège des médecins.

Dire que le consentement est implicite ne suffit plus. Dire que les violences obstétricales et gynécologiques sont un problème de communication ne suffit plus. En fait, nous soutenons que de dire de telles choses n’est plus acceptable en 2019.

Nous demandons aussi au Collège des médecins d’être conséquent, et de former un comité avec différents partenaires, donc le milieu communautaire, pour imaginer des pistes de solutions afin que ces violences cessent.

Du même souffle, nous interpellons la ministre de la Santé et des Services sociaux de même que la ministre de la Justice afin qu’une enquête soit mise sur pied, qu’une réflexion soit entamée sur le sujet, et que, finalement, des données sur ces violences puissent nous guider sur les actions à prendre collectivement pour qu’enfin les femmes puissent avoir des soins de santé sans avoir peur pour leur intégrité physique.

* Cosignataires : Fédération des femmes du Québec (FFQ) ; Fédération québécoise pour le planning des naissances (FQPN) ; Centre de solidarité lesbienne (CSL) ; Action cancer du sein du Québec (ACSQ) ; Fédération des maisons d’hébergement pour femmes ; L’R des centres de femmes du Québec ; Réseau des tables régionales de groupes de femmes du Québec (RTRGFQ) ; Table des regroupements provinciaux d’organismes communautaires et bénévoles ; Fédération des associations de familles monoparentales et recomposées du Québec (FAFMRQ) ; Vivre 100 fibromes ; Réseau d’action des femmes en santé et services sociaux (RAFSSS) ; Institut de recherche et d’actions pour la santé des femmes (IRASF) ; Réseau d’action des femmes handicapées du Canada (DAWN) ; Association québécoise des infirmières et infirmiers (AQII) ; Centre de documentation sur l’éducation des adultes et la condition féminine (CDEACF) ; Réseau des lesbiennes du Québec (RLQ)

Denis Lévesque a lui aussi déchiré sa chemise

Suite à la publication d’un post de 10 mots de Gabrielle Bouchard sur une discussion à mener pour rendre la vasectomie obligatoire pour les hommes à 18 ans en réaction aux différentes attaques contre le droit à l’avortement ici et ailleurs, nous avons été invitées sur le plateau de Denis Lévesque.

Cette invitation devait nous permettre d’expliquer pourquoi “le monde déchirait sa chemise” à la suite de ce post, et quels enseignements nous pourrions collectivement en tirer. Sauf que Denis Lévesque a lui aussi déchiré sa chemise au cours de cette entrevue. Décryptage.

Point godwin et dissonance cognitive

Au bout de 1mn50s d’entrevue avec Gabrielle Bouchard, le ton est donné par l’animateur: “ça n’a pas de bon sens, ça tient pas debout. Y’a un côté nazi là-dedans”.  

Si comparer un post de 10 mots ironisant sur l’idée d’avoir une discussion sur la vasectomie obligatoire à 18 ans est comparable avec les méthodes nazis ayant mené à l’extermination de six millions de juifs durant la seconde guerre mondiale, nous pensons qu’il y a un grave problème d’analyse. Nous pensons aussi qu’il y a un problème de définition sur ce qu’est “un génocide”.

Plus tard dans l’entrevue à 11mn45, Denis Lévesque reconnaît pourtant la définition d’un génocide comme étant “un peuple qui veut en exterminer un autre”. Il est d’autant plus intéressant que M. Lévesque est souhaité opposer cette définition en contestation de l’utilisation du terme “génocide” par la commission d’enquête sur les femmes autochtones disparues et assassinées. Cet échange est survenu au moment où la Présidente de la FFQ a voulu expliquer que les conversations qui nous rendent inconfortables sont nécessaires pour avancer collectivement sur des enjeux de société.

Si la comparaison entre le mode opératoire du régime hitlérien et notre post de 10 mots est très grave, elle dénote aussi une dissonance cognitive. Parler ironiquement de vasectomie obligatoire à 18 ans dans un post de 10 mots en réaction aux attaques sur le corps des femmes relèverait du nazisme, mais en revanche le traitement (réel) subi par les peuples autochtones par le gouvernement canadien ne relèverait pas du génocide.

Par cette comparaison, Denis Lévesque a aussi magistralement montré qu’effectivement remettre en question l’autonomie corporelles des femmes est un débat, tandis que remettre en question celle des hommes est une abomination. Nous sommes habituées à ce que le point godwin soit atteint rapidement lors de commentaires sur les réseaux sociaux mais venant d’un homme de télé, beaucoup moins.

Transphobie

Sur la transphobie, le schéma se répète. En environ 1mn, Denis Lévesque a réussi l’exploit de nier la réalité des commentaires transphobes de la part des commentateurs en réaction au post tout en expliquant ensuite que Gabrielle aurait dû s’attendre à des commentaires transphobes en choisissant de faire du militantisme en étant une femme trans. La séquence commence à 9mn40s : “de chez les commentateurs, y’a pas personne qui en a parlé” pour se terminer à 10mn47s: “faire du militantisme en étant trans, vous saviez que vous alliez vous faire critiquer

Tout d’abord, le prémisse est faux. Prenons pour seul exemple l’intervention de Denise Bombardier sur Qub Radio ce mardi 10 juin. Cela est sans compter la multitude de commentaires transphobes publiés sur les réseaux sociaux.

Ensuite, il y a quelque chose de contradictoire à nier la transphobie dont serait la cible Gabrielle Bouchard pour ensuite expliquer qu’elle aurait dû s’y attendre en s’engageant en tant que militante. Ne parlant pas de la fin de la séquence où Denis Lévesque s’autofélicite d’avoir participé à rendre visible les personnes trans dans son émission au point où aujourd’hui “ils [les personnes trans] sont partout

Mecsplications

Si le post a montré une chose, c’est la nécessité de continuer à avoir des conversations sur les enjeux féministes au Québec. Mais pas selon Denis Lévesque. Pour M. Lévesque, le Québec est déjà à l’avant garde du féminisme et les femmes n’auraient pas d’inquiétude à avoir concernant le droit au contrôle de leur propre corps. Dans un grand moment de mecsplication (lorsqu’un homme vous explique comment vous devez  faire vos luttes), M. Lévesque a considéré que puisque un récent sondage a montré que 86% des québécois.e.s étaient pour l’avortement, les femmes n’auraient aucune raison de s’inquiéter des tentatives de contrôle sur leur corps, et ce au mépris des violences quotidiennes que les femmes subissent sur leur corps et au mépris de l’enquête sur la stérilisation forcée des femmes autochtones en 2017 au Canada.

Au vue des réactions, nous avons encore énormément de travail de pédagogie à faire sur le sexisme et ce qu’il implique en termes de rapport de force dans une société. Nous ne pouvons pas mettre sur le même plan d’égalité les menaces contre le corps des hommes et les menaces contre les corps des femmes. Les femmes, du fait du système patriarcal qui les placent de groupe social dominé par rapport aux hommes ont historiquement vécu des violences vis-à-vis de leurs corps et les vivent encore aujourd’hui.

Ce sont les femmes qui doivent subir quotidiennement des violences gynécologiques et obstétricales. Ce sont les femmes qui doivent vivre la gestion des grossesses non désirées avec le lot de violences que cela engendre lors des rendez-vous médicaux. Ce sont les femmes qui subissent quotidiennement des agressions sexuelles. Ce sont les femmes autochtones qui subissent encore aujourd’hui des stérilisations forcées.

Au vue de l’ampleur et de la violence des réactions suscitées par ce post, nous avons du mal à croire que le Québec peut se targuer d’être irréprochable sur le plan du sexisme, de la transphobie et du respect quant aux souffrances vécues par les communautés autochtones.

À l’inverse de cet entrevue, voici un article de fond publié par le quotidien La Presse, à la hauteur des enjeux soulevés par cette controverse:

http://bit.ly/2IGvKqn

Le plan RADAR porte atteinte dangereusement à la sécurité des femmes dans l’industrie du sexe

Le mardi 28 mai, à quelques jours du Grand Prix de Montréal,  le SPVM a lancé l’opération «RADAR». Cette initiative appelée officiellement à lutter contre “l’exploitation sexuelle” rate sa cible. Elle promet seulement de créer des conditions de vie et de travail plus dangereuses pour les femmes dans l’industrie du sexe.

L’opération RADAR a pour objectif de former des agents du secteur du tourisme et des transports en des agents de surveillance de l’État chargés de dénoncer les femmes dans l’industrie du sexe à la police. L’initiative forme le personnel des secteurs de l’hôtellerie et du tourisme à la détection de plusieurs «indicateurs» des personnes supposées être exploitées.

Si les différences fondamentales entre “traite humaine”, “exploitation sexuelle” et “consentement” ne sont même pas pris en considération par les agents de police, nous doutons que les agents du secteur du tourisme et des transports aient une quelconque compétence pour reporter ce qui relèverait effectivement de l’exploitation sexuelle ou de la traite humaine.

Au lieu de cela, le plan RADAR institue une forme de profilage sur la base de “tenues vestimentaires” jugées convenables ou non par des employés du secteur du tourisme et des transports. Ce sont aussi les femmes les plus marginalisées, appartenant aux communautés migrantes, racisées et qui vivent la pauvreté qui seront visées. Inutile de relever ici l’aspect sexiste et raciste de cette mesure visant à déterminer selon “l’apparence” des personnes supposées être exploitées.

Cette opération, mise en place à quelques jours du lancement du Grand Prix de Montréal, promet juste de créer un climat de délation et de précariser dangereusement les conditions de travail des femmes dans l’industrie du sexe tout en restant parfaitement inefficace contre la traite humaine et l’exploitation sexuelle.

En reconnaissant l’agentivité des femmes dans l’industrie du sexe en octobre 2018 lors de notre assemblée générale extraordinaire, c’est exactement ce que nous souhaitions éviter. Nous devons sortir du schème de pensée renvoyant ces femmes à des personnes dont les droits peuvent-être sacrifiées.

Comprendre la notion de consentement

Nous devons nous engager dans la nuance pour comprendre la différence conceptuelle entre “consentement” et “non consentement”. Cela est essentiel pour trouver les bons outils pour une véritable lutte contre l’exploitation sexuelle et la traite humaine.

Aucune femme ne jouit d’une palette de choix illimitée. Chacune d’entre nous est amenée à faire des choix en fonction des barrières économiques, sexistes, racistes, capacitistes, homophobes, colonialistes – bref toutes barrières structurelles – que nous rencontrons. Par exemple, une femme noire peut faire le choix de garder un travail en deçà de ses qualifications et compétences pour éviter de retourner dans la case “chômage” en raison des discriminations racistes dont elle est la cible. Est-ce que cela ferait un quelconque sens de cibler ses droits sous prétexte que son choix n’est pas considéré comme étant “consentie”, libre de toutes contraintes ? Bien sûr que non. La solution serait de travailler à mettre en place des politiques publiques contre les discriminations racistes à l’embauche. La solution serait d’élargir la palette de ses choix.

Ainsi, en quoi cela fait du sens de mettre des barrières aux femmes dans l’industrie du sexe parce que le choix qu’elles prennent n’est pas en accord avec ce que nous avons défini comme “convenable” ? En quoi cela fait du sens de les désigner comme cibles en mettant en danger leurs santé, leurs droits et leurs sécurité ?

Des impacts concrets sur les droits des femmes dans l’industrie du sexe

L’incapacité à considérer la vente de services sexuels comme étant une activité consentie nous rend inefficace pour lutter réellement contre l’exploitation sexuelle et la traite humaine. Il nous rend aussi complices des violences que subissent les femmes dans l’industrie du sexe.

À les juger sur leur activité, elles sont perçues comme des personnes binaires qui consentent à tout (“consentement présumé”) ou qui ne peuvent pas consentir (“consentement invalidé”).

Cela à des impacts concrets dans la vie de ces femmes: par exemple, comment porter plainte à la police si celle-ci considère que votre consentement à vendre des services sexuels équivaut aussi à consentir à toutes violences dont vous seriez victimes ?

Nous avons une obligation collective d’avoir une meilleure compréhension de ces enjeux.

Au moment de cette période calendaire où les droits des femmes dans l’industrie du sexe sont particulièrement mis en cause, nous restons solidaires de ces femmes. Leurs droits, leurs sécurité, leurs santé sont gravement mis en danger par notre incapacité à reconnaître leur capacité d’agir et de fait leur pleine humanité.

La volonté de prévenir et de détecter l’exploitation sexuelle est une bonne chose. La FFQ n’a jamais insinué le contraire mais encore faut-il le faire de la bonne manière.

Pour cela, dans un document d’une dizaine de pages, la Fédération des femmes du Québec vous donne les outils pour alimenter votre réflexion sur les différences entre consentement, exploitation sexuelle et traite humaine. Nous expliquons aussi en quoi notre incapacité à bien discerner chacune de ces situations a des impacts concrets sur les femmes dans l’industrie du sexe tout en étant inactifs dans une lutte effective contre la traite humaine et l’exploitation sexuelle :

http://bit.ly/2EUJuwI

En cliquant sur l'image, vous accédez à notre formulaire de dons

Appel à témoignages: violences obstétricales et gynécologiques

Sur l'image est écrit : "Violences obstétricales/gynécologiques : appel à témoignages ! RDV sur www.stopvog.org

Cet appel aux témoignages est lancé dans le cadre d’une campagne de sensibilisation et de lutte contre les violences obstétricales et gynécologiques (VOG) qui touchent les femmes, les hommes trans, les personnes non-binaires et bispirituelles.

Vous avez peut-être vécu cette forme de violence si :

– Vous avez ressenti des formes de non-respect de votre corps ou des atteintes à votre dignité.
– On a fait une intervention médicale sans vous en parler et obtenir votre consentement au préalable (par exemple : on a introduit des doigts dans votre vagin sans vous prévenir ou vous demander votre accord).
– On vous a laissé croire que vous n’aviez pas le choix de subir une intervention médicale ou d’accepter la présence d’étudiant.es en médecine et de résident.es lors d’un examen.
– On a fait utiliser la coercition pour vous faire accepter une intervention (par exemple : on vous a demandé de prendre une décision sous la menace ou on a menacé d’appeler la DPJ).
– On vous a empêché de bouger durant votre accouchement, on vous a forcé.e à rester allongé.e sur le dos durant votre accouchement, on vous a empêché.e de boire et de manger.
– On n’a pas pris le temps de vous expliquer les avantages et désavantages ainsi que les conséquences et les alternatives possibles d’une intervention, d’un médicament ou d’une méthode contraceptive.
– On vous a refusé une méthode de contraception temporaire ou définitive.
– On a refusé de vous poser ou de vous enlever un stérilet.
– On vous a refusé le choix de tenter un accouchement vaginal après césarienne, ou on vous a refusé de le faire hors d’un centre hospitalier.
– On s’est adressé à vous avec mépris, on vous a dit des paroles blessantes, on ne vous a pas cru.e lorsque vous disiez ressentir de la douleur.
– Des remarques sexistes, lesbophobes, transphobes ou dégradantes vous ont été faites par le personnel soignant dans un contexte obstétrical ou gynécologique.

– On vous a discriminé.e sur la base d’un handicap ou d’un corps jugé non-conforme lors d’un suivi en gynécologique ou en obstétrique.

(Ceci est une liste non-exhaustive d’exemples, les VOG peuvent se manifester sous d’autres
formes.)

Les VOG sont des violences systémiques et genrées reliées à la santé reproductive et sexuelle.Elles surviennent dans un contexte de suivi gynécologique ou obstétrical. Elles peuvent être vécues lors d’un accouchement, d’une fausse couche ou d’un avortement aussi bien que lors d’un simple rendez-vous gynécologique, d’une échographie ou d’une mammographie.

Les personnes vivant à l’intersection de plusieurs systèmes d’oppressions telles que les femmes racisées, excisées, autochtones, en situation de handicap, lesbiennes et les personnes trans et non- binaires sont encore plus à risque de subir cette violence.

L’existence des VOG prend racine dans un système patriarcal qui méprise les corps des femmes et les corps non-conformes. Ces violences sont également issues d’un système de santé défaillant qui valorise la performance au détriment de l’écoute des personnes. Dans un tel système, les patient.es ne sont pas aux centres des soins.

Les instances décisionnelles refusent de reconnaître le problème; votre témoignage peut faire la différence! Nous appelons toute personne pensant avoir vécu des violences obstétricales ou gynécologiques à déposer son témoignage et à porter plainte aux instances concernées. Toute personne ayant été témoin de VOG sur autrui est aussi invitée à témoigner (professionnel.les de la santé, doulas, étudiant.es, etc.)

Rendez-vous sur le site www.stopvog.org ou sur notre page Facebook Stop violences
obstétricales et gynécologiques – Québec ou par courriel à temoignage@stopvog.org

Cette campagne a été conçue par La collective du 28 mai :

Action Cancer du sein (ACS) ; Action des femmes handicapées (Montréal) (AFHM)  ; Ariane K – Consultante périnatale ; Centre de solidarité lesbienne (CSL) ; Centre des femmes d’ici et d’ailleurs ; Fédération des Femmes du Québec (FFQ) ; Fédération du Québec pour le planning des naissances (FQPN) ; Regroupement Naissance-Renaissance (RNR) ; Regroupement québécois des centres d’aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel (RQCALACS) ; Réseau d’action pour l’égalité des femmes immigrées et racisées du Québec (RAFIQ) ; Réseau des lesbiennes du Québec – Femmes de la diversité sexuelle (RLQ/QLN) ; Réseau des tables régionales de groupes de femmes du Québec (RTRGFQ).

Groupes en appui

L’Alliance des maisons d’hébergement de 2e étape pour femmes et enfants victimes de violence conjugale (L’Alliance 2e étape) ; La CORPS féministe; Fédération des maisons d’hébergement pour femmes (FMHF); On SEXplique ça ; L’R des Centres de femmes du Québec; Relais-femmes; Réseau d’action des femmes en santé et services sociaux (RAFSSS); Table de concertation des organismes communautaires du réseau de l’immigration et de l’intégration du Québec (TCRI); La Table des regroupements provinciaux d’organismes communautaires et bénévoles (Table); Vivre 100 Fibromes

Pour ajouter votre groupe à liste des groupes en appui, veuillez communiquer avec nous à temoignage@stopvog.org

Christchurch : lettre ouverte de collectifs féministes de la Maison Parent-Roback

Nous, collectifs féministes de la Maison Parent-Roback, exprimons notre totale solidarité aux communautés musulmanes durement frappées par un attentat qui a fait 50 morts ce vendredi 15 mars aux deux mosquées de Christchurch en Nouvelle-Zélande. Des enfants, des femmes, des hommes, des sourires et des espoirs fauchés sur l’autel d’une idéologie haineuse.

Notre amitié et nos pensées vont aux communautés musulmanes québécoises, rappelées à l’horreur, deux ans après la tuerie dans la grande mosquée de Québec, mais également avec l’ensemble des communautés musulmanes ailleurs dans le monde qui doivent affronter le racisme, l’islamophobie et la violence dans leur quotidien. Cette tragédie a ébranlé des sociétés entières par-delà les frontières.

Vos morts sont nos morts. Vos coeurs sont les nôtres.

Collectivement, nous ne pouvons plus nous taire face à une islamophobie qui ravage le tissu social de nos sociétés. Nous ne pouvons plus nier la globalité de ce phénomène et ses ancrages au Québec. Le terroriste s’est réclamé de l’auteur de la tuerie de la mosquée à Québec et de discours islamophobes entretenues en France et ailleurs dans son passage à l’acte.  Nous ne pouvons plus prétendre que la mise en place de lois ciblant des minorités n’ont pas pour effet de légitimer les passages à l’acte haineux ici, et ailleurs dans le monde.

Résident-es au quartier de Parc-Extension, vous êtes aussi nos voisin-es. Sachez que nous toutes, nous sommes à vos côtés et sommes disponibles pour vous soutenir de quelques façons que ce soient.

Ces tragédies doivent être un rappel constant à nos consciences: celui de la détermination à tenir coûte que coûte notre volonté de s’unir, de rester fermes dans l’exercice du droit et la protection de nos libertés.

Notre solidarité dépassera la haine de toutes celles et ceux qui tentent de déstabiliser notre société ! Nous resterons «Debouttes» !

Signé :

La Fédération des Femmes du Québec, (FFQ)

Institut F,

Fédération du Québec pour le planning des naissances, (FQPN)

La Maison Parent-Roback, (MPR)

Le Conseil d’intervention pour l’accès des femmes au travail (CIAFT)

Le CDEACF,

L’R des centre de femmes du Québec,

Action cancer du sein du Québec,

Relais-Femmes,

Regroupement Naissance-Renaissance

Les Éditions du Remue-Ménage,

Service d’entraide Passerelle (SEP)

Fondation filles d’action,

Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale,

Table des groupes de femmes de Montréal,

DAWN-RAFH Canada

Cliquez ici pour retrouver le lien de téléchargement de la lettre avec en bas de page les logos de chaque organisme signataire.