Denis Lévesque a lui aussi déchiré sa chemise

Suite à la publication d’un post de 10 mots de Gabrielle Bouchard sur une discussion à mener pour rendre la vasectomie obligatoire pour les hommes à 18 ans en réaction aux différentes attaques contre le droit à l’avortement ici et ailleurs, nous avons été invitées sur le plateau de Denis Lévesque.

Cette invitation devait nous permettre d’expliquer pourquoi “le monde déchirait sa chemise” à la suite de ce post, et quels enseignements nous pourrions collectivement en tirer. Sauf que Denis Lévesque a lui aussi déchiré sa chemise au cours de cette entrevue. Décryptage.

Point godwin et dissonance cognitive

Au bout de 1mn50s d’entrevue avec Gabrielle Bouchard, le ton est donné par l’animateur: “ça n’a pas de bon sens, ça tient pas debout. Y’a un côté nazi là-dedans”.  

Si comparer un post de 10 mots ironisant sur l’idée d’avoir une discussion sur la vasectomie obligatoire à 18 ans est comparable avec les méthodes nazis ayant mené à l’extermination de six millions de juifs durant la seconde guerre mondiale, nous pensons qu’il y a un grave problème d’analyse. Nous pensons aussi qu’il y a un problème de définition sur ce qu’est “un génocide”.

Plus tard dans l’entrevue à 11mn45, Denis Lévesque reconnaît pourtant la définition d’un génocide comme étant “un peuple qui veut en exterminer un autre”. Il est d’autant plus intéressant que M. Lévesque est souhaité opposer cette définition en contestation de l’utilisation du terme “génocide” par la commission d’enquête sur les femmes autochtones disparues et assassinées. Cet échange est survenu au moment où la Présidente de la FFQ a voulu expliquer que les conversations qui nous rendent inconfortables sont nécessaires pour avancer collectivement sur des enjeux de société.

Si la comparaison entre le mode opératoire du régime hitlérien et notre post de 10 mots est très grave, elle dénote aussi une dissonance cognitive. Parler ironiquement de vasectomie obligatoire à 18 ans dans un post de 10 mots en réaction aux attaques sur le corps des femmes relèverait du nazisme, mais en revanche le traitement (réel) subi par les peuples autochtones par le gouvernement canadien ne relèverait pas du génocide.

Par cette comparaison, Denis Lévesque a aussi magistralement montré qu’effectivement remettre en question l’autonomie corporelles des femmes est un débat, tandis que remettre en question celle des hommes est une abomination. Nous sommes habituées à ce que le point godwin soit atteint rapidement lors de commentaires sur les réseaux sociaux mais venant d’un homme de télé, beaucoup moins.

Transphobie

Sur la transphobie, le schéma se répète. En environ 1mn, Denis Lévesque a réussi l’exploit de nier la réalité des commentaires transphobes de la part des commentateurs en réaction au post tout en expliquant ensuite que Gabrielle aurait dû s’attendre à des commentaires transphobes en choisissant de faire du militantisme en étant une femme trans. La séquence commence à 9mn40s : “de chez les commentateurs, y’a pas personne qui en a parlé” pour se terminer à 10mn47s: “faire du militantisme en étant trans, vous saviez que vous alliez vous faire critiquer

Tout d’abord, le prémisse est faux. Prenons pour seul exemple l’intervention de Denise Bombardier sur Qub Radio ce mardi 10 juin. Cela est sans compter la multitude de commentaires transphobes publiés sur les réseaux sociaux.

Ensuite, il y a quelque chose de contradictoire à nier la transphobie dont serait la cible Gabrielle Bouchard pour ensuite expliquer qu’elle aurait dû s’y attendre en s’engageant en tant que militante. Ne parlant pas de la fin de la séquence où Denis Lévesque s’autofélicite d’avoir participé à rendre visible les personnes trans dans son émission au point où aujourd’hui “ils [les personnes trans] sont partout

Mecsplications

Si le post a montré une chose, c’est la nécessité de continuer à avoir des conversations sur les enjeux féministes au Québec. Mais pas selon Denis Lévesque. Pour M. Lévesque, le Québec est déjà à l’avant garde du féminisme et les femmes n’auraient pas d’inquiétude à avoir concernant le droit au contrôle de leur propre corps. Dans un grand moment de mecsplication (lorsqu’un homme vous explique comment vous devez  faire vos luttes), M. Lévesque a considéré que puisque un récent sondage a montré que 86% des québécois.e.s étaient pour l’avortement, les femmes n’auraient aucune raison de s’inquiéter des tentatives de contrôle sur leur corps, et ce au mépris des violences quotidiennes que les femmes subissent sur leur corps et au mépris de l’enquête sur la stérilisation forcée des femmes autochtones en 2017 au Canada.

Au vue des réactions, nous avons encore énormément de travail de pédagogie à faire sur le sexisme et ce qu’il implique en termes de rapport de force dans une société. Nous ne pouvons pas mettre sur le même plan d’égalité les menaces contre le corps des hommes et les menaces contre les corps des femmes. Les femmes, du fait du système patriarcal qui les placent de groupe social dominé par rapport aux hommes ont historiquement vécu des violences vis-à-vis de leurs corps et les vivent encore aujourd’hui.

Ce sont les femmes qui doivent subir quotidiennement des violences gynécologiques et obstétricales. Ce sont les femmes qui doivent vivre la gestion des grossesses non désirées avec le lot de violences que cela engendre lors des rendez-vous médicaux. Ce sont les femmes qui subissent quotidiennement des agressions sexuelles. Ce sont les femmes autochtones qui subissent encore aujourd’hui des stérilisations forcées.

Au vue de l’ampleur et de la violence des réactions suscitées par ce post, nous avons du mal à croire que le Québec peut se targuer d’être irréprochable sur le plan du sexisme, de la transphobie et du respect quant aux souffrances vécues par les communautés autochtones.

À l’inverse de cet entrevue, voici un article de fond publié par le quotidien La Presse, à la hauteur des enjeux soulevés par cette controverse:

http://bit.ly/2IGvKqn

Le plan RADAR porte atteinte dangereusement à la sécurité des femmes dans l’industrie du sexe

Le mardi 28 mai, à quelques jours du Grand Prix de Montréal,  le SPVM a lancé l’opération «RADAR». Cette initiative appelée officiellement à lutter contre “l’exploitation sexuelle” rate sa cible. Elle promet seulement de créer des conditions de vie et de travail plus dangereuses pour les femmes dans l’industrie du sexe.

L’opération RADAR a pour objectif de former des agents du secteur du tourisme et des transports en des agents de surveillance de l’État chargés de dénoncer les femmes dans l’industrie du sexe à la police. L’initiative forme le personnel des secteurs de l’hôtellerie et du tourisme à la détection de plusieurs «indicateurs» des personnes supposées être exploitées.

Si les différences fondamentales entre “traite humaine”, “exploitation sexuelle” et “consentement” ne sont même pas pris en considération par les agents de police, nous doutons que les agents du secteur du tourisme et des transports aient une quelconque compétence pour reporter ce qui relèverait effectivement de l’exploitation sexuelle ou de la traite humaine.

Au lieu de cela, le plan RADAR institue une forme de profilage sur la base de “tenues vestimentaires” jugées convenables ou non par des employés du secteur du tourisme et des transports. Ce sont aussi les femmes les plus marginalisées, appartenant aux communautés migrantes, racisées et qui vivent la pauvreté qui seront visées. Inutile de relever ici l’aspect sexiste et raciste de cette mesure visant à déterminer selon “l’apparence” des personnes supposées être exploitées.

Cette opération, mise en place à quelques jours du lancement du Grand Prix de Montréal, promet juste de créer un climat de délation et de précariser dangereusement les conditions de travail des femmes dans l’industrie du sexe tout en restant parfaitement inefficace contre la traite humaine et l’exploitation sexuelle.

En reconnaissant l’agentivité des femmes dans l’industrie du sexe en octobre 2018 lors de notre assemblée générale extraordinaire, c’est exactement ce que nous souhaitions éviter. Nous devons sortir du schème de pensée renvoyant ces femmes à des personnes dont les droits peuvent-être sacrifiées.

Comprendre la notion de consentement

Nous devons nous engager dans la nuance pour comprendre la différence conceptuelle entre “consentement” et “non consentement”. Cela est essentiel pour trouver les bons outils pour une véritable lutte contre l’exploitation sexuelle et la traite humaine.

Aucune femme ne jouit d’une palette de choix illimitée. Chacune d’entre nous est amenée à faire des choix en fonction des barrières économiques, sexistes, racistes, capacitistes, homophobes, colonialistes – bref toutes barrières structurelles – que nous rencontrons. Par exemple, une femme noire peut faire le choix de garder un travail en deçà de ses qualifications et compétences pour éviter de retourner dans la case “chômage” en raison des discriminations racistes dont elle est la cible. Est-ce que cela ferait un quelconque sens de cibler ses droits sous prétexte que son choix n’est pas considéré comme étant “consentie”, libre de toutes contraintes ? Bien sûr que non. La solution serait de travailler à mettre en place des politiques publiques contre les discriminations racistes à l’embauche. La solution serait d’élargir la palette de ses choix.

Ainsi, en quoi cela fait du sens de mettre des barrières aux femmes dans l’industrie du sexe parce que le choix qu’elles prennent n’est pas en accord avec ce que nous avons défini comme “convenable” ? En quoi cela fait du sens de les désigner comme cibles en mettant en danger leurs santé, leurs droits et leurs sécurité ?

Des impacts concrets sur les droits des femmes dans l’industrie du sexe

L’incapacité à considérer la vente de services sexuels comme étant une activité consentie nous rend inefficace pour lutter réellement contre l’exploitation sexuelle et la traite humaine. Il nous rend aussi complices des violences que subissent les femmes dans l’industrie du sexe.

À les juger sur leur activité, elles sont perçues comme des personnes binaires qui consentent à tout (“consentement présumé”) ou qui ne peuvent pas consentir (“consentement invalidé”).

Cela à des impacts concrets dans la vie de ces femmes: par exemple, comment porter plainte à la police si celle-ci considère que votre consentement à vendre des services sexuels équivaut aussi à consentir à toutes violences dont vous seriez victimes ?

Nous avons une obligation collective d’avoir une meilleure compréhension de ces enjeux.

Au moment de cette période calendaire où les droits des femmes dans l’industrie du sexe sont particulièrement mis en cause, nous restons solidaires de ces femmes. Leurs droits, leurs sécurité, leurs santé sont gravement mis en danger par notre incapacité à reconnaître leur capacité d’agir et de fait leur pleine humanité.

La volonté de prévenir et de détecter l’exploitation sexuelle est une bonne chose. La FFQ n’a jamais insinué le contraire mais encore faut-il le faire de la bonne manière.

Pour cela, dans un document d’une dizaine de pages, la Fédération des femmes du Québec vous donne les outils pour alimenter votre réflexion sur les différences entre consentement, exploitation sexuelle et traite humaine. Nous expliquons aussi en quoi notre incapacité à bien discerner chacune de ces situations a des impacts concrets sur les femmes dans l’industrie du sexe tout en étant inactifs dans une lutte effective contre la traite humaine et l’exploitation sexuelle :

http://bit.ly/2EUJuwI

En cliquant sur l'image, vous accédez à notre formulaire de dons

Appel à témoignages: violences obstétricales et gynécologiques

Sur l'image est écrit : "Violences obstétricales/gynécologiques : appel à témoignages ! RDV sur www.stopvog.org

Cet appel aux témoignages est lancé dans le cadre d’une campagne de sensibilisation et de lutte contre les violences obstétricales et gynécologiques (VOG) qui touchent les femmes, les hommes trans, les personnes non-binaires et bispirituelles.

Vous avez peut-être vécu cette forme de violence si :

– Vous avez ressenti des formes de non-respect de votre corps ou des atteintes à votre dignité.
– On a fait une intervention médicale sans vous en parler et obtenir votre consentement au préalable (par exemple : on a introduit des doigts dans votre vagin sans vous prévenir ou vous demander votre accord).
– On vous a laissé croire que vous n’aviez pas le choix de subir une intervention médicale ou d’accepter la présence d’étudiant.es en médecine et de résident.es lors d’un examen.
– On a fait utiliser la coercition pour vous faire accepter une intervention (par exemple : on vous a demandé de prendre une décision sous la menace ou on a menacé d’appeler la DPJ).
– On vous a empêché de bouger durant votre accouchement, on vous a forcé.e à rester allongé.e sur le dos durant votre accouchement, on vous a empêché.e de boire et de manger.
– On n’a pas pris le temps de vous expliquer les avantages et désavantages ainsi que les conséquences et les alternatives possibles d’une intervention, d’un médicament ou d’une méthode contraceptive.
– On vous a refusé une méthode de contraception temporaire ou définitive.
– On a refusé de vous poser ou de vous enlever un stérilet.
– On vous a refusé le choix de tenter un accouchement vaginal après césarienne, ou on vous a refusé de le faire hors d’un centre hospitalier.
– On s’est adressé à vous avec mépris, on vous a dit des paroles blessantes, on ne vous a pas cru.e lorsque vous disiez ressentir de la douleur.
– Des remarques sexistes, lesbophobes, transphobes ou dégradantes vous ont été faites par le personnel soignant dans un contexte obstétrical ou gynécologique.

– On vous a discriminé.e sur la base d’un handicap ou d’un corps jugé non-conforme lors d’un suivi en gynécologique ou en obstétrique.

(Ceci est une liste non-exhaustive d’exemples, les VOG peuvent se manifester sous d’autres
formes.)

Les VOG sont des violences systémiques et genrées reliées à la santé reproductive et sexuelle.Elles surviennent dans un contexte de suivi gynécologique ou obstétrical. Elles peuvent être vécues lors d’un accouchement, d’une fausse couche ou d’un avortement aussi bien que lors d’un simple rendez-vous gynécologique, d’une échographie ou d’une mammographie.

Les personnes vivant à l’intersection de plusieurs systèmes d’oppressions telles que les femmes racisées, excisées, autochtones, en situation de handicap, lesbiennes et les personnes trans et non- binaires sont encore plus à risque de subir cette violence.

L’existence des VOG prend racine dans un système patriarcal qui méprise les corps des femmes et les corps non-conformes. Ces violences sont également issues d’un système de santé défaillant qui valorise la performance au détriment de l’écoute des personnes. Dans un tel système, les patient.es ne sont pas aux centres des soins.

Les instances décisionnelles refusent de reconnaître le problème; votre témoignage peut faire la différence! Nous appelons toute personne pensant avoir vécu des violences obstétricales ou gynécologiques à déposer son témoignage et à porter plainte aux instances concernées. Toute personne ayant été témoin de VOG sur autrui est aussi invitée à témoigner (professionnel.les de la santé, doulas, étudiant.es, etc.)

Rendez-vous sur le site www.stopvog.org ou sur notre page Facebook Stop violences
obstétricales et gynécologiques – Québec ou par courriel à temoignage@stopvog.org

Cette campagne a été conçue par La collective du 28 mai :

Action Cancer du sein (ACS) ; Action des femmes handicapées (Montréal) (AFHM)  ; Ariane K – Consultante périnatale ; Centre de solidarité lesbienne (CSL) ; Centre des femmes d’ici et d’ailleurs ; Fédération des Femmes du Québec (FFQ) ; Fédération du Québec pour le planning des naissances (FQPN) ; Regroupement Naissance-Renaissance (RNR) ; Regroupement québécois des centres d’aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel (RQCALACS) ; Réseau d’action pour l’égalité des femmes immigrées et racisées du Québec (RAFIQ) ; Réseau des lesbiennes du Québec – Femmes de la diversité sexuelle (RLQ/QLN) ; Réseau des tables régionales de groupes de femmes du Québec (RTRGFQ).

Groupes en appui

L’Alliance des maisons d’hébergement de 2e étape pour femmes et enfants victimes de violence conjugale (L’Alliance 2e étape) ; La CORPS féministe; Fédération des maisons d’hébergement pour femmes (FMHF); On SEXplique ça ; L’R des Centres de femmes du Québec; Relais-femmes; Réseau d’action des femmes en santé et services sociaux (RAFSSS); Table de concertation des organismes communautaires du réseau de l’immigration et de l’intégration du Québec (TCRI); La Table des regroupements provinciaux d’organismes communautaires et bénévoles (Table); Vivre 100 Fibromes

Pour ajouter votre groupe à liste des groupes en appui, veuillez communiquer avec nous à temoignage@stopvog.org

Message pour le 6 décembre : souvenons-nous.

Aujourd’hui c’est la Journée internationale de commémoration et d’action contre la violence faite aux femmes.

Il y a 29 ans, 14 femmes étaient assassinées durant le massacre de Polytechnique uniquement parce qu’elles étaient des femmes.

Souvenons-nous de chacune de ces victimes. La perpétuation de leur mémoire est un devoir collectif de commémoration des crimes d’hier qui continuent encore aujourd’hui à cibler des femmes parce qu’elles sont des femmes.

Cette année, nous n’oublions pas qu’aujourd’hui encore des femmes autochtones se font assassinées et qu’après toutes ces années, l’enquête de police piétine encore.

1017. C’est le nombre de femmes autochtones assassinées et/ou disparues entre 1980 et 2012 selon le RMCP. C’est une sous-estimation.
4 000. C’est le nombre de femmes autochtones assassinées et disparues selon le Native Women’s Association of Canada (NWAC). Ce serait aussi une sous-estimation.

Nous n’oublions pas que 137 femmes sont assassinées dans le monde, chaque jour, sous les coups de leurs conjoints. À chaque heure, c’est environ six femmes qui sont tuées toutes les heures par quelqu’un qu’elles connaissent.

Aujourd’hui au Québec et dans le monde, le domicile est l’endroit le plus dangereux pour les femmes.

Nous n’oublions pas Daphné Boudreault, 18 ans, assassinée le 22 mars 2017 par son ex. Nous n’oublions pas qu’elle avait demandé un accompagnement de la police avant d’être assassinée, car elle avait peur de son ex-compagnon.

Nous n’oublions pas Josiane Arguin, 34 ans, assassinée par son conjoint début septembre dernier. Alors que le meurtrier comparaissait lundi, le corps de la victime n’a pas encore été retrouvée.

Nous n’oublions pas Chevranna Abdi, une femme transgenre noire morte en 2003 après avoir été traînée dans les escaliers sur plusieurs étages, visage vers le bas, par des policiers d’Hamilton, en Ontario.

En hommage à ces 14 femmes assassinées ce 6 décembre 1989, nous portons la responsabilité collective de ne pas se souvenir de leur assassinat en prétendant que de telles violences n’ont plus d’ancrage dans la réalité quotidienne du Québec en 2018.

ON SE SOUVIENT :

Geneviève Bergeron (née en 1968), étudiante en génie civil.
Hélène Colgan (née en 1966), étudiante en génie mécanique.
Nathalie Croteau (née en 1966), étudiante en génie mécanique.
Barbara Daigneault (née en 1967), étudiante en génie mécanique.
Anne-Marie Edward (née en 1968), étudiante en génie chimique.
Maud Haviernick (née en 1960), étudiante en génie des matériaux.
Barbara Klucznik-Widajewicz (née en 1958), étudiante infirmière.
Maryse Laganière (née en 1964), employée au département des finances.
Maryse Leclair (née en 1966), étudiante en génie des matériaux.
Anne-Marie Lemay (née en 1967), étudiante en génie mécanique.
Sonia Pelletier (née en 1961), étudiante en génie mécanique.
Michèle Richard (née en 1968), étudiante en génie des matériaux.
Annie St-Arneault (née en 1966), étudiante en génie mécanique.
Annie Turcotte (née en 1969), étudiante en génie des matériaux.

De toutes les femmes qui ont été assassinées par leurs conjoints, leurs partenaires, des amis, des connaissances et des étrangers.

De toutes les femmes Autochtones disparues et assassinées, dont une liste incomplète de leurs noms se trouve ici: http://bit.ly/2BFffWs

De toutes les femmes trans assassinées.

De toutes les femmes lesbiennes et les femmes bisexuelles battues et assassinées parce qu’elles sont lesbiennes ou bisexuelles.

On se souvient de vous toutes et on vous aime. ❤️

COMMUNIQUÉ DE PRESSE – COMITÉ DES 12 JOURS D’ACTION

Ceci est le logo du comité des 12 jours d'action contre les violences envers les femmes. Il y a une caméra avec un symbole de vénus.

Les 12 jours d’action contre les violences envers les femmes

Du 25 novembre au 6 décembre 2018

MONTRÉAL, le 24 novembre 2018 – Le Comité des 12 jours d’action contre les violences envers les femmes invite les médias à une conférence de presse le lundi 26 novembre, à 15h, au Centre d’éducation et d’action des femmes de Montréal (CÉAF) (2422, boulevard de Maisonneuve Est, Montréal, Québec, H2K 2E9). Cette conférence sera le coup d’envoi des 12 jours d’action à l’échelle nationale et l’occasion d’entendre les portes-paroles de la campagne : Emilie Nicolas, membre du conseil d’administration de la Fédération des Femmes du Québec, Marie-Pier Boisvert, directrice générale du Conseil Québécois LGBT, Hanane Khales, Coordonnatrice des communications au Réseau d’action des femmes handicapées du Canada (RAFH-DAWN Canada), Jessica Quijano, chargée de projet du projet Iskweu au Foyer pour femmes autochtones de Montréal et Romina Hernández Gómez, organisatrice communautaire du Regroupement québécois des Centres d’aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel (RQCALACS).

L’an dernier, dans un contexte où plusieurs événements majeurs ont secoué les groupes féministes, le Comité 12 jours d’action a mis en lumière toutes les violences invisibles que notre société continue de générer et de perpétuer à l’égard des femmes.

Cette année, 8 capsules vidéo seront lancées pour mettre en relief les problématiques concrètes que vivent encore trop de femmes, informer le public des ressources et lancer un appel à l’action.

Le Plan d’action contre la violence conjugale et la Stratégie gouvernementale pour prévenir et contrer les violences sexuelles sont loin d’être satisfaisants. Nous demandons au nouveau gouvernement de passer à l’action :

  • Reconnaitre l’accessibilité universelle comme un droit acquis et non comme un accommodement.
  • Financer les organismes à la mission et leur permettre ainsi de fournir des services adéquats et sur du long terme, avec l’engagement de rejoindre les groupes desservis.
  • Reconnaitre la compétence et la nécessité des organismes dédiés aux femmes marginalisées en les finançant adéquatement.
  • Reconnaitre l’existence des violences systémiques et leur impact sur les femmes.

Le comité va aussi lancer un appel à l’action pour encourager la population à passer à l’action contre les violences envers les femmes. La violence envers les femmes, c’est l’affaire de tout le monde!

Le Comité invite aussi la population à participer à deux grands événements à ne pas manquer :  la commémoration du 6 décembre au Square Cabot à midi le 6 décembre. Durant la commémoration, le comité honorera la mémoire des 14 femmes victimes de la tragédie de Polytechnique, les femmes autochtones assassinées et disparues et toutes les femmes victimes de violence. Ce sera un moment pour souligner le besoin d’agir contre les violences envers les femmes encore aujourd’hui. Aussi, le Comité soutient la soirée micro ouvert organisée par la Fondation Paroles de femmes,où les femmes qui ont vécu des violences occuperont la scène pour appeler la population à agir contre les violences, par le biais de la poésie, du chant, du rap et du slam. La soirée aura lieu le vendredi 7 décembre à 17h30 à la Maison du développement durable (50, rue Sainte-Catherine Ouest, Montréal H2X 3V4).

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Contact média :Eve Torresevetorres3108@gmail.com(514) 371-2888

À NE PAS RATER25 nov.           :     Début de la Campagne des #12joursdaction26 nov. (15h) :     Conférence de presse                                                                    (Centre d’éducation et d’action des femmes de MTL)6 déc. (12h)   :     Commémoration                                                                            (Square Cabot)7 déc. (18h)   :     Micro ouvert contre les violences faites aux femmes            (Maison du développement durable)Consultez le calendrier : http://cdeacf.ca/12jours
Qui est le Comité des 12 jours d’action ?
Le Comité des 12 jours d’action contre les violences envers les femmes est composé cette année de la Fédération des femmes du Québec, Action des femmes handicapées (Montréal), du Centre de documentation sur l’éducation des adultes et la condition féminine, du Conseil Québécois LGBT, de DAWN /Réseau d’action des femmes handicapées du Canada, de Native Women’s Shelter of Montreal, de la Fédération des maisons d’hébergement pour femmes, de la Fondation Paroles de femmes, de l’organisme LaVOIEdesfemmes, du Regroupement québécois des centres d’aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel (RQCALACS) et de la Maison des femmes Sourdes de Montréal. La Campagne du Comité des 12 jours d’action contre les violences envers les femmes est réalisée grâce au soutien du Secrétariat à la Condition féminine, de la Fédération des femmes du Québec et du Regroupement québécois des centres d’aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel (RQCALACS).

La campagne des 12 jours d’action contre les violences envers les femmes

Cette année encore, la Fédération des femmes du Québec coordonne le Comité  des 12 jours d’action contre les violences envers les femmes qui se tiendront du 25 novembre au 6 décembre 2017.

Le Comité 12 jours rassemble depuis 2008 plusieurs groupes de femmes qui luttent contre les violences ou en défense des droits des femmes de façon plus large, ayant chacun des expertises différentes et complémentaires en matière de lutte contre les violences faites aux femmes.

Depuis 9 ans, le Comité mène une campagne annuelle visant l’élimination de la violence systémique envers les femmes qui continue d’exister malgré les avancées des droits des femmes au Québec et au Canada.

 Cette année, la campagne a comme but spécifique d’expliciter ce que sont les violences systémiques, en mettant l’accent sur les expériences vécues par les femmes habituellement reléguées aux marges (femmes racisées, Autochtones, queers, non-hétérosexuelles, trans, en situation de handicap, etc.).

Ici le terme « violence » est utilisé autant pour faire référence à la violence conjugale ou sexuelle que pour parler des stéréotypes et de la discrimination pour l’accès au logement, à l’emploi, aux soins médicaux et à la justice.

De plus, la campagne vise aussi à faire connaître et reconnaitre l’action et les expertises développés par les organismes travaillant à mettre fin aux violences de façon novatrice.

C’est pourquoi nous faisons appel à vous : vous pouvez rejoindre le mouvement et donner une aura nationale à ces 12 jours d’action !

Dans ce sens, nous vous proposons SIX actions auxquelles nous vous invitons vivement à prendre part afin que vos voix et expériences renforcent l’écho de ces 12 jours de mobilisation et de sensibilisation contre les violences faites aux femmes.

Action 1 : Le calendrier collectif des 12 jours

Hébergé sur le site du CDEACF (Centre de documentation sur l’éducation des adultes et la condition féminine), ce calendrier permet à tous les organismes féministes de diffuser leurs événements organisés entre les 25 novembre et  6 décembre 2018, autour du thème des violences faites aux femmes.

À vos claviers ! http://cdeacf.ca/12jours/calendrier12jours

2 : Diffusez la campagne vidéo et ses appels à l’action !

Cette année, le comité des 12 jours d’action contre les violences envers les femmes lance une campagne vidéo de sensibilisation sur les violences systémiques touchant les femmes et plus particulièrement les femmes reléguées aux marges (femmes racisées, autochtones, queers, non-hétérosexuelles, trans, en situation de handicap, etc.).

La campagne sera composée de 7 vidéos, présentant chacune une violence ou une problématique que vivent les femmes et qui n’est pas souvent discutée. Par exemple, une vidéo expliquera la situation des femmes incarcérées, tandis qu’une autre parlera des violences auxquelles font face les femmes sourdes.

Chaque vidéo, composée d’un témoignage d’une femme qui a vécu une violence ou d’une organisatrice communautaire qui travaille pour mettre fin aux violences, se terminera avec un appel à l’action concret, à partager dans votre entourage.

3 : Assistez à notre événement micro ouvert pour les femmes racisées 

Cette soirée sera l’occasion d’exorciser des peines, des peurs et de faire acte de résistance.

L’événement aura lieu le vendredi 7 décembre de 17h30 à 20h30 à la maison du développement durable. (50 rue Sainte-Catherine Ouest, Montréal, H2X 3V4).

Retrouvez toutes les informations sur l’événement facebook : http://bit.ly/2S5BFbt

Nous vous invitons à vous joindre à nous pour vivre des moments forts et libérateurs !

4 : Diffusez la conférence de presse de lancement des 12 jours d’actions contre les violences faites aux femmes

Le comité des 12 jours organise une conférence de presse de lancement des 12 jours d’actions contre les violences faites aux femmes.

Nous vous indiquerons très prochainement ici la date et le lieu de notre conférence de presse. 

Restez connecté-e-s !

 5 : Envoyez la lettre ouverte à vos élu.es !

Nous préparons une lettre collective, signée de l’ensemble des membres du Comité 12 jours, et que nous ferons circuler dans les médias.

Dès qu’elle sera prête, nous mettrons notre lettre ouverte en ligne ici que vous pourrez envoyer à vos élu.es grâce à de simples clics. 

Le plus de voix nous sommes à dénoncer les violences faites aux femmes, le plus nous serons entendu-e-s!

6 : Participez à la Journée de commémoration du 6 décembre

La rencontre sera au Square Cabot de midi à 13h. L’adresse civique la plus proche est le 1235 Rue Lambert Closse, Montréal, QC H3H 1Z4.

Le 6 décembre est la Journée de commémoration et d’action contre la violence faite aux femmes. Elle commémore les 14 jeunes femmes assassinées en 1989 à l’École Polytechnique de Montréal parce qu’elles étaient des femmes. Cette journée est également dédiée à la mémoire de toutes les femmes qui ont été victimes de violences sexistes. Ces violences prennent différentes formes car elles s’articulent avec d’autres systèmes d’oppression, comme le colonialisme, le capacitisme, le racisme, l’homophobie et la transphobie.

Le Comité des #12joursdaction contre la violence envers les femmes vous invite donc à la Commémoration du 6 décembre, qui aura lieu sur l’heure du midi pour favoriser la participation citoyenne. Plusieurs militantes prendront la parole lors de cette cérémonie. Leurs noms seront bientôt annoncés.

Parce qu’il est encore important de s’engager pour que cessent toutes les formes violence envers les femmes, nous vous attendons en grand nombre! Nous vous invitons à partager cette invitation dans vos réseaux. Faisons entendre nos voix!

Les membres du comité des 12 jours :

Le Comité des 12 jours d’action contre les violences envers les femmes est composé cette année d’Action des femmes handicapées (Montréal), du Centre de documentation sur l’éducation des adultes et la condition féminine, du Conseil Québécois LGBT, de DAWN /Réseau d’action des femmes handicapées du Canada, de la Fédération des femmes du Québec, de la Fédération des maisons d’hébergement pour femmes, de la Fondation Paroles de femmes, de La Voix des femmes, de la Maison des femmes Sourdes, du Native Women’s Shelter of Montreal et du RQCALACS.

Femmes détenues à la prison Leclerc: Jusqu’à la semaine des quatre jeudis?

Photo: Valérian Mazataud Le Devoir

Montréal, le 24 septembre 2018 – La Coalition d’action et de surveillance sur l’incarcération des femmes au Québec (CASIFQ) presse les candidat.es en campagne électorale de prendre des engagements fermes concernant l’urgence de mettre fin à la détention des femmes à l’établissement Leclerc à Laval.

Lucie Lemonde, porte-parole de la CASIFQ, rappelle que, lors du déménagement des détenues de la Maison Tanguay au centre de détention Leclerc, le ministre de la Sécurité publique de l’époque, Martin Coiteux, avait déclaré que c’était une solution temporaire. Ce lieu hautement sécuritaire, qui avait été fermé par le gouvernement de Stephen Harper pour cause de vétusté, est totalement inapproprié pour une population féminine vulnérable et peu dangereuse. Grâce à la mobilisation sociale, des améliorations ont été apportées aux conditions de détention et les hommes encore détenus au Leclerc ont été transférés ailleurs. Il n’en reste pas moins que, deux ans et demi plus tard, la situation demeure insoutenable.

« Les femmes sont toujours détenues dans un environnement architectural trop sécuritaire et complètement inadapté à leurs besoins et dans un milieu de vie insensible aux enjeux sexospécifiques. Rappelons que les femmes enfermées au Leclerc sont, en majorité, condamnées pour des crimes liés à la survie et touchées par la pauvreté, la violence et les problèmes de santé », déclare Lucie Lemonde.

Depuis plusieurs mois, un comité mandaté par le ministre Coiteux s’est penché sur la situation au Leclerc et, plus largement, sur les enjeux liés à l’incarcération des femmes. « Les travaux de ce comité se sont déroules derrière des portes closes et nos demandes répétées pour avoir accès à son rapport déposé ce printemps ont toutes été refusées. Les femmes incarcérées et leurs proches n’ont toujours aucune idée de la solution de rechange à l’incarcération des femmes au Leclerc. Envisage-t-on de construire une nouvelle prison, de privilégier une nouvelle approche correctionnelle, de proposer une réduction du recours à l’incarcération comme sanction pour les femmes? » demande Madame Lemonde.

En terminant, la porte-parole de la CASIFQ invite les partis politiques à s’engager publiquement à réfléchir à d’autres options que l’incarcération des femmes. « L’approche pénale actuelle est responsable d’une surpopulation carcérale chronique et favorise le phénomène des portes tournantes. Il est impératif de travailler à la réduction du taux d’incarcération et à réfléchir à des alternatives à l’incarcération des femmes comme solution à un problème social »,  conclut-elle.

Membres de la Coalition d’action et de surveillance sur l’incarcération des femmes au Québec (CASIFQ)
  • Centre des femmes de Laval
  • Fédération des femmes du Québec
  • Ligue des droits et libertés
  • Stella, l’amie de Maimie

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Pour informations :
Lysiane Roch, responsable des communications
Ligue des droits et libertés
514-715-7727

Il ne suffit pas de se dire féministe et environnementaliste — Un discours prononcé lors de la manif contre le G7

Ce qui suit est la version écrite du discours de Laurie Gagnon-Bouchard, co-responsable du Comité Féminisme, bien-vivre, écologie et économie,  prononcé le 9 juin lors de la manifestation contre le G7 à Québec. La vidéo du discours ce trouve ici.
 

Aujourd’hui, je prends la parole au nom de la Fédération des femmes du Québec pour dénoncer l’attitude masculiniste et colonialiste du gouvernement de Justin Trudeau ainsi que le mépris dont il fait preuve envers les femmes, les premiers peuples, les populations québécoise et  canadienne. Le 27 et 28 avril lors des rencontres Femmes en résistance face à l’extractivisme à Montréal et  W7 à Ottawa, des femmes du Canada et de partout dans le monde ont lancé un message clair  : Il ne suffit pas de se dire féministe et environnementaliste, il faut que nos gouvernements posent des actions concrètes pour que les violences contre toutes les femmes cessent!

Notre premier ministre Justin Trudeau se targue de pouvoir amener une vision féministe à la table du G7. Nous espérons comme lui, faire de la justice entre tous et toutes une priorité. Toutefois, il semble de plus en plus évident que cela est une simple parure visant à faire taire les femmes. Avec le climat actuel de tensions entre les membres du G7, encore une fois, les enjeux qui Nous tiennent à coeur seront relégués aux sujets de secondes zones. Monsieur Trudeau, le féminisme, ce n’est pas simplement une mode, ce sont des luttes, des luttes où des femmes mettent leurs vies en danger. Une véritable LUTTE contre les inégalités de genre appelle des transformations profondes, dans tous vos champs d’action.

Le gouvernement de Justin Trudeau s’est montré sous son vrai jour en promettant d’acheter l’oléoduc TransMountain. Ainsi, le gouvernement libéral balaie du revers de la main la volonté des populations autochtones, québécoises et canadiennes. Encourager l’industrie pétrolière, c’est par ailleurs cautionner un modèle économique typiquement « masculin » qui pousse les femmes aux marges de l’économie, ce qui a pour effet d’accentuer les violences domestiques, physiques et sexuelles.

Ce projet dévoile l’attitude antidémocratique de Justin Trudeau, ce qui nous rappelle justement qu’en ce moment le G7 se déroule entre les élites mondiales qui décideront de l’avenir de femmes partout dans le monde.  Elles, qui font toujours les frais des conflits politiques et armés, des politiques économiques coloniales, de l’austérité et de la culture du viol, qui a trouvé chez le leader voisin l’un de ses plus spectaculaires promoteurs. Ces gouvernements élitistes n’écoutent pas les femmes quand elles réclament que soient protégés leurs droits fondamentaux et les éléments de base pour leur santé, leur sécurité et leur vie.  Nous venons vous dire que vous n’avez pas fini de nous entendre. Vous devez écouter les femmes qui vivent les conséquences de vos décisions. Vous devez prendre en compte leurs multiples voix et les oppressions qu’elles connaissent mieux que vous.

Les femmes demandent que soient considérées avec sérieux les luttes contre la violence, contre la pauvreté, contre la destruction de tout ce qui nous permet, et permettra aux futures générations, de vivre dignement. Nous l’avons déclaré dans la Charte mondiale des femmes pour l’humanité et n’avons cessé de le réitérer : il est temps d’écouter ce que les populations hurlent. Nous n’en pouvons plus, de l’austérité. La planète n’en peut plus, de l’exploitation intensive de ses terres. Les habitants du monde n’en peuvent plus de ces politiques guerrières. Les femmes ne supportent plus que les décisions soient prises par des groupes d’hommes riches qui n’écoutent personne. Nous sommes venues vous dire, ÇA SUFFIT!! Nous demandons que l’humain soit prioritaire dans chacune des décisions internationales. De véritables politiques féministes, ça se fait avec Nous. Justin Trudeau nous vous refusons le titre de féministe que vous désirez tant!

7 revendications pour un G7 plus féministe et plus intersectionnel!

Sur l'image il est écrit "7 revendications du W7 pour le G7: 1 Adopter une approche féministe intersectionnelle

[Ceci est une version abrégée du communiqué de presse qui se trouve ici. Le communiqué est le résultat d’une rencontre entre 60 féministes du Canada, des pays du G7 et de partout dans le monde. La présidente de la FFQ, Gabrielle Bouchard, était présente à cette rencontre.]

Nous sommes un regroupement de plus de 60 féministes du Canada, des pays du G7 et de partout dans le monde. Nous représentons des organismes et militantes féministes qui travaillent à une multitude d’enjeux transversaux pour répondre à la discrimination et aux inégalités fondées sur le sexe et sur d’autres facteurs interreliés. Nous sommes aux premières lignes de la résistance et du progrès concernant des enjeux qui vont du changement climatique à la violence fondée sur le sexe, en passant par les soins aux enfants et les politiques étrangères.

Nous nous sommes unies afin d’établir une vision féministe pour le G7 de 2018 et audelà.

Les décisions prises par le G7 ont des répercussions mondiales. L’apport d’une approche féministe au G7 a le potentiel de transformer le processus décisionnel (– et de changer la donne, entre gagnants et perdants). Les féministes sont largement absentes des espaces décisionnels du G7. Si le G7 veut réellement faire progresser l’égalité entre les sexes, il devra écouter les leaders féministes et adopter des approches féministes.

Nous exhortons les dirigeants du G7 à adopter une approche féministe visant à abolir les inégalités structurelles et systémiques et à transformer les systèmes de pouvoir et de privilège, dont plusieurs sont ancrés dans des constructions sociales du genre et des tentatives patriarcales de contrôler les corps et les choix des femmes. Une approche féministe significative contribue à mettre fin aux lois, aux politiques et aux programmes discriminatoires en assurant que tous ont la capacité d’agir, l’autonomie, le choix, l’habilitation et l’espace nécessaires pour s’impliquer à tous les paliers décisionnels. Selon nous, une approche féministe :

  • Intègre l’intersectionnalité
  • Se concentre sur la diversité des expériences vécues et des expertises, en particulier celles qui sont les plus touchées par les décisions, politiques et programmes du G7
  • Garantit des ressources aux mouvements et à l’organisation féministes
  • Établit un nouveau modèle économique
  • Repose sur l’imputabilité

NOUS INCITONS LES LEADERS DU G7 À PRENDRE LES MESURES SUIVANTES :

Sur l'image il est écrit "7 revendications du W7 pour le G7: Adopter une approche féministe à la santé sexuelle et aux droits reproductifs."

Il faut:

  • Collecter des données désagrégées
  • Garantir un financement de base
  • Créer une structure gouvernementale fondée sur l’ACS+
  • Instaurer une base décisionnelle partagée

Sur l'image il est écrit "7 revendications du W7 pour le G7: Mettre les femmes et les survivantes de conflits au centre des efforts pour bâtir un monde plus pacifique et sécuritaire."

Il faut:

  • [S’assurer que les droits humains et les droits des femmes sont respectés au niveau mondial]
  • [S’assurer que 50% des investissement du G7 aient des retombées positifs pour les femmes]
  • [S’assurer d’atteindre la parité dans tous les discussions et les événements du G7]

[La revendication écrite sur l'image est: "Développer un modèle économique qui facilite l'autonomisation et l'agentivation des femmes"

Il faut:

  • Niveler les inégalités
  • Assurer des emplois et des modes de subsistance décents
  • Investir dans la prestation universelle de protection sociale et de services publics

Sur l'image il est écrit "7 revendications du W7 pour le G7: Lutter ensemble contre le changement climatique."

Il faut:

  • Renforcer et mettre en œuvre les engagements de l’Accord de Paris visant à limiter à 1,5 degré l’élévation de la température mondiale, et mobiliser 100 milliards $ pour financer l’action climatique d’ici 2020.
  • Transformer le système économique mondial en déplaçant son point de mire de la croissance vers la justice, notamment en prenant en compte les impacts sexospécifiques et sanitaires du changement climatique.
  • Investir de l’argent et des capacités dans des solutions de rechange proposées par les communautés, les chercheurs et chercheuses et les mouvements féministes. Ces solutions contribueront à protéger les forêts, les réserves d’eau douce et les océans, en plus de contribuer à développer une économie plus juste où les femmes, les personnes qui pratiquent l’agriculture et la pêche, de même que les peuples autochtones, ne feront pas que survivre mais s’épanouiront.

Sur l'image il est écrit "7 revendications du W7 pour le G7: Adopter une approche féministe à la santé sexuelle et aux droits reproductifs."

Il faut:

  • Prendre des mesures pour répondre aux répercussions néfastes des systèmes et structures juridiques qui cherchent à limiter ou à criminaliser des aspects de la santé sexuelle et génésique ou de droits qui s’y rattachent
  • Accroître les ressources pour soutenir le travail de plaidoyer pour les droits humains et les droits sexuels et génésiques ainsi que la prestation de services féministes en matière de santé sexuelle et génésique
  • Favoriser la reddition de comptes au sujet de la prestation de services féministes en matière de santé et droits sexuels et génésiques

Le texte sur l'image dit "7 revendication du W7 pour le G7: Mettre fin à la violence envers les femmes"

Il faut:

  • Consacrer un pourcentage fixe du PIB des États du G7 à une réponse complète à la violence à l’égard des femmes, avec une croissance progressive au cours des quatre prochaines années.
  • Faire en sorte que le financement pour l’élaboration, la mise en œuvre et l’évaluation continue de tout Plan d’action national pour mettre fin à la violence à l’égard des femmes et des filles (EVAWG) soit proportionné à l’urgence et à l’ampleur de la pandémie.
  • Tenir compte des approches sensibles au genre, prônant l’autonomie corporelle et visant à « ne pas nuire »[…][lors de la prise de] position des États du G7 relative à l’aide étrangère, [du] commerce et aux investissements mondiaux ainsi [que] l’annulation de la dette
  • Les mouvements féministes de la base, qui incluent des femmes autochtones et des femmes marginalisées, doivent concentrer [quelques] priorités sur les programmes de lutte contre la violence à l’égard des femmes.

Sur l'image il est écrit "7 revendications du W7 pour le G7: Soutenir et développer les mouvements féministes."

Il faut:

  • Développer les mouvements féministes
  • Développer une plus grande cohérence dans les politiques, en accord avec un programme féministe à l’échelle de toutes les discussions du G7.
  • Fournir un financement audacieux, soutenu et important, pour l’organisation des femmes dans les pays du G7 et à l’échelle internationale.
  • Reconnaître qu’un leadership féministe nécessite de faire en sorte qu’une diversité de femmes représentant les mouvements féministes et redevables à ceux-ci accèdent aux tribunes de leadership.
  • Financer de robustes mécanismes de protection pour les personnes qui défendent les droits humains des femmes (PDDHF).

FEMMES AUTOCHTONES DU MONDE — Déclaration des participantes à la rencontre « Femmes en résistance face à l’extractivisme »

L'image est d'un cœur avec des racines qui sortent du côté gauche, comme des veines. Le trou dans le cœur, duquel sortent les racines est bleu, comme pour suggérer que c'est un étendu d'eau.


29 avril 2018 — Dans le cadre de la Rencontre internationale « Femmes en résistance face à l’extractivisme », 40 femmes autochtones, de différentes régions à travers le monde, se sont rencontrées dans le but de reconnaître le travail de chacune et de réaffirmer nos luttes à la défense de la vie et du territoire.

Au courant de ce rassemblement, nous avons partagé nos expériences, nos réflexions et nos savoirs. Nous affirmons clairement que nous sommes conscientes que la Terre Mère n’a pas de frontières, ce qui nous motive à nous unir dans nos luttes et notre résistance face à l’extractivisme.

Nous déclarons fermement que nous continuerons d’exercer notre intendance sur les terres, et notre droit de gouverner nos corps, nos territoires, notre souveraineté, notre façon de vivre, nos méthodes de subsistance et notre héritage culture.
Nous déclarons que nous sommes les Protectrices de la Terre Mère et les porteuses d’eau sacrée. Nous avons treize principes :

1. Croyances – Nous déclarons notre droit de pratiquer notre spiritualité en totale liberté.

2. Juridique – Nous déclarons appartenir à la Terre Mère et nous devons respecter ses lois naturelles. La Déclaration des Nations Unies sur les Droits des Peuples Autochtones (DNUDPA) doit être mise en oeuvre universellement en conjonction avec la Conférence mondiale des peuples sur les changements climatiques et les droits de la Terre Mère.

3. Vision – Nous déclarons le droit pour les futures générations de vivre en harmonie avec notre Mère Terre, de la même manière sacrée et respectueuse que nos ancêtres.

4. Paix – Nous déclarons que la paix doit être restaurée pour tous les peuples et dans notre relation avec la Terre Mère.

5. Destin – Nous déclarons que nous devons entrer dans un processus de guérison avec la Terre Mère et devons prendre des décisions conscientes et honorables pour les sept générations à venir.

6. Liberté – Nous déclarons le droit d’être nourries par la Terre Mère, libres de la peur et de l’oppression.

7. Souveraineté – Nous déclarons la reconnaissance de la légitimité de notre souveraineté sur les systèmes de gouvernance colonialistes.

8. Éducation – Nous déclarons que nos langues, nos enseignements et nos pratiques ancestrales de subsistance, de collecte, et de cueillette, ainsi que nos traditions agricoles sont des connaissances sacrées pour nos peuples.

9. Politiques – Nous déclarons que la Terre Mère n’appartient pas aux gouvernements, aux compagnies ou à quelconques entités qui désirent l’exploiter.

10. Responsabilité – Nous déclarons que nous sommes les gardiennes de la terre et qu’il est de notre devoir de la protéger.

11. Bien-être – Nous déclarons le droit de protéger le bien-être de la Terre Mère de l’abus et de lui permettre de restaurer son équilibre.

12. Terre Mère – Nous déclarons que la Terre Mère est un être vivant avec les mêmes droits inhérents à tous les êtres vivants.

13. Humanité – Nous déclarons, en tant que donneuses de vie, que nous défendons la justice sociale et dénonçons toutes activités qui contribuent à la pauvreté, aux génocides et à la destruction de nos peuples socialement, politiquement, économiquement, culturellement et spirituellement.

Avec la contribution de toutes les participantes à la rencontre internationale « Femmes en résistance face à l’extractivisme » provenant de 13 pays à travers le monde: Afrique du Sud, Bolivie, Brésil, Cambodge, Canada, Colombie, Équateur, Guatemala, Mexique, Papouasie Nouvelle-Guinée, Philippines, Pérou et Turquie.