Non, les femmes ne gagnent pas 85% du salaire des hommes

Lors des 12 jours d’actions contre les violences envers les femmes et lors de nos prises de position au quotidien, la FFQ n’a pas cessé de souligner qu’il était faux de mettre de l’avant que l’inégalité hommes-femmes sur le marché du travail se résumait à la statistique “les femmes gagnent 85% du salaire des hommes”. Nous n’avons cessé d’expliquer que cette statistique invisibilisait les femmes racisées et immigrantes et les mécanismes de discrimination genrés et racistes. 

Le rapport “Écarts de revenus au Canada : une inégalité économique racialisée ” du Centre Canadien de politiques alternatives publié ce lundi 9 décembre vient confirmer notre analyse : Au Canada, les femmes racisées gagnent 59% du salaire d’un homme blanc quand une femme blanche gagne 67% des salaires d’un homme blanc.

Aussi, dans la majorité des statistiques et rapports, il est mis de l’avant que les femmes non-racisées gagnent 85% du salaire des hommes. Nous apprenons ici qu’elles ne gagnent en réalité que 67% du salaire des hommes blancs. Nous apprenons aussi que les femmes arabes sont les plus touchées par les discriminations structurelles dans l’emploi: elles ne gagnent que 50% du salaire des hommes blancs. 

C’est parce que l’étude ne se base pas sur la seule différence entre le taux horaire mais aussi sur toutes les autres contraintes que subissent les femmes (temps partiel, temps de chômage plus long), et encore plus les femmes racisées, que les chiffres diffèrent. 

C’est aussi parce qu’elle prend en compte que le marché du travail n’est pas seulement genré, mais aussi racisé. Ainsi, le rapport met de l’avant la nécessité d’une approche intersectionnelle pour comprendre les discriminations, comme ne le cesse de répéter la FFQ : 

Les recherches en politique publique adoptent de plus en plus une approche intersectionnelle pour comprendre les discriminations. Cette approche considère l’impact cumulatif et cumulé des différentes formes que prend la discrimination. Par exemple, la discrimination peut-être basé sur des combinaisons de genre, race, classe, sexualité, statut d’immigration, situation de handicap ou autre identités politiques et sociales

p7 du rapport Canada’s Colour Coded Income Inequality – traduction libre

Enfin, l’étude ne s’arrête pas à l’analyse des inégalités dans le marché du travail, elle explore aussi les inégalités des revenus sur le capital. Sans surprise, les femmes racisées sont au bas de l’échelle. 

La FFQ est régulièrement accusé de “diviser le mouvement féministe”.

Or, ici, chiffres à l’appui, nous avons l’opportunité de comprendre que lorsque nous analysons ce qui arrivent aux populations situées aux marges, nous pouvons comprendre les mécanismes de discriminations systémiques. 

Ici, chiffres à l’appui, nous avons l’opportunité de comprendre que nous faisons du tort dans l’avancement des droits de toutes les femmes lorsque nous prétendons que l’inégalité des salaires hommes-femmes s’arrête à la seule statistique que “les femmes gagnent 85% du salaire des hommes”.

Ici, nous nous rendons compte qu’en ne comparant la situation qu’entre plus prévilégié.e.s (hommes non-racisées travaillant à temps plein contre femmes non-racisées travaillant à temps plein), nous avons invisibilisé les mécanismes de discrimination qui nous permettaient de comprendre et donc d’agir. 

Cachez cette violence qu’on ne saurait voir !

Texte d’opinion rédigé par Stéphanie Germain pour le site de la FFQ :

Il y a quelques semaines, l’émission Dans les médias, diffusée sur les ondes de Télé-Québec, recevait l’écrivaine Kim Thùy pour parler de ses livres mais surtout de la  vision de son immigration au Québec. L’entrevue m’a laissé perplexe et avec un goût un peu amer. Qu’on se le dise tout de suite, Thùy est une écrivaine dont la réputation n’est plus à faire et elle est une femme inspirante à bien des égards.

Cependant, je ne vous cache pas le malaise que j’ai éprouvé en l’écoutant  louanger le Québec ainsi que son accueil qui, pour elle fût parfait. Elle a été très bien accueillie et elle s’estime heureuse d’avoir immigrée au Québec. Tant mieux pour elle.

Son discours flatte le Québec  dans le sens du poil.

Elle a même parler du fait qu’on n’évoque pas  assez souvent les bons gestes du quotidien, en prenant en exemple la madame qui concocte une tarte pour son voisin immigrant. Offrir une tarte j’en conviens, est un geste de partage et de bienveillance. Encore une fois, tant mieux.

Là où le bât blesse, c’est cette absence de critique de la société qui l’a accueillie et dont elle semble y être, pour toujours, redevable.

Ok. Maintenant, selon moi, ce genre de discours qui flatte une société dans le sens du poil est à double tranchant.

D’une part, ce type de discours contribue à décrédibiliser  et invalider le vécu de personnes immigrantes qui vivent de grandes difficultés d’intégration, et ce, pour plusieurs raisons. Notons par exemple, la couleur de la peau, l’orientation sexuelle ou la confession religieuse,  pour ne nommer que ceux ci.

D’autre part, cela donne des arguments aux individus qui justement ne sont pas portés à croire que les personnes immigrantes peuvent vivre des défis qui sont hors de leur contrôle. Certains seraient tentés de dire «bien voilà, elle est s’est bien intégrée et elle a réussi, les autres ont juste à faire pareil».

Je le sais parce que je suis moi même immigrante de deuxième génération. Et ce  genre de propos je l’ai entendu et je l’entends encore aujourd’hui. Penser que le  fardeau de la réussite repose principalement sur le dos de la personne immigrante est un classique trop récurrent.

Cela m’amène à vous partager deux autres réflexions :

1. la loi 21, qui  aura et a déjà un impact négatif directement sur l’intégration de personnes issues de minorités culturelles et plus précisément sur les femmes de confession musulmanes. Sur le terrain, j’entends les femmes parler de leur souffrance. Elles dénoncent également les violences qu’elles subissent dans les rues, les regards hostiles, qui s’empirent avec  l’adoption de ces lois discriminatoires.

2. Le lundi 25 novembre marquait  le début officiel des 12 journées internationales contre toutes les violences faites aux femmes. Vous vous demandez où je veux en venir. Attendez, j’arrive.

Des violences faites aux femmes, se déroulent aujourd’hui, ici, au Québec.

Ce même Québec qu’on aime louanger  à la télévision sans nuances.

Les femmes racisées sont-elles  aussi victimes de violences. Des formes de  violence qui attaquent leur intégrité, leur humanité et leur existence. Encore en plein début des 12  jours d’action contre les violences envers les femmes, une jeune femme musulmane dénonçait une situation de violence raciste vécue alors qu’elle travaillait. Elle s’est fait traiter  de sale arabe par une cliente.

Comment pensez-vous qu’elle décrirait son intégration ?

Elle qui doit sans doute avoir vu le jour au Québec. Même si  cela est sans importance.

Plusieurs cas démontrent que certains groupes vivent davantage d’exclusion et de haine que d’autres.

Je tenais à partager cette réflexion au sujet du mythe de l’immigrante modèle afin qu’on ne perdre pas de vue d’essentiels nuances.

Ainsi, en cette période  de soutien aux femmes victimes de violences, je vous dis bon courage chère consœurs autochtones, rasicées, vivant plusieurs couches de discriminations et subissant de multiples violences dont celles institutionnelles et systémique. Je suis avec vous. Je suis parmi vous. Je suis l’une t’entre vous. Je sais qu’on peut faire mieux en tant que société.

Une tarte c’est ben  bon, mais une société inclusive c’est encore mieux !

Stéphanie Germain, immigrante de deuxième génération

Suicide de Madame M à la Prison Leclerc : demande d’enquête spéciale

Aujourd’hui, le Groupe G13, table de concertation de 20 groupes et regroupements provinciaux de groupes féministes, envoie une demande d’enquête spéciale sur le suicide de Madame M à la Prison Leclerc. La lettre est adressée à Mme Geneviève Guilbeault, Ministre de la Sécurité Publique, Mme Sonia Lebel, Ministre de la Justice, Mme Isabelle Charest, Ministre de la condition féminine, Monsieur David Lametti, ministre de la Justice au niveau fédéral et Madame Myriam Monsef, Ministre des femmes et de l’égalité des genres. Voici la lettre et la liste des signataires.

 Objet : Demande d’enquête spéciale 

Le suicide de Madame M au centre de détention Leclerc, logique de criminalisation et d’incarcération des femmes 

Madame la Ministre, Monsieur le Ministre, 

En cette période des 12 jours d’action contre les violences faites aux femmes, il nous semble important de parler de celles qui ne sont pas encore crues, celles qui doivent encore faire un travail de survie sans soutien ni reconnaissance de l’État québécois et canadien. 

Le 5 novembre à la prison Leclerc, une femme a mis fin à ses jours. C’est le quatrième suicide qui survient dans cette prison pour femmes en l’espace de deux ans. Au moins dix tentatives ont également eu lieu dans la même période. 

En tant que féministes, nous constatons que les prisons sont des lieux de reproduction de la violence étatique et institutionnelle, où les femmes sont davantage vulnérables. Nous croyons que le système carcéral, et spécifiquement la prison Leclerc, est un facteur aggravant ayant poussé Madame M à mettre fin à son combat de la façon dont elle l’a fait. Les conditions de son incarcération concluent la funeste épopée d’injustices qu’elle a vécue : l’acharnement des États canadien et états-uniens dans la non-reconnaissance des violences post-séparation de son ex-conjoint violent ainsi que la persécution qu’elle a vécue sur une période de 9 ans de notre système de justice, et enfin la négligence de l’administration québécoise. 

“Madame M” était une mère de famille de trois enfants, originaire du Québec, établie aux États-Unis. Elle s’est enfuie avec ses enfants pour retourner au Canada en 2010 pour les protéger de leur père violent. Dix jours après le jugement d’extradition définitif de la Cour Suprême, elle est retrouvée morte dans sa cellule de la prison Leclerc. Loin d’être une séquence vécue sur quelques semaines seulement, Madame M a vécu pendant plus de 9 ans différentes formes de violences étatiques : la non-reconnaissance de celle vécue dans sa relation conjugale ; l’acharnement des gouvernements des Etats-Unis et du Canada pour la punir ; et, finalement, l’internement dans une prison que même le gouvernement fédéral refuse d’utiliser à cause de sa désuétude. Le personnel formé à la prévention du suicide n’a-t-il pas vu ses poignets cicatrisés lorsqu’elle a été incarcérée ? 

Soyons clair.es, c’est en tant que femme dans une société patriarcale que Madame M a enduré une double violence : la violence conjugale et la violence institutionnelle qui la menaçait d’un procès pour “enlèvement” alors qu’elle cherchait à protéger ses enfants, à défaut d’être protégée par les pouvoirs publics. 

Malheureusement, l’histoire de Madame M. n’est pas unique. Les femmes ayant vécu des violences interpersonnelles affirment que le système pénal ne protège pas les personnes marginalisées victimes de relations violentes. Le système carcéral lui-même est une forme de violence dans leur vie, qui reproduit la violence sans se préoccuper de leur réalité. C’est pourquoi aujourd’hui nous exigeons que vous, la Ministre de la Sécurité du Québec, conduise une enquête spéciale sur les conditions de détention des femmes à la prison Leclerc. 

Veuillez agréer, madame la Ministre, l’expression de nos salutations respectueuses, 

Gabrielle Bouchard & Gaëlle Fedida 

Pour le G13 

Organisations membres du G13 

Formé dès 1986, le G13 est une table de concertation de 20 groupes et regroupements provinciaux de groupes féministes. Il sert de porte-voix pour l’ensemble des réalités diverses que nos groupes représentent : des femmes autochtones, racisées, en situation de handicap, de la diversité sexuelle; des maisons d’hébergement à l’employabilité, des tables de groupes de femmes aux centres d’aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel, des centres de femmes à la santé sexuelle et reproductive, des organismes de soutien aux familles monoparentales et recomposées, de la défense de droits à la prestation de services, du milieu de vie à l’éducation populaire. Nous représentons plusieurs centaines de groupes et des dizaines de milliers de femmes, souvent parmi les plus vulnérables et marginalisées. 

Action santé femmes 

Alliance des maisons d’hébergement de 2e étape pour femmes et enfants victimes de violence conjugale 

Centre de documentation sur l’éducation des adultes et la condition féminine 

Concertation des luttes contre l’exploitation sexuelle 

Conseil d’intervention pour l’accès des femmes au travail 

DAWN-RAFH Canada 

Fédération des associations de familles monoparentales et recomposées du Québec 

Fédération des femmes du Québec 

Fédération des maisons d’hébergement pour femmes 

Fédération du Québec pour le planning des naissances 

Femmes Autochtones du Québec 

L’R des centres de femmes du Québec 

Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale 

Regroupement Naissance-Respectées 

Regroupement québécois des centres d’aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel 

Relais-femmes 

Réseau d’action pour l’égalité des femmes immigrées et racisées du Québec 

Réseau des lesbiennes du Québec– Femmes de la diversité sexuelle 

Réseau des Tables régionales de groupes de femmes du Québec 

Table de concertation des organismes au service des personnes réfugiées et immigrantes 

3 réponses aux commentaires islamophobes les plus fréquents

À l’ère des chroniqueurs auto-patenté.e.s en experte “laïcité” et “féminisme”, la toute récente saga du mouvement #monvoilemonchoix pourrait se découper en série de feuilletons illustrant la désertion de l’esprit critique et du savoir factuel.

Qu’à cela ne tienne, la bassesse des commentaires haineux sur la loi 21 et le foulard sont à l’image d’un processus législatif bâclé et expéditif. En l’espace de quelques mois, et ce de façon arbitraire avec l’utilisation à la fois du baillon et de la clause nonobstant, un gouvernement a choisi de figer dans le marbre une vision exclusive de la laïcité au Québec avec des conséquences désastreuses pour les populations visées et le climat social au Québec. 

Nous le voyons dans les commentaires que nous recevons. La parole de haine s’est libérée au Québec. Nous avons décidé de faire oeuvre utile en démontant en trois points les 3 commentaires islamophobes qui reviennent les plus régulièrement dans le débat public.

1) “Nos grand-mères se sont battues pour nos droits” 

De nombreuses féministes se sont effectivement battues contre le pouvoir politique et institutionnel de l’Église catholique, parmi elles de nombreuses chrétiennes. Rappelons que lorsque Claire Kirkland-Casgrain fit adopter en 1964 la Loi sur la capacité juridique de la femme mariée, elle la présenta en Chambre comme s’inspirant de la philosophie du mariage du pape Jean XXIII et comme un retour au principe chrétien de l’égalité dans le mariage. 

Les religions ne sont en elles-mêmes ni oppressives, ni émancipatrices. 

Par ailleurs, si la religion catholique a pu à un moment avoir un certain poids institutionnel au Québec, la religion musulmane n’a strictement aucun pouvoir institutionnel au Québec. Au contraire les femmes musulmanes sont discriminées par la Loi et sont justement exclues des postes d’autorité. Ne nous laissons pas prendre par les amalgames et confusion de mouvements conservateurs et racistes.

2) “Il y a des femmes à qui on force de porter le foulard alors il faut interdire le foulard”

À ce type de rhétorique, nous répondons une seule chose en écho à ce qu’avait déclaré une militante française antiraciste, Sonia Guedgued: pourquoi, alors que des femmes ont déjà été forcées de se marier (plus de 200 000 mineurs ont été mariés sur le sol américain entre 2000 et 2015), les femmes qui se disent “contre” le voile parce que certaines femmes sont forcées de le porter ne sont-elles pas non plus contre le mariage ? Par ailleurs, cet argument occulte complètement les réalités politiques dans lesquelles s’insèrent les violences faites aux femmes. Au Québec, en 2019, ce sont bien les femmes musulmanes qui ont été visées par une loi institutionnelle leur interdisant l’accès à des postes de pouvoir. Les féministes soutiennent l’auto-détermination des femmes partout et tout le temps. 

3) Le voile est un symbole de soumission

Cet argument est habituellement suivie d’exemples de luttes de militantes en Iran qui lutte contre l’imposition du voile. L’argument consisterait à penser que parce qu’à un endroit, des femmes sont forcées de le porter, alors le voile serait en lui-même un symbole de soumission qu’il conviendrait d’interdire partout. 

À cet argument, nous répondrons que la leader dans le mouvement contre l’imposition du voile en Iran a aussi…manifesté son soutien pour les femmes visées parce qu’elles portent le foulard en Occident. 

C’est ainsi que Masih Alinejad (une des fondatrices du mouvement contre l’obligation) a déclaré dans une entrevue avec le réseau CBCNews que “je suis pour la liberté de choix, et mon rêve est de pouvoir marcher avec ma mère qui porte le voile en France sans avoir de jugements ou de quelquonques attaques” 

Parce que ces femmes n’imposent pas leur vision, elles luttent contre l’imposition. C’est la même au Québec. Nous n’imposons pas notre vision mais nous luttons résolument contre l’imposition dans la lignée de l’héritage des mouvements féministes au Québec “Mon corps, mon choix”. Enfin, alors que tantôt le voile est décrié comme un symbole de “soumission”, il est aussi, selon les humeurs, décrié comme un “symbole politique”. Il est intéressant à cet effet de constater que ce vocable apparaît dès lors que les femmes musulmanes affirment publiquement leur libre-choix de porter le foulard. 

Ce n’est pas la première fois qu’une loi raciste est passée au nom de la laïcité au Canada. En 1930, la loi scolaire de la Saskatchewan était amendée  par le nouveau premier ministre, James Anderson, un proche du Ku Klux Klan alors à son apogée. Les signes et habits religieux étaient à ce temps-ci interdits dans l’école publique. 

Si officiellement c’est dans le but de séculariser l’école, personne n’est dupe: ces amendements visaient directement l’assimilation des Canadiens français catholiques qui se mobilisèrent massivement contre ce racisme évident avec le soutien du Québec. 

Quelle ironie n’est-ce pas ? 89 ans plus tard, dans un autre contexte politique, il s’agit maintenant de viser une autre minorité au sein d’une majorité. 



Islamophobie et messages haineux: La FFQ tire la sonnette d’alarme

Voici la teneur des commentaires proprement haineux, islamophobes et transphobes depuis notre appel à relayer la campagne de solidarité #MonVoileMonChoix.

C’est très inquiétant.

Les commentaires haineux que reçoit désormais régulièrement la Fédération des femmes du Québec et les autres organismes de défense de droit à chacune de leurs sorties sur la laïcité n’est qu’un reflet minuscule de ce que subissent les femmes musulmanes dans leur quotidien depuis le passage de la loi. 

Le gouvernement de la CAQ et le ministre Simon Jolin-Barrette ont leur part de responsabilité dans cette libéralisation de la parole haineuse en ayant constamment nié les impacts que la loi 21 aurait sur les femmes musulmanes, et ce  malgré les nombreux avertissements de la société civile.

Aujourd’hui critiqué sur sa gestion de la réforme du #PEQ, force est de constater que la loi 21 a été votée de façon tout aussi cavalière, sans consulter les acteurs de terrain et sans aucune considération pour ses impacts humains. 

La Fédération des Femmes du Québec tire la sonnette d’alarme. 

La FFQ réagit à la vague de commentaires haineux suite à #MonVoileMonChoix

«Le coton ouaté, c’est cute… mais le voile, c’est vraiment badass. Mardi prochain, portez le voile»
Ce simple appel de solidarité à l’égard des femmes portant le foulard a provoqué une nouvelle vague de commentaires de haine à l’égard de notre équipe de travail. 
Ce simple appel, composé de quelques mots, a aussi été repris dans la foulée par plusieurs organes de presse comme étant une initiative de la Fédération des femmes du Québec. Ce n’est pas vrai et ce serait invisibiliser le travail de militantes de terrain. L’initiative a été lancée par Hanadi Saad, fondatrice de Justice Femme, Amel Zaazaa et Tasnim Rekik, engagées depuis le début contre la loi 21. 

La Fédération des femmes du Québec s’est contentée simplement de relayer l’appel, jouant le rôle que nous avons à jouer, en soutien à toutes les femmes. Et l’urgence est bien là. 

Si Catherine Dorion a été interdite d’accès au salon bleu à cause de son habit non conforme aux “règles” du décorum, les femmes portant le foulard viennent d’être ciblées par une loi leur interdisant l’enseignement et les postes de pouvoir. Si l’habillement des femmes n’est pas synonyme de compétence, le degré de contrôle de leur vêtement est proportionnel au pouvoir qu’elles parviennent à arracher dans une société, certaines plus difficilement que d’autres. 

Au-delà de la légalisation de la discrimination des femmes musulmanes aux postes d’enseignement et aux postes de pouvoir, l’urgence se mesure aussi dans les effets de la loi. Les commentaires haineux que reçoit désormais régulièrement la Fédération des femmes du Québec à chacune de ses sorties sur la laïcité n’est qu’un reflet minuscule de ce que subissent les femmes musulmanes dans leur quotidien depuis le passage de la loi. 

Alors qu’il n’y ait pas de malentendu: la FFQ n’appelle pas au “port du voile”.
La FFQ appelle à participer à un événement de solidarité à l’égard des femmes musulmanes en portant occasionnellement un macaron contre la loi 21 ou un foulard dans un contexte où nos luttes féministes doivent absolument ne pas mettre de côté les violences vécues par ces femmes. 

À l’heure où nous sommes régulièrement accusées de “diviser” le mouvement féministe. Nous répondons que la violence des commentaires haineux que nous recevons à chacune de nos sorties sur la laïcité n’est que le reflet de la violence tolérée dans la société québécoise depuis que le gouvernement de la CAQ a choisi de faire passer la loi 21. 

La FFQ tient également à préciser que sa mission est de défendre les droits de toutes les femmes et de répondre aux orientations données par ses membres en cohérence avec nos principes. Cette action de défense des droits, nous sommes déterminées de continuer à la poursuivre aux côtés de la Ligue des droits et libertés et Amnistie internationale Canada francophone, pour ne citer qu’un petit nombre des organismes qui s’étaient levés contre la loi 21. 

À cette fin, et pour répondre à ces campagnes régulières de haine contre la FFQ, nous précisons que notre rôle n’est pas de satisfaire aux demandes de personnes projetant une vision raciste et islamophobe de la lutte pour le féminisme mais bien de défendre le droit de toutes les femmes. 

Élections fédérales: où sont passés les enjeux féministes ?

Sur l'image est écrit en titre: "LES ENJEUX FÉMINISTES" - en dessous est écrit : "vu par les débats des chefs VS. vu par les expert.e.s de terrain"

Le dernier débat des chefs s’est clôturé hier soir. Encore une fois, nous n’avons que pu constater la superficialité avec laquelle les enjeux féministes étaient discutés quand ceux-ci n’étaient pas carrément ignorés de la discussion.

Pourtant, que ceux-ci soient membres ou non de la FFQ, des groupes syndicaux et communautaires ont formulé des revendications précises quant aux enjeux féministes…

Alors nous avons voulu mettre en image le fossé entre « l’expertise » politique et l’expertise des groupes de terrain lorsqu’il est question des enjeux féministes*:

*Pour avoir une vision plus complète des revendications féministes de ces groupes, rendez-vous sur le site du CDEACF. Un dossier très complet s’y trouve sur les enjeux féministes formulés par les groupes dans le cadre des élections fédérales: http://cdeacf.ca/dossier/elections-federales-2019

Les femmes autochtones: grandes oubliées du rapport de la Commission Viens

Crédit photo: Viviane Michel, Présidente de Femmes Autochtones du Québec (site des Femmes Autochtones du Québec)

Communiqué publié initialement sur le site des Femmes Autochtones du Québec

VAL D’OR, le lundi 30 septembre 2019 – Femmes Autochtones du Québec (FAQ) assiste aujourd’hui au dépôt du rapport final de la Commission d’enquête sur les relations entre les Autochtones et certains services publics au Québec : écoute, réconciliation et progrès, communément appelée Commission Viens. Les recommandations du mémoire de FAQ à la Commission visaient à sécuriser les femmes autochtones, tant dans leur intégrité physique que psychologique, face au système de justice et dans leurs interactions avec les membres des différents corps policiers. Force est de constater que ces recommandations n’ont pas été retenues et que la sécurité des femmes autochtones n’a pas été considérée comme prioritaire par la Commission.

Rappelons que la Commission avait été mise sur pied suite aux dénonciations des abus policiers commis à l’endroit de femmes autochtones au Québec. FAQ souhaite souligner le courage des femmes de Val d’Or qui ont brisé le silence et dénoncé les abus policiers. Ces femmes ont payé cher leur prise de parole publique, ayant été personnellement ciblées par les membres des forces policières qu’elles dénonçaient au départ en plus d’avoir subi de l’intimidation, notamment par le port des brassards rouges par des policiers de la Sûreté du Québec partout sur le territoire québécois. Convaincue que leurs voix devaient être entendues, FAQ a soutenu ces femmes dans leur demande de justice et dans leur refus de s’incliner devant un système qui plutôt que de les protéger les agresse. Suite à la pression des dénonciations publiques et aux reportages télévisés, la Commission a vu le jour.

Constatant la discrimination systémique à l’égard des Autochtones au Québec, le mandat de la Commission avait alors été élargi afin d’inclure les problèmes de discrimination qui touchent tous les Autochtones qui font appel aux services publics de compétence provinciale. Conséquemment, les appels à l’action énoncés par le Commissaire Viens traitent amplement des failles des services publics provinciaux aux Autochtones. Nous saluons ce travail et espérons qu’enfin ces constats d’échec trouveront des remèdes appropriés et culturellement sécurisants. En revanche, il serait erroné de croire que la Commission a dûment rempli son mandat auprès des femmes autochtones.

FAQ avait demandé une enquête sur les services policiers. L’élargissement du mandat de la Commission a dévié le point focal que formaient les femmes autochtones abusées par les membres des corps policiers et négligées par le système de justice. FAQ travaille déjà au quotidien à sensibiliser ses membres, et donc par extension les communautés autochtones, aux problèmes liés aux agressions à caractère sexuel. La responsabilité de permettre un accès à la justice sécurisant et sécurisé aux femmes est imputable au système de justice et aux membres des corps policiers. Nous sommes donc de retour à la case départ : l’enquête n’a pas mené à des appels à l’action probants à l’égard des services policiers et du système de justice dans l’accueil des femmes autochtones et la Commission a omis l’analyse fondamentale nécessaire qui avait donné naissance à son existence même.

FAQ souhaite réitérer sa main tendue vers le système en place pour une collaboration : la mise en oeuvre des appels à l’action doit se faire avec les organismes de femmes autochtones. Nous interpellons la Protectrice du citoyen à cet égard et avons hâte de pouvoir partager notre expertise avec elle dans le travail de mise en oeuvre et de suivi des appels à l’action de la Commission.

Ce jour où le Québec a mis au placard ses droits fondamentaux

Hier soir, le parlement québécois a adopté la loi 21 sur l’interdiction des signes religieux avec 73 députés “pour” et 35 députés « contre » après une seule journée de débat. Les députés du parti québécois se sont joints aux députés de la coalition avenir Québec pour entériner la loi.

Alors même que la loi a été adoptée sous bâillon et alors même que notre charte des droits et libertés a été mis au placard pour procéder à l’adoption de cette loi, le gouvernement québécois continue d’assurer que cette loi est bonne pour la “paix sociale”.

La loi telle que votée hier ne contient aucune définition de ce qu’est un signe religieux. Interrogé plus tôt dans la semaine à quelques jours du scrutin, Simon Jolin-Barrette, ministre responsable du projet de loi, a finalement défini un signe religieux comme « tout objet, notamment un vêtement, un symbole, un bijou, une parure, un accessoire ou un couvre-chef » sera considéré comme étant un « signe religieux » s’il est porté « en lien avec une conviction ou une croyance religieuse », ou s’il est « raisonnablement considéré comme faisant référence à une appartenance religieuse ».

Avec une telle définition des plus vagues, nous imaginons très bien les dérives de l’applicabilité de l’interdiction des “signes religieux”. À la merci de la subjectivité des personnes chargées de statuer arbitrairement sur ce qu’est ou non un signe religieux, les populations minoritaires seront indéniablement celles visées par le projet de loi.  

Et pour cause, là où des campagnes législatives similaires ont été mises en place, les femmes issues des minorités étaient déjà la cible de dérives, quand bien-même les lois en question définissent avec plus de précision le “signe religieux”, notamment par la taille.

C’est un projet de loi boiteux qui a été adoptée au côté du projet de loi 9 jetant définitivement à la poubelle 18 000 dossiers de demandes d’immigration. En un seul week-end, le gouvernement actuel a donné son feu vert pour mettre en parenthèse la vie de 50 000 personnes directement concernées par les 18 000 dossiers de demandes d’immigration et suspendre les projets d’avenir de centaines de milliers d’autres, visé.e.s par la loi 21.

Moins de 40h de débats en commission ont été consacrées pour la loi 21, adoptée sous bâillon, tout en invoquant la clause dérogatoire à la charte des droits et libertés de la personne au Québec. C’est du jamais vu.

Aujourd’hui vous n’êtes peut-être pas de ceux ou celles qui sont directement touché.e.s par la loi 21. Sachez cependant qu’hier le Québec a fait la démonstration qu’il pouvait viser n’importe quel groupe minoritaire en mettant les droits fondamentaux au placard.

Mais aujourd’hui, nous avons une pensée particulière pour les femmes musulmanes. Elles seront les premières touchées par la loi 21.

Nous leur exprimons notre entière solidarité et nous réitérons que nous nous maintenons à leurs côtés.

En mai 2019 dernier, la FFQ avait voté avec ses membres une résolution pour participer aux efforts des groupes de défense des droits collectifs et des droits de la personne afin d’amener le gouvernement à retirer le discriminatoire projet de loi 21.

En vertu de cette résolution, nous étudierons les moyens d’action disponibles pour contester la loi 21.

Nous resterons debout-tes (!) auprès de vous tout.e.s.

En ce triste jour, nous mettons de nouveau à disposition la liste des témoignages que l’autrice Idil Issa avait collecté pour notre mémoire sur le PL21 en vue de notre passage en commission parlementaire :

Témoignages sur le projet de loi 21

Madina, Administration ​- Je suis voilée, ma famille et moi sommes touchées psychologiquement.

Anonyme, ​Enseignante au secondaire​ – Nous prévoyons, moi et ma famille, de changer de province.

Messaouda, ​Enseignante au primaire​ ​- Je représente un pilier financier important pour la famille. Je paie le loyer, les factures et l’école privée de ma fille.

Messaouda, ​Enseignante au primaire​ ​- C’est discriminatoire ce projet. La clause dérogatoire est injuste. Elle m’obligerait à stagner dans mon poste jusqu’à la retraite. Je dois oublier le rêve d’acheter une maison comme tous mes collègues vu que je ne peux pas changer de commission scolaire.

Messaouda, ​Enseignante au primaire​ ​- Depuis la charte de Marois des gens me disent de rentrer chez moi.

Lucie – enseignante – c’est un projet de loi discriminatoire envers beaucoup de gens. Je porte le voile et j’ai heureusement un poste permanent. Mais je pense à toutes les autres.

Messaadi, Enseignante​ – ​Je vis dans le stress, quotidiennement. Je ne pourrai pas changer de commission. Je ne pourrai pas postuler pour un autre poste.

Messaadi, Enseignante​ -​ Dès mon arrivée au Québec, je me suis très bien intégrée. J’a fait toutes les démarches nécessaires pour avoir mon permis d’enseigner. J’ai investi mon temps et mon argent! C’est inhumain, c’est discriminatoire de m’interdire d’enseigner parce que je porte un signe religieux.

Messaadi, Enseignante​ -​ Oui, le regard des gens a changé. Dans le métro, dans la rue ou à l’école, les gens me dévisagent. Je me sens visée, harcelée par les regards.

Manal, ​Étudiante au BEPEP/suppléante​ -​ Il faut continuer à avoir une ouverture aux autres et sur le monde. Il faut accepter et respecter la diversité de penser, d’être et d’agir des autres . Nous n’avons pas besoin d’être en accord sur tout pour coexister. Enfin, il faut favoriser le dialogue dans le respect.

Samia, Enseignante​ – Ce projet n’a pas sa place dans notre société.

Samia, Enseignante​ – J’ai été victime d’intimidation indirecte par des collègues disant qu’une enseignante portant un hijab est un mauvais exemple pour les jeunes filles puisque cela valoriserait un symbole de soumission de la femme selon eux. Aussi, ce n’est pas facile de rester positive lorsqu’un climat de haine règne. Je m’inquiète parfois pour ma sécurité en plus de m’inquiéter pour mon avenir.

Jaouadi​, Enseignante​ -​ ​Ça sera la précarité financière, car je contribue financièrement dans l’éducation de mes enfants. De plus, comment expliquer à un enfant que sa maman est discriminée dans la société parce qu’elle a fait des choix. Comment faire élever mon enfant dans une société qui m’a rejetée et qui par conséquent renie mes enfants? Comment expliquer à mon enfant que même en étant différent on a le droit de rêver, d’aspirer à la justice et l’égalité et au bonheur?

Jaouadi, Enseignante – Nul doute que ce PL est une brêche dans la société qui a permis aux mals intentionnés d’exprimer leur haine. Le regard froid de la vendeuse, le doigt d’honneur du conducteur, le mépris de ta collègue qui te dit de porter la tuque des Canadiens et j’en passe…

Anonyme, Enseignante​ – Pourquoi faire une loi pour brimer des personnes dans leurs droits fondamentaux alors qu’elles sont utiles dans notre société?

Anonyme, Enseignante​ – À chaque fois qu’on parle de ce projet, le moindre mal sont les regards hostiles, mais le pire, ce sont les injures et les agressions verbales et physiques dont mes ami-e-s et moi avons été victimes; je ne le souhaite a personne!

Fatima, Student Teacher ​– I will no longer be able to complete my stages with a hijab according to Bill 21. I will no longer be able to become a teacher in this province. I will no longer be able to even attend my university classes since I wear the face veil. I will also not be able to receive or give public services with my niqab. I already feel unsafe in the streets, and this feeling will only be heightened by Bill 21. I feel unwanted, and as a second class citizen because of Bills such as Bill 21. My freedom is on the line.

Fatima, Student Teacher​ – I need to think twice before going outside. People look at me differently because of the way I dress. This bill makes people’s reactions worst.

Nafeesa, Teacher​ – I will not be able to move and relocate. I will no longer be able to pursue my Masters in educational leadership to work at a public school board.

Nafeesa, Teacher​ – The way people dealt with me at times. Most important my mental health, feeling scrutinized and made to feel like the other – it weighs on me everyday when I go to work.

Aya, Teacher ​- I feel other-ed in a province I spent 29 years in. I feel like I am not welcome here unless I deny who I am and religious convictions. My experience as a teacher will definitely be worsened if this legislation is implemented.

Anne-Marie, Suppléante au primaire​ – Cette loi va m’empêcher de continuer de travailler comme suppléante au primaire. Pourtant, il y a actuellement un besoin criant de personnels en enseignement au primaire.

Témoignages sur le projet de loi 21 – p14-16 du mémoire de la FFQ sur le projet de loi 21.

Vasectomie : stoppons l’hypocrisie

Ce matin à 10h, la présidente de la FFQ a publié un post Facebook et Twitter concernant la vasectomie obligatoire à 18 ans.

Le post, composé exactement de 10 mots et publié sur les comptes personnels Facebook et Twitter de Gabrielle Bouchard, a été repris moins de 2h plus tard pour une chronique (très sérieuse) sur le Journal du Québec, suivi par une seconde chronique publiée dans la foulée, toujours sur le journal du Québec – s’en sont suivis une dizaine d’appels de la part de journalistes nous demandant de nous positionner sur cette question.

Titre de l’article publié sur le Journal de Québec

À toutes fins utiles, nous précisons (pour celles et ceux qui auraient encore un doute) que le post était en réponse aux récentes attaques contre le droit à l’avortement des femmes ici et ailleurs. Au risque d’étonner, la Fédération des femmes du Québec et ses membres n’ont en effet aucune intention de rendre la vasectomie obligatoire pour les hommes âgés de 18 ans.

Ce post a servi néanmoins à démontrer la volonté de monter en épingle des polémiques futiles dès lors que nous questionnons le droit des hommes à disposer de leurs corps. Dans le même temps, à longueur d’année, il est considéré acceptable de remettre en cause les droits des femmes à disposer de leur propre corps et de considérer cela comme des débats “raisonnables” (sans que cela ne génère autant de réactions publiques).

Des indignations à géométrie variable

Depuis quelques temps, les attaques aux droits des femmes à disposer de leur propre corps s’intensifient. Voici une liste (non exhaustive) de discussions autorisées concernant la remise en cause des droits des femmes à disposer de leur propre corps (le plus souvent en excluant de la discussion les premières concernées):

Sur la remise en cause du droit à l’avortement:  Aux États-Unis, le droit à l’avortement est aujourd’hui remis en cause par une dizaine d’états. Récemment, Maxime Bernier, député canadien du Parti populaire, s’est dit enclin à appuyer une loi anti-avortement. Il y deux semaines, le parti conservateur d’Andrew Sheer a refusé de soutenir une motion réaffirmant le soutien au droit des femmes de choisir d’avorter ou non.

Sur la remise en cause du droit des femmes à se vêtir comme elles le souhaitent: Présentement est discutée à l’Assemblée Nationale le projet de loi 21 qui, au prétexte d’une laïcité falsifiée, dictera à certaines femmes comment elles doivent s’habiller en leur interdisant de porter le foulard.

Sur la stérilisation forcée des femmes autochtones : en novembre 2018, @LP_lapresse avait publié un article révélant qu’en 2017, au Canada, des femmes étaient encore stérilisées de force. Steve E. Fortin, l’auteur de l’article du journal de Québec n’avait étrangement pas jugé utile de s’indigner à ce sujet. Pourtant cette fois, il s’agissait d’un article publié dans un organe de presse nationale, et s’appuyant sur des données tangibles.

Est-ce à dire que certains auraient le droit absolu de discuter du bien fondé des femmes à disposer de leur propre corps pendant qu’il serait strictement “tabou” d’en faire de même sur le droit des hommes à disposer de leurs propres corps ? C’est la question que nous nous posons au vue de la polémique ridicule soulevée ce matin.

Un engagement historique contre la stérilisation forcée

Par ailleurs, précisons que par le passé, Gabrielle Bouchard, en tant que coordinatrice au Centre de lutte contre l’oppression des genres, a lutté contre la stérilisation forcée des personnes trans. Elle a remporté la bataille de supprimer dans les critères d’accessibilité au changement de nom des personnes trans l’obligation de passer par une opération des organes génitaux, ce qui revenait à une stérilisation détournée des personnes trans.

Aussi, la FFQ, en décembre 2018 a participé auprès de nombreuses autres organisations de défense des droits à la signature d’une pétition contre la stérilisation forcée des femmes autochtones portée par Amnesty International Canada.

Au regard de la montée de ce climat conservateur, les enjeux féministes sont nombreux pour la Fédération des femmes du Québec.

Si Steve Fortin conclut son article en expliquant que “ce féminisme de combat, de provocation, est exaspérant”, nous assurons qu’en effet nous avons l’intention de continuer à “exaspérer” les systèmes de pouvoir patriarcal et raciste dans notre travail. Il y a largement de quoi faire. Ce post prouve en effet qu’il y a un double-standard sur ce qui est considéré comme “raisonnable” dans les discussions que nous menons sur le droit des personnes à disposer de leur corps selon que nous soyons un homme ou une femme.

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