#Déciderentrehommes #RacismeSystémique #Etdansnosmouvements?

Photo des candidats Blanchet, Scheer, Trudeau, Singh et le journaliste. Au dessus une capture d'écran du post de Je suis féministe disant #Déciderentreblancs. En dessous une capture d'écran du titre de Radio Canada disant : "Jagmeet Singh interpellé au sujet de son turban à Montréal"

Premier débat des chefs de ces élections 2019 : le droit à l’avortement est “en débat” et les stérilisations forcées vécues par les femmes autochtones invisibilisées, les droits des femmes musulmanes sont “en débat” et Jagmeet Singh est agressé au marché Atwater …. Et tant d’enjeux cruciaux pour l’avenir n’ont pas – ou si mal – été abordés. 

Une chose est certaine, quel que soit le résultat de ces élections, nous aurons besoin de mouvements sociaux forts pour défendre les droits de tous et toutes. Et des mouvements sociaux forts, ce sont des mouvements qui prennent à bras le corps la lutte pour la justice sociale, qui se battent contre l’ensemble des systèmes d’oppression, qui ne laissent personne derrière. Des mouvements qui mettent au centre de la table les voix des femmes les plus marginalisées. Dans les luttes qui s’en viennent, nos mouvements seront d’autant plus forts qu’ils seront à la hauteur de nos principes : inclusifs et démocratiques. 

Justement, il y a quelques mois, Jan Simpson marquait l’histoire en devenant la première femme noire élue présidente d’un syndicat national au Canada, mettant ainsi en évidence que nos mouvements demeurent encore trop souvent masculins et/ou blancs. La semaine dernière, au moment de la mobilisation pour le climat,  des militantes ont déploré la même chose, demandant que nos mouvements se transforment et fassent une place réelle aux femmes autochtones et racisées. Cet été, on apprenait que Pride Montreal avait licencié une travailleuse alors qu’elle déposait un rapport sur l’organisme, montrant qu’il devait en faire plus pour rétablir les liens avec les personnes LGBTQIA+ Noires. En mai dernier,  un syndicat demandait au gouvernement d’aller plus loin dans l’exclusion des femmes musulmanes portant un voile, au lieu de défendre leurs droits. Rappelons-nous qu’après la grève étudiante de 2012, des militantes avaient dénoncé les agressions sexuelles dans le mouvement. Nos mouvement doivent faire mieux.

En fait, ces actualités ne sont que le sommet de l’iceberg : cela fait longtemps que l’on sait que nos mouvements de justice sociale, malgré toute leur bonne volonté, reproduisent des injustices en leur sein. Bien qu’elles aient fait l’objet de multiples recherches, “les logiques patriarcales du militantisme” sont toujours bien présentes : la division sexuelle du travail,  l’invisibilisation constante du travail des femmes pour éduquer et prendre soin; le plafond de verre ; l’absence de conciliation famille-travail-militantisme ; ou encore la sous-représentation. Il y a encore beaucoup à faire à cet égard. Mais ce n’est pas tout, car la plupart des femmes ne vivent pas que du sexisme. Les militantes vivant à la croisée d’oppressions dénoncent depuis longtemps les situations de discriminations systémiques qu’elles combattent dans les organismes, à l’intersection du patriarcat, du racisme, de l’hétérosexisme, de l’hétéronormativité, du capacitisme ou encore de la transphobie. 

Encore trop peu nombreuses, de plus en plus de recherches illustrent les mécanismes par lesquels des milieux militants reproduisent oppressions et inégalités. Pensons à la recherche d’Emily Yee Claire et aux travaux d’Alexandra Pierre sur l’exclusion des femmes racisées dans le communautaire ou à celle de Jade Almeida et Marlihan Lopez sur les violences vécues par les femmes racisées en milieu féministe.  Pour la semaine de l’accessibilité, le Réseau d’action des femmes handicapées du Canada donnait la parole à de nombreuses activistes montrant le capacitisme de nos organismes. Dans ses recherches sur le syndicalisme, Carole Yerochewski écrit: “(…) les inégalités entre femmes se sont accrues. Les femmes sans diplôme et les femmes racisées sont les grandes perdantes de la non-prise en compte du caractère intersectionnel des dominations.” 

Précarité du travail, rémunération au rabais, tokenisation, absence de représentation,  banalisation des agressions, discriminations systémiques, secondarisation et ignorance des luttes, non prise au sérieux des oppressions vécues et des agendas de luttes.  Lorsque les militantes dénoncent ces problèmes, c’est elles qui sont vues comme étant le problème et qui sont amenées à quitter les organismes. Comme l’écrit la féministe Sarah Ahmed : “Celles qui insistent sur la réalité du racisme, du sexisme et de l’hétérosexisme sont accusées d’entêtement : elles refusent qu’on ferme les yeux sur ces réalités.” À la suite de toutes ces militantes, soyons entêtées, refusons de détourner le regard. Audre Lorde écrivait: “Je ne suis pas libre tant que n’importe quelle autre femme est privée de sa liberté” : il y a urgence d’agir pour transformer nos organismes pour que toutes soient réellement libres. 

Mais par où commencer ? 85 % des membres associatives de la FFQ nous ont dit avoir de la difficulté à mettre en pratique un féminisme intersectionnel. Les organismes dans lesquels elles militent, des syndicats et des groupes communautaires, cherchent également des outils pour transformer leurs organismes. Pourquoi tant de militantes quittent nos organismes ou s’y épuisent ? Comment surmonter les multiples résistances à l’intersectionnalité ? Les lieux décisionnels sont-ils représentatifs ? Est-ce que nos “comités femmes” s’adressent réellement à toutes les femmes ? Comment aller au-delà de l’organisation des comités d’équité en silo ? Comment faire pour que nos organismes intègrent de façon transversale les luttes anti-oppressives plutôt que de s’en décharger sur le dos des militantes ? La FFQ elle-même n’est bien sûr pas à l’abri et des militantes nous demandent de revoir nos pratiques pour déconstruire les rapports de pouvoir. Prises dans la précipitation du quotidien, nous manquons d’espace et de temps pour réfléchir à nos pratiques et nos stratégies de luttes. 

C’est pourquoi nous organisons un vaste Forum les 27 et 28  mars 2020 à Sherbrooke : deux journées de formations, d’ateliers et d’échanges pour transformer nos organismes. Des militantes partageront leurs analyses, ressources et stratégies lors de table-rondes et de formations en matinées. Les après-midis, nous ferons des ateliers et pour cela, nous faisons appel à vous ! En effet, nombre d’entre vous ont déjà commencé à changer leurs pratiques: le Forum est l’occasion de partager vos outils et stratégies. Si votre organisme souhaite animer un atelier, il suffit de remplir ce formulaire. Le Forum est gratuit et ouvert à toutes, que vous soyez membre de la FFQ ou non. Les contributions volontaires serviront à soutenir les frais de déplacement et d’hébergement des personnes et groupes en situation de précarité financière. Vous pouvez d’ores et déjà réserver votre place. Nous avons plus que jamais besoin de mouvements sociaux forts, inclusifs et combatifs.

Quand Sputnik news découvre le féminisme

Sputnik News dans le monde journalistique, c’est un peu l’équivalent d’Éric Duhaime en terme de crédibilité pour parler de féminisme.

Hier, dans un papier (très sérieux) le journaliste Jérôme Blanchet-Gravel essayait de comprendre l’évolution du féminisme au Québec. Si le sujet se veut informatif, il s’agit surtout d’un article à charge contre la FFQ…basé uniquement sur une entrevue avec Diane Guilbault, présidente de PDFQ. 

Chaque journaliste a droit à ses opinions lorsqu’il/elle s’attaque à un sujet mais de là à produire un papier à charge, sans aucune définition des termes employés et sans un minimum de recul sur l’information collectée en entrevue, il y a un monde. 

C’est pourquoi des organes de presse qui ont construit leur réputation sur leur rigueur journalistique ont déjà fourni un travail de recherche sur le rôle de désinformation voir même de propagande du média Sputnik News. Le New York Times a déjà montré que ce média diffuse intentionnellement de la fausse information et Le Nouvel Observateur a plus généralement montré les liens qui existent entre l’extrême-droite et Sputnik News. 

Ce n’est donc pas très surprenant – bien que franchement maladroit – qu’un groupe conservateur choisisse de donner une tribune à ce « média ». Il est en effet malaisant, mais révélateur, de choisir ce média pour faire part de son opposition aux droits de certaines femmes. 

Voici donc un fact-checking en 7 points de l’article de Sputnik News : 

Paragraphe 1:

Il ne s’agit pas d’une “chamaille” – expression infantilisante et sexiste s’il en est. Quelques femmes conservatrices ont quitté la FFQ lorsque avec  l’ensemble de nos membres – réunies en Congrès d’orientation en 2015 – nous avons choisi de défendre les droits de toutes les femmes.

Il ne s’agit alors pas d’un simple désaccord anecdotique mais d’une urgence politique face à la montée de l’islamophobie et du conservatisme. Les féministes doivent s’unir pour défendre les droits de toutes les femmes. 

Paragraphe 2

La mission et la déclaration de principes de la Fédération des femmes du Québec sont très claires. Elles précisent que l’organisme lutte “pour les droits de toutes les femmes dans une perspective décoloniale et travaille à la transformation et à l’élimination des rapports sociaux de sexe et des rapports de domination dans toutes les sphères de la vie, en vue de favoriser le développement de la pleine autonomie de toutes les femmes.”

Il ne s’agit pas de mettre de l’avant des “prescriptions religieuses” comme le prétend ce propos. Il s’agit de reconnaître que la liberté religieuse est un droit fondamental pour toutes les femmes. Ce droit inclut celui de porter un foulard ou non. La pratique de la religion s’exprime de différente façon et comme Fédération, notre rôle n’est pas de juger de ce choix mais bien de juger du droit des femmes de le faire. 

Par ailleurs, il est contradictoire de la part de PDFQ de comparer “le voile” à un “panneau publicitaire” dans son mémoire sur la loi 21 et de se présenter comme un organisme de défense des droits des femmes. Cela dénote une méconnaissance complète du cadre juridique québécois qu’elles prétendent défendre. En effet, le “voile” tout comme la “kippa”, le « turban sikh » ou la « croix chrétienne » relèvent de la liberté de conscience et de religion (telle qu’évoquée par exemple dans l’article 3 de la charte des droits et libertés de la personne du Québec) et ne saurait être comparée à “un panneau publicitaire”.

Oser une telle comparaison est non seulement déshumanisant mais aussi en contradiction totale des principes de base du droit.

Paragraphe 3:

Encore là, c’est faux.

La FFQ défendait la laïcité de l’État avant même que PDF n’existe : tout comme la Ligue des droits et libertés, Amnesty International, la Commission des droits de la personne et de la jeunesse, la FFQ est en faveur d’une laïcité respectueuse des droits et libertés fondamentales et qui travaille réellement à faire une séparation entre le pouvoir politique et le pouvoir religieux. Surtout, nous savons que les attaques contre les droits des femmes musulmanes à travailler librement font parties de la montée générale du conservatisme, du racisme et de l’islamophobie. 

Paragraphe 4:

Faux.

C’est un des letmotiv des mouvements conservateurs que de dénoncer les mouvements sociaux comme “particularistes” ou individualistes”. C’est une stratégie vieille comme le monde pour faire taire les demandes de justice sociale: combien de fois a-t-on demandé aux femmes de ne pas déranger avec leurs “revendications identitaires” ?

À l’inverse, ce sont justement les femmes à travers le monde – et en premier les femmes noires – qui ont développé l’approche intersectionnelle.

Le féminisme est la lutte collective pour l’égalité pour toutes et l’égalité entre toutes. Le féminisme, c’est la lutte pour l’autonomie des femmes, pour leur droits de travailler et de s’habiller comme elles veulent.

Paragraphe 5:

C’est faux.  Il est absurde de croire qu’il y a “un” féminisme américain. En revanche, il est clair qu’il y a une montée des conservatismes à travers le monde. À l’approche de la marche mondiale des femmes, nous espérons créer des solidarités avec les femmes partout à travers le monde que ce soit en France, aux États-Unis ou ailleurs. 

Par ailleurs, dans un mémoire de 30 pages, la FFQ avait développé très précisément son positionnement contre la loi 21. Dans ce mémoire, il est fait nullement mention d’un cadre de référence américain mais plutôt de références universitaires sur les conséquences désastreuses de telles projets législatifs. Il était surtout aussi question de préserver l’héritage de la Charte des droits et libertés du Québec votée à l’unanimité en 1975 par le parlement québécois. 

Paragraphe 6:

Faux.

En réalité, cette attention à son identité trans vient des différents médias ayant jugé utile de pointer du doigt son identité pour attaquer ses positions. Vous avez un exemple ici, ou encore là. En effet, être une femme trans aujourd’hui au Québec se traduit encore par des articles à charge et des propos haineux. C’est ce qui arrive dans une société qui impose ses normes aux femmes minoritaires. 

Paragraphe 7:

Faux. Il n’y a bien que des conservateurs pour croire que les idées respectent les frontières nationales. L’histoire des féminismes au Québec est évidemment bien plus complexe. Il y a des féministes qui luttent pour le droit de toutes les femmes et il y a des groupes reproduisant l’hégémonie conservatrice.

Se définissant comme “universalistes”, ces groupes prennent en otage la défense des droits des femmes en imposant des agendas qui favorisent seulement les plus privilégiées au détriment des femmes les plus vulnérables. 

Avec la montée des conservatismes à travers le monde, il est plus urgent que jamais de créer des coalitions féministes fortes, c’est-à-dire fondées sur la défense des droits de chacune d’entre nous. Avec nos allié.es et nos membres, nous continuerons de défendre le droit de toutes les femmes. 

Commission Viens: après les paroles, place à l’action !

Ce lundi 30 septembre, la Commission Viens organisait une conférence de presse pour présenter son rapport sur les violences systémiques touchant les personnes autochtones dans les services publics. Que ce soit pour la commission de vérité et conciliation du Canada ou la commission viens, il est temps d’agir.

C’est le sujet de notre seconde chronique à l’émission de radio « Québec Réveil ! » animée par Marjorie Champagne sur les ondes 88.3 FM. Écoutez nos chroniques tous les lundis aux deux semaines à 8h10 !

Notre deuxième chronique « Réveil Féministe ! » – nous parlons du rapport de la commission viens.

Si seulement nous les avions écoutées plus tôt

Hier nous partagions un article pointant du doigt l’invisibilisation des femmes subissant en premier les effets des impacts du changement climatique dans l’espace médiatique et les raisons sous-jacentes de cette invisibilisation.

Aujourd’hui, pour que vous saisissiez l’ampleur de l’invisibilisation des combats de ces femmes, nous partageons une liste (non exhaustive) de 17 femmes racialisées, activistes pour le climat, et assassinées ces dernières années en raison de leur combat. Que ces assassinats en série ne soient pas plus largement partagés et n’aient pas provoqué un scandale sur l’échelle planétaire pose vraiment question. Sur la seule année 2016, il était recensé au moins 200 assassinats de défenseurs de l’environnement. Parmi ces assassinats, de nombreuses femmes.

  • Laura Leonor Vàsquez  Pineda – Guatemala – assassinée le 20 janvier 2017
  • Francia Marquez – Colombie – tentative d’assassinat le 4 mai 2019
  • Berta Caceres – Honduras –  assassinée le 3 mars 2016
  • Emilsen Mnyoma – Colombie –   assassinée le 17 janvier 2017
  • Yolanda Maturana – Colombie – assassinée le 2 février 2018
  • Juana Raymundo – Guatemala – assassinée le 28 juillet 2018
  • Annaliza Dinopol Gallargo Capinpin- Philippines – assassinée le 22 août 2018
  • Olivia Arévalo Lomas – Pérou –  assassinée le 10 mai 2018
  • Kátia de Sousa Martins- Brésil – assassinée le 4 mai 2017
  • Leonela Tapdasan Pesadilla – Philippines – assassinée le 3 mars 2017
  • Leidiane Drosdoski Machado – Brésil -assassinée le 18 mai 2015
  • Parveen Rehman – Pakistan – assassinée le 13 mai 2013 
  • Jane Julia de Oliveira – Brésil – assassinée le 24 mai 2017
  • Aysin Büyüknohutçu – Turquie – assassinée le 10 mai 2017
  • Guadalupe Campanur Tapia – Mexique – assassinée le 16 janvier 2018
  • Maria da Lurdes Fernandes Silva – Brésil – assassinée le 26 juillet 2017
  • Juventina Villa Mojica – Mexique – assassinée le 28 novembre 2012

Cela souligne de nouveau l’importance de mettre de l’avant l’analyse féministe et intersectionnelle pour parler des enjeux climatiques. Pour rappel, la FFQ sera présence ce vendredi 27 septembre à la marche pour le climat dans un contingent féministe et intersectionnel. Toutes les informations sont ici: https://www.facebook.com/events/448833209174515/

La FFQ interpelle les partis fédéraux sur les enjeux féministes

La Fédération des femmes du Québec, créé en 1966, est un organisme de défense des droits des femmes. Dotée d’un réseau de centaines de membres associatives et individuelles représentant des milliers de femmes à travers tout le Québec, la FFQ développe un travail de sensibilisation et d’alerte sur les violences systémiques qui touchent les femmes. Au sein du mouvement des femmes, la FFQ assume un leadership collectif pour faire avancer un projet féministe de société ancré dans les valeurs de la Charte mondiale des femmes pour l’humanité; l’égalité, la liberté, la solidarité, la justice et la paix. 

Dans le cadre de la campagne aux élections fédérales, nous sollicitons tous les partis fédéraux pour connaître leur programme et leurs positions sur nos champs d’actions décidés avec l’ensemble de nos membres lors de notre dernière assemblée générale. Voici les quatre questions que nous avons envoyées à chacun-e d’entre eux: 

1) Quelle est votre position sur les enjeux féministes ? Si votre parti prend le pouvoir ou a des élu.es à la Chambre des communes, allez vous travailler avec les organismes de terrain qui portent tous les jours les questions des violences structurelles que subissent les femmes ? Allez-vous intégrer dans vos analyses des outils permettant de mesurer l’impact des politiques publiques sur TOUTES les femmes ? 

2) Quelle est votre position sur la question de l’avortement ? Vous engagez-vous à protéger coûte que coûte les acquis des droits des femmes en matière d’avortement ou allez-vous tolérez les discours d’un retour en arrière sur la question de l’avortement et l’autonomie des femmes?  Permetterez-vous aux élu.es de votre parti de participer à des mouvements en ce sens?

3) Quelle est votre position sur la question de la laïcité et de la loi 21 ?  Serez-vous sur la ligne de défense des droits fondamentaux garantissant à chacun-e la libre pratique et la libre expression de sa foi, ou bien tolérerez-vous les tenants d’une laïcité identitaire, prêtes à dicter aux femmes comment se vêtir ?

4) Les femmes subissent en premier et avec une plus grande force, les impacts des changements climatiques. Si votre parti est porté au pouvoir ou vous avez des députés élu.es, comment comptez-vous répondre à cette menace pour les femmes? 

Ces quatre questions revêtent une importance toute particulière dans le contexte d’un clivage entre un féminisme inclusif et un féminisme réactionnaire. Nous espérons que ces questions vous permettront d’exprimer votre projet aussi clairement que possible. Nous restituerons vos réponses fidèlement, afin que chaque électeur puisse en tenir compte dans son choix à l’approche des échéances électorales.

La #mexplication appliquée aux féministes réactionnaires

Nous en avions déjà un peu parlé !

Cette année, la FFQ va animer à toutes les deux semaines les lundis matins à 8h10 une chronique « Réveil Féministe! » dans l’émission « Québec réveille » animée par Marjorie Champagne sur les ondes 88.3FM.

Pour le sujet de notre première chronique ce matin, on parle de la mexplication appliquée aux féministes réactionnaires :

Cliquer sur l’image pour accéder à la vidéo de notre chronique ! https://www.youtube.com/watch?v=3znIhKAbpxk&feature=youtu.be

Financement de 12 organismes: un effort à saluer

Montréal – le 10 septembre 2019

12 organismes de défense des droits se partageront plus de 1 163 304 dollars en soutien à leur mission globale a annoncé hier le ministre du Travail, de l’Emploi et de la solidarité sociale.

La FFQ reconnaît l’effort du gouvernement pour financer des groupes en défense des droits collectifs. De groupes luttant pour l’anti-capacitisme aux questions environnementales en passant par les enjeux de droit aux logements des populations en situation précaire, la FFQ partage des enjeux communs pour la défense de toutes les femmes.

La FFQ tient particulièrement à saluer le long travail du RODCD (Regroupement des organismes en défense collective des droits) sur ce dossier. Cela fait plusieurs années que le RODCD joue un rôle d’interlocuteur privilégié défendant les intérêts de quelques 300 organismes en défense des droits humains.  

Nous constatons que le gouvernement a aussi choisi de financer pour la première fois des groupes aux agendas conservateurs et identitaires, agendas similaires au nouveau gouvernement de la Coalition Avenir Québec. 

Au côté des organismes de défense des droits humains, la FFQ compte renforcer son rôle d’interlocuteur auprès des institutions sur les enjeux de défense du droits de toutes les femmes. 

Offre d’emploi : chargée d’appui aux communications

Sur l'image est écrit : "chargée d'appui aux communications"

Contrat de 8 mois (32 semaines : 1er octobre au 17 mai) – 15h/ semaine – 27,95$/h

**La FFQ encourage les candidates appartenant à un ou plusieurs groupes marginalisés à soumettre leur candidature. Des accommodations permettant d’effectuer le travail peuvent être discutées au besoin. Nous reconnaissons les expériences et diplômes acquis en dehors du Québec et/ou de façon non-traditionnelle.**

Description du poste : 

Dans le cadre d’un projet de renforcement des capacités de la FFQ, nous recherchons une nouvelle personne pour venir appuyer notre responsable aux communications. Nous cherchons à développer notre pôle communication afin de : 

  1. Réaliser des interviews sur des thématiques d’actualités qui concernent la FFQ
  2. Réaliser des vidéos d’informations sur l’actualité de la FFQ et les enjeux d’actualités qui concernent la FFQ
  3. Rédiger des articles de fond sur les thématiques qui intéressent la FFQ et riposter de façon efficace au traitement sexiste et raciste dans certains médias
  4. Créer des boîtes à outils à l’endroit de nos membres
  5. Renforcer notre capacité de mobilisation sur des enjeux spécifiques

Cela va demander de la capacité de travail supplémentaire que notre responsable des communications ne peut assumer seule. Alors nous avons besoin de vous en appui.

Principales responsabilités : 

  • Participation et accompagnement d’un plan de communication hebdomadaire avec le soutien de l’agente aux communications 
  • Animation des réseaux sociaux (création de contenu, modération, réponse aux abonnés)
  • Gestion du site web (mise à jour rubrique du site et écriture d’articles)
  • Production du bulletin aux membres (mise en forme du bulletin et diffusion)
  • Gestion des boîtes courriel, de la boîte de messagerie de Facebook et de Twitter
  • Faire de la veille d’actualité sur les thématiques couvertes par la FFQ

Compétences/Expérience :

  • Aptitudes en rédaction en français
  • Expérience professionnelle ou militante en communication et organisation d’événement
  • Bilinguisme (anglais-français) fonctionnel
  • Maîtrise de la suite Adobe (surtout Photoshop et Premiere Pro)
  • Connaissance du gestionnaire des pages Facebook
  • Connaissance de WordPress
  • Notions de base de mise en page, de composition d’image, de graphisme, de création vidéo
  • Compréhension des enjeux féministes au Québec et des questions d’intersectionnalité et d’oppressions systémiques et compréhension de base des principes de communication politique 
  • Capacité de synthèse (être en mesure d’identifier rapidement les enjeux principaux pour mieux les synthétiser sous forme d’articles et/ou d’infographies)

Seront considérés comme atouts : 

  • Connaissance de Constant Contact et Donor Perfect
  • Maîtrise de Photoshop et Illustrator
  • Bonne connaissance des gestions des publicités sur Facebook
  • Bonne connaissance d’autres plateformes de réseaux sociaux (LinkedIn, Instagram)
  • Réseau de contacts de militantes féministes à Montréal et en région

Pour soumettre votre candidature : 

Si ce poste vous intéresse, veuillez postuler avant le 4 septembre en envoyant un CV et une lettre de présentation à emploi@ffq.qc.ca en indiquant dans l’objet “Candidature – appui aux communications”. Les entrevues auront normalement lieu dans la deuxième semaine de septembre pour un début de prise de poste début octobre. 

Nous remercions toutes les candidates qui nous enverront leur candidature, cependant seules celles retenues pour une entrevue seront contactées.

Rencontre avec le Premier Ministre

Le 16 juillet dernier, la FFQ et 5 autres personnes et groupes ont rencontré le Premier Ministre Justin Trudeau et la Ministre Mélanie Joly pour un table ronde sur les droits des femmes, particulièrement en réaction à la mobilisation autour du film Unplanned.

Nous lui avons communiqué notre déception quant au fait que cette rencontre ait eu lieu seulement à la fin de son mandat, en réaction à une histoire liée à l’avortement (qui peut sembler une question politiquement facile à gérer) et que la rencontre incluent seulement 6 invitées, sans chercher à centrer les voix des femmes plus marginalisées. Bien qu’il est important de parler de la montée de la droite, nous avons également mis de l’avant l’état catastrophique du status quo dans un contexte où les droits des femmes sont loin d’être respectés actuellement.

Les principes de justice reproductive, développés dans les années 90 par des femmes noires américaines qui ne s’identifient pas avec les arguments de « choix » et le mouvement très blanc autour de cette question, lui ont été présentés et la FFQ a clairement communiqué que le droits à l’avortement est une question beaucoup plus complexe que simplement la légalité du geste médical. 

Le droit à l’avortement est intimement lié aux enjeux de marginalisation. Nous avons donc parlé des stérilisations forcées des femmes autochtones, des retraits d’enfants autochtone et/ou dont les parents consomment des drogues ou sont autrement marginalisés par la protection de la jeunesse, de l’accès aux soins pour les personnes en région et les personnes sans statut, de la reconnaissance de l’agentivité de toutes les femmes, des enjeux liés à la criminalisation de la non-divulgation du VIH, de la pauvreté et autres barrières à la parentalité, de l’accès à la procréation médicalement assistée et à la contraception, des violences obstétricales et de nombreux autres enjeux. 

De plus, nous avons pu discuter de réforme du mode de scrutin et autres réformes parlementaires ainsi que de la nécessité que le Premier Ministre participe au débat sur les enjeux féministes organisé par Up For Debate.

Notre demande est claire: Que le gouvernement fédéral utilise les outils à sa disposition pour s’assurer de mettre en place des mesure légales, des conditions matérielles et un contexte social qui ancrent réellement la justice reproductive dans la société canadienne pour que ces droits deviennent d’abord réels pour toustes et, ensuite, qu’ils soient tellement acquis qu’ils ne seront plus jamais menacés, que ce soit par la propagande ou par des gouvernements futurs.

Nous espérons voir des actions concrètes.

« IL N’Y AURA PAS UNE PRISON MIGRANTE DE PLUS À LAVAL »

prison femmes migrantes

« IL N’Y AURA PAS UNE PRISON MIGRANTE DE PLUS À LAVAL », DISENT À L’UNISSONS DES GROUPES COMMUNAUTAIRES OPPOSÉS À LA CONSTRUCTION DE LA PRISON MIGRANTE DE LAVAL.

« Nous sommes ici pour dire à Ottawa qu’il n’y aura pas de nouvelle prison ! », a lancé d’emblée Amy Darwish, porte-parole  de Solidarité sans frontières. À ses côtés, sur la site de la construction de la nouvelle prison migrante, des représentant·e·s de réseaux migrants, féministes, juristes et environnementaux. La conférence de presse a été organisée en réponse à l’annonce par le gouvernement fédéral du choix de l’entrepreneur général qui sera responsable du projet, soit Construction Tisseur Inc,  une petite entreprise basée à Val-David. Il est donc attendu que la construction de la nouvelle prison débute prochainement.

Les organisations communautaires représentées lors de la conférence de presse insistent sur le fait que les compagnies prenant part à ce projet profitent de l’emprisonnement des migrants et de la séparation des familles.  « Nous voulons envoyer un message à Yannick Tisseur, président de Tisseur Inc. : ceci n’est pas un projet comme les autres. En acceptant ce contrat, vous choisissez un camp et c’est celui qui vise à priver à des personnes de leur liberté et sécurité. Vous vous positionnez du côté d’un système mondial d’apartheid qui se base sur la richesse et les privilèges », a ajouté Mme Darwish.

« Le gouvernement parle de centre de détention, mais c’est ni plus ni moins qu’une prison qui sépare des familles et les force à vivre dans la peur et la précarité. Le Canada sait très bien que les personnes viennent ici parce qu’elles n’ont pas d’autre choix. Plusieurs femmes migrantes fuient à cause de la pauvreté et de la violence genrée dont elles, et leurs enfants, sont les premières victimes », a affirmé Marlihan Lopez de la Fédération des femmes du Québec. 

Le porte-parole des Mexicain-es uni-es pour la régularisation, Carmelo Monge, a connu la détention dans l’actuelle prison migrante de Laval. « Pour plusieurs d’entre nous, on vit ça comme une injustice parce que nous sommes utilisés comme main-d’oeuvre bon marché pour travailler dans les champs, dans les usines ou comme aide familiaux mais après, on nous met dans des cages en nous disant que nous ne sommes pas les bienvenus », a fait remarquer M. Monge. 

Tout comme les firmes d’architecture impliquées dans le projet, soit Lemay et Groupe A, Construction Tisseur se présente comme écoresponsable. Le Canada a annoncé que cette prison respecterait des normes environnementales (certification LEED) et qu’elle serait écoresponsable. Pour Justice Climatique Montréal, il s’agit surtout d’une stratégie de marketing politique.  « Le gouvernement cherche à vendre ce projet à la population en employant différentes techniques de marketing. Il utilise des mots à la mode comme “environnementalement durable” pour donner l’impression que ce projet n’a pas d’impact sur l’environnement et participe aux efforts pour protéger notre planète. Or, selon nous, il n’y a absolument rien positif pour l’environnement à détenir des personnes pendant plusieurs mois simplement parce qu’elles n’ont pas pu amener avec eux les bons papiers en fuyant leur pays », a expliqué Morgan McGinn de l’organisation environnementale basée à Montréal. « Nous savons très bien que le Canada est responsable de la détérioration des conditions environnementaux qui forcent aujourd’hui plusieurs millions de personnes migrantes à fuir leur pays, à commencer par les activités des compagnies minières canadiennes dans plusieurs pays du Sud », a-t-elle précisé. 

« Vous savez, la détention des personnes immigrantes n’est pas nouvelle en soi. Ça fait parti d’une très longue histoire de pratiques et de politiques coloniales et racistes que le Canada a eues par le passé. Aux États-Unis, on parle ouvertement de camps de concentration pour qualifier ce qu’ils font. Bien que la pratique actuelle soit différent dans le contexte canadien, nous pensons qu’il est de notre responsabilité collective de souligner le fait que le Canada aussi emprisonne les personnes migrantes, incluant les enfants et séparent des familles », a indiqué la représentante de l’Association des juristes progressistes, May Chiu. 

Depuis le début de l’annonce de la construction d’une nouvelle prison migrante à Laval, plusieurs membres de la communauté et plus de 70 groupes communautaires se sont officiellement opposés à la décision du gouvernement fédéral d’allouer plusieurs centaines de millions de dollars à la construction de deux nouvelles prisons migrantes, l’une à Surrey et l’autre à Laval.