JOURNÉE INTERNATIONALE DES DROITS DES FEMMES: 8 MARS

Le Collectif 8 mars, Molotov communications. Illustration : Guadalupe Pérez Pita.

Le 8 mars prochain aura lieu la Journée internationale des droits des femmes, une journée de célébration des droits des femmes, une journée de bilans des luttes menées et à mener et aussi une journée d’actions et de mobilisations partout dans le monde. Chaque année, au Québec, le Collectif 8 mars propose un thème et un visuel à l’ensemble des groupes et organismes féministes du Québec, afin de les inspirer et les soutenir dans leur mobilisation.

Le Collectif 8 mars est composé de la FFQ, du comité condition féminine de la CSN, de la FTQ et de l’Intersyndicale des femmes (représentant les comités condition féminine de l’APTS, CSD, CSQ, FAE, FIQ, SFPQ, SPGQ). Cette année, le thème que nous vous proposons est le suivant : Féministes de toutes nos forces ! 

Le Collectif 8 mars représente plus de 700 000 femmes au Québec provenant autant des groupes autonomes de femmes que des organisations syndicales.

Le visuel et le thème du 8 mars 2020 : Féministes de toutes nos forces

Les mains et le geste de la victoire sont utilisés comme acte symbolique qui connecte nos luttes. Ce visuel se rapporte à la notion de partage, à une libération qui peut s’accomplir seulement de façon plurielle et collectivement. L’affiche célèbre l’aspect international et intersectionnel de nos expériences en cette année d’action de la Marche mondiale des femmes (MMF) : une ambiance de célébration à travers une palette de couleurs vives.

L’épinglette : symbole des luttes féministes

En portant l’épinglette du 8 mars, nous affirmons que nous sommes féministes et affichons notre détermination à poursuivre la lutte pour le plein respect de nos droits fondamentaux, dont celui de l’égalité entre les femmes et les hommes.

#8mars

À l’ère des médias sociaux, nous vous invitons à utiliser ce mot-clic dans le cadre de vos actions et communications entourant le 8 mars ou simplement pour commenter l’actualité.

Mobilisation

Une boîte à outils pour vous aider dans votre mobilisation sera diffusée à la fin du mois de janvier.
Lettre du Collectif 8 mars



Outils visuels pour promouvoir le 8 mars

Vous pouvez télécharger le matériel suivant :

Affiche (12 pouces x 18 pouces)

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Droits d’autrices:
Dans tous les cas d’utilisation de l’illustration, complète ou partielle, l’utilisateur s’engage à écrire la mention suivante : « Le Collectif 8 mars, Molotov communications. Illustration :  Guadalupe Pérez Pita. » L’illustration ne peut être modifiée d’aucune façon sans son consentement.

Bons préparatifs!

Programmation lancée pour le Forum 2020!

Décoratif : extrait des images du programme

La programmation complète du Forum Transformer nos organismes est lancée !! Nous avions hâte de vous la partager. Merci à toutes les extraordinaires personnes militantes qui ont accepté de créer des ateliers sur mesure et de partager leurs projets, leurs stratégies, leurs coups de gueules et leurs analyses !!

Rendez-vous à Sherbrooke les 27 et 28 mars 2020 !

Nos corps ne sont pas un terrain de violence

image décorative

Nous retranscrivons ici en intégralité le discours de la vice-présidente de la FFQ, Marlihan Lopez, lors de la commémoration du 6 décembre à la Place du 6-décembre-1989 :

Une violence genrée et racialisée. Tantôt banalisée, tantôt fétichisée. Mariages forcées, violences basées sur l’honneur, pourquoi êtes-vous seulement intéressées à nous entendre quand la violence peut être utilisée comme prétexte pour stigmatiser toute une communauté ou pour faire pousser des projets colonialistes et impérialistes? Je ne prétends pas dire qu’il n’existe pas de violence misogyne à l’intérieur de nos communautés, ou qu’il faudrait le cacher. Non certainement pas, nous devons continuer à briser le silence. 

Nos corps ne sont pas un terrain de violence

Tantôt hypervisibles, Tantôt effacées.  L’obsession exclusive avec la violence dans le contexte de la sphère privée, la violence envers des femmes « opprimées » par leurs maris « barbares » sert souvent à excuser la violence publique, les actes haineux motivés par le racisme, l’islamophobie et la misogynie.  Mais prêtez-vous attention quand on vous parle des violences racistes, des violences étatiques, des violences systémiques qu’on subit aux quotidien? Quand on vous parle des barrières à l’accès aux ressources pour les femmes victimes de violence? Quand on vous parle de l’absence des services en violence sexuelle à Montréal Nord?

Nos corps ne sont pas un terrain de violence

Peut-on avoir notre #MoiAussi, #AgressionNonAnnoncée sans déclencher une haine raciste envers nos communautés ? Quand est-ce que les violences dont nous sommes victimes recevront la même indignation que reçoivent celles vécues par des femmes appartenant à des groupes dominants : blanches, hétéro, cis ? Où se trouve la colère et l’indignation collective quand nous dénonçons les violences publiques auxquelles nous sommes soumises à cause du racisme systémique? 

Nos corps ne sont pas un terrain de violence

Serons-nous encore obligées à choisir entre la lutte contre l’oppression raciste et la lutte contre l’oppression sexiste, sachant qu’on vit ces discriminations simultanément. L’insécurité que l’on ressent dans un contexte d’hostilité qui ne cesse d’empirer envers les personnes racisées, immigrantes, musulmanes… On le ressent en tant que FEMMES et en tant que minorités raciales/ethno-culturelles.  Mais la violence raciste et patriarcale prétend nous obliger à compartimenter nos identités et notre oppression et vous êtes toutes et tous complices. 

Nos corps ne sont pas un terrain de violence

Cette année, dans le contexte des 12 jours contre les violences faites aux femmes et de la commémoration du 6 décembre, nous parlons beaucoup d’anti-féminisme, je dirai anti-féminismes en pluriel. Ça a été un moment pour réfléchir aux violences systémiques dont sont victimes les femmes.  La Ville a même reconnu la tuerie à la Polytechnique comme étant un attentant anti-féministe. Reconnaitrons-nous aussi cette vague de violence raciste et genrée, d’islamophobie comme des actes anti-féministes qui mérite également une mobilisation et une indignation collective? 

Nos corps ne seront plus un terrain de violence

Discours de Marlihan Lopez à l’inauguration de la nouvelle plaque à la Place du 6-décembre-1989

Le 5 décembre 2019, Marlihan Lopez, vice-présidente de la Fédération des femmes du Québec était inviter à s’exprimer à l’occasion de l’inauguration de la nouvelle plaque à la Place du 6-décembre-1989. Voici le discours qu’elle a prononcé :

Cette année, la campagne des 12 jours d’action contre les violences faites aux femmes, coordonnée par le Comité 12 jours a lieu du 25 novembre au 6 décembre. Notre campagne rappelle à quel point il est crucial de prendre ce moment de recueillement à chaque année pour se souvenir des 14 femmes qui furent assassinées le 6 décembre 1989 à Polytechnique.  

30 ans plus tard, cette date est devenue la Journée nationale de commémoration et d’action contre les violences envers les femmes. Ce moment de recueillement est incontournable parce qu’il nous rappelle à nos responsabilités 30 ans plus tard. 

Car oui, 30 ans plus tard, le Comité 12 jours vous demande mais quelles différences ?

Quelles différences quand le premier féminicide, soit le génocide colonial des autochtones, n’est toujours pas reconnu ? 

1017. C’est le nombre de femmes autochtones assassinées et disparues depuis plus de 30 ans selon les sources officielles. C’est une sous-estimation.

4 000. C’est le nombre de femmes autochtones assassinées et disparues selon les organismes de terrain. Ce serait aussi une sous-estimation.

Évitons que la mémoire ne nous fasse défaut. 

Quelles différences en 2019 quand les femmes en situation de handicap ne sont écoutées que pour vous permettre de rajouter une note de bas de page dans vos statistiques ? Quelles différences lorsque le système ne les inclut toujours pas ? 

Évitons que la mémoire ne nous fasse défaut. 

Quelles différences en 2019 quand les voix et les expériences des femmes racisées sont toujours mis de côté si ce n’est pour mettre de l’avant une vitrine antiraciste dans une société où le racisme systémique règne ? Quelles différences quand nous les écoutons qu’au bénéfice de notre bonne conscience ? 

Évitons que la mémoire ne nous fasse défaut. 

Quelles différences en 2019 quand les hommes qui parlent de voile sont plus écoutées que les femmes qui parlent de viol ? Quelles différences ?! 

Évitons que la mémoire ne nous fasse défaut. 

Si nommer les violences est une étape nécessaire pour éduquer et enrayer les violences faites à toutes les femmes, il y a urgence d’agir pour toutes celles qui résistent encore.

En tant que représentante du Comité 12 jours et en tant que femme, je me retrouve aujourd’hui debout devant vous et peinée par l’assassinat des 14 femmes le 6 décembre 1989 à Polytechnique. Je me retrouve aujourd’hui avec la rage au ventre pour toutes celles qui ont péri en raison des violences et pour toutes celles qui malheureusement  sont encore oubliées.

Les membres du Comité 12 jours n’ont pas le luxe de vivre sans être affectées chaque jour par des violences. Les membres du Comité 12 jours n’ont pas le luxe de vivre en ayant la possibilité de regarder ailleurs alors que des femmes sont toujours victimes de violence. 

C’est pourquoi le Comité 12 jours continuera de faire de l’éducation et de la sensibilisation inconfortable. C’est pourquoi le Comité 12 jours demande à tous les décideurs politiques de passer à l’action et de s’engager résolument pour enrayer les violences faites à toutes les femmes. Cela passe par un financement adéquat des organismes communautaires sur le terrain notamment celles qui interviennent auprès des femmes les plus vulnérables.

14 femmes furent assassinées en 1989. 30 ans plus tard, Dona Paré is still missing. 

30 ans plus tard croyez nous aussi !

Discours co-rédigé par Claire-Anse Saint-Éloi et Pauline Ou-halima

30 ans plus tard, souvenons-nous

Sur l'image, au côté des visages des femmes assassinées le 6 décembre 1989 est écrit : "on se souvient"

Aujourd’hui c’est la Journée internationale de commémoration et d’action contre la violence faite aux femmes.

Il y a 30 ans, 14 femmes étaient assassinées durant l’attentat antiféministe à Polytechnique uniquement parce qu’elles étaient des femmes.

Souvenons-nous de chacune de ces femmes. La perpétuation de leur mémoire est un devoir collectif de commémoration des crimes d’hier qui continuent encore aujourd’hui à cibler des femmes parce qu’elles sont des femmes.

ON SE SOUVIENT :

Geneviève Bergeron (née en 1968), étudiante en génie civil.
Hélène Colgan (née en 1966), étudiante en génie mécanique.
Nathalie Croteau (née en 1966), étudiante en génie mécanique.
Barbara Daigneault (née en 1967), étudiante en génie mécanique.
Anne-Marie Edward (née en 1968), étudiante en génie chimique.
Maud Haviernick (née en 1960), étudiante en génie des matériaux.
Barbara Klucznik-Widajewicz (née en 1958), étudiante infirmière.
Maryse Laganière (née en 1964), employée au département des finances.
Maryse Leclair (née en 1966), étudiante en génie des matériaux.
Anne-Marie Lemay (née en 1967), étudiante en génie mécanique.
Sonia Pelletier (née en 1961), étudiante en génie mécanique.
Michèle Richard (née en 1968), étudiante en génie des matériaux.
Annie St-Arneault (née en 1966), étudiante en génie mécanique.
Annie Turcotte (née en 1969), étudiante en génie des matériaux.

En hommage à ces 14 femmes assassinées ce 6 décembre 1989, nous portons la responsabilité collective de ne pas se souvenir de leur assassinat en prétendant que de telles violences n’ont plus d’ancrage dans la réalité quotidienne du Québec en 2019. 

En 2019, Dona Paré is still missing. En 2019, le premier féminicide, soit le génocide colonial des autochtones, n’est toujours pas reconnu.

De toutes les femmes qui ont été assassinées par leurs conjoints, leurs partenaires, des amis, des connaissances et des étrangers.

De toutes les femmes Autochtones disparues et assassinées, dont une liste incomplète de leurs noms se trouve ici: http://bit.ly/2BFffWs

30 ans plus tard, évitons que la mémoire ne nous fasse défaut.

30 ans plus tard, on se souvient de vous toutes et on vous aime. ❤️

Suicide de Madame M à la Prison Leclerc : demande d’enquête spéciale

Aujourd’hui, le Groupe G13, table de concertation de 20 groupes et regroupements provinciaux de groupes féministes, envoie une demande d’enquête spéciale sur le suicide de Madame M à la Prison Leclerc. La lettre est adressée à Mme Geneviève Guilbeault, Ministre de la Sécurité Publique, Mme Sonia Lebel, Ministre de la Justice, Mme Isabelle Charest, Ministre de la condition féminine, Monsieur David Lametti, ministre de la Justice au niveau fédéral et Madame Myriam Monsef, Ministre des femmes et de l’égalité des genres. Voici la lettre et la liste des signataires.

 Objet : Demande d’enquête spéciale 

Le suicide de Madame M au centre de détention Leclerc, logique de criminalisation et d’incarcération des femmes 

Madame la Ministre, Monsieur le Ministre, 

En cette période des 12 jours d’action contre les violences faites aux femmes, il nous semble important de parler de celles qui ne sont pas encore crues, celles qui doivent encore faire un travail de survie sans soutien ni reconnaissance de l’État québécois et canadien. 

Le 5 novembre à la prison Leclerc, une femme a mis fin à ses jours. C’est le quatrième suicide qui survient dans cette prison pour femmes en l’espace de deux ans. Au moins dix tentatives ont également eu lieu dans la même période. 

En tant que féministes, nous constatons que les prisons sont des lieux de reproduction de la violence étatique et institutionnelle, où les femmes sont davantage vulnérables. Nous croyons que le système carcéral, et spécifiquement la prison Leclerc, est un facteur aggravant ayant poussé Madame M à mettre fin à son combat de la façon dont elle l’a fait. Les conditions de son incarcération concluent la funeste épopée d’injustices qu’elle a vécue : l’acharnement des États canadien et états-uniens dans la non-reconnaissance des violences post-séparation de son ex-conjoint violent ainsi que la persécution qu’elle a vécue sur une période de 9 ans de notre système de justice, et enfin la négligence de l’administration québécoise. 

“Madame M” était une mère de famille de trois enfants, originaire du Québec, établie aux États-Unis. Elle s’est enfuie avec ses enfants pour retourner au Canada en 2010 pour les protéger de leur père violent. Dix jours après le jugement d’extradition définitif de la Cour Suprême, elle est retrouvée morte dans sa cellule de la prison Leclerc. Loin d’être une séquence vécue sur quelques semaines seulement, Madame M a vécu pendant plus de 9 ans différentes formes de violences étatiques : la non-reconnaissance de celle vécue dans sa relation conjugale ; l’acharnement des gouvernements des Etats-Unis et du Canada pour la punir ; et, finalement, l’internement dans une prison que même le gouvernement fédéral refuse d’utiliser à cause de sa désuétude. Le personnel formé à la prévention du suicide n’a-t-il pas vu ses poignets cicatrisés lorsqu’elle a été incarcérée ? 

Soyons clair.es, c’est en tant que femme dans une société patriarcale que Madame M a enduré une double violence : la violence conjugale et la violence institutionnelle qui la menaçait d’un procès pour “enlèvement” alors qu’elle cherchait à protéger ses enfants, à défaut d’être protégée par les pouvoirs publics. 

Malheureusement, l’histoire de Madame M. n’est pas unique. Les femmes ayant vécu des violences interpersonnelles affirment que le système pénal ne protège pas les personnes marginalisées victimes de relations violentes. Le système carcéral lui-même est une forme de violence dans leur vie, qui reproduit la violence sans se préoccuper de leur réalité. C’est pourquoi aujourd’hui nous exigeons que vous, la Ministre de la Sécurité du Québec, conduise une enquête spéciale sur les conditions de détention des femmes à la prison Leclerc. 

Veuillez agréer, madame la Ministre, l’expression de nos salutations respectueuses, 

Gabrielle Bouchard & Gaëlle Fedida 

Pour le G13 

Organisations membres du G13 

Formé dès 1986, le G13 est une table de concertation de 20 groupes et regroupements provinciaux de groupes féministes. Il sert de porte-voix pour l’ensemble des réalités diverses que nos groupes représentent : des femmes autochtones, racisées, en situation de handicap, de la diversité sexuelle; des maisons d’hébergement à l’employabilité, des tables de groupes de femmes aux centres d’aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel, des centres de femmes à la santé sexuelle et reproductive, des organismes de soutien aux familles monoparentales et recomposées, de la défense de droits à la prestation de services, du milieu de vie à l’éducation populaire. Nous représentons plusieurs centaines de groupes et des dizaines de milliers de femmes, souvent parmi les plus vulnérables et marginalisées. 

Action santé femmes 

Alliance des maisons d’hébergement de 2e étape pour femmes et enfants victimes de violence conjugale 

Centre de documentation sur l’éducation des adultes et la condition féminine 

Concertation des luttes contre l’exploitation sexuelle 

Conseil d’intervention pour l’accès des femmes au travail 

DAWN-RAFH Canada 

Fédération des associations de familles monoparentales et recomposées du Québec 

Fédération des femmes du Québec 

Fédération des maisons d’hébergement pour femmes 

Fédération du Québec pour le planning des naissances 

Femmes Autochtones du Québec 

L’R des centres de femmes du Québec 

Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale 

Regroupement Naissance-Respectées 

Regroupement québécois des centres d’aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel 

Relais-femmes 

Réseau d’action pour l’égalité des femmes immigrées et racisées du Québec 

Réseau des lesbiennes du Québec– Femmes de la diversité sexuelle 

Réseau des Tables régionales de groupes de femmes du Québec 

Table de concertation des organismes au service des personnes réfugiées et immigrantes 

Lancement de la Campagne Nationale des 12 jours d’action contre les violences faites aux femmes

1989-2019 : #30ansplustard, croyez-nous aussi ! 

Aujourd’hui, c’est avec ce cri du coeur que les femmes du comité des 12 jours ont lancé la campagne des 12 jours d’action contre les violences envers les femmes. 

Cette année la campagne souligne les 30 ans de l’attentat anti-féministe de Polytechnique en mettant de l’avant 30 types de violences que subissent encore les femmes, et particulièrement les femmes vivant dans des contextes de marginalisation. 

« Depuis plusieurs années, nous travaillons à mettre en lumière les violences institutionnelles et invisibilisées qui touchent particulièrement les femmes aux marges » souligne Claire-Anse Saint-Éloi, coordonnatrice du Comité 12 jours. « Nous avons choisi le slogan 30 ans plus tard, croyez-nous aussi, car il est crucial de nommer les violences et de les dénoncer afin de pouvoir mieux sensibiliser, prévenir et intervenir. »

Et en effet, aujourd’hui, cette campagne et le slogan “30 ans plus tard, croyez-nous aussi !” est plus que jamais d’actualité. 

Hier, le journal métro publiait un article retraçant la violence subie par Nouhaila, une femme racisée de 19 ans victime d’un crime haineux dans le cadre de son travail de caissière dans un Walmart de l’est de Montréal. Au lieu d’être soutenue dans sa plainte à la suite d’un appel qu’elle a fait auprès du SPVM, elle a fait l’objet d’une enquête criminelle.

Les policiers du poste de quartier 48 ont tout simplement refusé de la croire et l’ont découragé de porter plainte. Une policière lui aurait même aussi précisé qu’elle pourrait aller en prison si elle portait plainte contre la cliente.

Depuis plus de 30 ans, ce sont aussi les violences envers les femmes autochtones qui s’insèrent dans un contexte de discrimination et de racisme systémique.

En 2019, un rapport public de chercheurs indépendants montrait que le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) a interpellé sept fois plus de personnes autochtones en 2017 qu’en 2014. Ainsi, les femmes autochtones sont 11 fois plus à risque d’être interpellées que les femme blanches. Il ne faut surtout pas oublier que le Génocide coloniale à l’égard des Autochtones, avec ses politiques discriminatoires, persistent encore aujourd’hui.

C’est parce que ces violences sont niées qu’elles perdurent encore aujourd’hui. Nommer ces violences passent aussi par leur illustration.

C’est pourquoi, le Comité des 12 jours a également donné carte blanche à six illustratrices pour mettre en lumière les différentes formes de violences que subissent encore les femmes 30 ans plus tard. Ces six illustratrices, Meky Ottawa, Maude Bergeron des Folies Passagères, Ambivalently Yours, Maliciouz, Valéry Lemay et Kezna Dalz, ont créé des mèmes 1989 versus 2019 qui seront disponibles sur le site internet officiel de la campagne des 12joursdaction.com.

Illustratrice: Meky Ottawa

Cette campagne est pour toutes les femmes victimes de violence.

Partagez et dénoncez les violences que subissent les femmes le #défi30ansplustard. Aller sur le site internet officiel : 12joursdaction.com et soumettez vos mèmes !


Polytechnique: Montréal reconnaît un attentat antiféministe

La nouvelle vient de tomber.

#30ansPlusTard , la ville de Montréal reconnaît enfin le meurtre de 14 femmes à Polytechnique le 6 décembre 1989 comme un attentat antiféministe.

La FFQ se réjouit de cette décision de la municipalité.
Nommer les violences telle qu’elles sont est un premier pas décisif pour développer des mécanismes de prévention.

Cela fait aussi partie de la lutte du Comité des 12 jours d’actions contre les violences à l’égard des femmes. Sa vocation est de nommer toutes les violences à l’égard des femmes. Reconnaître un attentat anti-féministe comme telle en fait partie.

Interrogée par le journal La Presse, Mélissa Blais, l’une des deux chercheuses du Regroupement québécois en étude féministe qui a suggéré cette modification avec Diane Lamoureux (lire l’article original paru dans La Presse de la journaliste Judith Lachapelle) a réagi :

Une tragédie, c’est un drame. C’est, par exemple, lorsque quelqu’un meurt trop jeune dans un accident de voiture. Il n’y a pas d’intention dans une tragédie, c’est un accident. Un attentat suppose un acte volontaire et une dimension politique. C’est le propre des attentats terroristes de causer un traumatisme collectif.

[…]

« Il faut appeler un chat, un chat, dit Mélissa Blais. Il faut le faire si on veut vraiment développer des mécanismes de prévention. » Elle rappelle l’existence sur l’internet de forums de discussion qui glorifient le tireur de Poly. « Je pense que c’est un gros problème d’éviter de parler de ces hommes en colère contre les féministes. Cette haine est un moteur d’action qui, parfois, justifie selon eux de tuer des femmes. Et c’est pour ça que nous avons vraiment voulu indiquer dans le texte qu’il s’agissait bel et bien d’un attentat antiféministe. »

Mélissa Blais, dans La Presse le 4 novembre 2019

Cela fait aussi partie de la lutte du Comité des 12 jours d’actions contre les violences à l’égard des femmes. Sa vocation est de nommer toutes les violences à l’égard des femmes. Reconnaître un attentat anti-féministe comme telle en fait partie.

À J-22 du lancement des 12 jours d’actions contre les violences à l’égard des femmes, nous vous rappelons que vous pouvez soumettre vos activités sur notre plateforme web 👇

Sur l'image est écrit: 

"12 jours d'actions contre les violences à l'égard des femmes. 25 novembre - 6 décembre : soumettre une activité"
http://www.12joursdaction.com/

Calendrier des 30 ans des 12 jours d’actions contre les violences à l’égard des femmes !

Ça y est. 

À J-26, le compte à rebours est lancé pour le début de la 30ème édition de la campagne des 12 jours d’action contre les violences envers les femmes. 

Comme à chaque année, nous vous demandons de soumettre vos activités pour le calendrier des 12 jours d’actions contre les violences à l’égard des femmes !

Cette année est particulière. 

Particulière parce que ce sont les #30ans de la tuerie de Polytechnique.

Particulière parce que 30 ans après, les violences faites aux femmes s’adaptent mais perdurent encore avec une violence accrue pour les femmes aux marges.

Particulière parce que 30 ans après, alors que des femmes ont obtenu des victoires, certaines femmes attendent encore. 

Particulière enfin parce que cette année, le comité des 12 jours travaille fort pour lancer une campagne innovante soulignant les 30 ans de la tuerie de polytechnique ET mettant de l’avant les violences spécifiques qui touchent les femmes à l’intersection de plusieurs violences. 

Nous vous en dirons plus à l’approche du début de la campagne.

En attendant, participez au changement en venant soumettre vos événements sur la plateforme web du comité 12 jours ! Pour identifier vos organismes, nous vous demandons de vous inscrire avec un login. Cela prend quelques clics supplémentaires mais cela va nous aider lister vos organismes et vos événements.

Cliquez sur l’image ou sur le lien pour soumettre votre événement sur notre plateforme:
http://12joursdaction.com

(PS: la plateforme sous sa forme actuelle est provisoire. C’est le 25 novembre que sera révélé sur notre site l’axe et les actions de la 30ème édition des 12 jours d’actions contre les violences à l’égard des femmes)  

Grand Forum : Transformer nos organismes

L'affiche du Forum Transformer nos organismes 27 et 28 mars 2020 avec : et il est écrit : 85% des membres de la FFQ nous ont dit avoir de la difficulté à mettre en pratique un féminisme intersectionnel

Pour beaucoup d’entre nous, le féminisme doit être intersectionnel. Mais pour beaucoup d’entre nous aussi, il est encore difficile de passer de la théorie à la pratique. Transformer concrètement nos manières de faire semble difficile, en particulier dans nos organismes mixtes (hommes/femmes/personnes non binaires). 85% de nos membres associatives nous ont dit avoir de la difficulté à mettre en pratique un féminisme intersectionnel.

Et pourtant, c’est possible ! C’est même indispensable. Pour s’outiller collectivement, la Fédération des femmes du Québec lance une boîte à outils collective et organise un grand Forum les 27 et 28 mars 2020 à Sherbrooke. Militantes et travailleuses dans les syndicats, les organismes communautaires, les tables intersectorielles, cet espace est pour nous. Égalité pour toutes, égalité entre toutes.

L’inscription est gratuite, mais les places sont limitées ! Vous pouvez déjà vous inscrire maintenant ici. Nous vous offrons la possibilité de donner vous-même un atelier pour partager vos propres outils et stratégies : vous pouvez faire une proposition ici.