Suicide de Madame M à la Prison Leclerc : demande d’enquête spéciale

Aujourd’hui, le Groupe G13, table de concertation de 20 groupes et regroupements provinciaux de groupes féministes, envoie une demande d’enquête spéciale sur le suicide de Madame M à la Prison Leclerc. La lettre est adressée à Mme Geneviève Guilbeault, Ministre de la Sécurité Publique, Mme Sonia Lebel, Ministre de la Justice, Mme Isabelle Charest, Ministre de la condition féminine, Monsieur David Lametti, ministre de la Justice au niveau fédéral et Madame Myriam Monsef, Ministre des femmes et de l’égalité des genres. Voici la lettre et la liste des signataires.

 Objet : Demande d’enquête spéciale 

Le suicide de Madame M au centre de détention Leclerc, logique de criminalisation et d’incarcération des femmes 

Madame la Ministre, Monsieur le Ministre, 

En cette période des 12 jours d’action contre les violences faites aux femmes, il nous semble important de parler de celles qui ne sont pas encore crues, celles qui doivent encore faire un travail de survie sans soutien ni reconnaissance de l’État québécois et canadien. 

Le 5 novembre à la prison Leclerc, une femme a mis fin à ses jours. C’est le quatrième suicide qui survient dans cette prison pour femmes en l’espace de deux ans. Au moins dix tentatives ont également eu lieu dans la même période. 

En tant que féministes, nous constatons que les prisons sont des lieux de reproduction de la violence étatique et institutionnelle, où les femmes sont davantage vulnérables. Nous croyons que le système carcéral, et spécifiquement la prison Leclerc, est un facteur aggravant ayant poussé Madame M à mettre fin à son combat de la façon dont elle l’a fait. Les conditions de son incarcération concluent la funeste épopée d’injustices qu’elle a vécue : l’acharnement des États canadien et états-uniens dans la non-reconnaissance des violences post-séparation de son ex-conjoint violent ainsi que la persécution qu’elle a vécue sur une période de 9 ans de notre système de justice, et enfin la négligence de l’administration québécoise. 

“Madame M” était une mère de famille de trois enfants, originaire du Québec, établie aux États-Unis. Elle s’est enfuie avec ses enfants pour retourner au Canada en 2010 pour les protéger de leur père violent. Dix jours après le jugement d’extradition définitif de la Cour Suprême, elle est retrouvée morte dans sa cellule de la prison Leclerc. Loin d’être une séquence vécue sur quelques semaines seulement, Madame M a vécu pendant plus de 9 ans différentes formes de violences étatiques : la non-reconnaissance de celle vécue dans sa relation conjugale ; l’acharnement des gouvernements des Etats-Unis et du Canada pour la punir ; et, finalement, l’internement dans une prison que même le gouvernement fédéral refuse d’utiliser à cause de sa désuétude. Le personnel formé à la prévention du suicide n’a-t-il pas vu ses poignets cicatrisés lorsqu’elle a été incarcérée ? 

Soyons clair.es, c’est en tant que femme dans une société patriarcale que Madame M a enduré une double violence : la violence conjugale et la violence institutionnelle qui la menaçait d’un procès pour “enlèvement” alors qu’elle cherchait à protéger ses enfants, à défaut d’être protégée par les pouvoirs publics. 

Malheureusement, l’histoire de Madame M. n’est pas unique. Les femmes ayant vécu des violences interpersonnelles affirment que le système pénal ne protège pas les personnes marginalisées victimes de relations violentes. Le système carcéral lui-même est une forme de violence dans leur vie, qui reproduit la violence sans se préoccuper de leur réalité. C’est pourquoi aujourd’hui nous exigeons que vous, la Ministre de la Sécurité du Québec, conduise une enquête spéciale sur les conditions de détention des femmes à la prison Leclerc. 

Veuillez agréer, madame la Ministre, l’expression de nos salutations respectueuses, 

Gabrielle Bouchard & Gaëlle Fedida 

Pour le G13 

Organisations membres du G13 

Formé dès 1986, le G13 est une table de concertation de 20 groupes et regroupements provinciaux de groupes féministes. Il sert de porte-voix pour l’ensemble des réalités diverses que nos groupes représentent : des femmes autochtones, racisées, en situation de handicap, de la diversité sexuelle; des maisons d’hébergement à l’employabilité, des tables de groupes de femmes aux centres d’aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel, des centres de femmes à la santé sexuelle et reproductive, des organismes de soutien aux familles monoparentales et recomposées, de la défense de droits à la prestation de services, du milieu de vie à l’éducation populaire. Nous représentons plusieurs centaines de groupes et des dizaines de milliers de femmes, souvent parmi les plus vulnérables et marginalisées. 

Action santé femmes 

Alliance des maisons d’hébergement de 2e étape pour femmes et enfants victimes de violence conjugale 

Centre de documentation sur l’éducation des adultes et la condition féminine 

Concertation des luttes contre l’exploitation sexuelle 

Conseil d’intervention pour l’accès des femmes au travail 

DAWN-RAFH Canada 

Fédération des associations de familles monoparentales et recomposées du Québec 

Fédération des femmes du Québec 

Fédération des maisons d’hébergement pour femmes 

Fédération du Québec pour le planning des naissances 

Femmes Autochtones du Québec 

L’R des centres de femmes du Québec 

Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale 

Regroupement Naissance-Respectées 

Regroupement québécois des centres d’aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel 

Relais-femmes 

Réseau d’action pour l’égalité des femmes immigrées et racisées du Québec 

Réseau des lesbiennes du Québec– Femmes de la diversité sexuelle 

Réseau des Tables régionales de groupes de femmes du Québec 

Table de concertation des organismes au service des personnes réfugiées et immigrantes 

Lancement de la Campagne Nationale des 12 jours d’action contre les violences faites aux femmes

1989-2019 : #30ansplustard, croyez-nous aussi ! 

Aujourd’hui, c’est avec ce cri du coeur que les femmes du comité des 12 jours ont lancé la campagne des 12 jours d’action contre les violences envers les femmes. 

Cette année la campagne souligne les 30 ans de l’attentat anti-féministe de Polytechnique en mettant de l’avant 30 types de violences que subissent encore les femmes, et particulièrement les femmes vivant dans des contextes de marginalisation. 

« Depuis plusieurs années, nous travaillons à mettre en lumière les violences institutionnelles et invisibilisées qui touchent particulièrement les femmes aux marges » souligne Claire-Anse Saint-Éloi, coordonnatrice du Comité 12 jours. « Nous avons choisi le slogan 30 ans plus tard, croyez-nous aussi, car il est crucial de nommer les violences et de les dénoncer afin de pouvoir mieux sensibiliser, prévenir et intervenir. »

Et en effet, aujourd’hui, cette campagne et le slogan “30 ans plus tard, croyez-nous aussi !” est plus que jamais d’actualité. 

Hier, le journal métro publiait un article retraçant la violence subie par Nouhaila, une femme racisée de 19 ans victime d’un crime haineux dans le cadre de son travail de caissière dans un Walmart de l’est de Montréal. Au lieu d’être soutenue dans sa plainte à la suite d’un appel qu’elle a fait auprès du SPVM, elle a fait l’objet d’une enquête criminelle.

Les policiers du poste de quartier 48 ont tout simplement refusé de la croire et l’ont découragé de porter plainte. Une policière lui aurait même aussi précisé qu’elle pourrait aller en prison si elle portait plainte contre la cliente.

Depuis plus de 30 ans, ce sont aussi les violences envers les femmes autochtones qui s’insèrent dans un contexte de discrimination et de racisme systémique.

En 2019, un rapport public de chercheurs indépendants montrait que le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) a interpellé sept fois plus de personnes autochtones en 2017 qu’en 2014. Ainsi, les femmes autochtones sont 11 fois plus à risque d’être interpellées que les femme blanches. Il ne faut surtout pas oublier que le Génocide coloniale à l’égard des Autochtones, avec ses politiques discriminatoires, persistent encore aujourd’hui.

C’est parce que ces violences sont niées qu’elles perdurent encore aujourd’hui. Nommer ces violences passent aussi par leur illustration.

C’est pourquoi, le Comité des 12 jours a également donné carte blanche à six illustratrices pour mettre en lumière les différentes formes de violences que subissent encore les femmes 30 ans plus tard. Ces six illustratrices, Meky Ottawa, Maude Bergeron des Folies Passagères, Ambivalently Yours, Maliciouz, Valéry Lemay et Kezna Dalz, ont créé des mèmes 1989 versus 2019 qui seront disponibles sur le site internet officiel de la campagne des 12joursdaction.com.

Illustratrice: Meky Ottawa

Cette campagne est pour toutes les femmes victimes de violence.

Partagez et dénoncez les violences que subissent les femmes le #défi30ansplustard. Aller sur le site internet officiel : 12joursdaction.com et soumettez vos mèmes !


3 réponses aux commentaires islamophobes les plus fréquents

À l’ère des chroniqueurs auto-patenté.e.s en experte “laïcité” et “féminisme”, la toute récente saga du mouvement #monvoilemonchoix pourrait se découper en série de feuilletons illustrant la désertion de l’esprit critique et du savoir factuel.

Qu’à cela ne tienne, la bassesse des commentaires haineux sur la loi 21 et le foulard sont à l’image d’un processus législatif bâclé et expéditif. En l’espace de quelques mois, et ce de façon arbitraire avec l’utilisation à la fois du baillon et de la clause nonobstant, un gouvernement a choisi de figer dans le marbre une vision exclusive de la laïcité au Québec avec des conséquences désastreuses pour les populations visées et le climat social au Québec. 

Nous le voyons dans les commentaires que nous recevons. La parole de haine s’est libérée au Québec. Nous avons décidé de faire oeuvre utile en démontant en trois points les 3 commentaires islamophobes qui reviennent les plus régulièrement dans le débat public.

1) “Nos grand-mères se sont battues pour nos droits” 

De nombreuses féministes se sont effectivement battues contre le pouvoir politique et institutionnel de l’Église catholique, parmi elles de nombreuses chrétiennes. Rappelons que lorsque Claire Kirkland-Casgrain fit adopter en 1964 la Loi sur la capacité juridique de la femme mariée, elle la présenta en Chambre comme s’inspirant de la philosophie du mariage du pape Jean XXIII et comme un retour au principe chrétien de l’égalité dans le mariage. 

Les religions ne sont en elles-mêmes ni oppressives, ni émancipatrices. 

Par ailleurs, si la religion catholique a pu à un moment avoir un certain poids institutionnel au Québec, la religion musulmane n’a strictement aucun pouvoir institutionnel au Québec. Au contraire les femmes musulmanes sont discriminées par la Loi et sont justement exclues des postes d’autorité. Ne nous laissons pas prendre par les amalgames et confusion de mouvements conservateurs et racistes.

2) “Il y a des femmes à qui on force de porter le foulard alors il faut interdire le foulard”

À ce type de rhétorique, nous répondons une seule chose en écho à ce qu’avait déclaré une militante française antiraciste, Sonia Guedgued: pourquoi, alors que des femmes ont déjà été forcées de se marier (plus de 200 000 mineurs ont été mariés sur le sol américain entre 2000 et 2015), les femmes qui se disent “contre” le voile parce que certaines femmes sont forcées de le porter ne sont-elles pas non plus contre le mariage ? Par ailleurs, cet argument occulte complètement les réalités politiques dans lesquelles s’insèrent les violences faites aux femmes. Au Québec, en 2019, ce sont bien les femmes musulmanes qui ont été visées par une loi institutionnelle leur interdisant l’accès à des postes de pouvoir. Les féministes soutiennent l’auto-détermination des femmes partout et tout le temps. 

3) Le voile est un symbole de soumission

Cet argument est habituellement suivie d’exemples de luttes de militantes en Iran qui lutte contre l’imposition du voile. L’argument consisterait à penser que parce qu’à un endroit, des femmes sont forcées de le porter, alors le voile serait en lui-même un symbole de soumission qu’il conviendrait d’interdire partout. 

À cet argument, nous répondrons que la leader dans le mouvement contre l’imposition du voile en Iran a aussi…manifesté son soutien pour les femmes visées parce qu’elles portent le foulard en Occident. 

C’est ainsi que Masih Alinejad (une des fondatrices du mouvement contre l’obligation) a déclaré dans une entrevue avec le réseau CBCNews que “je suis pour la liberté de choix, et mon rêve est de pouvoir marcher avec ma mère qui porte le voile en France sans avoir de jugements ou de quelquonques attaques” 

Parce que ces femmes n’imposent pas leur vision, elles luttent contre l’imposition. C’est la même au Québec. Nous n’imposons pas notre vision mais nous luttons résolument contre l’imposition dans la lignée de l’héritage des mouvements féministes au Québec “Mon corps, mon choix”. Enfin, alors que tantôt le voile est décrié comme un symbole de “soumission”, il est aussi, selon les humeurs, décrié comme un “symbole politique”. Il est intéressant à cet effet de constater que ce vocable apparaît dès lors que les femmes musulmanes affirment publiquement leur libre-choix de porter le foulard. 

Ce n’est pas la première fois qu’une loi raciste est passée au nom de la laïcité au Canada. En 1930, la loi scolaire de la Saskatchewan était amendée  par le nouveau premier ministre, James Anderson, un proche du Ku Klux Klan alors à son apogée. Les signes et habits religieux étaient à ce temps-ci interdits dans l’école publique. 

Si officiellement c’est dans le but de séculariser l’école, personne n’est dupe: ces amendements visaient directement l’assimilation des Canadiens français catholiques qui se mobilisèrent massivement contre ce racisme évident avec le soutien du Québec. 

Quelle ironie n’est-ce pas ? 89 ans plus tard, dans un autre contexte politique, il s’agit maintenant de viser une autre minorité au sein d’une majorité. 



Islamophobie et messages haineux: La FFQ tire la sonnette d’alarme

Voici la teneur des commentaires proprement haineux, islamophobes et transphobes depuis notre appel à relayer la campagne de solidarité #MonVoileMonChoix.

C’est très inquiétant.

Les commentaires haineux que reçoit désormais régulièrement la Fédération des femmes du Québec et les autres organismes de défense de droit à chacune de leurs sorties sur la laïcité n’est qu’un reflet minuscule de ce que subissent les femmes musulmanes dans leur quotidien depuis le passage de la loi. 

Le gouvernement de la CAQ et le ministre Simon Jolin-Barrette ont leur part de responsabilité dans cette libéralisation de la parole haineuse en ayant constamment nié les impacts que la loi 21 aurait sur les femmes musulmanes, et ce  malgré les nombreux avertissements de la société civile.

Aujourd’hui critiqué sur sa gestion de la réforme du #PEQ, force est de constater que la loi 21 a été votée de façon tout aussi cavalière, sans consulter les acteurs de terrain et sans aucune considération pour ses impacts humains. 

La Fédération des Femmes du Québec tire la sonnette d’alarme. 

La FFQ réagit à la vague de commentaires haineux suite à #MonVoileMonChoix

«Le coton ouaté, c’est cute… mais le voile, c’est vraiment badass. Mardi prochain, portez le voile»
Ce simple appel de solidarité à l’égard des femmes portant le foulard a provoqué une nouvelle vague de commentaires de haine à l’égard de notre équipe de travail. 
Ce simple appel, composé de quelques mots, a aussi été repris dans la foulée par plusieurs organes de presse comme étant une initiative de la Fédération des femmes du Québec. Ce n’est pas vrai et ce serait invisibiliser le travail de militantes de terrain. L’initiative a été lancée par Hanadi Saad, fondatrice de Justice Femme, Amel Zaazaa et Tasnim Rekik, engagées depuis le début contre la loi 21. 

La Fédération des femmes du Québec s’est contentée simplement de relayer l’appel, jouant le rôle que nous avons à jouer, en soutien à toutes les femmes. Et l’urgence est bien là. 

Si Catherine Dorion a été interdite d’accès au salon bleu à cause de son habit non conforme aux “règles” du décorum, les femmes portant le foulard viennent d’être ciblées par une loi leur interdisant l’enseignement et les postes de pouvoir. Si l’habillement des femmes n’est pas synonyme de compétence, le degré de contrôle de leur vêtement est proportionnel au pouvoir qu’elles parviennent à arracher dans une société, certaines plus difficilement que d’autres. 

Au-delà de la légalisation de la discrimination des femmes musulmanes aux postes d’enseignement et aux postes de pouvoir, l’urgence se mesure aussi dans les effets de la loi. Les commentaires haineux que reçoit désormais régulièrement la Fédération des femmes du Québec à chacune de ses sorties sur la laïcité n’est qu’un reflet minuscule de ce que subissent les femmes musulmanes dans leur quotidien depuis le passage de la loi. 

Alors qu’il n’y ait pas de malentendu: la FFQ n’appelle pas au “port du voile”.
La FFQ appelle à participer à un événement de solidarité à l’égard des femmes musulmanes en portant occasionnellement un macaron contre la loi 21 ou un foulard dans un contexte où nos luttes féministes doivent absolument ne pas mettre de côté les violences vécues par ces femmes. 

À l’heure où nous sommes régulièrement accusées de “diviser” le mouvement féministe. Nous répondons que la violence des commentaires haineux que nous recevons à chacune de nos sorties sur la laïcité n’est que le reflet de la violence tolérée dans la société québécoise depuis que le gouvernement de la CAQ a choisi de faire passer la loi 21. 

La FFQ tient également à préciser que sa mission est de défendre les droits de toutes les femmes et de répondre aux orientations données par ses membres en cohérence avec nos principes. Cette action de défense des droits, nous sommes déterminées de continuer à la poursuivre aux côtés de la Ligue des droits et libertés et Amnistie internationale Canada francophone, pour ne citer qu’un petit nombre des organismes qui s’étaient levés contre la loi 21. 

À cette fin, et pour répondre à ces campagnes régulières de haine contre la FFQ, nous précisons que notre rôle n’est pas de satisfaire aux demandes de personnes projetant une vision raciste et islamophobe de la lutte pour le féminisme mais bien de défendre le droit de toutes les femmes. 

Polytechnique: Montréal reconnaît un attentat antiféministe

La nouvelle vient de tomber.

#30ansPlusTard , la ville de Montréal reconnaît enfin le meurtre de 14 femmes à Polytechnique le 6 décembre 1989 comme un attentat antiféministe.

La FFQ se réjouit de cette décision de la municipalité.
Nommer les violences telle qu’elles sont est un premier pas décisif pour développer des mécanismes de prévention.

Cela fait aussi partie de la lutte du Comité des 12 jours d’actions contre les violences à l’égard des femmes. Sa vocation est de nommer toutes les violences à l’égard des femmes. Reconnaître un attentat anti-féministe comme telle en fait partie.

Interrogée par le journal La Presse, Mélissa Blais, l’une des deux chercheuses du Regroupement québécois en étude féministe qui a suggéré cette modification avec Diane Lamoureux (lire l’article original paru dans La Presse de la journaliste Judith Lachapelle) a réagi :

Une tragédie, c’est un drame. C’est, par exemple, lorsque quelqu’un meurt trop jeune dans un accident de voiture. Il n’y a pas d’intention dans une tragédie, c’est un accident. Un attentat suppose un acte volontaire et une dimension politique. C’est le propre des attentats terroristes de causer un traumatisme collectif.

[…]

« Il faut appeler un chat, un chat, dit Mélissa Blais. Il faut le faire si on veut vraiment développer des mécanismes de prévention. » Elle rappelle l’existence sur l’internet de forums de discussion qui glorifient le tireur de Poly. « Je pense que c’est un gros problème d’éviter de parler de ces hommes en colère contre les féministes. Cette haine est un moteur d’action qui, parfois, justifie selon eux de tuer des femmes. Et c’est pour ça que nous avons vraiment voulu indiquer dans le texte qu’il s’agissait bel et bien d’un attentat antiféministe. »

Mélissa Blais, dans La Presse le 4 novembre 2019

Cela fait aussi partie de la lutte du Comité des 12 jours d’actions contre les violences à l’égard des femmes. Sa vocation est de nommer toutes les violences à l’égard des femmes. Reconnaître un attentat anti-féministe comme telle en fait partie.

À J-22 du lancement des 12 jours d’actions contre les violences à l’égard des femmes, nous vous rappelons que vous pouvez soumettre vos activités sur notre plateforme web 👇

Sur l'image est écrit: 

"12 jours d'actions contre les violences à l'égard des femmes. 25 novembre - 6 décembre : soumettre une activité"
http://www.12joursdaction.com/

Calendrier des 30 ans des 12 jours d’actions contre les violences à l’égard des femmes !

Ça y est. 

À J-26, le compte à rebours est lancé pour le début de la 30ème édition de la campagne des 12 jours d’action contre les violences envers les femmes. 

Comme à chaque année, nous vous demandons de soumettre vos activités pour le calendrier des 12 jours d’actions contre les violences à l’égard des femmes !

Cette année est particulière. 

Particulière parce que ce sont les #30ans de la tuerie de Polytechnique.

Particulière parce que 30 ans après, les violences faites aux femmes s’adaptent mais perdurent encore avec une violence accrue pour les femmes aux marges.

Particulière parce que 30 ans après, alors que des femmes ont obtenu des victoires, certaines femmes attendent encore. 

Particulière enfin parce que cette année, le comité des 12 jours travaille fort pour lancer une campagne innovante soulignant les 30 ans de la tuerie de polytechnique ET mettant de l’avant les violences spécifiques qui touchent les femmes à l’intersection de plusieurs violences. 

Nous vous en dirons plus à l’approche du début de la campagne.

En attendant, participez au changement en venant soumettre vos événements sur la plateforme web du comité 12 jours ! Pour identifier vos organismes, nous vous demandons de vous inscrire avec un login. Cela prend quelques clics supplémentaires mais cela va nous aider lister vos organismes et vos événements.

Cliquez sur l’image ou sur le lien pour soumettre votre événement sur notre plateforme:
http://12joursdaction.com

(PS: la plateforme sous sa forme actuelle est provisoire. C’est le 25 novembre que sera révélé sur notre site l’axe et les actions de la 30ème édition des 12 jours d’actions contre les violences à l’égard des femmes)  

Élections fédérales: invisibilisation des enjeux des femmes marginalisées

Gabrielle Bouchard était hier sur CKIA dans l’émission #QuébecRéveil animée Par Marjorie Champagne.

Face aux candidats politiques locaux, nous avons brassé la cage et parlé de l’invisibilisation des femmes aux marges pendant que certains ont l’indécence de parler de discrimination envers « les hommes blancs ».

Élections fédérales: où sont passés les enjeux féministes ?

Sur l'image est écrit en titre: "LES ENJEUX FÉMINISTES" - en dessous est écrit : "vu par les débats des chefs VS. vu par les expert.e.s de terrain"

Le dernier débat des chefs s’est clôturé hier soir. Encore une fois, nous n’avons que pu constater la superficialité avec laquelle les enjeux féministes étaient discutés quand ceux-ci n’étaient pas carrément ignorés de la discussion.

Pourtant, que ceux-ci soient membres ou non de la FFQ, des groupes syndicaux et communautaires ont formulé des revendications précises quant aux enjeux féministes…

Alors nous avons voulu mettre en image le fossé entre « l’expertise » politique et l’expertise des groupes de terrain lorsqu’il est question des enjeux féministes*:

*Pour avoir une vision plus complète des revendications féministes de ces groupes, rendez-vous sur le site du CDEACF. Un dossier très complet s’y trouve sur les enjeux féministes formulés par les groupes dans le cadre des élections fédérales: http://cdeacf.ca/dossier/elections-federales-2019

Grand Forum : Transformer nos organismes

L'affiche du Forum Transformer nos organismes 27 et 28 mars 2020 avec : et il est écrit : 85% des membres de la FFQ nous ont dit avoir de la difficulté à mettre en pratique un féminisme intersectionnel

Pour beaucoup d’entre nous, le féminisme doit être intersectionnel. Mais pour beaucoup d’entre nous aussi, il est encore difficile de passer de la théorie à la pratique. Transformer concrètement nos manières de faire semble difficile, en particulier dans nos organismes mixtes (hommes/femmes/personnes non binaires). 85% de nos membres associatives nous ont dit avoir de la difficulté à mettre en pratique un féminisme intersectionnel.

Et pourtant, c’est possible ! C’est même indispensable. Pour s’outiller collectivement, la Fédération des femmes du Québec lance une boîte à outils collective et organise un grand Forum les 27 et 28 mars 2020 à Sherbrooke. Militantes et travailleuses dans les syndicats, les organismes communautaires, les tables intersectorielles, cet espace est pour nous. Égalité pour toutes, égalité entre toutes.

L’inscription est gratuite, mais les places sont limitées ! Vous pouvez déjà vous inscrire maintenant ici. Nous vous offrons la possibilité de donner vous-même un atelier pour partager vos propres outils et stratégies : vous pouvez faire une proposition ici.