JOURNÉE INTERNATIONALE DES DROITS DES FEMMES: 8 MARS

Le Collectif 8 mars, Molotov communications. Illustration : Guadalupe Pérez Pita.

Le 8 mars prochain aura lieu la Journée internationale des droits des femmes, une journée de célébration des droits des femmes, une journée de bilans des luttes menées et à mener et aussi une journée d’actions et de mobilisations partout dans le monde. Chaque année, au Québec, le Collectif 8 mars propose un thème et un visuel à l’ensemble des groupes et organismes féministes du Québec, afin de les inspirer et les soutenir dans leur mobilisation.

Le Collectif 8 mars est composé de la FFQ, du comité condition féminine de la CSN, de la FTQ et de l’Intersyndicale des femmes (représentant les comités condition féminine de l’APTS, CSD, CSQ, FAE, FIQ, SFPQ, SPGQ). Cette année, le thème que nous vous proposons est le suivant : Féministes de toutes nos forces ! 

Le Collectif 8 mars représente plus de 700 000 femmes au Québec provenant autant des groupes autonomes de femmes que des organisations syndicales.

Le visuel et le thème du 8 mars 2020 : Féministes de toutes nos forces

Les mains et le geste de la victoire sont utilisés comme acte symbolique qui connecte nos luttes. Ce visuel se rapporte à la notion de partage, à une libération qui peut s’accomplir seulement de façon plurielle et collectivement. L’affiche célèbre l’aspect international et intersectionnel de nos expériences en cette année d’action de la Marche mondiale des femmes (MMF) : une ambiance de célébration à travers une palette de couleurs vives.

L’épinglette : symbole des luttes féministes

En portant l’épinglette du 8 mars, nous affirmons que nous sommes féministes et affichons notre détermination à poursuivre la lutte pour le plein respect de nos droits fondamentaux, dont celui de l’égalité entre les femmes et les hommes.

#8mars

À l’ère des médias sociaux, nous vous invitons à utiliser ce mot-clic dans le cadre de vos actions et communications entourant le 8 mars ou simplement pour commenter l’actualité.

Mobilisation

Une boîte à outils pour vous aider dans votre mobilisation sera diffusée à la fin du mois de janvier.
Lettre du Collectif 8 mars



Outils visuels pour promouvoir le 8 mars

Vous pouvez télécharger le matériel suivant :

Affiche (12 pouces x 18 pouces)

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Dans tous les cas d’utilisation de l’illustration, complète ou partielle, l’utilisateur s’engage à écrire la mention suivante : « Le Collectif 8 mars, Molotov communications. Illustration :  Guadalupe Pérez Pita. » L’illustration ne peut être modifiée d’aucune façon sans son consentement.

Bons préparatifs!

Programmation lancée pour le Forum 2020!

Décoratif : extrait des images du programme

La programmation complète du Forum Transformer nos organismes est lancée !! Nous avions hâte de vous la partager. Merci à toutes les extraordinaires personnes militantes qui ont accepté de créer des ateliers sur mesure et de partager leurs projets, leurs stratégies, leurs coups de gueules et leurs analyses !!

Rendez-vous à Sherbrooke les 27 et 28 mars 2020 !

Nos espérances pour 2020 !

Pour la rentrée de notre chronique « Réveil Féministe » sur CKIAFM dans l’émission Québec Réveille ! de Marjorie Champagne, nous avons choisi de parler de nos espérances pour 2020. Parmi elles, plus d’écoute et…plus d’écoute.

Chronique « Réveil Féministe ! » avec Gabrielle Bouchard et Marjorie Champagne

Notre liste (non exhaustive)

  1. Plus d’écoute…et plus d’écoute : la base de notre mouvement féministe est d’être à l’écoute des femmes sans les juger. Ce sont ces principes que nous mettons de l’avant à la Fédération des femmes du Québec. Au vu de l’actualité de l’année 2019, c’est un point que nous gagnerions à collectivement cultiver.
  2. Plus d’interventions type Patrick Lagacé/moins de Christian Rioux : l’année 2020 a commencé avec une chronique banalisant la pédophilie d’un auteur français (Gabriel Matneff) de la part de Christian Rioux. En réponse, Patrick Lagacé a très bien répondu au travers d’un article pointant aussi la responsabilité de Le Devoir. Il est très intéressant d’avoir vu Patrick Lagacé faire un « rappel à l’ordre » dans son propre milieu. Alors pour 2020, nous souhaitons plus d’initiatives du même ordre : cultiver notre capacité collective à rappeler à l’ordre « nos » propres milieux.
  3. Plus de Martine Delvaux, Manal Drissi, Judith Lussier, d’Émilie Nicolas, plus de Réveilles Québec [liste non exhaustive]/moins de Matthieu Bock-Côté, Denise Bombardier, Éric Duhaime : en 2019, nous nous rappelons du média Urbania qui décidait de confier une chronique régulière à Éric Duhaime…pour 2020, donner la voix à celles dont la parole est systématiquement confisquée serait définitivement une priorité.
  4. Moins de “frappes vers le bas”/plus de critiques du pouvoir
  5. Plus de taxe sur la richesse investie dans les services publiques

Fleurette Osborne : ses funérailles ce mercredi 15 janvier

Chèr.e.s ami.es, 

Mi-décembre dernier, nous avons lancé une levée de fonds pour Fleurette Osborne à titre posthume. À la fin novembre, à l’âge de 92 ans, cette grande militante canadienne pour le droit des femmes noires est décédée à Hamilton en Ontario, d’où ses restes ont été transportés à Montréal pour y être enterrés. 

Seulement, le décès malheureux de son seul parent vivant, deux jours après son propre décès, avait entraîné des complications administratives qui ont gelé sa succession. 

La Fédération des femmes du Québec, en lien avec les proches de Fleurette Osborne et le salon funéraire Kane Fetterly avait alors lancé en urgence une levée de fonds pour recueillir 11 000$, montant prévu pour assurer la libération du corps de son corps et faciliter la réalisation de son dernier souhait d’être enterrée auprès de sa soeur à Montréal. 

Grâce à la générosité et solidarité de vous toutes et tous, nous avons atteint notre objectif et pu collecter les 11 000$ de fonds. Un chèque réceptionné hier a permis de clôturer la levée de fonds. Merci infiniment pour vos dons, vos relais et vos mots. Ce n’est qu’ensemble que nous avons pu atteindre cet objectif en si peu de temps.

Les funérailles de Fleurette Osborne auront donc lieu au Salon Funéraire Kane Fetterly, situé au 5301 boulevard Décarie mercredi prochain le 15 janvier. Pour lui rendre un dernier hommage, les personnes peuvent s’y rendre dès 10h et la cérémonie aura lieu à 11h. Les ami.es et collègues de Madame Osborne seront présent.e.s. 

Nous invitons toute personne à rendre un dernier hommage à cette grande dame et à montrer notre soutien à la communauté des femmes noires canadiennes. 

Pour en savoir plus sur le parcours de Fleurette Osborne, sa biographie, son combat, vous pouvez vous rendre sur ce chapitre d’un livre écrit à son sujet : 

http://bit.ly/36TMogq

Merci. 

Nos corps ne sont pas un terrain de violence

image décorative

Nous retranscrivons ici en intégralité le discours de la vice-présidente de la FFQ, Marlihan Lopez, lors de la commémoration du 6 décembre à la Place du 6-décembre-1989 :

Une violence genrée et racialisée. Tantôt banalisée, tantôt fétichisée. Mariages forcées, violences basées sur l’honneur, pourquoi êtes-vous seulement intéressées à nous entendre quand la violence peut être utilisée comme prétexte pour stigmatiser toute une communauté ou pour faire pousser des projets colonialistes et impérialistes? Je ne prétends pas dire qu’il n’existe pas de violence misogyne à l’intérieur de nos communautés, ou qu’il faudrait le cacher. Non certainement pas, nous devons continuer à briser le silence. 

Nos corps ne sont pas un terrain de violence

Tantôt hypervisibles, Tantôt effacées.  L’obsession exclusive avec la violence dans le contexte de la sphère privée, la violence envers des femmes « opprimées » par leurs maris « barbares » sert souvent à excuser la violence publique, les actes haineux motivés par le racisme, l’islamophobie et la misogynie.  Mais prêtez-vous attention quand on vous parle des violences racistes, des violences étatiques, des violences systémiques qu’on subit aux quotidien? Quand on vous parle des barrières à l’accès aux ressources pour les femmes victimes de violence? Quand on vous parle de l’absence des services en violence sexuelle à Montréal Nord?

Nos corps ne sont pas un terrain de violence

Peut-on avoir notre #MoiAussi, #AgressionNonAnnoncée sans déclencher une haine raciste envers nos communautés ? Quand est-ce que les violences dont nous sommes victimes recevront la même indignation que reçoivent celles vécues par des femmes appartenant à des groupes dominants : blanches, hétéro, cis ? Où se trouve la colère et l’indignation collective quand nous dénonçons les violences publiques auxquelles nous sommes soumises à cause du racisme systémique? 

Nos corps ne sont pas un terrain de violence

Serons-nous encore obligées à choisir entre la lutte contre l’oppression raciste et la lutte contre l’oppression sexiste, sachant qu’on vit ces discriminations simultanément. L’insécurité que l’on ressent dans un contexte d’hostilité qui ne cesse d’empirer envers les personnes racisées, immigrantes, musulmanes… On le ressent en tant que FEMMES et en tant que minorités raciales/ethno-culturelles.  Mais la violence raciste et patriarcale prétend nous obliger à compartimenter nos identités et notre oppression et vous êtes toutes et tous complices. 

Nos corps ne sont pas un terrain de violence

Cette année, dans le contexte des 12 jours contre les violences faites aux femmes et de la commémoration du 6 décembre, nous parlons beaucoup d’anti-féminisme, je dirai anti-féminismes en pluriel. Ça a été un moment pour réfléchir aux violences systémiques dont sont victimes les femmes.  La Ville a même reconnu la tuerie à la Polytechnique comme étant un attentant anti-féministe. Reconnaitrons-nous aussi cette vague de violence raciste et genrée, d’islamophobie comme des actes anti-féministes qui mérite également une mobilisation et une indignation collective? 

Nos corps ne seront plus un terrain de violence

La FFQ vous souhaite de joyeuses fêtes !

Sur l'image est écrit : "la ffq vous souhaite de joyeuses fêtes !"

À toutes nos membres, celles qui sont avec nous depuis le début, celles qui se sont jointes en cours de route et celles qui le feront dans la prochaine année; à nos allié.es d’ici et d’ailleurs, dans le grand mouvement féministe mondial, je vous souhaite 

Un bon temps des fêtes;

Parce que je n’assumerais pas que vous êtes chrétiennes ou même pratiquantes;

Un “bon” temps des fêtes parce que joyeux n’est pas toujours possible;

Du temps avec vos proches si c’est ce que vous désirez,

avec votre famille choisie si c’est ce que vous préférez;

Du temps pour vous si c’est ce que vous voulez, désirez, avez besoin;

La possibilité de naviguer les partys, rencontres, soupers et autres moments sans devoir faire face :

  • au harcèlement
  • aux commentaires sexistes
  • aux « jokes de mononcle »
  • aux commentaires sur votre corps
  • aux obligations de contacts physiques
  • aux pressions d’avoir des enfants, un chum, une blonde, un travail « légitime »
  • et parfois bien d’autres indérisabilités sociales;

De ne pas avoir peur de vous rendre à la cuisine sans être suivi;

De ne pas être celle qui doit tout organiser, préparer, cuisiner, ramasser, nettoyer à moins que ce soit voulu…vraiment voulu;

La possibilité d’être qui vous êtes, vraiment;

Que vos souvenirs de votre temps des fêtes 2019 soient positifs, remplis de moments joyeux, corrects, pas si pire, mieux que vous auriez pensé…de moments consentis, vraiment consentis;

Solidarité féministe et on se revoit en 2020 !

Signé par Gabrielle Bouchard, présidente de la Fédération des Femmes du Québec, l’équipe de travailleuses, les membres du conseil d’administration.

À la mémoire de Fleurette Osborne, nous lançons un appel urgent

(english version following)

Chèr.e.s ami.es, 

À la fin novembre, à l’âge de 92 ans, une grande militante pour le droit des femmes noires au Canada est décédée. 

Défenseure et militante de longue date des droits des femmes et des droits de la personne, Fleurette Osborne est décédée en novembre 2019 à Hamilton, en Ontario, d’où ses restes ont été transportés à Montréal pour y être enterrés.  Le décès malheureux de son seul parent vivant, deux jours après son propre décès, a entraîné des complications administratives qui ont gelé sa succession. La Fédération des femmes lance cet appel urgent pour recueillir rapidement 11 000 $ d’ici mercredi 18 décembre, le montant prévu pour assurer la libération de son corps et faciliter la réalisation de son dernier souhait d’être enterrée à côté de sa sœur.

Fleurette Osborne, première présidente nationale du Congrès des femmes noires du Canada, diplômée de l’Université Concordia et de McGill, membre du Comité national d’action sur le statut de la femme (CNA),  membre du comité canadien de coordination de la quatrième Conférence mondiale sur les femmes à Beijing en 1995, et impliquée à la Commission de la condition de la femme des Nations Unies avec des femmes racialisées du monde entre autres implications importantes. 

Nous encourageons les organisations et les individus à contribuer en temps opportun afin de s’assurer que les dernières volontés de Fleurette Osborne soient respectées.

Vous pouvez contribuer en nous envoyant un chèque à l’ordre de la Fiducie de la Fédération des femmes du Québec à l’adresse 469 rue Jean-Talon Ouest, bureau 319, Montréal, Québec H3N 1R4. Vous pouvez aussi directement vous déplacer nous voir pour déposer le chèque au bureau pendant nos heures de travail de 9h à 17h. Pour suivre la campagne en temps réel, veuillez s’il vous plaît nous envoyer un courriel à iarcoite@ffq.qc.ca avec le montant du chèque envoyé par la poste.

Merci !

Dear friends, 

In late November, at the age of 92, a prominent Black women’s rights activist in Canada passed away. 

A long-time defender and activist for women’s and human rights, Fleurette Osborne died in November 2019 in Hamilton, Ontario, from where her remains were transported to Montreal for burial.  The unfortunate death of her only living relative, two days after her own death, resulted in administrative complications that froze her estate. The Federation des femmes du Québec is launching this urgent appeal to quickly raise $11,000 by next Wednesday 18th of december, the amount planned to ensure the release of her body and facilitate the realization of her last wish to be buried next to her sister.

Fleurette Osborne, first National President of the Congress of Black Women of Canada, a graduate of Concordia University and McGill, a member of the National Action Committee on the Status of Women (NAC), a member of the Canadian Coordinating Committee for the Fourth World Conference on Women in Beijing in 1995, and involved with the United Nations Commission on the Status of Women with racialized women around the world among other important implications. 

We encourage organizations and individuals to contribute in a timely manner to ensure that Fleurette Osborne’s last wishes are respected.

You can contribute by sending us a cheque to the Fiducie de la Fédération des femmes du Québec at 469 rue Jean-Talon Ouest, bureau 319, Montréal, Québec H3N 1R4. You can also come directly to our office to give us the cheque during business hours from 9am to 5pm. Thank you!

Non, les femmes ne gagnent pas 85% du salaire des hommes

Lors des 12 jours d’actions contre les violences envers les femmes et lors de nos prises de position au quotidien, la FFQ n’a pas cessé de souligner qu’il était faux de mettre de l’avant que l’inégalité hommes-femmes sur le marché du travail se résumait à la statistique “les femmes gagnent 85% du salaire des hommes”. Nous n’avons cessé d’expliquer que cette statistique invisibilisait les femmes racisées et immigrantes et les mécanismes de discrimination genrés et racistes. 

Le rapport “Écarts de revenus au Canada : une inégalité économique racialisée ” du Centre Canadien de politiques alternatives publié ce lundi 9 décembre vient confirmer notre analyse : Au Canada, les femmes racisées gagnent 59% du salaire d’un homme blanc quand une femme blanche gagne 67% des salaires d’un homme blanc.

Aussi, dans la majorité des statistiques et rapports, il est mis de l’avant que les femmes non-racisées gagnent 85% du salaire des hommes. Nous apprenons ici qu’elles ne gagnent en réalité que 67% du salaire des hommes blancs. Nous apprenons aussi que les femmes arabes sont les plus touchées par les discriminations structurelles dans l’emploi: elles ne gagnent que 50% du salaire des hommes blancs. 

C’est parce que l’étude ne se base pas sur la seule différence entre le taux horaire mais aussi sur toutes les autres contraintes que subissent les femmes (temps partiel, temps de chômage plus long), et encore plus les femmes racisées, que les chiffres diffèrent. 

C’est aussi parce qu’elle prend en compte que le marché du travail n’est pas seulement genré, mais aussi racisé. Ainsi, le rapport met de l’avant la nécessité d’une approche intersectionnelle pour comprendre les discriminations, comme ne le cesse de répéter la FFQ : 

Les recherches en politique publique adoptent de plus en plus une approche intersectionnelle pour comprendre les discriminations. Cette approche considère l’impact cumulatif et cumulé des différentes formes que prend la discrimination. Par exemple, la discrimination peut-être basé sur des combinaisons de genre, race, classe, sexualité, statut d’immigration, situation de handicap ou autre identités politiques et sociales

p7 du rapport Canada’s Colour Coded Income Inequality – traduction libre

Enfin, l’étude ne s’arrête pas à l’analyse des inégalités dans le marché du travail, elle explore aussi les inégalités des revenus sur le capital. Sans surprise, les femmes racisées sont au bas de l’échelle. 

La FFQ est régulièrement accusé de “diviser le mouvement féministe”.

Or, ici, chiffres à l’appui, nous avons l’opportunité de comprendre que lorsque nous analysons ce qui arrivent aux populations situées aux marges, nous pouvons comprendre les mécanismes de discriminations systémiques. 

Ici, chiffres à l’appui, nous avons l’opportunité de comprendre que nous faisons du tort dans l’avancement des droits de toutes les femmes lorsque nous prétendons que l’inégalité des salaires hommes-femmes s’arrête à la seule statistique que “les femmes gagnent 85% du salaire des hommes”.

Ici, nous nous rendons compte qu’en ne comparant la situation qu’entre plus prévilégié.e.s (hommes non-racisées travaillant à temps plein contre femmes non-racisées travaillant à temps plein), nous avons invisibilisé les mécanismes de discrimination qui nous permettaient de comprendre et donc d’agir. 

Cachez cette violence qu’on ne saurait voir !

Texte d’opinion rédigé par Stéphanie Germain pour le site de la FFQ :

Il y a quelques semaines, l’émission Dans les médias, diffusée sur les ondes de Télé-Québec, recevait l’écrivaine Kim Thùy pour parler de ses livres mais surtout de la  vision de son immigration au Québec. L’entrevue m’a laissé perplexe et avec un goût un peu amer. Qu’on se le dise tout de suite, Thùy est une écrivaine dont la réputation n’est plus à faire et elle est une femme inspirante à bien des égards.

Cependant, je ne vous cache pas le malaise que j’ai éprouvé en l’écoutant  louanger le Québec ainsi que son accueil qui, pour elle fût parfait. Elle a été très bien accueillie et elle s’estime heureuse d’avoir immigrée au Québec. Tant mieux pour elle.

Son discours flatte le Québec  dans le sens du poil.

Elle a même parler du fait qu’on n’évoque pas  assez souvent les bons gestes du quotidien, en prenant en exemple la madame qui concocte une tarte pour son voisin immigrant. Offrir une tarte j’en conviens, est un geste de partage et de bienveillance. Encore une fois, tant mieux.

Là où le bât blesse, c’est cette absence de critique de la société qui l’a accueillie et dont elle semble y être, pour toujours, redevable.

Ok. Maintenant, selon moi, ce genre de discours qui flatte une société dans le sens du poil est à double tranchant.

D’une part, ce type de discours contribue à décrédibiliser  et invalider le vécu de personnes immigrantes qui vivent de grandes difficultés d’intégration, et ce, pour plusieurs raisons. Notons par exemple, la couleur de la peau, l’orientation sexuelle ou la confession religieuse,  pour ne nommer que ceux ci.

D’autre part, cela donne des arguments aux individus qui justement ne sont pas portés à croire que les personnes immigrantes peuvent vivre des défis qui sont hors de leur contrôle. Certains seraient tentés de dire «bien voilà, elle est s’est bien intégrée et elle a réussi, les autres ont juste à faire pareil».

Je le sais parce que je suis moi même immigrante de deuxième génération. Et ce  genre de propos je l’ai entendu et je l’entends encore aujourd’hui. Penser que le  fardeau de la réussite repose principalement sur le dos de la personne immigrante est un classique trop récurrent.

Cela m’amène à vous partager deux autres réflexions :

1. la loi 21, qui  aura et a déjà un impact négatif directement sur l’intégration de personnes issues de minorités culturelles et plus précisément sur les femmes de confession musulmanes. Sur le terrain, j’entends les femmes parler de leur souffrance. Elles dénoncent également les violences qu’elles subissent dans les rues, les regards hostiles, qui s’empirent avec  l’adoption de ces lois discriminatoires.

2. Le lundi 25 novembre marquait  le début officiel des 12 journées internationales contre toutes les violences faites aux femmes. Vous vous demandez où je veux en venir. Attendez, j’arrive.

Des violences faites aux femmes, se déroulent aujourd’hui, ici, au Québec.

Ce même Québec qu’on aime louanger  à la télévision sans nuances.

Les femmes racisées sont-elles  aussi victimes de violences. Des formes de  violence qui attaquent leur intégrité, leur humanité et leur existence. Encore en plein début des 12  jours d’action contre les violences envers les femmes, une jeune femme musulmane dénonçait une situation de violence raciste vécue alors qu’elle travaillait. Elle s’est fait traiter  de sale arabe par une cliente.

Comment pensez-vous qu’elle décrirait son intégration ?

Elle qui doit sans doute avoir vu le jour au Québec. Même si  cela est sans importance.

Plusieurs cas démontrent que certains groupes vivent davantage d’exclusion et de haine que d’autres.

Je tenais à partager cette réflexion au sujet du mythe de l’immigrante modèle afin qu’on ne perdre pas de vue d’essentiels nuances.

Ainsi, en cette période  de soutien aux femmes victimes de violences, je vous dis bon courage chère consœurs autochtones, rasicées, vivant plusieurs couches de discriminations et subissant de multiples violences dont celles institutionnelles et systémique. Je suis avec vous. Je suis parmi vous. Je suis l’une t’entre vous. Je sais qu’on peut faire mieux en tant que société.

Une tarte c’est ben  bon, mais une société inclusive c’est encore mieux !

Stéphanie Germain, immigrante de deuxième génération

Discours de Marlihan Lopez à l’inauguration de la nouvelle plaque à la Place du 6-décembre-1989

Le 5 décembre 2019, Marlihan Lopez, vice-présidente de la Fédération des femmes du Québec était inviter à s’exprimer à l’occasion de l’inauguration de la nouvelle plaque à la Place du 6-décembre-1989. Voici le discours qu’elle a prononcé :

Cette année, la campagne des 12 jours d’action contre les violences faites aux femmes, coordonnée par le Comité 12 jours a lieu du 25 novembre au 6 décembre. Notre campagne rappelle à quel point il est crucial de prendre ce moment de recueillement à chaque année pour se souvenir des 14 femmes qui furent assassinées le 6 décembre 1989 à Polytechnique.  

30 ans plus tard, cette date est devenue la Journée nationale de commémoration et d’action contre les violences envers les femmes. Ce moment de recueillement est incontournable parce qu’il nous rappelle à nos responsabilités 30 ans plus tard. 

Car oui, 30 ans plus tard, le Comité 12 jours vous demande mais quelles différences ?

Quelles différences quand le premier féminicide, soit le génocide colonial des autochtones, n’est toujours pas reconnu ? 

1017. C’est le nombre de femmes autochtones assassinées et disparues depuis plus de 30 ans selon les sources officielles. C’est une sous-estimation.

4 000. C’est le nombre de femmes autochtones assassinées et disparues selon les organismes de terrain. Ce serait aussi une sous-estimation.

Évitons que la mémoire ne nous fasse défaut. 

Quelles différences en 2019 quand les femmes en situation de handicap ne sont écoutées que pour vous permettre de rajouter une note de bas de page dans vos statistiques ? Quelles différences lorsque le système ne les inclut toujours pas ? 

Évitons que la mémoire ne nous fasse défaut. 

Quelles différences en 2019 quand les voix et les expériences des femmes racisées sont toujours mis de côté si ce n’est pour mettre de l’avant une vitrine antiraciste dans une société où le racisme systémique règne ? Quelles différences quand nous les écoutons qu’au bénéfice de notre bonne conscience ? 

Évitons que la mémoire ne nous fasse défaut. 

Quelles différences en 2019 quand les hommes qui parlent de voile sont plus écoutées que les femmes qui parlent de viol ? Quelles différences ?! 

Évitons que la mémoire ne nous fasse défaut. 

Si nommer les violences est une étape nécessaire pour éduquer et enrayer les violences faites à toutes les femmes, il y a urgence d’agir pour toutes celles qui résistent encore.

En tant que représentante du Comité 12 jours et en tant que femme, je me retrouve aujourd’hui debout devant vous et peinée par l’assassinat des 14 femmes le 6 décembre 1989 à Polytechnique. Je me retrouve aujourd’hui avec la rage au ventre pour toutes celles qui ont péri en raison des violences et pour toutes celles qui malheureusement  sont encore oubliées.

Les membres du Comité 12 jours n’ont pas le luxe de vivre sans être affectées chaque jour par des violences. Les membres du Comité 12 jours n’ont pas le luxe de vivre en ayant la possibilité de regarder ailleurs alors que des femmes sont toujours victimes de violence. 

C’est pourquoi le Comité 12 jours continuera de faire de l’éducation et de la sensibilisation inconfortable. C’est pourquoi le Comité 12 jours demande à tous les décideurs politiques de passer à l’action et de s’engager résolument pour enrayer les violences faites à toutes les femmes. Cela passe par un financement adéquat des organismes communautaires sur le terrain notamment celles qui interviennent auprès des femmes les plus vulnérables.

14 femmes furent assassinées en 1989. 30 ans plus tard, Dona Paré is still missing. 

30 ans plus tard croyez nous aussi !

Discours co-rédigé par Claire-Anse Saint-Éloi et Pauline Ou-halima