Offre d’emploi : chargée d’appui aux communications

Sur l'image est écrit : "chargée d'appui aux communications"

Contrat de 8 mois (32 semaines : 1er octobre au 17 mai) – 15h/ semaine – 27,95$/h

**La FFQ encourage les candidates appartenant à un ou plusieurs groupes marginalisés à soumettre leur candidature. Des accommodations permettant d’effectuer le travail peuvent être discutées au besoin. Nous reconnaissons les expériences et diplômes acquis en dehors du Québec et/ou de façon non-traditionnelle.**

Description du poste : 

Dans le cadre d’un projet de renforcement des capacités de la FFQ, nous recherchons une nouvelle personne pour venir appuyer notre responsable aux communications. Nous cherchons à développer notre pôle communication afin de : 

  1. Réaliser des interviews sur des thématiques d’actualités qui concernent la FFQ
  2. Réaliser des vidéos d’informations sur l’actualité de la FFQ et les enjeux d’actualités qui concernent la FFQ
  3. Rédiger des articles de fond sur les thématiques qui intéressent la FFQ et riposter de façon efficace au traitement sexiste et raciste dans certains médias
  4. Créer des boîtes à outils à l’endroit de nos membres
  5. Renforcer notre capacité de mobilisation sur des enjeux spécifiques

Cela va demander de la capacité de travail supplémentaire que notre responsable des communications ne peut assumer seule. Alors nous avons besoin de vous en appui.

Principales responsabilités : 

  • Participation et accompagnement d’un plan de communication hebdomadaire avec le soutien de l’agente aux communications 
  • Animation des réseaux sociaux (création de contenu, modération, réponse aux abonnés)
  • Gestion du site web (mise à jour rubrique du site et écriture d’articles)
  • Production du bulletin aux membres (mise en forme du bulletin et diffusion)
  • Gestion des boîtes courriel, de la boîte de messagerie de Facebook et de Twitter
  • Faire de la veille d’actualité sur les thématiques couvertes par la FFQ

Compétences/Expérience :

  • Aptitudes en rédaction en français
  • Expérience professionnelle ou militante en communication et organisation d’événement
  • Bilinguisme (anglais-français) fonctionnel
  • Maîtrise de la suite Adobe (surtout Photoshop et Premiere Pro)
  • Connaissance du gestionnaire des pages Facebook
  • Connaissance de WordPress
  • Notions de base de mise en page, de composition d’image, de graphisme, de création vidéo
  • Compréhension des enjeux féministes au Québec et des questions d’intersectionnalité et d’oppressions systémiques et compréhension de base des principes de communication politique 
  • Capacité de synthèse (être en mesure d’identifier rapidement les enjeux principaux pour mieux les synthétiser sous forme d’articles et/ou d’infographies)

Seront considérés comme atouts : 

  • Connaissance de Constant Contact et Donor Perfect
  • Maîtrise de Photoshop et Illustrator
  • Bonne connaissance des gestions des publicités sur Facebook
  • Bonne connaissance d’autres plateformes de réseaux sociaux (LinkedIn, Instagram)
  • Réseau de contacts de militantes féministes à Montréal et en région

Pour soumettre votre candidature : 

Si ce poste vous intéresse, veuillez postuler avant le 4 septembre en envoyant un CV et une lettre de présentation à emploi@ffq.qc.ca en indiquant dans l’objet “Candidature – appui aux communications”. Les entrevues auront normalement lieu dans la deuxième semaine de septembre pour un début de prise de poste début octobre. 

Nous remercions toutes les candidates qui nous enverront leur candidature, cependant seules celles retenues pour une entrevue seront contactées.

Marlihan Lopez nommée une des 100 personnes d’ascendance africaine les plus influentes

Affiche de la Mipad

Le 27 septembre 2019, Mme Lopez se rendra à New York pour assister à une cérémonie de reconnaissance annuelle qui se déroulera en marge de l’Assemblée générale des Nations Unies de 2019.

Elle y rencontrera les autres lauréats pour célébrer l’excellence des Noirs dans le monde et la Décennie internationale pour les personnes d’ascendance africaine (DIPA) au cours d’une série d’activités d’une semaine, comprenant un atelier de formation au leadership de trois jours conçu exclusivement pour la classe de 2019 de MIPAD.

Le 27 septembre 2019 lors de la cérémonie d’ouverture de la Semaine de la reconnaissance des 100 personnalités les plus influents, le MIPAD, en collaboration avec la Fédération des Canadiens noirs, organiserons une table ronde pour offrir une reconnaissance au Canada en tant que norme d’excellence pour son travail autour de la mise en œuvre des objectifs de la décennie internationale.

La session mettra en vedette des représentants de la société civile canadienne qui discuteront de la manière dont ils se sont mobilisés avec succès pour convaincre le Canada à devenir le seul État membre des Nations Unies à reconnaître officiellement la Décennie internationale et à affecter des fonds du budget fédéral à DIPA.

Rencontre avec le Premier Ministre

Le 16 juillet dernier, la FFQ et 5 autres personnes et groupes ont rencontré le Premier Ministre Justin Trudeau et la Ministre Mélanie Joly pour un table ronde sur les droits des femmes, particulièrement en réaction à la mobilisation autour du film Unplanned.

Nous lui avons communiqué notre déception quant au fait que cette rencontre ait eu lieu seulement à la fin de son mandat, en réaction à une histoire liée à l’avortement (qui peut sembler une question politiquement facile à gérer) et que la rencontre incluent seulement 6 invitées, sans chercher à centrer les voix des femmes plus marginalisées. Bien qu’il est important de parler de la montée de la droite, nous avons également mis de l’avant l’état catastrophique du status quo dans un contexte où les droits des femmes sont loin d’être respectés actuellement.

Les principes de justice reproductive, développés dans les années 90 par des femmes noires américaines qui ne s’identifient pas avec les arguments de « choix » et le mouvement très blanc autour de cette question, lui ont été présentés et la FFQ a clairement communiqué que le droits à l’avortement est une question beaucoup plus complexe que simplement la légalité du geste médical. 

Le droit à l’avortement est intimement lié aux enjeux de marginalisation. Nous avons donc parlé des stérilisations forcées des femmes autochtones, des retraits d’enfants autochtone et/ou dont les parents consomment des drogues ou sont autrement marginalisés par la protection de la jeunesse, de l’accès aux soins pour les personnes en région et les personnes sans statut, de la reconnaissance de l’agentivité de toutes les femmes, des enjeux liés à la criminalisation de la non-divulgation du VIH, de la pauvreté et autres barrières à la parentalité, de l’accès à la procréation médicalement assistée et à la contraception, des violences obstétricales et de nombreux autres enjeux. 

De plus, nous avons pu discuter de réforme du mode de scrutin et autres réformes parlementaires ainsi que de la nécessité que le Premier Ministre participe au débat sur les enjeux féministes organisé par Up For Debate.

Notre demande est claire: Que le gouvernement fédéral utilise les outils à sa disposition pour s’assurer de mettre en place des mesure légales, des conditions matérielles et un contexte social qui ancrent réellement la justice reproductive dans la société canadienne pour que ces droits deviennent d’abord réels pour toustes et, ensuite, qu’ils soient tellement acquis qu’ils ne seront plus jamais menacés, que ce soit par la propagande ou par des gouvernements futurs.

Nous espérons voir des actions concrètes.

« IL N’Y AURA PAS UNE PRISON MIGRANTE DE PLUS À LAVAL »

prison femmes migrantes

« IL N’Y AURA PAS UNE PRISON MIGRANTE DE PLUS À LAVAL », DISENT À L’UNISSONS DES GROUPES COMMUNAUTAIRES OPPOSÉS À LA CONSTRUCTION DE LA PRISON MIGRANTE DE LAVAL.

« Nous sommes ici pour dire à Ottawa qu’il n’y aura pas de nouvelle prison ! », a lancé d’emblée Amy Darwish, porte-parole  de Solidarité sans frontières. À ses côtés, sur la site de la construction de la nouvelle prison migrante, des représentant·e·s de réseaux migrants, féministes, juristes et environnementaux. La conférence de presse a été organisée en réponse à l’annonce par le gouvernement fédéral du choix de l’entrepreneur général qui sera responsable du projet, soit Construction Tisseur Inc,  une petite entreprise basée à Val-David. Il est donc attendu que la construction de la nouvelle prison débute prochainement.

Les organisations communautaires représentées lors de la conférence de presse insistent sur le fait que les compagnies prenant part à ce projet profitent de l’emprisonnement des migrants et de la séparation des familles.  « Nous voulons envoyer un message à Yannick Tisseur, président de Tisseur Inc. : ceci n’est pas un projet comme les autres. En acceptant ce contrat, vous choisissez un camp et c’est celui qui vise à priver à des personnes de leur liberté et sécurité. Vous vous positionnez du côté d’un système mondial d’apartheid qui se base sur la richesse et les privilèges », a ajouté Mme Darwish.

« Le gouvernement parle de centre de détention, mais c’est ni plus ni moins qu’une prison qui sépare des familles et les force à vivre dans la peur et la précarité. Le Canada sait très bien que les personnes viennent ici parce qu’elles n’ont pas d’autre choix. Plusieurs femmes migrantes fuient à cause de la pauvreté et de la violence genrée dont elles, et leurs enfants, sont les premières victimes », a affirmé Marlihan Lopez de la Fédération des femmes du Québec. 

Le porte-parole des Mexicain-es uni-es pour la régularisation, Carmelo Monge, a connu la détention dans l’actuelle prison migrante de Laval. « Pour plusieurs d’entre nous, on vit ça comme une injustice parce que nous sommes utilisés comme main-d’oeuvre bon marché pour travailler dans les champs, dans les usines ou comme aide familiaux mais après, on nous met dans des cages en nous disant que nous ne sommes pas les bienvenus », a fait remarquer M. Monge. 

Tout comme les firmes d’architecture impliquées dans le projet, soit Lemay et Groupe A, Construction Tisseur se présente comme écoresponsable. Le Canada a annoncé que cette prison respecterait des normes environnementales (certification LEED) et qu’elle serait écoresponsable. Pour Justice Climatique Montréal, il s’agit surtout d’une stratégie de marketing politique.  « Le gouvernement cherche à vendre ce projet à la population en employant différentes techniques de marketing. Il utilise des mots à la mode comme “environnementalement durable” pour donner l’impression que ce projet n’a pas d’impact sur l’environnement et participe aux efforts pour protéger notre planète. Or, selon nous, il n’y a absolument rien positif pour l’environnement à détenir des personnes pendant plusieurs mois simplement parce qu’elles n’ont pas pu amener avec eux les bons papiers en fuyant leur pays », a expliqué Morgan McGinn de l’organisation environnementale basée à Montréal. « Nous savons très bien que le Canada est responsable de la détérioration des conditions environnementaux qui forcent aujourd’hui plusieurs millions de personnes migrantes à fuir leur pays, à commencer par les activités des compagnies minières canadiennes dans plusieurs pays du Sud », a-t-elle précisé. 

« Vous savez, la détention des personnes immigrantes n’est pas nouvelle en soi. Ça fait parti d’une très longue histoire de pratiques et de politiques coloniales et racistes que le Canada a eues par le passé. Aux États-Unis, on parle ouvertement de camps de concentration pour qualifier ce qu’ils font. Bien que la pratique actuelle soit différent dans le contexte canadien, nous pensons qu’il est de notre responsabilité collective de souligner le fait que le Canada aussi emprisonne les personnes migrantes, incluant les enfants et séparent des familles », a indiqué la représentante de l’Association des juristes progressistes, May Chiu. 

Depuis le début de l’annonce de la construction d’une nouvelle prison migrante à Laval, plusieurs membres de la communauté et plus de 70 groupes communautaires se sont officiellement opposés à la décision du gouvernement fédéral d’allouer plusieurs centaines de millions de dollars à la construction de deux nouvelles prisons migrantes, l’une à Surrey et l’autre à Laval. 

LE COLLÈGE DES MÉDECINS REFUSE D’ÉCOUTER LES FEMMES

Voici la lettre ouverte publiée par le journal La Presse et co-signée par une quinzaine d’organismes féminismes :

« Ligotée […], isolée dans la peur et le froid et laissée à moi-même. »

« J’étais certaine qu’ils allaient me tuer. Ça fait 25 ans de ça, mais j’en pleure encore. »

« Je ne savais même pas ce qu’il faisait, mais ça m’a fait vraiment mal. »

« C’est mon corps, je suis consciente des risques possibles, laissez-moi donc choisir ! »

Témoignages sur les violences obstétricales et gynécologiques recueillis par le regroupement naissance-renaissance

Des témoignages comme ça, le Regroupement Naissance-Renaissance en reçoit beaucoup. C’est ce qui nous a convaincus de former la Collective du 28 mai, constituée de groupes féministes pour dénoncer ces violences.

Le 28 mai dernier, nous avons lancé un appel aux témoignages dans le but de faire réaliser aux instances de santé publique la nature systémique de ces violences, loin d’être des cas isolés.

Malgré nos efforts, le Collège des médecins n’entend pas. Dans un article publié mardi dans La Presse, Yves Robert, secrétaire du Collège, réduit ces violences à ce qui serait un simple « problème de communication ». Il précise que « c’est probablement lié davantage à la communication et à l’explication de l’intervention qu’à un désir de violence ».

Le Collège des médecins, en mettant de l’avant un hypothétique problème de communication, se défausse de sa responsabilité pour la rejeter sur les victimes de violences obstétricales et gynécologiques.

Plutôt que de reconnaître le vécu des femmes et des personnes, la position du Collège est de dire que les femmes qui accouchent ou les personnes qui ont besoin d’un suivi gynécologique ont simplement mal compris, mal interprété les propos du ou de la médecin. Ce déni de la parole des femmes et le renvoi à un défaut de compréhension de leur part renvoient précisément aux préjugés sexistes auxquelles les femmes font face quotidiennement.

Dans le même article, le Collège des médecins parle de consentement implicite.

Nous aimerions rappeler au Collège des médecins du Québec son propre code déontologique et la loi qui régit la profession de ses membres au Québec, soit que « le médecin doit, sauf urgence, avant d’entreprendre un examen, une investigation, un traitement ou une recherche, obtenir du patient ou de son représentant légal, un consentement libre et éclairé ».

Personne ne donne un consentement implicite à un médecin pour procéder à des examens physiques quelconques simplement en prenant rendez-vous. Il est clair dans les lois et les directives cliniques que chaque examen ou intervention ne peut se faire sans obtenir un consentement explicite, libre et éclairé de la part de la personne qui demande la consultation.

Que le secrétaire du Collège des médecins se demande si, vraiment, c’est pertinent de demander explicitement le consentement à chaque geste posé revient à remettre en cause les lois en vigueur au Québec. C’est aberrant et très grave de la part d’une institution de cette importance.

Nous invitons donc le Collège à relire son propre document de référence sur le consentement aux soins, qui explique tout cela en 79 pages.

Nous l’invitons également à revoir son principe de communication. Le 11 juin dernier, invitée par le Collège, la présidente de la Fédération des femmes du Québec a parlé de la question des violences obstétricales et gynécologiques. Aux vues des propos d’Yves Robert, l’institution s’est contentée d’une invitation de courtoisie sans rien entendre de nos revendications.

Il nous paraît évident que le Collège ne comprend pas ce qu’est une violence obstétricale ou gynécologique, et n’a pas démontré son réel désir d’être à l’écoute des femmes et des personnes utilisatrices de soins obstétricaux et gynécologiques.

Nous demandons des excuses publiques du Collège des médecins.

Dire que le consentement est implicite ne suffit plus. Dire que les violences obstétricales et gynécologiques sont un problème de communication ne suffit plus. En fait, nous soutenons que de dire de telles choses n’est plus acceptable en 2019.

Nous demandons aussi au Collège des médecins d’être conséquent, et de former un comité avec différents partenaires, donc le milieu communautaire, pour imaginer des pistes de solutions afin que ces violences cessent.

Du même souffle, nous interpellons la ministre de la Santé et des Services sociaux de même que la ministre de la Justice afin qu’une enquête soit mise sur pied, qu’une réflexion soit entamée sur le sujet, et que, finalement, des données sur ces violences puissent nous guider sur les actions à prendre collectivement pour qu’enfin les femmes puissent avoir des soins de santé sans avoir peur pour leur intégrité physique.

* Cosignataires : Fédération des femmes du Québec (FFQ) ; Fédération québécoise pour le planning des naissances (FQPN) ; Centre de solidarité lesbienne (CSL) ; Action cancer du sein du Québec (ACSQ) ; Fédération des maisons d’hébergement pour femmes ; L’R des centres de femmes du Québec ; Réseau des tables régionales de groupes de femmes du Québec (RTRGFQ) ; Table des regroupements provinciaux d’organismes communautaires et bénévoles ; Fédération des associations de familles monoparentales et recomposées du Québec (FAFMRQ) ; Vivre 100 fibromes ; Réseau d’action des femmes en santé et services sociaux (RAFSSS) ; Institut de recherche et d’actions pour la santé des femmes (IRASF) ; Réseau d’action des femmes handicapées du Canada (DAWN) ; Association québécoise des infirmières et infirmiers (AQII) ; Centre de documentation sur l’éducation des adultes et la condition féminine (CDEACF) ; Réseau des lesbiennes du Québec (RLQ)

Offre d’emploi : Chargée de projet

Il est écrit : Offre d'emploi Chargée de projet Coordination des 12 jours d'action Envoyez-nous votre candidature à emploi@ffq.qc.ca

Coordination du Comité des 12 jours d’action contre les violences envers les femmes

Contrat de 4  mois (16 semaines : 3 septembre au 23 décembre) – 25h/semaine – 27.95$/h

 **La FFQ encourage les candidates appartenant à un ou plusieurs groupes discriminés. Des accommodations permettant d’effectuer le travail peuvent être discutées au besoin. Nous reconnaissons les expériences et diplômes acquis en dehors du Québec et/ou de façon non-traditionnelle.**

Description du poste

En étroite collaboration avec l’équipe de la FFQ et le conseil d’administration, vous coordonnerez la campagne annuelle des 12 jours d’action pour l’élimination des violences envers les femmes. C’est une opportunité à saisir pour mettre en oeuvre une grande campagne nationale, dans une perspective intersectionnelle, auprès de nombreux organismes féministes !

Principales responsabilités :

  • Coordonner les rencontres du Comité des 12 jours ;
  • Respecter le budget établi par le Comité et en assurer le suivi ;
  • Planifier les besoins matériels et logistiques et organiser les activités du Comité (Site internet, événement de lancement, commémoration de la tuerie de Polytechnique le 6 décembre, lettre ouverte, etc.) ;
  • Rédiger des textes pour publication (site internet, réseaux sociaux et bulletin) concernant la campagne ;
  • Assurer l’accessibilité de la campagne ;
  • Assurer la diffusion médiatique de la campagne ;
  • Rédiger le rapport de projet ;
  • Travailler à l’établissement de partenaires en région pour relayer la campagne;

Compétences/expériences requises : 

  • Expérience professionnelle ou militante en communication et organisation de campagnes
  • Expérience professionnelle ou militante de travail en comité (compétences relationnelles)
  • Très bonne capacité à travailler en équipe
  • Bonne connaissance des enjeux féministes actuels au Québec
  • Capacité à intégrer une perspective intersectionnelle
  • Capacité de leadership, d’initiative et d’autonomie
  • Capacité d’analyse et de synthèse
  • Excellente capacité organisationnelle
  • Bonne connaissance des logiciels en environnement Windows
  • Excellente capacité de rédaction en français

Seront considérés comme atouts : 

  • Réseau de contacts presse
  • Réseau de contacts de militantes féministes à Montréal et en région

Pour soumettre votre candidature : 

Si ce poste vous intéresse, veuillez postuler avant le 20 août en envoyant un CV et une lettre de présentation à emploi@ffq.qc.ca en indiquant dans l’objet “Candidature – 12 jours d’action”. Les entrevues auront normalement lieu dans la dernière semaine du mois d’août.

Nous remercions toutes les candidates qui nous enverront leur candidature, cependant seules celles retenues pour une entrevue seront contactées.

Fédération des femmes du Québec :

La Fédération des femmes du Québec (FFQ) est une organisation féministe autonome. La FFQ est un lieu de militantisme et d’action, d’analyse et de réflexion, de débat, de formation et de concertation ouvert à toutes les femmes. À l’intérieur du mouvement des femmes, la FFQ s’inscrit dans le courant qui s’attaque aux systèmes d’oppression ou de domination que sont le patriarcat, le capitalisme, le racisme, l’impérialisme et l’hétérosexisme qui marginalisent et exploitent les femmes aux plans social, économique, culturel, politique et religieux, à l’échelle québécoise, canadienne et internationale.

Ce jour où le Québec a mis au placard ses droits fondamentaux

Hier soir, le parlement québécois a adopté la loi 21 sur l’interdiction des signes religieux avec 73 députés “pour” et 35 députés « contre » après une seule journée de débat. Les députés du parti québécois se sont joints aux députés de la coalition avenir Québec pour entériner la loi.

Alors même que la loi a été adoptée sous bâillon et alors même que notre charte des droits et libertés a été mis au placard pour procéder à l’adoption de cette loi, le gouvernement québécois continue d’assurer que cette loi est bonne pour la “paix sociale”.

La loi telle que votée hier ne contient aucune définition de ce qu’est un signe religieux. Interrogé plus tôt dans la semaine à quelques jours du scrutin, Simon Jolin-Barrette, ministre responsable du projet de loi, a finalement défini un signe religieux comme « tout objet, notamment un vêtement, un symbole, un bijou, une parure, un accessoire ou un couvre-chef » sera considéré comme étant un « signe religieux » s’il est porté « en lien avec une conviction ou une croyance religieuse », ou s’il est « raisonnablement considéré comme faisant référence à une appartenance religieuse ».

Avec une telle définition des plus vagues, nous imaginons très bien les dérives de l’applicabilité de l’interdiction des “signes religieux”. À la merci de la subjectivité des personnes chargées de statuer arbitrairement sur ce qu’est ou non un signe religieux, les populations minoritaires seront indéniablement celles visées par le projet de loi.  

Et pour cause, là où des campagnes législatives similaires ont été mises en place, les femmes issues des minorités étaient déjà la cible de dérives, quand bien-même les lois en question définissent avec plus de précision le “signe religieux”, notamment par la taille.

C’est un projet de loi boiteux qui a été adoptée au côté du projet de loi 9 jetant définitivement à la poubelle 18 000 dossiers de demandes d’immigration. En un seul week-end, le gouvernement actuel a donné son feu vert pour mettre en parenthèse la vie de 50 000 personnes directement concernées par les 18 000 dossiers de demandes d’immigration et suspendre les projets d’avenir de centaines de milliers d’autres, visé.e.s par la loi 21.

Moins de 40h de débats en commission ont été consacrées pour la loi 21, adoptée sous bâillon, tout en invoquant la clause dérogatoire à la charte des droits et libertés de la personne au Québec. C’est du jamais vu.

Aujourd’hui vous n’êtes peut-être pas de ceux ou celles qui sont directement touché.e.s par la loi 21. Sachez cependant qu’hier le Québec a fait la démonstration qu’il pouvait viser n’importe quel groupe minoritaire en mettant les droits fondamentaux au placard.

Mais aujourd’hui, nous avons une pensée particulière pour les femmes musulmanes. Elles seront les premières touchées par la loi 21.

Nous leur exprimons notre entière solidarité et nous réitérons que nous nous maintenons à leurs côtés.

En mai 2019 dernier, la FFQ avait voté avec ses membres une résolution pour participer aux efforts des groupes de défense des droits collectifs et des droits de la personne afin d’amener le gouvernement à retirer le discriminatoire projet de loi 21.

En vertu de cette résolution, nous étudierons les moyens d’action disponibles pour contester la loi 21.

Nous resterons debout-tes (!) auprès de vous tout.e.s.

En ce triste jour, nous mettons de nouveau à disposition la liste des témoignages que l’autrice Idil Issa avait collecté pour notre mémoire sur le PL21 en vue de notre passage en commission parlementaire :

Témoignages sur le projet de loi 21

Madina, Administration ​- Je suis voilée, ma famille et moi sommes touchées psychologiquement.

Anonyme, ​Enseignante au secondaire​ – Nous prévoyons, moi et ma famille, de changer de province.

Messaouda, ​Enseignante au primaire​ ​- Je représente un pilier financier important pour la famille. Je paie le loyer, les factures et l’école privée de ma fille.

Messaouda, ​Enseignante au primaire​ ​- C’est discriminatoire ce projet. La clause dérogatoire est injuste. Elle m’obligerait à stagner dans mon poste jusqu’à la retraite. Je dois oublier le rêve d’acheter une maison comme tous mes collègues vu que je ne peux pas changer de commission scolaire.

Messaouda, ​Enseignante au primaire​ ​- Depuis la charte de Marois des gens me disent de rentrer chez moi.

Lucie – enseignante – c’est un projet de loi discriminatoire envers beaucoup de gens. Je porte le voile et j’ai heureusement un poste permanent. Mais je pense à toutes les autres.

Messaadi, Enseignante​ – ​Je vis dans le stress, quotidiennement. Je ne pourrai pas changer de commission. Je ne pourrai pas postuler pour un autre poste.

Messaadi, Enseignante​ -​ Dès mon arrivée au Québec, je me suis très bien intégrée. J’a fait toutes les démarches nécessaires pour avoir mon permis d’enseigner. J’ai investi mon temps et mon argent! C’est inhumain, c’est discriminatoire de m’interdire d’enseigner parce que je porte un signe religieux.

Messaadi, Enseignante​ -​ Oui, le regard des gens a changé. Dans le métro, dans la rue ou à l’école, les gens me dévisagent. Je me sens visée, harcelée par les regards.

Manal, ​Étudiante au BEPEP/suppléante​ -​ Il faut continuer à avoir une ouverture aux autres et sur le monde. Il faut accepter et respecter la diversité de penser, d’être et d’agir des autres . Nous n’avons pas besoin d’être en accord sur tout pour coexister. Enfin, il faut favoriser le dialogue dans le respect.

Samia, Enseignante​ – Ce projet n’a pas sa place dans notre société.

Samia, Enseignante​ – J’ai été victime d’intimidation indirecte par des collègues disant qu’une enseignante portant un hijab est un mauvais exemple pour les jeunes filles puisque cela valoriserait un symbole de soumission de la femme selon eux. Aussi, ce n’est pas facile de rester positive lorsqu’un climat de haine règne. Je m’inquiète parfois pour ma sécurité en plus de m’inquiéter pour mon avenir.

Jaouadi​, Enseignante​ -​ ​Ça sera la précarité financière, car je contribue financièrement dans l’éducation de mes enfants. De plus, comment expliquer à un enfant que sa maman est discriminée dans la société parce qu’elle a fait des choix. Comment faire élever mon enfant dans une société qui m’a rejetée et qui par conséquent renie mes enfants? Comment expliquer à mon enfant que même en étant différent on a le droit de rêver, d’aspirer à la justice et l’égalité et au bonheur?

Jaouadi, Enseignante – Nul doute que ce PL est une brêche dans la société qui a permis aux mals intentionnés d’exprimer leur haine. Le regard froid de la vendeuse, le doigt d’honneur du conducteur, le mépris de ta collègue qui te dit de porter la tuque des Canadiens et j’en passe…

Anonyme, Enseignante​ – Pourquoi faire une loi pour brimer des personnes dans leurs droits fondamentaux alors qu’elles sont utiles dans notre société?

Anonyme, Enseignante​ – À chaque fois qu’on parle de ce projet, le moindre mal sont les regards hostiles, mais le pire, ce sont les injures et les agressions verbales et physiques dont mes ami-e-s et moi avons été victimes; je ne le souhaite a personne!

Fatima, Student Teacher ​– I will no longer be able to complete my stages with a hijab according to Bill 21. I will no longer be able to become a teacher in this province. I will no longer be able to even attend my university classes since I wear the face veil. I will also not be able to receive or give public services with my niqab. I already feel unsafe in the streets, and this feeling will only be heightened by Bill 21. I feel unwanted, and as a second class citizen because of Bills such as Bill 21. My freedom is on the line.

Fatima, Student Teacher​ – I need to think twice before going outside. People look at me differently because of the way I dress. This bill makes people’s reactions worst.

Nafeesa, Teacher​ – I will not be able to move and relocate. I will no longer be able to pursue my Masters in educational leadership to work at a public school board.

Nafeesa, Teacher​ – The way people dealt with me at times. Most important my mental health, feeling scrutinized and made to feel like the other – it weighs on me everyday when I go to work.

Aya, Teacher ​- I feel other-ed in a province I spent 29 years in. I feel like I am not welcome here unless I deny who I am and religious convictions. My experience as a teacher will definitely be worsened if this legislation is implemented.

Anne-Marie, Suppléante au primaire​ – Cette loi va m’empêcher de continuer de travailler comme suppléante au primaire. Pourtant, il y a actuellement un besoin criant de personnels en enseignement au primaire.

Témoignages sur le projet de loi 21 – p14-16 du mémoire de la FFQ sur le projet de loi 21.

Denis Lévesque a lui aussi déchiré sa chemise

Suite à la publication d’un post de 10 mots de Gabrielle Bouchard sur une discussion à mener pour rendre la vasectomie obligatoire pour les hommes à 18 ans en réaction aux différentes attaques contre le droit à l’avortement ici et ailleurs, nous avons été invitées sur le plateau de Denis Lévesque.

Cette invitation devait nous permettre d’expliquer pourquoi “le monde déchirait sa chemise” à la suite de ce post, et quels enseignements nous pourrions collectivement en tirer. Sauf que Denis Lévesque a lui aussi déchiré sa chemise au cours de cette entrevue. Décryptage.

Point godwin et dissonance cognitive

Au bout de 1mn50s d’entrevue avec Gabrielle Bouchard, le ton est donné par l’animateur: “ça n’a pas de bon sens, ça tient pas debout. Y’a un côté nazi là-dedans”.  

Si comparer un post de 10 mots ironisant sur l’idée d’avoir une discussion sur la vasectomie obligatoire à 18 ans est comparable avec les méthodes nazis ayant mené à l’extermination de six millions de juifs durant la seconde guerre mondiale, nous pensons qu’il y a un grave problème d’analyse. Nous pensons aussi qu’il y a un problème de définition sur ce qu’est “un génocide”.

Plus tard dans l’entrevue à 11mn45, Denis Lévesque reconnaît pourtant la définition d’un génocide comme étant “un peuple qui veut en exterminer un autre”. Il est d’autant plus intéressant que M. Lévesque est souhaité opposer cette définition en contestation de l’utilisation du terme “génocide” par la commission d’enquête sur les femmes autochtones disparues et assassinées. Cet échange est survenu au moment où la Présidente de la FFQ a voulu expliquer que les conversations qui nous rendent inconfortables sont nécessaires pour avancer collectivement sur des enjeux de société.

Si la comparaison entre le mode opératoire du régime hitlérien et notre post de 10 mots est très grave, elle dénote aussi une dissonance cognitive. Parler ironiquement de vasectomie obligatoire à 18 ans dans un post de 10 mots en réaction aux attaques sur le corps des femmes relèverait du nazisme, mais en revanche le traitement (réel) subi par les peuples autochtones par le gouvernement canadien ne relèverait pas du génocide.

Par cette comparaison, Denis Lévesque a aussi magistralement montré qu’effectivement remettre en question l’autonomie corporelles des femmes est un débat, tandis que remettre en question celle des hommes est une abomination. Nous sommes habituées à ce que le point godwin soit atteint rapidement lors de commentaires sur les réseaux sociaux mais venant d’un homme de télé, beaucoup moins.

Transphobie

Sur la transphobie, le schéma se répète. En environ 1mn, Denis Lévesque a réussi l’exploit de nier la réalité des commentaires transphobes de la part des commentateurs en réaction au post tout en expliquant ensuite que Gabrielle aurait dû s’attendre à des commentaires transphobes en choisissant de faire du militantisme en étant une femme trans. La séquence commence à 9mn40s : “de chez les commentateurs, y’a pas personne qui en a parlé” pour se terminer à 10mn47s: “faire du militantisme en étant trans, vous saviez que vous alliez vous faire critiquer

Tout d’abord, le prémisse est faux. Prenons pour seul exemple l’intervention de Denise Bombardier sur Qub Radio ce mardi 10 juin. Cela est sans compter la multitude de commentaires transphobes publiés sur les réseaux sociaux.

Ensuite, il y a quelque chose de contradictoire à nier la transphobie dont serait la cible Gabrielle Bouchard pour ensuite expliquer qu’elle aurait dû s’y attendre en s’engageant en tant que militante. Ne parlant pas de la fin de la séquence où Denis Lévesque s’autofélicite d’avoir participé à rendre visible les personnes trans dans son émission au point où aujourd’hui “ils [les personnes trans] sont partout

Mecsplications

Si le post a montré une chose, c’est la nécessité de continuer à avoir des conversations sur les enjeux féministes au Québec. Mais pas selon Denis Lévesque. Pour M. Lévesque, le Québec est déjà à l’avant garde du féminisme et les femmes n’auraient pas d’inquiétude à avoir concernant le droit au contrôle de leur propre corps. Dans un grand moment de mecsplication (lorsqu’un homme vous explique comment vous devez  faire vos luttes), M. Lévesque a considéré que puisque un récent sondage a montré que 86% des québécois.e.s étaient pour l’avortement, les femmes n’auraient aucune raison de s’inquiéter des tentatives de contrôle sur leur corps, et ce au mépris des violences quotidiennes que les femmes subissent sur leur corps et au mépris de l’enquête sur la stérilisation forcée des femmes autochtones en 2017 au Canada.

Au vue des réactions, nous avons encore énormément de travail de pédagogie à faire sur le sexisme et ce qu’il implique en termes de rapport de force dans une société. Nous ne pouvons pas mettre sur le même plan d’égalité les menaces contre le corps des hommes et les menaces contre les corps des femmes. Les femmes, du fait du système patriarcal qui les placent de groupe social dominé par rapport aux hommes ont historiquement vécu des violences vis-à-vis de leurs corps et les vivent encore aujourd’hui.

Ce sont les femmes qui doivent subir quotidiennement des violences gynécologiques et obstétricales. Ce sont les femmes qui doivent vivre la gestion des grossesses non désirées avec le lot de violences que cela engendre lors des rendez-vous médicaux. Ce sont les femmes qui subissent quotidiennement des agressions sexuelles. Ce sont les femmes autochtones qui subissent encore aujourd’hui des stérilisations forcées.

Au vue de l’ampleur et de la violence des réactions suscitées par ce post, nous avons du mal à croire que le Québec peut se targuer d’être irréprochable sur le plan du sexisme, de la transphobie et du respect quant aux souffrances vécues par les communautés autochtones.

À l’inverse de cet entrevue, voici un article de fond publié par le quotidien La Presse, à la hauteur des enjeux soulevés par cette controverse:

http://bit.ly/2IGvKqn

Vasectomie : stoppons l’hypocrisie

Ce matin à 10h, la présidente de la FFQ a publié un post Facebook et Twitter concernant la vasectomie obligatoire à 18 ans.

Le post, composé exactement de 10 mots et publié sur les comptes personnels Facebook et Twitter de Gabrielle Bouchard, a été repris moins de 2h plus tard pour une chronique (très sérieuse) sur le Journal du Québec, suivi par une seconde chronique publiée dans la foulée, toujours sur le journal du Québec – s’en sont suivis une dizaine d’appels de la part de journalistes nous demandant de nous positionner sur cette question.

Titre de l’article publié sur le Journal de Québec

À toutes fins utiles, nous précisons (pour celles et ceux qui auraient encore un doute) que le post était en réponse aux récentes attaques contre le droit à l’avortement des femmes ici et ailleurs. Au risque d’étonner, la Fédération des femmes du Québec et ses membres n’ont en effet aucune intention de rendre la vasectomie obligatoire pour les hommes âgés de 18 ans.

Ce post a servi néanmoins à démontrer la volonté de monter en épingle des polémiques futiles dès lors que nous questionnons le droit des hommes à disposer de leurs corps. Dans le même temps, à longueur d’année, il est considéré acceptable de remettre en cause les droits des femmes à disposer de leur propre corps et de considérer cela comme des débats “raisonnables” (sans que cela ne génère autant de réactions publiques).

Des indignations à géométrie variable

Depuis quelques temps, les attaques aux droits des femmes à disposer de leur propre corps s’intensifient. Voici une liste (non exhaustive) de discussions autorisées concernant la remise en cause des droits des femmes à disposer de leur propre corps (le plus souvent en excluant de la discussion les premières concernées):

Sur la remise en cause du droit à l’avortement:  Aux États-Unis, le droit à l’avortement est aujourd’hui remis en cause par une dizaine d’états. Récemment, Maxime Bernier, député canadien du Parti populaire, s’est dit enclin à appuyer une loi anti-avortement. Il y deux semaines, le parti conservateur d’Andrew Sheer a refusé de soutenir une motion réaffirmant le soutien au droit des femmes de choisir d’avorter ou non.

Sur la remise en cause du droit des femmes à se vêtir comme elles le souhaitent: Présentement est discutée à l’Assemblée Nationale le projet de loi 21 qui, au prétexte d’une laïcité falsifiée, dictera à certaines femmes comment elles doivent s’habiller en leur interdisant de porter le foulard.

Sur la stérilisation forcée des femmes autochtones : en novembre 2018, @LP_lapresse avait publié un article révélant qu’en 2017, au Canada, des femmes étaient encore stérilisées de force. Steve E. Fortin, l’auteur de l’article du journal de Québec n’avait étrangement pas jugé utile de s’indigner à ce sujet. Pourtant cette fois, il s’agissait d’un article publié dans un organe de presse nationale, et s’appuyant sur des données tangibles.

Est-ce à dire que certains auraient le droit absolu de discuter du bien fondé des femmes à disposer de leur propre corps pendant qu’il serait strictement “tabou” d’en faire de même sur le droit des hommes à disposer de leurs propres corps ? C’est la question que nous nous posons au vue de la polémique ridicule soulevée ce matin.

Un engagement historique contre la stérilisation forcée

Par ailleurs, précisons que par le passé, Gabrielle Bouchard, en tant que coordinatrice au Centre de lutte contre l’oppression des genres, a lutté contre la stérilisation forcée des personnes trans. Elle a remporté la bataille de supprimer dans les critères d’accessibilité au changement de nom des personnes trans l’obligation de passer par une opération des organes génitaux, ce qui revenait à une stérilisation détournée des personnes trans.

Aussi, la FFQ, en décembre 2018 a participé auprès de nombreuses autres organisations de défense des droits à la signature d’une pétition contre la stérilisation forcée des femmes autochtones portée par Amnesty International Canada.

Au regard de la montée de ce climat conservateur, les enjeux féministes sont nombreux pour la Fédération des femmes du Québec.

Si Steve Fortin conclut son article en expliquant que “ce féminisme de combat, de provocation, est exaspérant”, nous assurons qu’en effet nous avons l’intention de continuer à “exaspérer” les systèmes de pouvoir patriarcal et raciste dans notre travail. Il y a largement de quoi faire. Ce post prouve en effet qu’il y a un double-standard sur ce qui est considéré comme “raisonnable” dans les discussions que nous menons sur le droit des personnes à disposer de leur corps selon que nous soyons un homme ou une femme.

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Le plan RADAR porte atteinte dangereusement à la sécurité des femmes dans l’industrie du sexe

Le mardi 28 mai, à quelques jours du Grand Prix de Montréal,  le SPVM a lancé l’opération «RADAR». Cette initiative appelée officiellement à lutter contre “l’exploitation sexuelle” rate sa cible. Elle promet seulement de créer des conditions de vie et de travail plus dangereuses pour les femmes dans l’industrie du sexe.

L’opération RADAR a pour objectif de former des agents du secteur du tourisme et des transports en des agents de surveillance de l’État chargés de dénoncer les femmes dans l’industrie du sexe à la police. L’initiative forme le personnel des secteurs de l’hôtellerie et du tourisme à la détection de plusieurs «indicateurs» des personnes supposées être exploitées.

Si les différences fondamentales entre “traite humaine”, “exploitation sexuelle” et “consentement” ne sont même pas pris en considération par les agents de police, nous doutons que les agents du secteur du tourisme et des transports aient une quelconque compétence pour reporter ce qui relèverait effectivement de l’exploitation sexuelle ou de la traite humaine.

Au lieu de cela, le plan RADAR institue une forme de profilage sur la base de “tenues vestimentaires” jugées convenables ou non par des employés du secteur du tourisme et des transports. Ce sont aussi les femmes les plus marginalisées, appartenant aux communautés migrantes, racisées et qui vivent la pauvreté qui seront visées. Inutile de relever ici l’aspect sexiste et raciste de cette mesure visant à déterminer selon “l’apparence” des personnes supposées être exploitées.

Cette opération, mise en place à quelques jours du lancement du Grand Prix de Montréal, promet juste de créer un climat de délation et de précariser dangereusement les conditions de travail des femmes dans l’industrie du sexe tout en restant parfaitement inefficace contre la traite humaine et l’exploitation sexuelle.

En reconnaissant l’agentivité des femmes dans l’industrie du sexe en octobre 2018 lors de notre assemblée générale extraordinaire, c’est exactement ce que nous souhaitions éviter. Nous devons sortir du schème de pensée renvoyant ces femmes à des personnes dont les droits peuvent-être sacrifiées.

Comprendre la notion de consentement

Nous devons nous engager dans la nuance pour comprendre la différence conceptuelle entre “consentement” et “non consentement”. Cela est essentiel pour trouver les bons outils pour une véritable lutte contre l’exploitation sexuelle et la traite humaine.

Aucune femme ne jouit d’une palette de choix illimitée. Chacune d’entre nous est amenée à faire des choix en fonction des barrières économiques, sexistes, racistes, capacitistes, homophobes, colonialistes – bref toutes barrières structurelles – que nous rencontrons. Par exemple, une femme noire peut faire le choix de garder un travail en deçà de ses qualifications et compétences pour éviter de retourner dans la case “chômage” en raison des discriminations racistes dont elle est la cible. Est-ce que cela ferait un quelconque sens de cibler ses droits sous prétexte que son choix n’est pas considéré comme étant “consentie”, libre de toutes contraintes ? Bien sûr que non. La solution serait de travailler à mettre en place des politiques publiques contre les discriminations racistes à l’embauche. La solution serait d’élargir la palette de ses choix.

Ainsi, en quoi cela fait du sens de mettre des barrières aux femmes dans l’industrie du sexe parce que le choix qu’elles prennent n’est pas en accord avec ce que nous avons défini comme “convenable” ? En quoi cela fait du sens de les désigner comme cibles en mettant en danger leurs santé, leurs droits et leurs sécurité ?

Des impacts concrets sur les droits des femmes dans l’industrie du sexe

L’incapacité à considérer la vente de services sexuels comme étant une activité consentie nous rend inefficace pour lutter réellement contre l’exploitation sexuelle et la traite humaine. Il nous rend aussi complices des violences que subissent les femmes dans l’industrie du sexe.

À les juger sur leur activité, elles sont perçues comme des personnes binaires qui consentent à tout (“consentement présumé”) ou qui ne peuvent pas consentir (“consentement invalidé”).

Cela à des impacts concrets dans la vie de ces femmes: par exemple, comment porter plainte à la police si celle-ci considère que votre consentement à vendre des services sexuels équivaut aussi à consentir à toutes violences dont vous seriez victimes ?

Nous avons une obligation collective d’avoir une meilleure compréhension de ces enjeux.

Au moment de cette période calendaire où les droits des femmes dans l’industrie du sexe sont particulièrement mis en cause, nous restons solidaires de ces femmes. Leurs droits, leurs sécurité, leurs santé sont gravement mis en danger par notre incapacité à reconnaître leur capacité d’agir et de fait leur pleine humanité.

La volonté de prévenir et de détecter l’exploitation sexuelle est une bonne chose. La FFQ n’a jamais insinué le contraire mais encore faut-il le faire de la bonne manière.

Pour cela, dans un document d’une dizaine de pages, la Fédération des femmes du Québec vous donne les outils pour alimenter votre réflexion sur les différences entre consentement, exploitation sexuelle et traite humaine. Nous expliquons aussi en quoi notre incapacité à bien discerner chacune de ces situations a des impacts concrets sur les femmes dans l’industrie du sexe tout en étant inactifs dans une lutte effective contre la traite humaine et l’exploitation sexuelle :

http://bit.ly/2EUJuwI

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